Un spécialiste du Japon et des Ninja à la rescousse !

Sony a été clair : il n’y aura pas de gros jeux PlayStation Studios en 2024 ! Oubliez donc un nouveau God of War, un Spider-Man 3 ou un nouveau Horizon. Mais ne pensez pas pour autant que la PlayStation 5 va se reposer sur ses lauriers ! Bien au contraire, Sony compte aussi sur la participation de partenaires tels que SHIFT UP Corporation, dont il éditera le Stellar Blade le 26 avril (on vous en reparle très vite). Ou encore Team Ninja, dont Sony Interactive Entertainment vient d’éditer le tout dernier jeu, Rise of the Ronin.

Si le nom de Team Ninja vous parle, c’est normal. Le studio est en réalité une filiale de Koei-Tecmo, que vous connaissez pour son catalogue long comme le bras : Dynasty Warriors, Dead or Alive, Project Zero, Romance of the Three Kingdoms, la série des Atelier (développée par Gust)… Et Koei-Tecmo, vous les connaissez principalement pour les séries cultes que sont Dead or Alive, Ninja Gaiden, Hyrule Warriors, Nioh, Wo Long Fallen Destiny… Et j’en passe !

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Une connaissance de l’histoire du Japon donc, et une expertise dans les ninjas et les samouraïs, qui a motivé XDev, des PlayStation Studios, à se rapprocher de Team Ninja. En effet, Sony envisageait depuis longtemps de proposer un jeu historique se déroulant au Japon, mais dans ses moments les plus sombres (c’est le président de Team Ninja, Fumihiko Yasuda, qui le dit). Avec plus précisément l’idée de cibler une époque peu utilisée dans les jeux vidéo : Le XIXe siècle, pendant la période Bakumatsu. Le développement est lancé en 2015…

La suite, vous la connaissez : un saut temporel nous emmène en septembre 2022, date à laquelle Sony annonce Rise of the Ronin lors d’un State of Play. Le jeu fait forcément penser à un certain Ghost of Tsushima, mais dans un contexte différent. Et Sony semble miser beaucoup sur lui. Et fin 2023, lors des Game Awards, sa date de sortie est annoncée : le 22 mars 2024.

Ghost of Bakumatsu

Comme écrit plus haut, à l’annonce du jeu en 2022, Rise of the Ronin a immédiatement pu faire penser à Ghost of Tsushima. Pour son approche du Japon historique, mais aussi pour ses premières images de gameplay. Deux noms qui, pour leur jouabilité, font penser à des jeux d’action bien installés tels que Assassin’s Creed. Licence qui a sans doute été une source d’inspiration… Au même titre que, pour leurs bonnes idées, Ghost of Tsushima et Rise of the Ronin seront aussi probablement des influences pour le futur Assassin’s Creed Project Red (titre provisoire), qui se déroulera aussi dans le Japon féodal.

Pour aller plus loin, si le contexte historique de Rise of the Ronin est peu commun, il n’est pas non plus totalement inédit dans les jeux vidéo. Pour vous en convaincre, je vous invite surtout à (re)découvrir Like a Dragon : Ishin! (Sega/RGG Studio) qui nous emmène dans la même époque Bakumatsu, et s’inspire quasiment des mêmes faits historiques. D’ailleurs, vous croiserez dans Rise of the Ronin un personnage répondant au nom de Ryoma Sakamoto, qui n’est autre que le héros du jeu de Sega. Et après quelques heures passées sur Rise of the Ronin, c’est surtout dans l’ambiance générale que vous allez trouver des analogies. Un conflit national, la fin d’une époque, des changements qui divisent les avis et la population… Pour les férus d’Histoire, les deux jeux se complètent !

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Voici ce que nous dit le pitch officiel de Rise of the Ronin : « Japon, 1863. Après trois siècles de règne, le shogunat Tokugawa touche à son terme lorsque l’arrivée soudaine des navires noirs occidentaux plonge le pays dans la confusion. Au cœur d’un pays en proie au chaos et à la division, un combattant anonyme s’apprête à forger sa propre voie et, par la même occasion, à influencer le destin du Japon… Rise of the Ronin se déroule pendant la période Bakumatsu. Vous incarnez un ronin (un samouraï sans maître) sans nom naviguant entre les guerres et les bouleversements politiques, qui marquent cette période pour forger sa propre voie. »

Vous l’aurez compris : si vous vous intéressez à l’histoire du Japon, Rise of the Ronin est un jeu tout simplement passionnant ! Encore plus lorsque l’on réalise qu’il plante son histoire dans un contexte très peu développé dans les jeux vidéo. Et dans une époque qui, plus que d’habitude, justifie l’utilisation de la fameuse formule entre tradition et modernité. Comprenez entre une époque féodale révolue, et une modernité représentée par le développement du commerce international, l’arrivée de la technologie (et des armes à feu)… Parfois, le système de choix influant le scénario vous éloigne de la réalité historique mais… Rise of the Ronin n’a jamais caché prendre des libertés, et ne faire que s’inspirer de l’Histoire. Quoi qu’il en soit, le scénario reste un point fort du jeu.

Samurai’s Creed

Vient ensuite la prise en main, avec un début de jeu assez commun : on choisit son mode de difficulté (parmi trois possibles), on crée son avatar (homme ou femme)… L’histoire se lance et s’oriente très vite vers un traumatisme qui va devenir le moteur du Ronin que vous incarnerez. Une fois l’introduction passée, et une fois lâché dans la nature, une première crainte s’installe : Rise of the Ronin ressemble quand même diablement à un Assassin’s Creed avec ses virées sur les toits, ou ses nombreux points d’intérêt sur la carte. Et puis, très vite, le jeu de Team Ninja dévoile sa vraie personnalité. Celle d’un jeu d’aventure grand public, mais avec les mécaniques A-RPG exigeantes d’un jeu FromSoftware (notamment avec l’XP dite « Karma » que vous devez récupérer sur l’ennemi qui vous a vaincu en lui assénant un finish move).

Le premier est le fait que vos décisions vont influer (avec plus ou moins d’importance) sur le destin de votre héros et de votre pays. Le second, son système de combat. Oubliez les affrontements frénétiques. Ici, on tranche en finesse ! Et la victoire est une question de timing. Si vous pouvez éliminer d’un seul coup un ennemi en le surprenant par derrière, le corps à corps va vous demander un peu plus de doigté. Votre combattant dispose de deux barres : une barre de Ki (endurance) qui s’épuise quand vous parez, esquivez ou envoyez des attaques. Et quand elle est vide, vous et votre barre de santé êtes à la merci de l’ennemi. À contrario, si vous parez pile au moment, vous prenez l’avantage sur le duel : parez et envoyez des capacités spéciales pour vider le Ki de l’ennemi. Une fois à votre merci, il ne résistera pas à vos impressionnants finish-moves !

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Vous disposez d’une arme principale et d’une arme secondaire, à choisir parmi le katana, l’odachi (une longue épée), la lance, le double sabre, le fusil baïonnette… Soit neuf armes qui définissent neuf styles et les capacités spéciales qui vont avec. En fonction de l’équipement que vous choisirez, votre personnage débloquera des compétences et aptitudes liées à ses armes et à son style de combat. Sans rentrer davantage dans les détails, sachez que le gameplay est extrêmement riche et développé. Au point que l’on a encore du mal à retenir toutes les commandes. Si vous reprenez le jeu après une semaine de pause, par exemple, vous allez galérer. Gros bémol au niveau du gameplay : une IA qui laisse à désirer dans les modes facile et normal. Avec des ennemis parfois quand même assez stupides, il faut bien le dire !

Enfin, nous n’avons pas encore abordé la question technique. Et force est de reconnaître que, malgré quelques plans un peu ternes et quelques textures qui jurent en 2024, le jeu de Team Ninja est magnifique ! Modélisation des personnages, paysages… La représentation graphique de Rise of the Ronin s’inscrit parfaitement dans l’expérience immersive et le dépaysement. Au même titre que son écriture, ou ses animations crédibles. Cerise sur le gâteau, le jeu est en VF. Visuellement, il est l’un des titres qui ne vous feront pas regretter d’avoir investi dans une PS5.

Au final

Au premier abord, Rise of the Ronin se présente comme un jeu assez classique : un monde ouvert avec de multiples points d’intérêt comme dans Assassin’s Creed, un jeu qui visite à sa manière l’histoire du Japon comme Ghost of Tsushima… Et puis, manette en main, on réalise très vite qu’il n’en est rien. S’il s’inspire sans aucun doute des jeux pré-cités, Rise of the Ronin s’en distingue tant sur le fond que sur la forme ! Une histoire différente mais tout autant passionnante. Un gameplay accessible mais qui va vous challenger. Un voyage dans une époque finalement peu visitée… Le titre de Team Ninja a une personnalité bien à lui, et beaucoup de caractère. Peut-on même oser dire que c’est le meilleur jeu du studio de Koei Tecmo ?

L’année a démarré fort avec deux des meilleurs jeux de l’année (Final Fantasy VII Rebirth et Like a Dragon : Infinite Wealth). Et si vous pensez que 2024 va avoir du mal à nous surprendre après ça, détrompez vous ! Il reste encore pas mal de titres intéressants à découvrir. Et Rise of the Ronin est de ceux là. Si vous aimez les jeux d’aventure en monde ouvert ou si vous vous passionnez pour l’histoire du Japon, c’est tout simplement la meilleure proposition de l’année, voire depuis longtemps, en la matière. Et donc une expérience que l’on vous recommande chaudement ! Mais attention toutefois : si le jeu semble accessible, cela ne signifie aucunement qu’il n’est pas exigeant, bien au contraire.


Rise of the Ronin

  • Par : Team Ninja
  • Sur : PlayStation 5
  • Genre : action/aventure
  • Classification : PEGI 18
  • Prix : 79,99€
  • Conditions de test : testé sur PS5, sur une version fournie par l’éditeur
  • Les combats excellents
  • Un avatar personnalisable
  • Un gameplay d’une grande richesse (un peu trop même)
  • Énormément de quêtes à boucler
  • Un jeu vraiment joli à regarder, très cinématographique : dépaysement garanti
  • Le choix de l’époque, très intéressant… Et du coup, une écriture captivante
  • Trois immenses maps
  • Solide durée de vie
  • En VF
  • Trois modes de difficulté
  • En mode « Mission » on a de la coop online jusqu’à 3 joueurs
  • Le gameplay à la fois technique, mais accessible
  • Beaucoup, vraiment beaucoup de gameplay à assimiler
  • IA à revoir
  • Le système des choix : on s’attendait à plus de conséquences
  • Quelques textures un peu loupées