Souvenez-vous : il y a tout juste un an, Capcom créait la surprise en annonçant une toute nouvelle licence dans son catalogue ! Un certain Kunitsu-Gami : Path of the Goddess, un mystérieux jeu d’action développé par Capcom Development Division 1, sa section qui est derrière Resident Evil et Devil May Cry. Et nous y sommes : un an plus tard, le 19 juillet, nous voici face à cet étrange jeu qui mêle le Japon folklorique et l’art théâtral nippon ! Il est disponible sur consoles PlayStation, XBox et PC. Voici notre test !
De l’art dans les visuels, dans la mise en scène, dans les chorégraphies
Il faut bien le dire : aussi qualitatifs que soient les jeux de l’éditeur Capcom, cela faisait un bail que le géant du jeu vidéo ne nous avait pas proposé un titre original, inédit. Autre qu’un Monster Hunter, un Street Fighter, ou un Resident Evil ! On a bien eu une tentative, avec la nouvelle licence Exoprimal en 2023… Mais sur un terrain du shooter multijoueur online ultra concurrentiel. Pas facile de lutter contre des Fortnite, Overwatch, Rainbow Six, Call of et autres Counter Strike. Alors, quand Capcom nous a annoncé une nouvelle franchise il y a un an, notre sang n’a fait qu’un tour !
Avez vous déjà entendu le nom de Shuichi Kawata ? Le nom de celui qui est le directeur principal de Kunitsu-Gami : Path of the Goddess est aussi associé à des jeux comme Resident Evil 4 et Resident Evil 5, ou encore Shinsekai: Into the Depths. S’il a participé aux deux premiers, il est le réalisateur du troisième. Un jeu qui mêle action/aventure et puzzles, avec un défilement 2D dans des environnements sous-marins en 3D. Ce n’est pas vraiment le même univers que Kunitsu-Gami, mais en plissant bien les yeux, on peut deviner quelques grandes lignes que l’on retrouvera dans le titre qui nous intéresse aujourd’hui. Comme le mélange de boucles de gameplay différentes, ou certains niveaux à défilement 2D.
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À travers son scénario, Kunitsu-Gami : Path of the Goddess a aussi un univers bien à lui. L’histoire se déroule sur les terres luxuriantes du Mont Kafuku, magnifique montagne où les villageois et les animaux vivent en harmonie. Mais ce monde idyllique est aujourd’hui envahi par une sinistre corruption. Qui plonge ses habitants dans le désarroi. Toutes les nuits, des monstres appelés Ikokus (inspirés notamment par les Yokai) pénètrent dans notre monde à travers les portes sacrées Torii. Et s’emparent de l’âme des villageois.
Le joueur incarne un guerrier appelé Soh, qui va devoir jouer du sabre et élaborer des stratégies pour permettre à la prêtresse Yoshiro d’atteindre les portes Torii, pour qu’elle puisse les purifier grâce à des danses kagura majestueuses et cérémonielles dont elle seule a le secret. Autrement dit, vous allez contrôler un personnage, mais vous allez devoir surveiller deux barres de vie !
Jour… Nuit ! Jour… Nuit ! Okaaaayyyyyy !!



Kunitsu-Gami : Path of the Goddess est un jeu d’action à la troisième personne ! Autrement dit, un jeu où vous allez devoir défourailler des monstres à grands coups de sabre, tout en protégeant la vie de la prêtresse qui vous accompagne. Classique, quoi ! Mais là où le nouveau jeu de Capcom nous surprend, c’est dans un mélange des genres que l’on n’avait pas vraiment vu venir ! En effet, il mêle ses phases de beat’em all avec des mécaniques plus stratégiques. Empruntées plus précisément au tower-defense ! En d’autres termes, vous allez devoir placer des villageois sur la map, pour vous assister lors des combats.
Pour chaque niveau, le temps s’écoule en deux parties : la première se passe de jour, et la suivante de nuit. Pendant la phase diurne, vous allez devoir purifier les lieux, tout autour de vous. Purifier les points d’intérêt, mais aussi les villageois. Grâce à son sabre, votre guerrier va chasser les maléfices, et devra aussi purifier le chemin qui mêne à la prochaine porte torii. Car c’est ce chemin qu’empruntera votre prêtresse, pour purifier à son tour la porte sacrée, et la libérer de son emprise démoniaque. C’est aussi pendant cette phase que vous affecterez un rôle aux villageois purifiés, et que vous leur assignerez une position stratégique, pour ce qui va suivre.
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Car puisqu’elle se déplace en effectuant une danse sacrée, votre prêtresse se traine littéralement à deux à l’heure. Alors fatalement arrive ensuite la phase nocturne. Durant laquelle vous allez devoir survivre à l’invasion de hordes de monstres, jusqu’au petit matin. Là, il faut jouer du sabre, pour sauver à la fois votre vie, et celle de la prêtresse, qui devient la cible des ikokus damnés. Une phase qui va vous obliger à garder un œil à la fois sur votre barre de santé, mais aussi sur celle de la prêtresse. C’est aussi là que vous verrez si vous avez placé vos renforts (villageois) aux bons endroits. Et il arrivera parfois qu’en plus des ennemis, vous deviez vous mesurer à un boss. Il peut arriver que Soh perde la vie, auquel cas il devient un fantôme et ne peut plus combattre. En revanche, si c’est Yoshiro qui meurt, on recommence tout !
Lorsque l’on parlait plus haut de stratégie, sachez que cette phase ne concerne pas uniquement le placement des villageois sur la map. Car vous allez aussi devoir gérer vos ressources qui apparaissent sous forme d’orbes roses, à récupérer sur les objets/personnes que vous purifiez. Et vos choix sont assez gourmands en la matière : il vous faut des ressources pour affecter un job aux villageois… Comme il faut des ressources pour nettoyer le chemin qui mène aux Torii. Il va donc falloir répartir vos points avec intelligence, faire des choix judicieux ! Enfin, on ne l’a pas encore évoqué, mais votre avatar pourra aussi débloquer des compétences spéciales au fil du jeu…
Aussi une belle surprise visuellement



Pour terminer sur l’aspect jouabilité, on note que le jeu ne propose qu’un seul niveau de difficulté, mais qu’il reste très accessible au plus grand nombre. De plus, on adore la façon dont il esquive la répétitivité en proposant épisodiquement des boucles de gameplay originales. Comme ce niveau où le héros est privé de son corps. En revanche, certains passages sont moins réussis, comme cet autre niveau où vous êtes entourés de marais toxiques. On pourrait le finir aisément, si nos villageois n’étaient pas affublés d’une IA à la ramasse, qui les pousse à se suicider en mettant les pieds où il ne faut pas ! Ça sent le patch correctif à plein nez tout ça !
Abordons maintenant l’aspect technique ! La première claque vient de l’aspect visuel du jeu, de sa direction artistique. Les paysages éclatants, les couleurs, les costumes, et les chorégraphies… Kunitsu-Gami : Path of the Goddess est un pur régal pour les yeux ! Lorsque l’on parlait plus haut de chorégraphies, il faut rappeler que le jeu s’inspire des danses kagura. Des danses théâtrales rituelles venues des rites shintoïstes, qui pouvaient notamment être jouées à la cour de l’Empereur. De même, dans le style visuel du jeu, on trouve une part de Bunraku. Du théâtre de marionnettes mis en musique, et qui nous raconte le Japon dans ce qu’il a de plus mythique, féerique.
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Kunitsu-Gami est propulsé par le moteur maison de Capcom, le RE Engine. Moteur qui doit son nom à Resident Evil 7 : Biohazard, premier jeu qui l’a utilisé en 2017. Depuis, vous l’avez vu partout chez Capcom, de Devil May Cry 5 aux remakes de Resident Evil 2 et RE3, en passant par RE Village, Monster Hunter Rise, Exoprimal ou encore Street Fighter 6. Et force est de constater que ce vieux moteur de 7 ans en a encore sous le capot ! Le jeu est plutôt joli, coloré, fluide, détaillé… Qu’il s’agisse des cut-scenes ou des phases de gameplay, pas grand chose à dire. C’est propre !
L’ambiance très réussie du jeu passe aussi par son OST ! Et sur ce point aussi, on ne peut que faire des éloges au jeu. On a par exemple, en tête, l’exemple du thème qui se lance lorsque tombe la nuit et que les ikokus sortent de leur Torii. Les instruments traditionnels japonais nous envoient alors des percus plus rythmées, avec des chœurs masculins bien synchronisés comme il faut… Génial ! D’ailleurs, Capcom ne s’est pas privée de nous lâcher, avant la sortie du jeu, un theme-song interprété par la chanteuse et compositrice Ermhoi ! D’ailleurs, pour le plaisir, on vous conseille aussi de regarder le préquel de Kunitsu-Gami en théâtre Bunraku, fruit d’une collaboration entre Capcom et le National Bunraku Theatre.
Au final



Kunitsu-Gami: Path of the Goddess, c’est la bonne surprise de l’été ! Un jeu que l’on espérait bon, mais sans forcément en attendre davantage. Autrement dit, un bon jeu pour patienter en attendant une rentrée de folie ! Mais Capcom parvient à nous surprendre avec un titre qui va bien au delà de nos attentes. C’est beau, le gameplay est technique tout en restant accessible… Mais il est surtout original en comparaison avec ce que l’on a l’habitude de voir.
Qu’il s’agisse d’ailleurs du gameplay ou de l’ambiance : alors que les jeux vidéo nous font manger de la culture japonaise à foison, le titre de Capcom nous sert une approche originale et superbe de la culture nippone. C’est typiquement l’aventure que vous lancez par curiosité, mais une fois dedans, vous voulez atteindre la fin du jeu ! Kunitsu-Gami: Path of the Goddess est un jeu qui a sa propre personnalité, qui a une âme !
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Comptez une bonne vingtaine d’heures pour voir le bout du soft, ce qui représente une durée de vie plus que correcte pour un tel jeu. Cependant, on n’a pas abordé ce point, mais il propose aussi pas mal de collectibles, ou de missions secondaires (comme reconstruire les villages purifiés). Capcom a aussi tenu à faire plaisir à ses fans, avec notamment des collaborations bienvenues. Comme celle avec Okami (autre hit de la marque), qui vous permet d’obtenir des skins spéciaux. Bref, vous l’avez compris : on est parti d’un jeu que l’on attendait classique, mais qui crée la surprise par sa richesse. Pour faire plus simple, c’est notre jeu de l’été 2024 !
Enfin, il faut aussi que l’on parle du prix du jeu ! Quand beaucoup de titres se vendent aujourd’hui 80€ minimum, Capcom nous offre ici un tout nouveau jeu, captivant et original, pour 49,99€. Mieux encore, si vous jouez sur XBox One ou XBox Series X/S, ou sous Windows, vous n’aurez rien à payer si vous êtes abonné au GamePass. Puisque Microsoft a eu la riche idée d’inclure le jeu dans son offre d’abonnement dès le jour de sa sortie !
Kunitsu-Gami: Path of the Goddess

- Par : Capcom
- Sur : PS4 & PS5, XBox One et Series X/S, PC.
- Genre : action et stratégie/tower-defense
- Classification : PEGI 16.
- Prix : 49,99€.
- Conditions de test : testé sur PS5, sur une version fournie par l’éditeur
- Site officiel
- À savoir aussi : envie d’essayer le jeu ? Alors sachez qu’une démo gratuite est disponible. Par ailleurs, Kunitsu-Gami est gratuit dans le GamePass si vous jouez sur XBox.
Les points positifs
- Dans « direction artistique » il y a le mot « art »
- La bande-son superbe
- Le mélange des genres : action et stratégie/tower defense. Un concept génial
- Les animations et les mouvements des personnages qui transpirent la classe
- Un jeu qui a une vraie personnalité
- L’univers très « Japon folklorique »
- Une difficulté progressive, mais un jeu très accessible
- Les boss, et le design des monstres en général
- Une bonne durée de vie (une vingtaine d’heures)
- Un prix honnête, voire un jeu gratuit sur XBox
Les points négatifs
- Un seul niveau de difficulté qui correspond à un mode « normal »
- Le système de placement des villageois est parfois fastidieux… On l’aurait aimé plus ergonomique
- L’IA parfois aux fraises (notamment dans un niveau en particulier)
- On aurait aimé une narration plus profonde

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