Monster Hunter Rise : la chasse est aussi ouverte sur Switch !

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Les possesseurs d’une Switch avaient de quoi être déçus, en constatant que le monumental Monster Hunter World ne débarquerait pas chez Big N. En contrepartie, la console nomade accueille, ce printemps, un Monster Hunter Rise qui, jusqu’en 2022, sera exclusif à la console de Nintendo. Et qui, accessoirement, aura aussi pour mission de redorer l’image de la licence après la purge qu’est son adaptation cinématographique. Mais ça, c’est une autre histoire. Bref, revenons à nos moutons, ou plutôt à nos monstres de taille démesurée pour notre test de Monster Hunter Rise !

Les deux lièvres et la tortue

Il y a quelques mois, on tremblait pour la Switch, console la moins puissante du marché confrontée à deux colosses immensément puissants : la PlayStation 5 et la Xbox Series X/S. Et puis, la Covid-19 s’est rappelée à notre bon souvenir. Et les deux géants Sony et Microsoft, malgré d’alléchantes promesses, peinent toujours à honorer les commandes. Les consoles sont en rupture de stocks depuis quasiment leur sortie en novembre. En face, la « petite tortue » Nintendo fait son bout de chemin, et publie au calme de nombreux bons jeux. Et paradoxalement, l’année 2020 et le début 2021 seront deux bonnes (pour ne pas dire excellentes) périodes pour les ventes de la Switch. À condition que Nintendo se souvienne que 2021 est l’année anniversaire de The Legend of Zelda, je dis ça comme ça…

La console continue à nous surprendre agréablement, aujourd’hui avec une nouvelle exclusivité, signée Capcom, qui ne chôme pas en ce début d’année 2021 ! On pensait que l’éditeur avait d’autres Palicos à fouetter avec la sortie de Resident Evil Village… Mais il nous envoie un Monster Hunter Rise, un épisode inédit qui sera exclusif à la console de Nintendo, pendant quelques mois (la version PC devrait débarquer en 2022). Pas folle la guêpe ! Capcom ne va pas sortir un nouvel épisode sur deux consoles continuellement en rupture de stock, mais mise sur la petite nomade qui a le vent en poupe…

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Je ne vais pas m’étaler ici sur le principe de Monster Hunter. Une licence cultissime apparue en 2004 sur PS2. En bref, vous incarnez un chasseur qui va traquer, combattre et dépecer de colossaux monstres. Ceux-ci lui fourniront de la matière première, afin de crafter de nouvelles armes, tenues, etc. Bien évidemment, plus vous avancez dans le jeu, et plus vos adversaires sont gigantesques, à l’image du Rathalos, monstre emblématique de la série… Qui trouvera ici quelques compagnons aux noms exotiques comme le Magnamalo (le flagship monster, ou celui qui est mis en avant dans la communication de Capcom pour cet épisode, et sur la jaquette du jeu), le Tetranadon ou l’Almudron.

Ce nouvel épisode nous emmène dans le village Kamura. Un endroit où un monstre légendaire a fait sa réapparition. Aidé par Fugen l’ancien, les jumelles Hinoa et Minoto, le forgeron Hamon, ou encore votre mentor Maître Utsushi… Vous allez devoir vous perfectionner, afin de faire face, et contrer, une nouvelle invasion de monstres. Et dès l’intro du jeu, on découvre et on apprécie le choix d’une direction artistique qui s’inspire énormément du Japon féodal. Du design de Kamura et de ses habitants, jusque dans ses écrans de chargement, aux allures d’estampes japonaises… En passant par les nouveaux monstres inspirés des fameux yōkai du folklore japonais.

Comme chien et chat

C’est la tradition lorsque vous vous lancez dans un Monster Hunter : vous allez devoir commencer par la création de votre avatar. Ou plutôt devrais-je dire de votre équipe. Puisque à l’habituel duo composé de votre chasseur, et de son Palico (le chat qui parle et vous accompagne dans vos missions)… Cette version Monster Hunter Rise ajoute le Chumsky. Une nouvelle créature qui, comme le Palico, va vous accompagner partout en mode solo (en multi, il faudra choisir l’un des deux)… Mais qui revêt cette fois l’apparence d’un chien. L’apparence seulement, puisque sa taille est tout autre, et votre nouveau compagnon fera aussi (et surtout) office de monture, pour vous déplacer plus rapidement sur la carte.

Un chasseur (ou une chasseuse), un Palico et un Chumsky… Tout est prêt, vous allez pouvoir débuter votre aventure dans un tout nouveau monde. Cette fois, celui-ci s’inspire du Japon féodal comme je l’ai écrit plus haut… De ses temples, de ses cerisiers en fleurs, de ses petits ponts de bois… La structure du récit, elle, ne change pas. Le jeune chasseur que vous êtes va devoir aller parler à divers personnages, pour obtenir un fleuve d’infos sur le monde qui vous entoure… Prenez des notes : si vous êtes peu familier à l’univers de Monster Hunter, le jeu est assez bavard.

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Une fois que les premiers PNJ vous auront raconté leurs pages de scripts, vous allez devoir vous intéresser à votre équipement. Celui que vous portez comme celui que vous larguerez dans des coffres, pour pouvoir voyager léger… Avant de voir enfin débarquer votre première mission. Trépignant d’impatience, vous voilà enfin dans le grand bain… Mais ne nous précipitons pas ! Car en tout bon « nouveau Monster Hunter » qu’il est, Rise apporte aussi son lot de nouveautés. Mais j’y reviens plus bas.

Au niveau de sa construction, un Monster Hunter étant ce qu’il est, à savoir un jeu de chasse… Ne vous attendez pas à des quêtes épiques à la Zelda. Vous êtes ici pour défourailler du monstre avant tout. Et ceci que vous choisissiez les missions principales… Ou l’infinitude de missions annexes qui vous permettront d’optimiser votre matériel ou celui de vos familiers grâce à l’activité que vous allez le plus pratiquer dans le jeu : le farming !

Gameplay : du Monster Hunter lite ?

Très clairement, en matière de gameplay, on sent que les développeurs ont souhaité simplifier la jouabilité, sans doute afin de la rendre accessible au plus grand nombre, sur cette console familiale qu’est la Switch… MH Rise est un savant mix entre Monster Hunter World (opus sorti en février 2018 sur PS4 et Xone, puis plus tard sur PC), et les précédents opus, mais avec quelques nouveautés. Et c’est un fait : si vous avez poncé Monster Hunter World, il vous faudra un temps d’adaptation. D’une part pour assimiler les nouvelles techniques, d’autre part (et surtout) pour oublier vos vieux réflexes qui pourront vite venir gâcher la fête, en plein combat décisif.

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Parmi les nouveautés de cet épisode, on relèvera tout d’abord la plus grosse : les filoptères. Ces petits insectes sont capables de créer des fils de soie très résistants… Auxquels vous allez pouvoir vous accrocher pour vous propulser dans les airs, à la manière d’un membre du Bataillon d’Exploration dans l’Attaque des Titans. Et petit à petit, vous allez apprendre à améliorer vos connaissances des filoptères. Plus tard, il vous permettront d’esquiver les attaques, de courir sur les murs, de déclencher des attaques en lien de soie… Voire encore mieux : prendre temporairement le contrôle d’un monstre. Ce qui redéfinit votre stratégie en plein combat : vous pouvez alors soit assommer la créature en la précipitant sur un mur, soit la faire combattre un autre monstre… 90% du gameplay est centré sur cette nouveauté.

L’apparition de la nouvelle mécanique des filoptères, et des déplacements qu’elle permet désormais, a aussi un impact sur le level design. Les zones de chasse gagnent en verticalité, et vous devrez inclure ce paramètre dans vos traques, ou lorsque l’entrée d’une zone est bien planquée en hauteur. Puisque l’on parle des zones du jeu, il est également très appréciable de constater que les temps de chargement entre chacune (une plaie dans les précédents épisodes) ont quasiment disparu !

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Monster Hunter Rise ajoute également un nouveau type de quêtes, dites « Calamité » ! Ici, on est davantage sur du tower-defense, avec des salves de monstres qui attaquent la forteresse, que vous devez défendre avec l’aide de villageois. Ce n’est pas le mode de jeu sur lequel vous passerez le plus de temps, ni le plus original, mais il a le mérite d’apporter de la variété dans le gameplay. Capcom semble avoir approfondi l’idée de l’attaque du Zorah Magdaros, vue dans Monster Hunter World.

À contrario, d’autres mécanismes de gameplay ont été sacrifiés. C’est le cas par exemple de la traque de monstres, que vous pouviez réaliser dans Monster Hunter World à l’aide d’une autre variété d’insectes, les navicioles. Cette mécanique qui consistait à pister un monstre pour le trouver et le chasser apportait de la profondeur dans le processus de chasse, qui est je le rappelle le cœur du jeu… Et ceux qui ont joué à MHW regretteront certainement ce choix des développeurs. Pire, Monster Hunter Rise vous indique directement où sont les grands monstres (34 au total, dont 11 nouveaux) : dans Rise, on ne perd pas de temps, on va directement à l’essentiel, la baston ! Les développeurs ne veulent pas que vous vous paumiez sur la map. En revanche, en matière d’exploration, le jeu fourmille de trucs à trouver, de ressources à collecter : ici, la dimension exploration est bien présente, et n’est pas là que pour faire joli dans l’argumentaire de vente.

C’est beau pour de la Switch, mais moins que MHW

Et nous voici maintenant face à une question essentielle (mais pas tant que ça quand on y pense), y compris pour ce Monster Hunter Rise : sa réalisation. Mais attention, il est bon, voire nécessaire, de relativiser. Très clairement, au regard des performances de la Switch, Monster Hunter Rise est un très bon jeu, et est franchement joli… C’est peut-être même l’un des plus beaux jeux de la console de Nintendo, qui peut dire « merci » au moteur RE Engine de Capcom sur ce coup là. Mais… Si vous avez goûté à Monster Hunter World, on ne peut pas nier que les développeurs ont fait, techniquement parlant, trois pas en arrière. Ce qui, encore une fois, est compréhensible au regard des différences entre une Switch, et ne serait-ce qu’une Xbox One, une PS4 ou un PC.

Si certains avis sur le jeu sont dithyrambiques, notamment par rapport à son contenu, il me semble qu’il est nécessaire, encore une fois, d’apporter quelques modérations. Oui, Rise est un jeu riche, mais pas autant qu’a pu l’être MHWorld. 34 monstres, dont 11 nouveaux, c’est bien mais… J’ouvre d’ailleurs une parenthèse pour vous rappeler que, au moment de la publication de ce test, le jeu bénéficiera depuis quelques jours d’une mise à jour gratuite qui ajoute des monstres… Mais sinon, et bien… Sa durée de vie assez longue s’explique aussi par de longues séances de farming, plus que par un scénario en soi. Ne l’oublions pas !

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Autre défaut selon moi dans le jeu, et j’en ai déjà parlé plus haut : la volonté des développeurs de le rendre plus facile, plus accessible. Et au final, Monster Hunter Rise est un jeu long, avec de longs combats, mais il n’est en aucun cas un jeu difficile. Même le monstre le plus terrible ne vous opposera pas vraiment de résistance si vous savez vous y prendre. Comprenez par là que, si vous savez prendre parfois du recul pour vous soigner, jouer avec les filoptères et gérer un bon timing… Même la chasse la plus dangereuse passera crème. Seules les quêtes en online vous donneront un peu plus de fil à retordre (quatre niveaux de difficulté, qui augmente plus il y a de joueurs). Sans doute pour justifier de vous mettre à plusieurs sur un pauvre Magnamalo sans défense… Autre difficulté non négligeable : la barrière de la langue ! Le jeu est disponible en Anglais, Japonais ou « langue Monster Hunter » mais… Pas de VF à l’horizon !

Enfin, la réalisation, c’est aussi la façon dont tourne le online du jeu. Mode pour lequel un abonnement Nintendo Switch Online sera nécessaire. Sur la Switch, le mode en ligne de MHR est correct, mais pas complètement fou. Ça décroche parfois, ça bugue, voire ça plante… Ce n’est pas systématique, mais suffisamment pour avoir pourri mes premières parties. Au point de laisser tomber très vite cette option pour lui préférer un mode solo dans lequel on tourne vite en rond. De plus, Capcom semble avoir oublié le chat vocal dans son online… Rien de grave, mais quand même !

Au final

La question qui me taraude depuis un moment est « à qui se destine ce Monster Hunter Rise ? » Car s’il est taillé et pensé pour les débutants, les ceusses qui n’ont jamais mis la main sur un Monster Hunter… Il pourra les déstabiliser par certains aspects. Par la foultitude d’infos qu’il vous balance et qui peuvent vous donner l’impression d’être vite largué si vous êtes étranger à la licence… Par exemple. Mais alors, le jeu se destine t-il plutôt aux fans de la franchise ? Franchement, si vous avez goûté à Monster Hunter World, ça va être compliqué ! Rise est un très bon jeu Switch et un bon Monster Hunter sur cette console… Mais ne parvient pas à égaler son prédécesseur. Tant sur le terrain de la technique (forcément, on ne va pas comparer une PS4 et une Switch) que de la richesse et du contenu au démarrage (car oui, il va s’améliorer avec le temps, à grands coups de DLC).

Alors, faut-il le bouder pour autant ? Certainement pas ! D’une part, les jeux solidement armés en matière de durée de vie se font un peu désirer sur Switch en ce moment. Et on n’est pas prêts de voir un Breath of the Wild 2 débarquer… D’autre part, comme je l’ai écrit, ce jeu reste un Monster Hunter de très bon niveau. Il ose des choses, en tente d’autres. Bien que MHW reste pour moi la référence absolue, pour le moment… J’ai franchement pris beaucoup de plaisir à jouer à cette version Switch…


Monster Hunter Rise

Testé sur une version fournie par l’éditeur.
Les points positifs :
  • Visuellement, c’est un très beau jeu Switch
  • Les nouveautés de gameplay (les filoptères notamment)
  • La bande-son
  • L’ambiance Japon Féodal
  • Le level-design et la verticalité
  • De vraies phases d’exploration
  • 34 grands monstres, dont 11 nouveaux
  • Un bestiaire et des environnements qui ont une âme
  • Les temps de chargement réduits, voire quasi-inexistants entre les zones de la map
  • Le Chumsky
Les points négatifs :
  • Des mécaniques plus simplifiées que dans MHW
  • Les mécaniques qui ont disparu (la traque de monstres)
  • Pas de VF
  • Contenu en deça de MHW
  • Le online pas toujours au point
  • On farme quand même pas mal
  • Globalement, c’est un Monster Hunter Lite

Comme dans le sketch des Inconnus, il y a le bon et le mauvais chasseur ! Et ce Monster Hunter Rise vous emmène incontestablement dans la bonne direction ! Avec son ambiance très japonaise, son gros contenu et son univers si particulier... Il vous propose un voyage parmi les plus beaux sur votre Switch. On ne peut nier que cet opus aura beaucoup de mal à égaler Monster Hunter World, mais l'intention est là, et ça compte quand même beaucoup !
80%
Oui

Comme dans le sketch des Inconnus, il y a le bon et le mauvais chasseur ! Et ce Monster Hunter Rise vous emmène incontestablement dans la bonne direction ! Avec son ambiance très japonaise, son gros contenu et son univers si particulier... Il vous propose un voyage parmi les plus beaux sur votre Switch. On ne peut nier que cet opus aura beaucoup de mal à égaler Monster Hunter World, mais l'intention est là, et ça compte quand même beaucoup !

  • Direction artistique
  • Réalisation
  • Jouabilité
  • Musiques et ambiance générale
  • Scénario

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