La démonstration technique sur XBox Series

Cinq ans ! Il aura fallu attendre cinq années pour enfin mettre la main sur Senua’s Saga : Hellblade II. Un jeu exclusif aux supports Microsoft, dévoilé par XBox en 2019. Et un jeu qui est la suite de Hellblade : Senua’s Sacrifice, pépite du studio anglais Ninja Theory sortie en 2017 sur XBox One, PS4 et PC. Un an plus tard, Phil Spencer annonce que XBox Game Studios a racheté le studio basé à Cambridge. Et en 2019, c’est donc une exclusivité qui est annoncée par le géant américain.

Senua’s Saga : Hellblade II sera donc une exclusivité Microsoft, qui sortira sur Series X et Series S, ainsi que sur Windows. Qui plus est, cette exclusivité s’annonce comme une véritable démonstration technique. Déjà en 2019, on nous présente ce jeu comme celui qui va vous démontrer ce que la Series X/S a vraiment dans les tripes ! Et cinq ans plus tard, à la sortie du jeu ce 21 mai 2024, on ne va pas tourner autour du pot : Senua’s Saga : Hellblade II est sans aucun doute l’un des plus beaux jeux vidéo qu’il nous ait été donné de voir ! Et pour vous en convaincre, il propose un mode photo qui appuie bien fort sur le rendu somptueux du titre. En revanche, on s’étonne du choix du format d’affichage qui, sur une TV 16:9, nous impose deux bandes noires. Qui bouffent inutilement de l’espace (voir les screens de ce test).

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Pour le réalisme des visages, tant dans les détails que dans les expressions faciales, pour ses décors aussi magnifiques que désolés… Hellblade II passe un cap. Les développeurs de Ninja Theory n’hésitant pas à dire que les décors du jeu ont été modélisés, avec une précision chirurgicale, à partir de lieux bien réels. Hellblade II est effectivement le titre qui resserre plus que jamais l’écart entre le jeu vidéo et le cinéma. Et malgré quelques décors un peu ternes et une image relativement sombre, on ne peut qu’admirer le spectacle qui se déroule sous nos yeux… Et dans nos oreilles. Puisque les développeurs utilisent aussi ce levier pour nous épater : Hellblade II propose aussi un son spatial qui offre un rendu surprenant. Et donne encore plus de poids à vos « petites voix intérieures » qui vous insultent ou vous chambrent en permanence ! On vous recommande donc de jouer au casque, évidemment !

Dans Hellblade II, on retrouve donc Senua, jeune femme picte, dans les paysages nordiques du Xe siècle. Après avoir tenté de sauver l’âme de son amour perdu dans Hellblade : Senua’s Sacrifice (dont le jeu est la suite directe), Senua a été capturée par des esclavagistes vikings. Pris dans une violente tempête, le bateau sur lequel elle a été embarquée s’échoue sur des rives désolées, quelque part en Islande. Un lieu sombre, où des choses encore plus sinistres semblent se dérouler. Mais n’écoutant que son courage et ses petites voix intérieures (oui, Senua souffre d’une maladie qui lui fait entendre des gens dans sa tête), la jeune femme décide de se retrousser les manches pour aller affronter ce nouvel adversaire.

Le gameplay n’est pas le point fort du jeu

Soyons clairs ! Si l’aspect visuel du jeu nous met une énorme claque, lon ne peut pas en dire autant du gameplay. Avec deux observations particulièrement frustrantes (voire décevantes) ! Tout d’abord, l’expérience est très courte. Deuxième point noir du jeu : il laisse au joueur cette permanente impression, du début jusqu’à la fin, de n’être qu’un long couloir. Où vous ne pouvez rien faire, si ce n’est faire avancer votre héroïne sur un chemin prédéfini. Autrement dit, Senua’s Saga : Hellblade II tient plus du film interactif que du vrai jeu d’aventure exploration.

Concrètement, le jeu se partage en deux phases distinctes. Tout d’abord, de nombreux passages où Senua progresse sur un chemin prédéfini. Ici, votre progression peut être interrompue par des énigmes. Qui consistent notamment à assembler des éléments du décor, pour reconstituer des formes ou des symboles, en jouant avec la perspective. Pas vraiment compliquées, ce ne sont pas les phases qui vont vous stopper net dans votre avancée, tant le jeu vous prend par la main et vous donne généreusement des indices. Hormis ces puzzles, on ne peut pas dire que le jeu ne vous invite à l’exploration ! Pas vraiment de collectibles à ramasser, peu d’intérêt à fouiller… Et quand le décor semble vous inviter à chercher votre chemin… N’oublions pas que nous ne sommes pas dans un monde ouvert. Seule le chemin principal est empruntable. Ce que vous preniez pour des alternatives vous oppose vite à des murs.

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Et puis, vous rencontrerez aussi des phases de combat, assez techniques et laborieuses. Ici, les affrontements reposent sur un système de parade et d’attaques (légères ou lourdes) à déclencher au moment opportun. Pour mieux se protéger, ou faire plus de dégâts. Un peu à la manière d’un Sekiro, mais en plus lourd et en moins instinctif. Autrement dit, ce sont les mêmes que dans Hellblade : Senua’s Sacrifice sans évolution majeure. Mieux vous encaissez, et plus vous remplissez une jauge de fury. Qui vous permet, une fois pleine, de déclencher un puissant finish. Expérience vécue : après un arrêt de deux ou trois jours, il est recommandé de reprendre les bases du combat. Sous peine de se faire exploser sans comprendre ce qu’il vous arrive.

Visuellement, les chorégraphies seraient presque parfaites si le jeu ne souffrait pas d’un défaut des premiers Assassin’s Creed : les ennemis qui font la queue pour vous attaquer. Avec cependant un bémol : on apprécie une option dite « dynamique » qui permet aux combats d’adapter leur difficulté à vos performances. Pourtant, les affrontements deviennent vite lassants et répétitifs ! Sans doute aussi parce qu’ils trainent en longueur. Un peu comme si les développeurs avaient tiré au maximum pour faire du remplissage. Dommage pour un jeu de cette trempe !

Au final

Tout comme l’aventure nous a surpris, pour ne pas dire perturbé par sa folie ambiante (attention : cette exclusivité Microsoft n’est pas classé PEGI 18 par hasard ! Il est fortement déconseillé aux mineurs, on parle ici de folie, pour ne pas dire de schizophrénie. Avec des images parfois violentes, tant visuellement que psychologiquement), Senua’s Saga : Hellblade II nous déstabilise aussi au moment de rendre un verdict. On a aimé des choses, d’autres moins. Visuellement spectaculaire, Ninja Theory nous propose ici le haut du panier en matière de jeux narratifs ! C’est vraiment superbe. On osera peut-être même vous affirmer que c’est l’un des plus jolis jeux vidéo que l’on ait pu voir jusqu’à maintenant !

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Et puis, il y a le reste ! Un scénario qui peine à nous surprendre si on a déjà joué au premier Hellblade, des combats fastidieux, une aventure couloir qui devient vite lassante, des énigmes placées là histoire de… Alors, très vite, on comprend que Senua’s Saga : Hellblade II a tout misé sur le visuel. Les développeurs ont mis le paquet sur les graphismes. Mais le gameplay en lui-même s’avère assez paresseux, et peu novateur par rapport au premier opus. Et on n’a même pas parlé des affreuses bandes noires imposées, en haut et en bas de l’écran, par le format 2,39:1. Ou encore l’absence de doublage en VF (vraiment dommage).

Au final, Senua’s Saga : Hellblade II est un beau jeu, mais un jeu qui repose exclusivement sur les acquis du premier volet. Sans aucune prise de risque vers de la nouveauté. Ce qui est paradoxalement un choix très risqué avec quelques prochaines sorties qui risquent de davantage capter votre attention. 49,99€, c’est donc peut-être un tarif élevé de ce fait… Mais grâce au GamePass qui vous permet de télécharger le jeu gratuitement, on vous conseille quand même de l’essayer. Mais pas au prix fort !

Note : on ne l’a pas précisé, mais le jeu est par ailleurs uniquement disponible en dématérialisé. Pas de version physique à l’horizon, ce qui pourra décevoir les collectionneurs.


Senua’s Saga : Hellblade II

  • L’un des plus beaux jeux vidéo que l’on ait vu jusqu’à présent
  • La bande-originale magnifique
  • L’ambiance sonore, surtout au casque !
  • Le scénario et l’univers sombre
  • Un mode photo qui sublime encore plus les graphismes du jeu
  • Une aventure très (trop) linéaire
  • Les sous-titres en anglais, pas de VF
  • Le format d’affichage en 2,39:1, avec des bandes noires sur votre TV 16/9
  • Uniquement en téléchargement, pas de version physique
  • Des énigmes pas vraiment compliquées, et en plus on vous prend par la main
  • Le système de combats laborieux, et vite répétitif