Un savant cocktail dont Gearbox a le secret

Saviez-vous que, comme son nom ne l’indique absolument pas, Borderlands 4 est le… Huitième épisode de la série, hors compilations ? Si si, je vous jure, j’ai compté : Borderlands en 2009, Borderlands 2 en 2012, Borderlands : the Pre-Sequel en 2014, Tales from the Borderlands la même année, Borderlands 3 en 2019, Tiny Tina’s Wonderlands en 2022… Et la même année, un New Tales from the Borderlands qui dénote un peu, puisque la série délaisse ici le FPS pour du point-and-click. Alors, on peut le dire : cette grande saga a su, depuis sa création, entrer à grands coups de rangers dans la culture populaire. Au point d’avoir même son propre film, au cinéma, en 2024 !

Dans le premier épisode, on découvrait la planète désertique Pandora, cadre des débuts de la saga. Première chasse à l’Arche, on découvre aussi les Vault Hunters originaux (Chasseurs de l’Arche). Plot twist : l’Arche contient… Un monstre alien géant à buter. Avec le second opus, on découvre un méchant culte, Handsome Jack. Il prend le contrôle de la planète via la société Hyperion. Le ton devient encore plus mordant, et la lutte contre Jack devient personnelle. Retour en arrière dans Borderlands: The Pre-Sequel, où l’on suit l’ascension de Jack avant qu’il ne devienne le psychopathe mégalo de BL2. Enfin, deux nouvelles menaces débarquent dans Borderlands 3 : les Calypso Twins. Des streamers fanatiques qui veulent ouvrir tous les Vaults pour devenir des dieux. Plus d’armes, plus de planètes, plus de chaos.

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Mais… Qu’est-ce qui fait la différence entre Borderlands, et les autres FPS. Un genre particulièrement plébiscité et représenté, autant sur PC que sur consoles ? J’ai envie de vous répondre… Tout ! Quand la grande majorité des FPS se ressemblent, voire se copient (entre eux, mais aussi eux mêmes), la série de 2K Games a sa propre identité, son univers, sa personnalité. Un cel-shading qui donne l’impression de jouer dans un comic-book, avec des couleurs vives et des contours marqués ; Des millions d’armes générées procéduralement, du flingue qui parle au lance-roquettes qui tire des grenades… L’absurde est une feature, pas un bug ; Dialogues bourrés de sarcasme, personnages complètement barrés (coucou Claptrap) et un ton qui mélange Mad Max et un stand-up trash… En gros Borderlands, c’est du shoot, du loot et du LOL dans un univers post-apo déjanté.

Autrement dit, on retrouve toujours le même cocktail : exploration de nouvelles zones, chasse aux Vaults, lutte contre des mégalomanes, et beaucoup d’humour noir et de loot… C’est la signature de Borderlands ! Et généralement, lorsqu’un nouvel épisode est annoncé, on ne se pose pas la question. On craque ! Alors autant dire que lorsque Borderlands 4 a été annoncé il y a un peu plus d’un an, lors de la Gamescom 2024… Le looter-shooter bac-à-sable est vite arrivé dans le top 5 de notre wishlist. Mais maintenant, on peut enfin vous donner notre avis.

Nouvelle planète, nouveaux protagonistes pour un nouveau carnage

Borderlands 4 se déroule sur Kairos, une nouvelle planète vaste et variée. Vous y incarnez un Chasseur de l’Arche personnalisable grâce à trois compétences d’action et des arbres de talents. Offrant d’innombrables combinaisons. L’histoire vous plonge dans un monde rempli de factions en guerre, de faune dangereuse et d’un antagoniste central, le Gardien du Temps. Un tyran qui règne depuis sa ville-forteresse, le Dominion, depuis des siècles. Impitoyable, il est à la tête d’une armée de soldats synthétiques appelée The Order.

Au tout début du jeu, vous devrez choisir entre quatre nouveaux personnages. Vex la Sirène, Rafa l’exosoldat, Amon le Forgeknight ou Harlowe la gravitar. Autrement dit, Vex manie une énergie phasique pour se renforcer ou invoquer des serviteurs ; Rafa est un combattant à l’armement high-tech capable d’attaquer à toutes les distances ; Amon, c’est le tank modulable utilisant des drones et un arsenal de forgeron pour attaquer ou défendre ; Enfin, Harlowe est une spécialiste du contrôle de zone et du soutien grâce à ses gadgets de glace et de stase. Un roster simple, mais qui propose donc assez de variété : chaque héros profite de trois arbres de compétences qui permettent des builds très variés et un plaisir de jeu coop renforcé.

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Ce quatrième opus sait aussi nous surprendre avec quelques nouveautés bienvenues. C’est le cas par exemple avec les déplacements, qui nous offrent de nouvelles actions. Comme s’accrocher à l’aide d’un grappin, escalader des parois, ou nager. Mais pour se déplacer plus loin et plus vite, vous pourrez aussi appeler votre Digirunner. Un véhicule personnalisable que l’on peut invoquer presque partout pour se déplacer facilement sur Kairos, dans cet immense openworld. On peut aussi le modifier (maniabilité, composants, Hover Drives) et le customiser visuellement, tout en l’utilisant pour combattre grâce à sa tourelle frontale. Autre ajout salvateur : ECHO-4, un robot-drone qui nous accompagne partout. Il permet, d’une simple pression de touche, de retrouver la route vers notre objectif quand on est paumé… Ou d’améliorer certaines de nos capacités.

Pour le reste, ça reste du Borderlands, donc du looter-shooter ! Comprenez un FPS où l’on tire sur tout ce qui bouge pour récupérer un maximum de butin. D’autant qu’en début de partie, vos munitions seront comptées (ensuite, on améliore notre capacité de transport). Et sur ce point, le jeu est très généreux, avec des cadeaux plus que de raison, et un nombre d’armes que l’on a arrêté de compter tant elles sont nombreuses. Le gameplay est fluide et nerveux (il me semble même plus que Borderlands 3), et quelques boss « sacs à PV » viendront régulièrement vous mettre des bâtons dans les roues… Histoire de tester votre arsenal. Bref, vous l’aurez compris : pour un fan du genre, Borderlands 4 est un jeu particulièrement jouissif !

Un jeu mal optimisé ?

Si le jeu est fidèle à l’esprit Borderlands, et s’il se montre globalement à la hauteur de nos attentes… Il n’est pas pour autant dénué de défauts. Et le plus marquant si l’on se fie à la communauté de fans sur les forums, c’est son optimisation. Notamment sur PC, où de nombreux joueurs rapportent le calvaire qu’ils ont vécu, allant jusqu’à des crashs ! N’ayant pas eu la version PC entre les mains, on ne s’avancera pas sur ce terrain. En revanche, on ne peut que confirmer que, sur PlayStation 5, on a aussi connu quelques soucis. Des chutes assez violentes de la vitesse d’affichage pendant les cinématiques, des ralentissements en plein jeu… Voilà un défaut qui peut facilement être corrigé après un ou plusieurs patch(s) mais… Les devs ont justement prévenu que le patch day-one corrigera la plupart des problèmes rencontrés par les joueurs ayant découvert le jeu avant sa sortie….

Si au premier abord, les développeurs semblent avoir pensé à tout, on s’étonne, manette en main, de l’absence de certaines options de confort. Par exemple, nous n’avons pas trouvé d’option permettant de régler le champ de vision (FOV). De même, sauf erreur de ma part, il ne semble pas possible de supprimer le flou cinétique. Ce qui peut être gênant pour les joueurs chez qui ce flou provoque des maux de tête. Mais comme pour le paragraphe précédent, je pense qu’il est très probable que Gearbox apporte des améliorations pour ces points, avec des mises à jour à venir.

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Si, durant les premières heures de jeu, Borderlands 4 nous surprend par ses nouveautés, ses bonnes trouvailles… On ne peut s’empêcher, dans sa seconde moitié (je parle de la quête principale), d’y trouver pas mal de redondances. En effet, une fois que l’on a fait le tour des mécaniques de gameplay, le jeu peine à nous surprendre. Même constat pour son bestiaire, finalement limité. Ou ses quêtes secondaires qui, bien que très nombreuses, finissent par se ressembler. Idem pour le scénario : bien qu’il vous offre quelques twists sympas, et un humour que l’on adore dans la série… Il n’est pas non plus le plus surprenant du monde. Et un fan de films ou séries post-apo y verra même quelques références, quand d’autres trouveront le Gardien du Temps un peu trop cliché. Difficile de rivaliser avec Handsome Jack !

Malgré tout, le jeu reste très bon pour un fan de la série. L’univers est parfaitement respecté, le gameplay aussi. Et que dire de son contenu ? Entre mode solo et missions co-op, le jeu est très généreux ! On ne sait plus où donner de la tête tant il y a de choses à faire. Si en plus vous comptez optimiser vos builds ou découvrir les zones de long en large… On ne va pas vous revoir avant un paquet de mois ! Le dernier point qui méritera réflexion est le prix des différentes versions. Car si l’édition standard est affichée à 79,99€… Vous pouvez aussi opter pour l’édition Deluxe (99,99€), et Super Deluxe (129,99€), chacune avec foison de bonus en supplément. À voir à quel point vous êtes fan, donc.

Au final

Pendant l’écriture de ce test, je me suis replongé dans la relecture de ma précédente critique de Borderlands 3. Et j’ai été le premier surpris de constater que la plupart de mes remarques de l’époque valent encore pour ce quatrième épisode. L’ambiance fidèle, la direction artistique, le loot à gogo, le nombre hallucinant d’armes et le côté jouissif du gameplay… Mais aussi les soucis d’optimisation, le scénario dans la moyenne… Tout y est ! Pourtant, malgré tout, on ne peut s’empêcher de penser que B4 va encore plus loin dans le délire. Bien qu’il capitalise sur la continuité, plus que sur la vraie révolution.

Borderlands 4 nous envoie sur Kairos, une planète vaste et variée où l’on passe des collines paisibles du Versant aux pics glacés de Terminus, avant de se frotter à la forteresse du Gardien du Temps dans le Dominion. La direction artistique garde son style cel-shading iconique, avec des environnements plus détaillés et plus vivants que jamais. L’humour reste fidèle à la série, irrévérencieux et déjanté… Mais le scénario divise : certains trouveront le Gardien du Temps peu mémorable et regretteront des dialogues parfois convenus.

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En conclusion, Borderlands 4 ne sera sans doute pas la grosse révolution du genre, espérée par beaucoup… Mais il passe un (voire plusieurs) cap(s) par rapport aux jeux précédents. Personnellement, j’avais adoré B2 et B3, mais aujourd’hui, j’ai comme une envie de placer Borderlands 4 au dessus. Avec toutefois deux grosses réserves. Tout d’abord, il va falloir absolument corriger ces soucis d’optimisation, sur consoles mais surtout sur PC où les joueurs semblent vivre un véritable enfer ! Et puis, on attend aussi de voir ce que va donner le endgame sur la durée.

Pour le reste, si vous êtes fan du genre shooter-looter, ou si vous souhaitez le découvrir, vous pouvez foncer. Malgré ses petits défauts, Borderlands 4 s’impose d’entrée comme une valeur sûre, fun et généreuse. En cette rentrée 2025, c’est un peu l’élève turbulent de la classe, avec qui tout le monde a envie d’être pote !


Borderlands 4

  • Par : développé par Gearbox Software, édité par 2K Games.
  • Sur : PS5, XBox Series, PC et Switch 2 (le 3 octobre).
  • Genre : FPS (looter-shooter)
  • Classification : PEGI 18
  • Prix : 79,99€ pour la version standard
  • Conditions de test : testé sur une version PS5 fournie par l’éditeur
  • Un jeu très généreux, très solide pour son contenu
  • Une ambiance et une identité graphique fidèles à la série Borderlands
  • Un gameplay amélioré, et bien nerveux
  • Le roster équilibré, avec quatre personnages différents et aux possibilités d’évolution intéressantes
  • Kairos, un openworld vaste et varié
  • La bande-son
  • Dialogues et textes en VF
  • Solide durée de vie, multipliée si vous jouez en coop
  • L’optimisation
  • Beaucoup de répétitivité sur la durée
  • Il manque encore quelques options de confort
  • Le scénario en retrait, parfois assez convenu