C’est véritablement LE phénomène du moment ! Si on avait senti que Clair Obscur : Expedition 33 risquait d’être un bon jeu… Il faut avouer que peu avaient vu venir l’énorme succès qui a suivi sa sortie. En quelques jours seulement après son lancement, ce titre made in France est devenu un véritable phénomène viral sur les réseaux sociaux ! LE jeu à côté duquel il ne fallait pas passer ! Alors, on a essayé ! Et oui, manette en main, on ne peut que comprendre l’engouement autour du soft de Sandfall Interactive et Kepler ! Maintenant, une question se pose : Clair Obscur : Expedition 33 est-il, comme certains l’affirment, le jeu de l’année 2025 ? Il n’y a qu’un seul moyen de le savoir : un test en bonne et due forme !
Success story à la Française !
Si vous trainez un minimum sur les réseaux sociaux, alors vous avez forcément entendu parler de Clair Obscur : Expedition 33. Premier jeu du studio français Sandfall Interactive. Une success story que l’on n’avait pas vraiment vue venir. Le jeu sort le 24 avril (sur Series X/S, PC et PS5). Douze jours plus tard, il dépasse le cap des 2 millions de jeux vendus (dont 1 million en seulement 3 jours), récoltant au passage les félicitations du président Emmanuel Macron. Deux semaines après la sortie du jeu, un film a été confirmé, on parle de ruptures de ses éditions physiques, sa bande-originale est N°1 dans les classements de Billboard… Et au moment où nous écrivons ce test, il obtient la note des lecteurs de 9,7/10 sur Metacritic, sur la base de plus de 9000 votes. Bref… L’un des lancements les plus spectaculaires de 2025 !
Un petit retour en arrière s’impose ! Sandfall Interactive est un « petit » studio basé à Montpellier, dans le joli département de l’Hérault. Le studio a été fondé en 2020, par Guillaume Broche, François Meurisse et Tom Guillermin, des anciens d’Ubisoft. Guillaume Broche a expliqué qu’il a quitté Ubisoft car il « s’ennuyait et voulait faire quelque chose de différent ». Clair Obscur (ou Project W à l’origine) était initialement un projet personnel de Guillaume Broche qui, début 2019, essayait d’apprendre en autodidacte le moteur Unreal Engine. C’est donc sous Unreal 4 qu’a commencé le développement… Avant de basculer sous Unreal Engine 5. Le jeu est présenté lors du Summer Game Fest 2024 durant la conférence de Xbox Games Showcase.
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L’équipe de développement se compose donc d’une trentaine de personnes, entre Montpellier et Paris. Oui, bon OK : quand vous verrez le générique de fin du jeu, vous réaliserez qu’en réalité, on compte infiniment plus que 30 personnes. Puisque l’équipe a aussi été renforcée par des animateurs coréens, ou une trentaine de musiciens pour venir assister le compositeur Lorien Testard. Soit une plus grosse équipe, qui a notamment trouvé en ce projet une opportunité d’échapper à l’isolement du confinement, durant la pandémie du Covid-19. Il n’empêche, Clair Obscur : Expedition 33 est le premier jeu de Sandfall Interactive. Il est publié par Kepler Interactive (Tchia, Scorn, Sifu), un éditeur et développeur de jeux mondial basé sur un modèle de copropriété unique entre plusieurs développeurs indépendants.
En lançant Clair Obscur : Expedition 33, le joueur découvre Lumière. Une version alternative du Paris de la Belle Époque, où tout semble déformé, suspendu… On y découvre Gustave, ingénieur de 32 ans, prêt à rejoindre les habitants pour participer à la cérémonie du gommage. Chaque année, une entité mystérieuse appelée la Peintresse provoque ce « Gommage » : en peignant un chiffre sur un monolithe. Ce chiffre désigne un âge, et toutes les personnes ayant atteint cet âge disparaissent. Mais comme chaque année, une expédition s’apprête à partir afin de combattre la Peintresse et faire cesser ce sinistre rituel. Mais aucune expédition n’est jamais revenue. Gustave et ses amis Maelle, Lune, Sciel… constituent la 33e expédition.
Des Français qui font un « RPG japonais »



Clair Obscur : Expedition 33 est un RPG. Plus exactement un J-RPG (RPG japonais), mais conçu au Pays de la baguette et des fromages. Un jeu de rôle au tour par tour avec des mécaniques en temps réel, dans la pure tradition des Final Fantasy X ou XIII ou des Persona, dont les développeurs se sont très fortement inspiré. D’ailleurs, pour son menu et pour le déroulement de ses combats, Clair Obscur nous fait davantage penser à Persona 5 qu’à Final Fantasy XVI. Concrètement, une barre définit l’ordre de passage entre protagonistes et ennemis. À chaque tour, chaque personnage peut attaquer, se défendre ou utiliser des compétences.
Ces combats au tour par tour incluent donc aussi du temps réel, avec notamment des passages basés sur le timing. Pendant les attaques adverses, vous pouvez ainsi intervenir pile au bon moment pour esquiver, parer ou réduire les dégâts. Et chaque contre réussi vous offre une attaque supplémentaire : si vous avez le sens du rythme, vous pouvez donc espérer déclencher une riposte dévastatrice en plusieurs coups. Cela permet d’enrichir le gameplay tant en attaque qu’en défense. Car en défense, toutes les attaques peuvent être soit esquivées, soit parées. On ne l’a pas précisé, mais lors de vos déplacements sur la carte, vous voyez les ennemis. Les combats ne sont donc pas aléatoires, et vous pouvez choisir de les éviter, ou d’aller au charbon en les frappant en premier pour prendre l’avantage.
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Parmi les points réussis, on aime le fait que chaque membre de votre équipe ait des capacités et des talents uniques : les membres de l’Expedition 33 se complètent tous, et aucun ne fait doublon, comme ça peut parfois être le cas dans les RPG… Une complémentarité qui peut aussi faire penser au roman heroic-fantasy La Horde du Contrevent, d’Alain Dalmasio, dont les scénaristes se sont inspirés.
Comme vous le découvrirez rapidement, le lore du jeu tourne autour de l’art et de la peinture. Les personnages utilisent donc des pouvoirs liés à l’encre, créant des attaques visuellement inspirées et stylisées. Et certains ennemis ou effets de terrain sont influencés par des mécaniques artistiques (taches, coups de pinceau, etc.). La progression des personnages s’articule autour de trois éléments : les Pictos (chaque personnage peut en équiper jusqu’à trois), qui offrent des bonus passifs variés (effets, augmentations de statistiques…) ; Les Luminas, des points gagnés en montant de niveau (maximum : 99), qui permettent d’améliorer les statistiques de base de vos personnages ; Et enfin les Lumicolors, objets spéciaux qui influencent les builds de vos personnages en modifiant leurs compétences et attributs.
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Si vous êtes familier des J-RPG, alors, vous avez sans doute l’habitude d’utiliser de la magie grâce à des Points de Mana ! Pas dans Clair Obscur ! Ici, on va plutôt parler d’un système basé sur des Points d’Action (ou PA). Vos compétences et sorts magiques vont venir pomper des PA, qui peuvent cependant être restaurés en accomplissant certaines actions. Ce qui va vous obliger à adopter une approche tactique pour maximiser l’effet de vos compétences en combat. Par ailleurs, certains personnages, comme Lune, disposent de mécaniques qui leur sont propres : le système de taches. Grâce à cette mécanique, ils peuvent accumuler différents éléments qui peuvent être combinés pour améliorer leurs attaques magiques. Un coup à prendre !
Et puis… Difficulté et répétitivité s’installent



Entre les combats, le jeu propose des interactions riches entre les membres de l’expédition (voire des romances). Le joueur peut influencer certains dialogues ou choix qui modifient les relations et le cours de l’histoire. Cependant, on regrette que les points d’intérêt ou coffres cachés ne soient pas plus nombreux. On aime visiter ce monde onirique, hélas il invite peu à l’exploration, à la sortie de route. Et cela se ressent sur la durée de vie : comptez entre 35 et 40 heures pour arriver à l’une des deux fins alternatives. Ce qui peut paraître un peu faiblard au regard des autres références du RPG. Mais, comme la plupart des jeux du genre, Clair Obscur : Expedition 33 joue aussi sa longévité sur pas mal de quêtes secondaires.
Dans son ADN J-RPG, on retrouve aussi, évidemment, la montée de niveau, équipement, compétences, et amélioration des personnages via des arbres de talents ou aptitudes. Le jeu propose également plusieurs niveaux de difficulté. Ainsi qu’un mode New Game Plus, pour les ceusses qui voudraient revivre l’expérience avec tous les atouts en main. Sans révolutionner le RPG, Clair Obscur : Expedition 33 mélange intelligemment personnalisation, stratégie et originalité. Il vous offre de nombreuses possibilités tactiques. D’un joueur à un autre, les parties peuvent être très différentes tant les possibilités tactiques sont variées !
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Ce qui peut être une qualité comme un défaut. Car à l’image d’un scénario parfois complexe qui peut vite vous perdre… Le jeu présente parfois quelques pics de difficulté liés à une courbe de progression un peu abrupte, qui pourra décourager les néophytes. Si le début est accessible, on entre rapidement dans le dur. Au point que, globalement, Clair Obscur : Expedition 33 est un jeu qui demande un minimum d’engagement, d’investissement de la part du joueur. Qui devra vraiment se plonger dedans. On imagine mal, par exemple, y jouer en totale détente pendant une heure chaque soir, pour décompresser d’une dure journée de travail.
Par ailleurs, on ne va pas se mentir, une certaine redondance s’installe avec le temps. On enchaîne les combats, contre des ennemis qui répètent les mêmes mécaniques, inlassablement (leurs attaques sont, au final, peu variées). Alors, le joueur se met à agir mécaniquement, en répétant en boucle la parade (au détriment de l’esquive), qui demeure l’action défensive la plus efficace. On ne vous a pas parlé des mini-jeux, qui tentent de vous sortir de la routine durant votre périple. Une intention louable, mais… Vraiment anecdotique : on n’est pas venus pour faire des courses de parkour !
L’un des plus beaux jeux de 2025 ?



Ce n’est pas très original tant vous l’aurez lu, ou entendu : Clair Obscur : Expedition 33 est le plus beau jeu de l’année ! Il est magnifique, sa direction artistique est incroyable, on n’a rien vu de tel depuis… On se calme ! Oui, le jeu est superbe ! Mais est-il pour autant le jeu de l’année ? Car s’il brille pour son originalité ou son scénario, Clair Obscur reste perfectible sur sa technique. On peut par exemple pointer sa palette de couleurs, avec une majorité de tons bruns et gris. Alors, oui c’est un choix artistique. Il n’empêche que ce choix peut parfois lui donner un ton monotone et tristoune (même si on retient quelques tableaux vraiment très jolis à regarder). Certes, c’est raccord avec l’histoire (vous comprendrez plus tard), mais… Le but est de voyager et de se divertir, pas de finir en psychothérapie.
Durant l’aventure, on aura repéré quelques bugs. Notamment du clipping et de pop-in, des synchros labiales pas toujours réussies, ou encore un menu des pictos et luminas pas toujours très clair. Mais on remarque surtout que les petits défauts du jeu peuvent être facilement patchés. Et surtout que les qualités l’emportent en nombre ! N’oublions pas non plus que nous sommes ici dans un jeu AA, et non un AAA qui aurait bénéficié d’un budget beaucoup plus conséquent. Et là où ces petites pétouilles techniques auraient pu freiner les joueurs dans de nombreux titres, le jeu de Sandfall vous accroche par son scénario, que vous aimiez ou pas le gameplay. Une force qui, quand on y pense, n’est pas commune !
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On pourrait aussi longuement parler de l’OST du jeu, composée par Lorien Testard et Alice Duport-Percier. Magnifique, tantôt mélancolique, tantôt plus dynamique (notamment lors des combats), avec des airs qui nous font penser à NieR Automata… Elle contribue à l’immersion du joueur tant elle s’accorde avec les images qui défilent devant vos yeux. D’ailleurs, si vous voulez encore un peu de démesure, sachez qu’elle est disponible sur les plateformes comme Spotify : et là, on parle de 154 titres pour plus de 7h d’écoute !
La VF est assurée par un casting solide : Alexandre Gillet (voix VF d’Elijah Wood, Ryan Gosling, ou d’Henry dans Kingdom Come Deliverance II) est Gustave ; Adeline Chetail (Zelda dans Breath of the Wild ou Tears of the Kingdom, ou Ellie dans The Last of Us…) est Maelle ; Féodor Atkine (voix régulière d’Andy Serkis ou William Hurt, Hippocrate dans Assassin’s Creed Odyssey…) est Renoir, personnage doublé par Andy Serkis en Anglais ; Bruno Magne (Franky dans One Piece ou Beerus dans Dragon Ball Super…) est Moroco… Bref, un casting de luxe !
Au final



Techniquement, Clair Obscur : Expedition 33 est un J-RPG qui offre un système de progression et de magie riche et personnalisable. Un jeu dont les mécaniques encouragent les joueurs à adapter leurs stratégies en fonction des défis rencontrés. C’est beau, techniquement bien réalisé, mais avec quelques bugs, et une répétitivité qui, sur la longueur, pourra décourager certains joueurs. Ça, c’est pour la vision pragmatique, et qui s’efforce d’être un minimum objective.
Du point de vue du passionné de jeux vidéo, Clair Obscur : Expedition 33 est une claque. Oui, il est perfectible, et sur de nombreux points. Pourtant, il bénéficie de plusieurs forces qui en font un must-have. Le plus gros et le plus voyant étant son scénario, avec tous les qualificatifs que l’on peut mettre derrière, qui va vous arracher quelques larmes, et sans doute aussi quelques jurons. Et comment ne pas parler de sa direction artistique, de son style visuel tellement unique, entre Belle Époque et architecture organique à la Devil May Cry. Un peu comme ce rêve complètement étrange, dont vous vous souvenez encore pendant quelques minutes au réveil.
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Clair Obscur : Expedition 33 est clairement un jeu qui ne laisse pas indifférent. Un jeu avec une âme, avec sa propre patte, et surtout une forte personnalité ! Le diable se cachant dans les détails, c’est dans ces derniers (très nombreux) que l’on devine la passion des développeurs pour le J-RPG et le jeu vidéo en général. Il n’est pas de ces softs qui font dans la démesure juste pour vider votre compte en banque ! On sent réellement, manette en main, que tout a été pensé ici pour que vous parliez encore du jeu, de son histoire… Même des heures ou des jours après l’avoir terminé. Clair Obscur : Expedition 33 est une expérience à vivre, et une expédition que nous avons tous vécue communément. Un peu comme si acheter le jeu était prendre part à notre propre expédition, dans un monde bien réel…
Mais alors, Clair Obscur : Expedition 33 peut-il être Game of the Year (Goty) 2025 ? Officiellement, on connaît déjà plusieurs jeux qui auront plus de puissance financière pour « s’offrir » les Game Awards en fin d’année. Officieusement, Clair Obscur est déjà GOTY pour beaucoup de joueurs. Et à raison ! Il mérite toutes ces éloges tant il est original, tant son scénario a joué avec nos sentiments, tant le « petit » studio Sandfall a su se hisser à la hauteur des plus grands tels que Square-Enix ou Atlus, pour ne citer qu’eux.. Et tant chaque aspect est maîtrisé. Aura t-il une suite ? On peut aussi le penser : initialement et de l’aveu des développeurs, son nom était Expedition 33. Le nom de Clair Obscur ayant été pensé comme celui d’une licence (et donc d’un univers) plus large. Croisons les doigts…
Clair Obscur : Expedition 33

- Par : Sandfall Interactive
- Sur : XBox Series, PS5, PC.
- Genre : J-RPG
- Classification : PEGI 18
- Prix : 49,99€
- Conditions de test : Testé sur XBox Series sur la version incluse dans le Gamepass
- À savoir aussi : Si vous êtes abonné au Gamepass sur XBox Series, le jeu y est inclus, donc gratuit pour vous
Les points positifs
- Les mécaniques J-RPG façon Persona
- Direction artistique : un jeu qui a une vraie âme, une esthétique bien à lui
- Une réalisation solide
- Globalement, c’est très beau
- Le scénario mature, l’écriture des personnages pleine de profondeur, et des twists qui vont vous laisser sur le c… ! On verse quelques larmes
- La bande-son incroyable
- Les boss optionnels et quêtes secondaires pour casser la routine
- Les différents biomes traversés
- Des mécaniques de combat gratifiantes
- Les membres de l’Expedition 33 tous différents, ayant tous leurs propres aptitudes
- Le doublage VF
- Bon sang, cette fin !!
- Un prix plus que correct
Les points négatifs
- Une durée de vie un peu faible pour un J-RPG : entre 35 et 40 heures pour voir la fin
- Un scénario tellement riche que l’on peut vite perdre le fil
- Quelques bugs
- Une aventure en couloirs
- Les combats qui finissent par devenir répétitifs
- Une courbe d’apprentissage un peu abrupte pour les débutants

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