Après plusieurs reports, il est enfin là ! Nouveau titre de la charismatique et emblématique franchise d’Ubisoft, Assassin’s Creed Shadows vous emmène cette fois dans le Japon féodal (en 1579), tandis que le pays vit en pleine guerre civile. Et comme dans Assassin’s Creed Syndicate, vous allez incarner deux Assassins : un homme et une femme, dont le sexe n’est pas juste un choix du joueur. Attendu par de nombreux fans, et espéré comme le jeu vidéo qui sortira Ubisoft d’une période sombre, que vaut ce nouveau Assassin’s Creed Shadows ? La réponse, c’est maintenant avec notre test.
Y a t-il un Assassin pour sauver le Monde ?
Ça ne vous aura sans doute pas échappé : Entre scandales internes et difficultés financières, en ce moment, ça ne va pas fort chez Ubisoft. Du côté du catalogue de l’éditeur, c’est un peu la même chose : ses dernières productions ont déçu, à tort ou à raison. Et Assassin’s Creed Shadows nous a été présenté, en quelque sorte, comme le jeu de la dernière chance. Sans doute pas vraiment aidé non plus par une mode un peu malsaine qui consiste à flinguer les jeux dès lors qu’ils sont estampillés Ubisoft. Avatar : Frontiers of Pandora ou Star Wars Outlaws sont deux exemples de jeux qui n’ont pas été épargnés par la critique… Mais qui, d’un avis purement personnel, étaient pourtant bons.
Donc, Ubisoft a misé énormément sur ce Assassin’s Creed Shadows. Quitte à reporter sa sortie pour le peaufiner. Quitte à prendre en compte des remarques pas forcément avisées de certains joueurs concernant le personnage de Yasuke. Ou quitte à sortir un patch day-one qui rend indestructibles des objets dans les temples, pour ne pas « froisser » les joueurs japonais. Pourtant habitués à péter des poteries dans les jeux Legend of Zelda. L’intention est louable de la part d’Ubisoft… Mais à un moment, il faut aussi assumer ses choix artistiques ou narratifs ! La critique a toujours fait partie de l’équation, et on ne peut pas plaire à tout le monde. Daniel Vávra (créateur de Kingdom Come Deliverance II) l’a bien compris, et ne s’est pas privé de remettre en place les détracteurs qui accusaient notamment son jeu de wokisme.
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Toujours est-il que ce Assassin’s Creed Shadows est présenté comme LE jeu qui doit redresser la barre. À un moment où la licence (comme d’autres) passe sous l’égide du Chinois Tencent, qui apporte une bouffée d’oxygène au géant français. Shadows doit donc redorer le blason. Et pour le moment, les tendances semblent confirmer. Avec, selon Ubisoft, plus de deux millions de joueurs en deux jours seulement, Et un million de joueurs 24 heures seulement après son lancement (le 20 mars). Quel que soit le moyen d’accès au jeu (achat direct ou abonnement Ubisoft +).
Et au moment où nous bouclons ce test, la barre des 3 millions a été dépassée. Ce qui fait de Shadows le second « meilleur démarrage » de toute la licence, derrière Assassin’s Creed Valhalla. Cependant, on relativise ces chiffres en rappelant que l’on parle ici de joueurs, et non de ventes. Une nuance qui a son importance. Toujours est-il que l’on peut parler de départ « canon » et le pari semble réussi pour Ubisoft ! Du moins, on l’espère sincèrement !
Encore des polémiques…


À un moment, il faudra que l’on parle aussi des polémiques autour du jeu, donc on va évacuer la question maintenant ! Des discutions plus ou moins animées autour de baisers homosexuels, ou d‘incohérences historiques. Mais on ne le répètera jamais assez : on parle d’un jeu vidéo, qui se revendique comme un divertissement !
Et après avoir repris et relu TOUS les communiqués officiels d’Ubisoft depuis son annonce, on peut vous certifier que l’éditeur n’a JAMAIS prétendu nous proposer une fidélité historique absolue. Bien qu’il s’appuie sur des faits historiques, et s’appuie sur l’expertise d’historiens… Assassin’s Creed Shadows est une œuvre de fiction, un divertissement. Point barre ! Il n’y a aucun débat à avoir là dessus !
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Concernant les scènes de romances homosexuelles, elles ne sont d’une part qu’optionnelles. On peut complètement passer à côté, elles ne sont là que pour apporter un plus dans le jeu… D’autre part, ce sont les choix du joueur et ses réponses qui orientent le protagoniste vers une romance hétéro ou homosexuelle… Les romances sont la conséquence de choix que vous ferez pendant certaines scènes de dialogue (les propositions qui mènent vers une histoire d’amour sont matérialisées par un cœur). Autrement dit, rien ne vous est imposé.
Donc… En conclusion, on va partir du principe que l’on s’en fout ! Et royalement en plus ! Que chacun est libre de penser ce qu’il pense, mais aussi de ne pas saouler les autres joueurs avec son opinion. On ne se répètera jamais assez : on est là en premier lieu pour s’amuser, pas pour refaire le monde ! Ceci étant dit, passons à notre test du jeu.
Japon : 1579, deux destins au cœur de l’Histoire



Après l’Egypte et la Grèce antique, après les invasions vikings ou le califat abasside (pour ne parler que des derniers épisodes), c’est donc une destination très demandée par les fans que nous offre Ubisoft : le Japon féodal. Plus exactement, l’histoire débute en 1579, en pleine période Azuchi-Momoyama (1573 à 1603). Une période qui s’ouvre avec la chute du shogunat du clan Ashikaga. Et culmine avec la Bataille de Sekigahara en 1600, qui marque la fin de l’ère Sengoku. C’est surtout la période de l’unification du Japon, sous l’impulsion de trois grands chefs militaires : Oda Nobunaga, Toyotomi Hideyoshi, et Tokugawa Ieyasu.
Comme dans Assassin’s Creed Syndicate, on y incarne un homme ET une femme (deux personnages distincts, et non un choix de sexe que vous effectuez comme dans Valhalla ou Odyssey). Vous allez donc pouvoir switcher entre Naoe et Yasuke. Naoe est une jeune shinobi originaire du village d’Iga. Lorsque sa terre natale est ravagée par les armées d’Oda Nobunaga, et lorsque ses proches meurent sous ses yeux, Naoe rejoint ceux qui se battent dans l’ombre, pour se venger. Yasuke est un personnage historique d’origine africaine, ayant réellement existé. Arrivé au Japon en juillet 1579 comme esclave des pères jésuites, sa peau noire et sa taille hors norme fascinent le daimyo Oda Nobunaga, qui le prend sous son aile… Pour en faire un samouraï à son service.
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Comme on l’a vu plus haut, le scénario du jeu a suscité des discussions sur plusieurs points. Histoire réelle de Yasuke ici largement romancée… Ou évocation des kunoichi (femmes ninja) qui, selon les historiens, ne seraient qu’une invention du cinéma ou de la littérature moderne… On ne va pas le nier, le jeu prend de nombreuses libertés. Notamment pour servir un scénario qui, encore une fois, se revendique avant tout comme une œuvre de fiction. Cependant, les férus d’Histoire y trouveront leur compte. Les équipes de développement s’étant très largement documentées sur cette époque complexe, pour qu’elle soit la plus réaliste possible. Tant pour les faits que pour les lieux visités (la région du Kansai).
On retrouvera ainsi, comme dans tous les Assassin’s Creed, de nombreuses références à des personnalités historiques bien réelle. Yasuke évidemment, mais aussi Oda Nobunaga, Akechi Mitsuhide, Tokugawa Ieyasu… Ou encore Nagato Fujibayashi, père de Naoe, reconnu comme l’un des maîtres ninjas les plus célèbres de l’histoire japonaise. La confrérie japonaise des Assassins, Kakushiba Ikki, fait aussi clairement référence aux Ikkō-ikki, des paysans, moines bouddhistes, prêtres shintoïstes ou nobles locaux japonais, qui se soulèvent contre l’autorité des samouraïs. Les développeurs se sont aussi penchés sur la langue de l’époque. Ainsi, on remarque que Naoe appelle son père chichiue (père, ou papa), terme quasiment plus utilisé depuis l’époque des samouraïs. De même dans le jeu, certains samouraïs se font « seppuku » et non « hara-kiri » comme dans les mauvais films occidentaux sur le Japon.
Un gameplay encore plus affiné



Du côté du gameplay, Assassin’s Creed Shadows reprend les meilleures mécaniques de la série, mais tout en se débarrassant de leurs lourdeurs. Par exemple, on retrouve les points d’observation, mais ils sont désormais automatisés. On apprécie aussi l’ajout d’une jauge de visibilité, qui vous indique votre degré de furtivité. Cet indicateur a son importance car il donne de la profondeur à l’infiltration. On aime aussi les nombreuses interactions possibles avec l’environnement, pour parvenir à vos fins : sans doute plus qu’avant. Vous pouvez choisir la manière furtive sans alerter aucun garde, la manière bourrine en défonçant tout ce qui respire… Et plein d’autres façons qui vous demanderont d’observer les éléments de décor qui figurent autour de vous.
Les deux protagonistes offrent deux jouabilités différentes, pour ne pas dire opposées. Naoe utilise les techniques shinobi (furtivité, agilité, rapidité). Elle bénéficie de l’arsenal et des talents des assassins, comme la lame secrète ou vision d’aigle. De son côté, Yasuke est plus massif, plus bourrin, et sa spécialité est le corps à corps. Il a beaucoup plus de mal grimper ou à sauter, mais éclate tout (même les cloisons) sans le moindre effort. Une fois que les deux personnages sont disponibles, et que vous pouvez switcher, ils s’avèrent très complémentaires. Fait appréciable : les deux gagnent des points de compétence simultanément. Autre différence entre Naoe et Yasuke : chacun aura son propre « jeu de rythme » (pressez les touche affichées avec le bon tempo). Des katas pour Yasuke, des kuji-kiri (exercices de méditation) pour Naoe.
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C’est un peu la marque de fabrique de la licence, on va trouver une tonne de points d’intérêts sur la map. Certains liés à la quête principale, mais aussi une multitude de quêtes secondaires. Des gens à aider, des petites frappes à éliminer, des gangs à démanteler, des artefacts secrets à trouver dans des Kofun (sites funéraires, équivalents japonais des tumulus celtes), des points d’observation à escalader (attention, désormais ils ne révèlent pas tous les points d’intérêt, il faut aussi explorer et chercher)… Comptez un minimum de 100 heures pour faire le tour du jeu. ACS étant très permissif concernant l’ordre dans lequel vous faites les missions, on peut facilement s’écarter de l’histoire principale pour farmer et améliorer ses finances ou son XP.
Du côté des combats, le jeu reprend le système de « niveaux » des précédents opus. Comprenez que vos adversaires ont un niveau d’expérience, qui apparaît au dessus de leur tête. Si le chiffre est plus élevé que votre propre niveau d’XP, vous risquez de ramer ! Quand le chiffre est remplacé par une tête de mort, l’écart est tellement grand que vous allez mourir à la moindre pichenette. Fuyez, pauvre fou, comme dirait Gandalf ! Mais si les premiers combats vous demanderont de la concentration pour survivre, les rixes tourneront au carnage au fur et à mesure que vous débloquerez de nouvelles compétences. Notez que celles-ci sont désormais liées au type d’armes que vous utilisez, ce qui vous pousse à essayer différentes options.
Un repaire pour ne pas manquer de repères



Enfin, il est possible de se détendre à chaque instant grâce au Repaire. Il n’est autre que votre base, où se réunissent tous vos alliés. Le Repaire nous offre aussi une sorte de bac à sable/builder où vous devrez améliorer votre camp en ajoutant et en développant des bâtiments, en échange de ressources. Vous pourrez aussi agrémenter votre repaire en ajoutant des jardins, animaux, en changeant les toits, en créant des dortoirs… Bref, un jeu dans le jeu, beaucoup plus calme, et sur lequel on peut vite se perdre.
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Mais ne vous fiez pas à son apparence cosy-game : le Repaire est aussi essentiel pour votre carrière d’Assassin. Car Naoe et Yasuke ne sont pas seuls, comme vous l’avez compris ! Parmi les membres de votre ligue de la lame secrète (Kakushiba Ikki), vous trouverez deux types d’alliés. Certains personnages secondaires peuvent intervenir, à votre demande, pendant les combats pour vous assister momentanément. Charge à vous d’entraîner ces assists en upgradant le repaire, pour améliorer leurs capacités.
Le second type, ce sont vos éclaireurs. Eux aussi sont importants, et vous pouvez les utiliser de deux façons très utiles. Tout d’abord pour les envoyer en repérage et vous fournir des indices quand vous avez du mal à localiser un objectif… Et aussi pour aller récupérer des packs de ressources pour le repaire, que vous avez marqués dans les bases ennemies. Et évidemment, le Repaire, upgradé comme il faut, offre aussi de nombreuses optimisations, pour vos deux héros, pour vos alliés, permet de faire baisser les prix dans les commerces, etc.
Un Japon plus réaliste, plus organique


Oui, on a constaté quelques bugs dans ACS, mais pas autant que dans Origins ou Valhalla, par exemple. Quelques bugs comme des cadavres qui passent à travers le décor, votre personnage qui se téléporte hors des murs… Voire des ennemis assassinés mais qui se relèvent plusieurs fois comme si de rien n’était… Espérons qu’ils soient vite patchés. Plus fâcheux, on aura aussi eu quelques rares reboots de la console en pleine partie…
Malgré une végétation luxuriante qui vous bouche la vue la moitié du temps, on sent qu’un effort a été porté sur la restitution de l’environnement. La carte elle-même est un personnage du jeu tant elle est vivante, et tant on la voit évoluer sous nos yeux.
L’immersion est renforcée par tous ces PNJ qui, en arrière plan, vont et viennent sans rien demander. Ou se font défoncer par des bandits, sous vos yeux. Libre à vous de les aider ou pas… De même, on croise fréquemment des hérons, des renards, des oiseaux, des cerfs (mais pas de prédateurs)… Et le vent, on en parle ? Il souffle tout le temps. Ce qui, à la longue, devient un prétexte pour nous montrer que les devs savent animer les pétales de sakuras, les roseaux qui se tordent, ou les cheveux de Naoe, qui semble sponsorisée par L’Oréal. On ne peut pas faire deux pas dans le jeu sans qu’il ne se passe quelque chose ! Quand on vous dit que la carte est vivante…
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Avec Assassin’s Creed Shadows, les développeurs ont poussé le curseur du réalisme plus loin que jamais dans la série. On aime par exemple la météo dynamique, et la pluie qui se met à tomber, modifiant votre perception de l’environnement, et votre approche de la cible. L’histoire défile au rythme des saisons, grâce à un cycle dynamique. Cette mécanique n’est pas là que pour faire joli : si vous avez par exemple l’habitude de faire un saut de la foi dans un lac, évitez de le faire en plein hiver… Au risque de vous fracasser contre une plaque de glace. De même, en hiver, les toits sont plus glissants, les gardes repèrent plus facilement vos traces…
Le réalisme est aussi poussé beaucoup plus loin dans les interactions avec l’environnement. Qu’il s’agisse des protagonistes, ou des ennemis, d’ailleurs. Exemple concret : vous pouvez vous servir de l’obscurité pour être encore plus discret. Alors, n’hésitez pas à éteindre les bougies et autres lampes sur votre passage. À contrario, les ennemis peuvent vous repérer si vous êtes trop près d’eux. S’ils sont en difficulté, ils peuvent brailler pour appeler des renforts : détruire les cloches (alarmes) ne suffit plus. Bien que l’IA ne soit pas non plus trop difficile à berner. En revanche, on regrette profondément que Naoe ne sache pas escalader les arbres, contrairement à Connor, Edward et autres : un comble quand on voit la quantité de forêts dans ce jeu.
▬ Notre petit conseil
Ubisoft a pensé à tout le monde, et tous les profils de joueurs, en insérant une option qui vous permet de matérialiser, sur la carte, le prochain objectif pour avancer dans l’histoire. Ce qui vous permet de progresser sans interruption, et sans vous creuser la tête pour chercher. Mais pour vivre l’expérience la plus authentique qui soit, on vous conseille de désactiver cette option ! Le fait de chercher vos objectifs, c’est ce qui va vous pousser à explorer. Et à découvrir de nombreux petits à côtés que vous pourriez très facilement louper…
Si si, il y a quand même des trucs qu’on n’a pas aimé



Je pense que ça va commencer à se voir que Assassin’s Creed Shadows est l’un de mes jeux préférés de 2025 ! Ce qui ne signifie pas qu’il est exempt de défauts, bien au contraire. Et malgré l’énorme effort des développeurs pour nous servir un jeu presque parfait, il reste des choses à corriger. Et le premier point selon moi est… L’IA ! Alors certes, elle est adaptée afin de ne pas frustrer les joueurs, mais là quand même ! Les ennemis sont stupides, aveugles, sourds, et vous allez vite spammer les mêmes techniques à longueur de temps. Si ça marche, pourquoi s’en priver ? Hélas, le mode difficile ne fait que rallonger la barre de vie des ennemis, pas les rendre plus malins.
Si l’on se prend vite au jeu, avec du recul, et même s’il nous sert quelques moments épiques servis par des cinématiques de qualité… L’histoire est assez générique : un événement traumatisant, une quête de vengeance et un Assassin qui pourchasse les meurtriers de sa famille, avant de trouver la rédemption… Ça ne vous rappelle rien ? Ceci dit, le constat ne concerne pas uniquement la série Assassin’s Creed, mais quasiment toutes les productions du moment. On a bien quelques rebondissements, mais la construction narrative suit un schéma un poil trop classique, et tarde à décoller. Et on ne parle même pas de la meta histoire (intrigue dans le présent), tellement anecdotique qu’on l’avait oubliée !
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Autre point négatif : Yasuke !! Si le personnage est génial et attachant, que ses compétences se complètent bien avec celles de Naoe (on surkiffe sa force brute qui fait que rien ne lui résiste)… Yasuke a de grosses lacunes, qui sont liées à son statut de tank Samouraï et à son équipement lourd ! Par exemple il ne saute pas haut, et a du mal à escalader. De même, n’étant pas un Assassin, il ne dispose pas de pouvoirs bien pratiques comme la vision d’aigle. Alors, même si on adore ce personnage, on a tendance à le laisser de côté pour lui préférer Naoe. Qui est en réalité le vrai personnage central du scénario. Yasuke ne devenant jouable qu’après un bon tiers du jeu….
Autre élément qui fatigue à la longue : les missions FedEx ! Oui, il y en a dans Assassin’s Creed Shadows, et souvent même ! Vous devez par exemple demander l’aide d’un personnage pour entrer dans un château ou pour obtenir des renseignements sur votre cible ? Celui-ci acceptera mais si, et seulement si… Vous allez lui chercher un rhum-coca dans le village d’à côté, ou si vous lui récupérez ses air-pods, subtilisés par des bandits qui se planquent dans un camp bien gardé… Amusant au début, mais à la longue, cette mécanique pas toujours logique devient un peu usante, voire étouffante. Et vous coupe dans votre élan, alors que vous êtes pris dans l’histoire, et ne souhaitez qu’avancer.
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Et puis, il faut aussi que l’on parle des affrontements de boss, qui manquent de panache. Ils consistent en un combat contre un ennemi qui possède juste une plus grosse barre de vie que les autres… Mais qui ne vous résistera pas longtemps si vous avez suffisamment upgradé votre personnage. Certes avec une petite intro et un p’tit effet visuel au finish, mais on aurait aimé plus de mise en scène, plus épique… Heureusement, on a pas mal de cinématiques avec la quête principale pour assurer le spectacle : on se souviendra de la mise en scène, pas des boss.
Enfin, on pourrait aussi terminer sur la galère de traverser la carte à cheval. Alors, oui, c’est classe et plus rapide… Mais votre cheval se mange systématiquement TOUS les arbres, quand il ne se bloque pas contre des roches. Ce type de déplacement est au final fastidieux, et on se prend souvent à finir à pied (surtout quand il faut traverser des forêts sur 90% de la map). Comment est-ce possible quand, il y a 8 ans dans Zelda : Breath of the Wild, les cavalcades étaient si fluides, votre canasson évitant automatiquement les obstacles ?
Au final



Assassin’s Creed Shadows est peut-être (sans doute) le dernier jeu de la franchise à être développé exclusivement par les équipes d’Ubisoft. Face aux difficultés financières évoquées plus haut, le géant français a accepté de se délester de 25% de son capital, au profit du chinois Tencent (League of Legends, PUBG Mobile, Call of Duty Mobile, Saint-Seiya, Dune : Awakening…). Qui a mis un peu plus d’1,16 milliards d’euros sur la table. Les deux ayant créé une filiale qui va désormais se charger d’Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six. On sait donc encore moins qu’auparavant de quoi demain sera fait pour Assassin’s Creed.
Shadows est un Assassin’s Creed, donc avec ses défauts récurrents. Des bugs (moins qu’avant, mais on en a quand même), des ennemis qui font la queue pour vous attaquer, et que vous anéantirez vite une fois que vous aurez pigé leurs patterns (même en mode difficile, qui ne fait que leur donner plus de vie)… Sans oublier les points d’intérêt (missions sur la carte) certes en très grand nombre… Mais tellement nombreux que vous ne pourrez pas vous empêcher, au bout d’une vingtaine d’heures de jeu, de ressentir l’ennui des actions et quêtes qui se répètent inlassablement… Depuis Assassin’s Creed II ! Bref : autre époque, autres protagonistes, mais ça reste un Assassin’s Creed, dans la continuité de Black Flag, Rogue, Unity, Syndicate, Origins, Odyssey, Valhalla…
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Mais alors, est-ce un mauvais jeu pour autant ? Et bien… Pas forcément ! Assassin’s Creed Shadows apporte quelques touches de nouveauté, dans une franchise qui ne sort plus de sa zone de confort depuis longtemps. Naoe et Yasuke sont deux personnages réussis et attachants, les consoles et la technologie modernes nous permettent d’évoluer dans un monde magnifique et plus vivant que jamais… Avec un mauvais jeu vidéo, tu te forces à jouer une dizaine d’heures, puis tu l’oublies ! Ce ACS, malgré ses travers, parvient à vous accrocher sur la durée ! Au point de lui consacrer un maximum de temps libre, juste pour voir avancer une intrigue qui se compte en dizaines d’heures ! Et toujours avec cette envie d’y retourner, de voyager, et replonger dans cette histoire de vendetta à la japonaise !
Assassin’s Creed Shadows, malgré les défauts évoqués plus haut, est donc un jeu qui comblera les fans, ou les joueurs qui ne comptent investir que dans un seul jeu cette année. Se situant parmi les meilleurs épisodes de la saga (il est principalement développé par Ubisoft Québec, déjà derrière Assassin’s Creed Odyssey). Si vous découvrez la série, il est aussi une bonne entrée en matière, tant le jeu se veut accessible : on peut quasiment tout y paramétrer, et de nombreuses mécaniques peuvent être automatisées (les QTE, les chevauchées…) ! Bien qu’on vous le déconseille : le jeu tirant toute sa saveur de la découverte, de l’exploration… Ou à la contemplation !
Qualités… Défauts… Au final, la balance penche allègrement du côté du positif. On a passé un très bon moment, dans un jeu qui, sur de nombreux points, nous a marqués. On ne se privera pas de comparer, en temps voulu, avec un certain Ghost of Yotei, aussi attendu pour cette année…
Assassin’s Creed Shadows

- Par : Ubisoft
- Sur : PS5, PC (Steam ou Epic), XBox Series X/S
- Genre : RPG
- Classification : PEGI 18
- Prix : 79,99€ pour la version standard
- Conditions de test : testé sur PS5, sur une version commerciale. Quête principale terminée.
Les points positifs
- Visuellement, c’est juste somptueux !
- Une immersion très réussie dans le Japon féodal
- L’écriture et le développement des personnages
- Deux protagonistes qui se complètent bien
- La météo dynamique, les saisons, et les nombreuses interactions avec l’environnement
- La bande-son
- C’est peut-être l’épisode le plus accessible de tous (tout est paramétrable)
- Une VF plutôt bonne
- Le Repaire, un mode builder dans le jeu
- Alliés, éclaireurs… On n’est pas seul !
- Une durée de vie très très solide ! Un jeu très généreux
- Une map gigantesque, et plein de secrets à y trouver
- Les mécaniques de furtivité améliorées
- Le menu d’accueil qui vous permet de lancer Shadows, Mirage Valhalla, Odyssey ou Origins, s’ils sont installés sur votre bécane (un test du AC-verse ?)
Les points négatifs
- Encore quelques bugs (mais beaucoup moins que d’habitude)
- La connexion obligatoire pour jouer
- Les déplacements à cheval en forêt
- Les quêtes FeDex
- Un scénario trop générique, et qui traîne la patte
- Les combats de boss
- Yasuke, en retrait par rapport à Naoe
- L’IA qui réagit de manière incohérente
- Des combats qui poussent à spammer toujours les mêmes techniques
- L’effet de redondance qui s’installe au bout d’un moment
- La meta-histoire (intrigue du présent) inutile, réduite à… Presque rien !

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