La sortie d’un nouvel épisode de The Legend of Zelda est toujours un événement. Et encore plus quand, pour la toute première fois de toute l’histoire de la saga, ce nouveau jeu vous propose d’incarner la princesse ! Annoncé il y a à peine quelques semaines, Nintendo nous plonge donc ici, dans une aventure inédite avec ce The Legend of Zelda : Echoes of Wisdom. Et c’est cette fois la princesse qui va devoir sauver Hyrule d’étranges failles violettes. Si le jeu se distingue des dernières productions par ses graphismes et sa direction artistique (on pense à Link’s Awakening), il dénote aussi par son gameplay, qui permet de créer des objets. On en parle ?
Pour la première fois, c’est Zelda l’héroïne !
Quand on parle de The Legend of Zelda, c’est assez drôle de voir le nombre de personnes qui pensent que « Zelda » est le nom du héros ! Tellement injuste pour ce pauvre Link ! Depuis février 1986 (date de sortie du tout premier épisode sur NES), il passe son temps à délivrer la princesse du royaume d’Hyrule. D’ailleurs, si vous voulez briller dans les soirées, sachez que pour dénommer la princesse, Shigeru Miyamoto s’est inspiré de Zelda Fitzgerald, épouse de l’écrivain américain F. Scott Fitzgerald.
Zelda, donc, donne son nom à l’une des séries de jeux vidéo les plus connues. Pourtant, depuis 1986, notre princesse n’a jamais été l’héroïne d’un jeu principal de la série. On peut la contrôler dans les Super Smash Bros, dans les Hyrule Warriors, ou encore dans Cadence of Hyrule: Crypt of the NecroDancer featuring The Legend of Zelda (2019)… Mais qui sont des spin-off, ou des jeux utilisant la marque. On peut aussi l’incarner dans The Legend of Zelda: Spirit Tracks (sur DS, 2009), mais seulement lors de certains passages du jeu. Pour les plus anciens, elle est aussi le personnage principal de The Legend of Zelda: The Wand of Gamelon (sur Philips CDi en 1993) mais… Le jeu est non canon, et plutôt du genre à oublier !
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Comment, en autant d’année, a t-on pu passer à côté d’une princesse héroïne principale d’un jeu Zelda ? Après tout, quand on y pense, même la princesse Peach, dans Mario, a eu deux jeux vidéo dont elle était la star (Super Princess Peach en 2005 sur DS, et Princess Peach Showtime! ce début d’année sur Switch). Pour Zelda, on y a cru lors de l’E3 2019, alors que Nintendo teasait pour la première fois The Legend of Zelda : Tears of the Kingdom. Dans ce mémorable « one more thing » de la conférence Nintendo, le trailer montrait Link et Zelda… Que l’on espérait alors jouable !
Mais en réalité, il faudra attendre le Nintendo Direct du 18 juin 2024 pour découvrir The legend of Zelda : Echoes of Wisdom. Un jeu Switch qui reprend la patte graphique de Link’s Awakening (2019, du même studio Grezzo)… Mais un teaser dans lequel, sans aucune ambiguïté possible, on comprend que l’on incarnera… Enfin la princesse Zelda, après une attente de 38 ans ! Un jeu dans lequel les rôles sont inversés. C’est Link qui est en difficulté, et c’est Zelda qui part en croisade ! Un choix que l’on doit à Tomomi Sano, co-réalisatrice chez Grezzo (et première femme à leader le développement d’un jeu Zelda). Accessoirement, ce titre est le cinquième jeu principal Zelda sur Switch. Après Breath of the Wild, Link’s Awakening, Skyward Sword, et Tears of the Kingdom (sans compter les Hyrule Warriors). Un record !
Les failles mortes se ramassent à la pelle !



C’est sur LE gros cliché de la série que s’ouvre The legend of Zelda : Echoes of Wisdom ! Link débarque face à Ganon pour sauver une Zelda emprisonnée dans un cristal. Le combat s’engage, les joueurs retrouvant même certaines techniques d’opus précédents, Link bat son nemesis… Bref, le soft débute comme la fin de quasiment n’importe quel jeu The Legend of Zelda. Si ce n’est qu’une fois Ganon battu, une mystérieuse faille se forme sous les pieds du héros, avant de l’engloutir. Avant de disparaître, Link a tout juste le temps de libérer Zelda. Qui fuit alors le palais tandis que la faille se propage.
En réalité, plusieurs de ces failles se sont formées un peu partout dans Hyrule. Causant la disparition de nombreux habitants du royaume. De retour au palais, rien ne se passe comme prévu pour notre princesse qui, pour des raisons que l’on vous épargnera (on ne va pas vous spoiler le jeu), se retrouve fugitive. Aidée d’une mystérieuse fée appelée Tri, Zelda va tout simplement devoir refermer ces failles pour libérer les captifs, et sauver le monde. En chemin, elle devra aussi résoudre de nombreuses mini-quêtes, souvent liées aux conséquences de ces failles sur le quotidien des Hyliens.
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Le scénario n’est pas le plus original, mais il suffit amplement à planter le décor. Et à nous inviter dans une nouvelle aventure au royaume d’Hyrule. D’autant que, si la trame principale reste assez classique et linéaire, cette nouvelle histoire déroule aussi de nombreux petits épisodes et quêtes annexes qui viennent enrichir ou illustrer le lore de la série. On aime par exemple redécouvrir les liens entre les Zoras des Rivières et les Zoras de l’Océan. Ou encore retrouver les amazones locales que sont les guerrières Gerudo… Au final, on se prend très vite au jeu, pour se laisser porter par ce scénario naïf, mais bien ficelé. Et compréhensible de 7 à 77 ans.
Cependant, on apprécie aussi le fait qu’à plusieurs reprises, le jeu vous laisse le choix de l’ordre dans lequel vous allez faire les donjons principaux. Car selon l’ordre que vous choisirez, traverser un donjon sera plus ou moins facile, selon les échoes (objets que vous pouvez cloner avec votre sceptre, on en parle plus bas) que vous aurez assimilés. Typiquement, qu’est-ce qui est le mieux : récupérer des objets de glace pour faire un niveau de feu, ou l’inverse ? Non seulement ce choix casse la routine, mais il vous assure aussi que votre expérience ne sera pas la même que celle d’un autre joueur.
Gameplay : c’est du Zelda…



Tout est dit : si vous êtes un fan de la série, vous allez vous sentir comme à la maison ! Sur une carte qui vous fera énormément penser à celle de A Link to the Past (l’épisode culte de la Super-Nintendo), on retrouve tous les poncifs de la série. Une gigantesque map avec le château d’Hyrule en son centre, le lac Hylia, le village Cocorico, les différentes races d’habitants que sont les Zoras, les Gerudos, les Hyliens, les Gorons… Et ses régions qui sont autant de biomes (désert, forêt, neige, volcan, etc). Bien que la carte soit originale et pleine de surprises, elle pose habilement et discrètement des repères pour les joueurs. Et de nombreuses références pour les fans.
Le jeu reste aussi fidèle à la série dans sa construction. Avec de longues phases d’exploration, des énigmes à résoudre et des quarts de cœur ou des coffres à dénicher dans des endroits secrets, des combats, des donjons… Ces derniers reprennent le schéma habituel de la série : une carte à trouver, des petites clés et une grande clé ouvrant la salle du boss… Bref, vous l’avez compris : Echoes of Wisdom ne tente pas la grosse révolution. Mais s’appuie fortement sur tous ce qui fait l’ADN de The Legend of Zelda depuis que Miyamoto a créé le jeu en voulant nous faire revivre les trépidantes aventures en forêt de son enfance.
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Avec toutefois quelques ajouts très appréciables, comme de nombreuses mini-quêtes qui vous font sortir de la trame principale, qui est assez classique… Ou encore une Peste Mojo qui vous propose de mixer divers ingrédients trouvés au fil de votre aventure pour en faire des smoothies. Une nouvelle mécanique qui permet de créer de petits remontants, ou boissons avec des effets surprises. Un bon complément pour les habituelles potions. Que l’on vous conseille évidemment de stocker en masse avant de partir explorer les donjons !
Si c’est très loin d’être la mécanique de base, Zelda pourra aussi, de temps en temps, dégainer l’épée légendaire. Mais son utilisation est limitée dans le temps, puisque soumise à une jauge (bleue), qui se vide assez vite. Et bien que vous puissiez améliorer cette compétence d’épéiste grâce à des pierres à trouver dans le jeu… Tout le génie des développeurs réside dans le fait que cette solution de facilité qu’est de sortir l’épée n’est finalement pas si plaisante que de laisser parler sa fibre créative grâce à une nouvelle mécanique qu’il est temps d’aborder. Bien que l’on nous laisse le choix… Cette nouvelle mécanique séduira très vite le joueur. Davantage que celle à laquelle il est habitué depuis près de 40 ans.
… Mais avec ses spécificités !



Car un jeu Zelda ne peut pas se contenter de n’être qu’un copier-coller de ses prédécesseurs. Et l’idée originale de ce Echoes of Wisdom est que… Zelda utilise un sceptre magique remis par Tri. Celui-ci lui permet de mémoriser des items ou des ennemis, pour en créer des clones (des échoes). Vous pouvez ainsi empiler des objets comme des lits, des poteries… Pour atteindre des plateformes en hauteur, ou cloner des ennemis pour les envoyer combattre à votre place. Un coup à prendre, mais une fois cette mécanique assimilée, elle s’avère tout simplement géniale !
Car le jeu est très permissif. Et votre catalogue d’échoes fonctionne comme une boîte à outils qui va vous permettre d’appréhender chaque obstacle de différentes façons. Comme Tears of the Kingdom, le jeu fait appel à votre créativité ! Grâce à Tri, Zelda peut aussi se synchroniser avec des objets pour se déplacer, ou pousser des rochers… Et évidemment, synchronisation et échoes s’associent… Ainsi par exemple, pour gravir une falaise, vous pouvez construire un échafaudage… Ou encore créer une araignée à laquelle vous vous accrocherez, le temps qu’elle gravisse le mur. Un lit peut être empilé pour passer un obstacle. Mais peut aussi vous permettre de vous reposer pour regagner de la vie. De même, si chaque boss a ses patterns, il existe souvent plusieurs façons d’en venir à bout. On vous a dit que le concept était génial ?
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Sur le plan technique, comme dans 99% des jeux estampillés Nintendo, c’est propre et quasiment sans faute. Visuellement, le jeu est magnifique avec son style chibi. Une direction artistique qui ne sera pas sans vous rappeler l’excellent remake de Link’s Awakening en 2019 (on retrouve même, dans les donjons, ses passages en 2D vue de côté). Ou le rendu magnifique de ses textures : on a l’impression de pouvoir saisir réellement chaque arbre, chaque personnage. Le jeu est fluide, lisible, et ne souffre quasiment pas de bugs ou de ralentissements. À l’exception de quelques chutes de framerate en extérieur.
Les musiques sont dans le ton, avec des thèmes originaux, mais qui se nourrissent des partitions les plus emblématiques de la série. En revanche, ne comptez pas trouver ici des doublages en VF. Si les textes sont intégralement en Français, le jeu est dénué de dialogues. Les personnages ne s’expriment qu’à travers des sons ou des onomatopées. Ce qui ne manque pas de charme, et reste cohérent avec les choix artistiques des développeurs.
Au final



The Legend of Zelda : Echoes of Wisdom, c’est la direction artistique de Link’s Awakening, mais avec la richesse de A Link to the Past ! Rien que ça ! Et si vous avez les références, vous comprendrez que ce constat est très loin d’être dégueu ! Des cavernes et des temples à explorer, un gigantesque monde à parcourir, des héros attachants, des tonnes de trésors à débusquer… Le jeu est une énorme réussite dans la mesure où il correspond parfaitement à l’idée que Miyamoto se fait du jeu d’aventure lorsqu’il imagine un épisode de The Legend of Zelda. Il procure un plaisir immédiat pour le joueur.
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Mais le jeu de Grezzo brille surtout par son gameplay génial. Et sa nouvelle mécanique qui permet de reproduire plus de 120 ennemis et objets. Très permissive, elle sollicite votre créativité, tout en restant simple à prendre en main. Ajoutez des graphismes tout mignons et dans la veine de Link’s Awakening, de multiples références à la série… Et vous obtenez un jeu accessible au plus grand nombre, sans limite d’âge. Le néophyte y prendra autant de plaisir que le fan de la première heure, qui sourira, béat, au moindre clin d’œil. Très différent de Breath of the Wild ou Tears of the Kingdom, ce Echoes of Wisdom n’en est pas moins intéressant. Bien au contraire, il est même sans doute le plus accessible !
Nintendo propose donc ici une nouvelle masterclass sur Switch. En toute objectivité, The Legend of Zelda : Echoes of Wisdom est l’un des meilleurs jeux exclusifs de la Switch en 2024 (peut-être même LE). Et l’un des meilleurs jeux sur ce support. Le produit parfait pour s’initier au genre, découvrir la légende de Zelda, ou passer un bon moment dans un univers qu’on adore. Pour son tout premier rôle principal, Zelda bénéficie d’une aventure à la hauteur de son rang royal. Et qui n’a pas à rougir face à près de 40 ans d’exploits de Link. Comme quoi un jeu peut être mignon ET épique. Classique ET moderne. Bref… Si vous possédez une Switch, Echoes of Wisdom est l’indispensable de l’année. Si ce n’est pas le cas, on parie qu’il y aura une Switch au pied du sapin ?
The Legend of Zelda : Echoes of Wisdom

- Par : développé par Grezzo, pour Nintendo
- Sur : Switch
- Genre : aventure
- Classification : PEGI 7
- Prix : 59,99€
- Conditions de test : jeu littéralement poncé sur une version envoyée par l’éditeur
Les points positifs
- La direction artistique géniale
- L’aventure avec un grand A
- La bande-son
- Enfin contrôler Zelda
- En Français
- Une mécanique de gameplay qui fait appel à votre créativité
- Une solide durée de vie, entre la quête principale et les nombreuses missions secondaires
- Une grande carte, avec des environnements variés
- Un jeu vraiment ouvert à tout le monde, débutants comme puristes
- Hyrule, ce royaume tellement attachant !
Les points négatifs
- Le jeu est relativement facile
- On galère parfois dans l’inventaire des échoes
- Quelques chutes de framerate
