On a testé sa beta : PiePacker, le renouveau du rétrogaming ?

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Nous vous en avons beaucoup parlé ces dernières semaines : la plate-forme gratuite de jeu vidéo PiePacker, qui vous permet de découvrir des titres rétros ou des jeux indés… Le tout assorti d’un vidéo-chat ! Mais en attendant le lancement officiel de PiePacker, nous avons aussi eu l’occasion de nous essayer à sa version beta. Et il est temps de vous donner notre avis, nos impressions, notre ressenti…

Info de dernière minute : le Kickstarter explosé !

Avant de commencer cette critique, une information qui nous est parvenue après l’écriture de ce test (mais avant sa publication)… Nous vous parlions, ce 20 avril, du lancement de la campagne Kickstarter de PiePacker. Mais nous avons appris dans la foulée que cette campagne de financement participatif a été littéralement explosée ! Tandis que l’opération devait durer un mois, elle a atteint son objectif en moins de 24 heures !

En d’autres termes, l’objectif de 75 000$ (61 998€) a été atteint en 20 heures seulement. Et actuellement, près de 114 000 $ (94 000€) ont été collectés, avec environ 650 contributeurs (ces chiffres sont encore susceptibles d’évoluer pendant presque un mois…).

PiePacker, qu’est-ce que c’est ?

Pour les deux du fond, qui n’ont rien écouté… PiePacker est un nouveau service de gaming en ligne inventé par deux Français : Benjamin Devienne et Jules Testard. Plus précisément, on parlera d’une plate-forme de jeux vidéo en ligne, accessible gratuitement (un « Spotify » du JV). Elle vous permet de lancer un titre de votre choix, parmi une soixantaine, sans aucun téléchargement, donc quasi-instantanément. Ces titres rétros balaient une période allant de la NES à la PS1, avec des jeux issus des catalogues d’éditeurs (et partenaires) comme Team 17, Codemasters, Piko, Interplay, Mega Cat Studios… Autrement dit, la démarche est 100% légale, et même approuvée par les « ayants droit » de ces jeux.

Mais… Ce n’est pas tout ! Car PiePacker est avant tout une plate-forme de social-gaming. Autrement dit, le jeu est assorti d’un vidéo-chat, qui vous permet de jouer avec vos amis à vos titres préférés, avec une fenêtre de dialogue customisable. Pour être plus précis, vous lancez PiePacker, vous créez votre salon de jeu virtuel et y invitez vos potes, et c’est parti pour des heures de fun sur Worms ou autres titres du passé… Et pour que le délire soit encore plus drôle, PiePacker met à votre disposition tout un tas de filtres 3D, en réalité augmentée.

► LIRE AUSSI : La campagne Kickstarter de PiePacker est lancée !

La plate-forme va encore évoluer. Tout d’abord en accueillant plus de jeux. Du rétro, mais aussi des titres indés (on en a déjà quelques uns), voire des exclusivités développées uniquement par, et pour PiePacker. Les membres Premium (ceux qui paient) peuvent importer leurs roms, et si le Kickstarter atteint les 110 000$ (c’est bien parti), les jeux GameBoy et GBA s’ajouteront aux titres importables NES, Megadrive et Super-Nintendo. Le Kickstarter a notamment pour but de développer le PiePeader, permettant de lire des cartouches physiques. Hélas, celui-ci ne devrait pas être commercialisé par la suite, étant seulement dispo pour les souscripteurs du Kickstarter…

Peut-on parler de rétro-gaming ?

C’est un peu dubitatif que je me suis embarqué dans cette aventure. Car… PiePacker peut en quelque sorte ouvrir un débat autour du rétro-gaming. Le dématérialisé, comme l’émulation, ou comme PiePacker, peut-il être considéré comme du rétro-gaming ? Un collectionneur passionné vous dira qu’il n’y a rien de tel que de ressortir sa vieille console, et de dépoussiérer ses anciennes cartouches… Voire de trouver des jeux originaux, dans des brocantes ou des magasins spécialisés, pour faire tourner les cartouches d’origine, sur leurs machines respectives… Alors, a t-on ici du « rétrogaming » ou bien du « gaming sur des jeux rétro » ?

Pourtant, je ne peux que constater que le rétro-gaming est aujourd’hui devenu une passion hors d’atteinte pour beaucoup d’entre vous, parfois même pour les passionnés hardcore dont je fais partie. La faute notamment aux diverses spéculations qui font la loi, dans une économie basée sur une notion de rareté tout à fait relative… Ce sont les spéculateurs et les revendeurs qui fixent aujourd’hui les règles sur le rétro, plus que les vrais passionnés. Et aujourd’hui, jouer sur certaines machines d’antan vous demandera de vendre quelques organes pour financer vos achats.

Alors, de ce point de vue, et par la force des choses, les alternatives légales comme les consoles mini, ou PiePacker méritent que l’on s’y intéresse. Que l’on fasse une mise à jour de notre vision des choses, que l’on s’ouvre… Et c’est justement ce que nous allons faire !

La beta de PiePacker en question

Tout d’abord, je tiens à remercier l’équipe derrière PiePacker, qui m’a permis d’accéder à la beta de la plate-forme. Et c’est donc avec curiosité que j’ai créé mon compte. Avec un certain intérêt pour les renards dans le jeu vidéo, c’est sous le pseudonyme « Kitsune » que je me suis lancé dans cette aventure. Avec une représentation du fameux masque rouge et blanc pour avatar… Logique !

Je m’amuse tout d’abord de constater que, si le renard est en quelque sorte la mascotte de Level1, celle de chez PiePacker serait plutôt le ver de terre (avec une autre interprétation de leur logo, du coup)… Car la première chose qui me saute aux yeux, parmi les nombreux titres disponibles (une cinquantaine, de la NES à la PS1, avec aussi des jeux indés, je le rappelle), c’est la présence de deux licences cultissimes : Worms et Earthworm Jim.

► LIRE AUSSI : Benjamin Devienne, co-fondateur de PiePacker : « Nous sommes autant une plateforme de jeu qu’un réseau social »

Je dois vous avouer que je n’ai pas pu (ni eu le temps) d’essayer tous les titres disponibles sur la plate-forme. Mais c’est avec un énorme plaisir que je me suis replongé dans le hit créé par David Perry, comme à la grande époque de la SNES. ! Ah, cette ambiance ! Ah cette musique ! Ah cet humour ! Ah ce lancer de vache ! Ah cette pu… de difficulté ! Et ce n’est pas Earthworm Jim 2, aussi disponible sur PiePacker, qui va arranger les choses ! Bah oui, on parle ici d’une époque où il fallait souffrir pour terminer un jeu vidéo !

Comme je l’ai dit, je n’ai pas essayé tous les jeux proposés par la plate-forme. Et mon regard a été naturellement attiré, dans un premier temps, par les titres qui me parlaient. Worms World Party… Très sympa, mais vite ennuyeux en solo : ce titre est clairement de ceux qui permettront à PiePacker de mettre en avant son multi-online et le fun dégagé par son chat audio ! Glover, j’avais bien aimé sa version PS1, mais le jeu a quand même vieilli… Je ne vais pas m’éterniser sur la liste, car ce qui vous intéresse, c’est PiePacker, et non son catalogue…

Techniquement, c’est propre !

Ne comptez pas sur moi pour jouer à des jeux rétro sur un clavier, sur PC ! Alors, c’est avec une manette trouvée à 10 balles dans un supermarché, copie presque conforme de la Dualshock 3, que je joue sur mon bouzin (ou parfois avec la -vraie- Dualshock 4, mais là, j’avais la flemme). D’ailleurs, sur le papier, Piepacker est compatible avec toute manette capable de se brancher sur un PC, en USB ou en Bluetooth. Et je dois bien le reconnaître : en termes de maniabilité, c’est du tout bon ! Pas vraiment de latence, le jeu réagit au quart de tour, et l’on oublie vite que l’on est sur un ordi de salon, et non sur une Super-Mega-Nintendo-Drive !

Le fait que l’on joue à partir de serveurs est aussi un confort très appréciable. Pas besoin d’attendre la fin d’un téléchargement, il suffit de lancer le jeu comme bon vous semble. Sans aucun téléchargement sur votre PC. Une fois le programme lancé, l’interface est claire et très simple à prendre en main. On lance le jeu, on branche sa webcam, on file le lien à ses amis pour les inviter dans son salon… Les options sont très simples d’utilisation, l’ergonomie est très bonne tant in-game que pour le salon. PiePacker est dont très accessible.

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En jeu, on remarque des fonctions empruntées aux consoles mini et aux compilations actuelles de jeux rétro : les sauvegardes qui ont été ajoutées aux jeux qui n’en possédaient pas dans les années 80-90. Mieux, PiePacker reprend aussi le système de rewind, qui vous permet de revenir quelques secondes en arrière en cas de fausse manip dans un jeu. C’est bien et c’est moins bien ! C’est bien car ces features rendent les jeux accessibles au plus grand nombre… C’est moins bien car on perd la difficulté originelle, qui était l’ADN des jeux 8 et 16 bits, quand on y pense…

En revanche, je dois vous avouer que je n’ai pas pu tester le système de videochat. Mais globalement, PiePacker est très prometteur, et coche une par une toutes les cases qui pourraient en faire un succès à grande échelle… On a hâte d’en voir davantage…

Au final

Je me suis longtemps demandé si j’allais noter PiePacker, comme dans un test classique. Et puis, en découvrant cette plateforme, la réponse m’est apparue évidente ! Bien sûr… Que NON ! Car qu’on se le dise : PiePacker est loin d’avoir atteint sa forme finale, et va encore beaucoup évoluer à son lancement, et les mois/années suivant(es). Par ses jeux, par les services proposés, ou encore tout simplement par sa communauté. Alors non ! Ce « test » si l’on peut l’appeler ainsi ne se terminera pas sur une note, mais sur un avis global !

Et la première question que je me pose est : vais-je relancer PiePacker lorsque la plateforme sera lancée officiellement ? Et très clairement, ma réponse est OUI ! D’une part parce que sa gratuité, tout en étant un service totalement légal, est un argument imparable… D’autre part, parce que, comme je l’ai écrit, PiePacker va encore évoluer, son catalogue déjà plutôt sympa va (on l’espère) s’étoffer, quasiment sans aucune limite (si ce n’est l’aspect financier pour obtenir certaines licences). Et là, c’était justement LE point qui fâche du coté des consoles Mini, par exemple (sauf bien entendu si vous aviez trouvé le moyen de les bidouiller pour rajouter des roms). Et puis, PiePacker propose aussi des jeux indés, et des titres exclusifs…

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Le vidéochat n’est pas l’aspect qui m’intéresse le plus, je vous l’avoue. Mais je ne nie pas que cet aspect social peut apporter un plus très fun, dès lors que vous vous retrouvez avec vos potes pour jouer en ligne. C’est d’ailleurs la marque de fabrique de PiePacker : sa dimension communautaire… Alors pour ce point et tous les autres, c’est validé !

Vous pouvez foncer soit pour le Kickstarter, soit pour découvrir ce nouveau service très prometteur dès qu’il sera ouvert… PiePacker n’est pas le renouveau du rétrogaming (il ne faut pas exagérer), mais une très bonne alternative, une version plus moderne. Un compromis incontestable si vous n’avez pas les moyens de vous ruiner dans une console rétro et sa ludothèque… Avec le petit truc en plus que ne vous offriront jamais une Megadrive ou une SNES : le jeu en ligne avec vos amis… Le tout étant gratuit, on a tout à y gagner !

Les points positifs :
  • Un catalogue plus qu’honnête (près de 60 titres), et qui va encore évoluer
  • La dimension communautaire
  • Des titres indés et des exclusivités en plus
  • Le chat en direct et en vidéo
  • les filtres 3D comme sur Snapchat
  • C’est fluide et rapide, quasiment aucun temps de chargement (puisque pas de téléchargement)
  • La compatibilité avec quasi toutes les manettes USB et bluetooth
  • À terme, la possibilité de jouer à ses propres cartouches
  • C’est gratuit
Les points négatifs :
  • Le PieReader seulement disponible via la campagne KickStarter
  • L’option « retour en arrière » dans les jeux… Arrêtons de tout vouloir simplifier !
  • Sur les 60 jeux (et quelques), certains sont dispensables
  • C’est pas comme ça que l’on va poser la manette !

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