Scénario de rêve ou de cauchemar ?

Quasiment un an après Les Schtroumpfs 2 : Le Prisonnier de la Pierre Verte, le studio parisien Microids est de retour avec nos petits hommes bleus préférés. Ici, on ne te parle bien évidemment pas de ceux qui vivent sur Pandora, mais bien de ceux inventés par le dessinateur belge Peyo (Pierre Culliford de son vrai nom) en 1958. Le papa d’une BD qui compte à ce jour 41 tomes (pour la série principale), adaptée en plusieurs séries animées, en plusieurs films, et près d’une quarantaine de jeux vidéo depuis les années 80. Dont les derniers sont sortis chez Microids, donc.

Si ce n’est qu’ici, ce n’est plus le lyonnais Osome Studio (Les Schtroumpfs : Mission Malfeuille, Le Prisonnier de la Pierre Verte, les Astérix et Obélix XXL…) qui est aux commandes. Microids a confié le développement de ce jeu Les Schtroumpfs: L’Épopée des Rêves à Ocellus Services, que tu connais déjà si tu as joué à Marsupilami : Le Secret du Sarcophage. On va donc retrouver de nombreux éléments « signature » de ce studio qui est, lui aussi, basé à Lyon. Mais ça, on va y revenir plus bas.

► Sur le même thème, lire aussi : Preview. Notre avis sur Les Schtroumpfs: L’Épopée des Rêves

L’introduction du jeu nous apprend que Gargamel a mis au point un nouveau plan machiavélique ! Pendant la nuit, il a jeté un sort sur l’aliment préféré des Schtroumpfs : la salsepareille. Son plan : plonger tout le village dans un profond sommeil, et profiter de ce laps de temps pour mettre la main sur ses ennemis jurés les Schtroumpfs. Cependant, il n’avait pas calculé que l’un d’entre eux (vous) échapperait à cette malédiction. Et partirait explorer les rêves des autres Schtroumpfs pour trouver un moyen de les réveiller…

Le scénario n’est pas le plus original, mais il tient la route, et justifie l’aventure qui vous attend. Et contrairement à la preview que nous avions eue entre les mains cet été, nous pouvons désormais en juger. Puisque nous avons enfin pu bénéficier des nombreuses cinématiques qui solidifient cette histoire. Elles sont plutôt agréables à regarder, et parleront énormément aux ceusses qui suivent la récente série animée. Pour les plus vieux, pas de générique chanté par Dorothée à l’horizon ! (les papas et les mamans comprendront cette référence). Petit regret : en 2024, on aurait aimé quelques voix…

Un jeu de plateformes assez scolaire

Dès qu’on lance le jeu, on reconnaît immédiatement la patte graphique du studio Ocellus. C’est très coloré, et si Le Prisonnier de la Pierre Verte nous emmenait dans un jeu de plateforme en 3D… Cette Épopée des rêves, comme Masupilami auparavant, mise sur de la plateforme d’un autre genre ! On est ici principalement sur une vue plongeante et une caméra fixe, à la manière de Super Mario 3D World sur Wii-U, meilleure échelle de comparaison. Mais si le premier contact laisse craindre une certaine routine, les développeurs nous font régulièrement comprendre que chaque tableau n’est pas qu’une ligne droite, loin de là ! Notamment grâce à quelques petites originalités bienvenues dans le gameplay. Et quelques boss issus du monde des Schtroumpfs que l’on prend plaisir à retrouver.

Les Schtroumpfs: L’Épopée des Rêves est donc un jeu de plateformes. Le joueur débute dans le village, qui fait office de hub. Un oreiller vous permet de basculer dans le monde onirique. C’est ici que vous pourrez pénétrer dans 12 niveaux thématiques (par exemple pour Schtroumpf Gourmand, ce sera celui de la nourriture). Si la construction des niveaux est assez scolaire, tout comme la jouabilité (une touche pour sauter, une pour planer, des items qui vous donnent des aptitudes, etc.), on aime deux points en particulier : d’une part, les niveaux cachent suffisamment de collectibles pour vous inviter à explorer tous les recoins… D’autre part, les développeurs s’autorisent souvent quelques originalités qui diversifient le gameplay, comme on l’écrivait plus haut. Comme un monde basé sur des jeux de miroirs, de la chute libre, ou les boss.

► Sur le même thème, lire aussi notre test : Les Schtroumpfs 2 : un bon jeu, un poil difficile pour les petits

Pendant ce test, on aura souffert de quelques bugs d’affichage et de freezes momentanés du jeu. Mais c’était avant le patch day one, qui fixe pas mal de ces problèmes. Pour le reste, la technique tient la route : le jeu est très coloré et on aime aussi les animations assez réussies, les niveaux sont détaillés… Les développeurs allant même jusqu’à utiliser certaines petites ficelles pour dissimuler des contraintes techniques. Comme par exemple des séquences de glisse sur des rampes, pour cacher des chargements entre deux zones (même si on aurait aimé être actifs pendant ces séquences de glisse). On ne l’a pas encore précisé, mais le jeu est jouable en solo, mais aussi en co-op à 2. Ce qui est une très bonne chose : on peut soit jouer avec des copains/frères et sœurs, soit confier la manette à papa/maman pour un coup de main.

Globalement, on retrouvera la plupart des points que nous avions relevés lors de notre preview, en juin. Le jeu nous offre des niveaux longs, parfois très longs. Heureusement, votre progression est assurée par des check-points mais qui, en cas d’échec, peuvent vous ramener loin en amont. Avec parfois des passages qui demandent du doigté. Le tout donne un petit côté « die and retry » (volontaire ou involontaire) qui n’est pas insurmontable pour un adulte… Mais qui pourra décourager un enfant. Il est donc conseillé de garder papa ou maman sous la main, au cas où… Ce qui nous donne une durée de vie entre 5/6 heures pour un adulte, et davantage pour un enfant selon son âge, et l’aide ou non d’un plus grand…

Au final

Les Schtroumpfs: L’Épopée des Rêves n’est pas le jeu vidéo du siècle, mais ce n’est pas un mauvais titre pour autant. On va dire qu’il est dans la moyenne : sans révolutionner le genre, il va vous donner ce que vous êtes venu chercher, pour 40 balles seulement ! À plus forte raison si vous êtes fan des petits hommes bleus de Peyo. Il propose une construction, une narration et un level-design très scolaires, mais peut-on lui reprocher de se construire sur des bases solides ? Bref, le voyage est agréable, et offre ce qu’on attend d’un bon jeu de plateforme : de la variété, du fun, des power-ups, des secrets et plein de trucs à collectionner pour vous inviter à explorer…

En revanche, et comme nous l’avions déjà pressenti lors de notre preview, cet été… On tique un peu plus sur sa cible principale : les plus jeunes. En effet, le jeu propose quelques pics de difficulté, et certains niveaux très longs, qui pourront décourager les jeunes, voire les très jeunes enfants. Et pour une certaine tranche du public ciblé, on recommandera de garder papa, maman ou un grand frère/sœur sous la main. D’ailleurs, le mode co-op en local n’est sans doute pas là par hasard ! Quoi qu’il en soit, Les Schtroumpfs: L’Épopée des Rêves est un jeu qu’on a vraiment apprécié. Et qui comblera les fans.


Les Schtroumpfs: L’Épopée des Rêves

  • Par : Ocellus Services, édité par Microids
  • Sur : PlayStation, Switch, XBox et PC
  • Genre : plateforme/aventure
  • Classification : PEGI 7
  • Prix : 39,99€
  • Conditions de test : testé sur PS4/PS5, sur une version fournie en amont par l’éditeur
  • C’est tout mignon, bien animé et coloré
  • L’ambiance « schtroumpfesque »
  • La jouabilité : accessible de 7 à 77 ans
  • Un level-design qui tente quelques passages plus originaux
  • Un vrai mode co-op, où le 2e joueur ne fait pas juste de la figuration
  • Les musiques, pas inoubliables mais qui collent au ton du jeu
  • L’exploration
  • En VF
  • Des niveaux longs…
  • La vue éloignée, parfois ce n’est pas très lisible
  • Quelques petits bugs persistent (ils seront cependant vite corrigés)
  • Certaines missions répétitives
  • Les séquences de glisse, entre les niveaux, où le joueur est passif
  • On aurait aimé un doublage
  • Quelques pics de difficultés pour les plus jeunes
  • … Mais paradoxalement, le jeu est court