Chez Nintendo, on est plutôt malin. Alors que tout le monde commence déjà à faire son deuil de la Switch, qui devrait bientôt être remplacée par une nouvelle console dont on attend l’annonce (imminente ?) avec impatience… Voilà que débarque Super Mario Party Jamboree, le tout nouveau party-game de Nintendo. Un jeu beau, drôle et familial, qui risque de vendre à lui tout seul les dernières Switch en magasin pour Noël. Car si vous ne possédez pas encore la console, c’est sans doute la dernière grosse occasion de la mettre au devant de la scène. Explications avec notre test d’un jeu qui repousse les limites d’une licence culte !
Mario et Luigi chez les scouts ?
On les sent venir de trèèèèèès loin, les ceusses qui vont nous demander d’où sort ce nom « Jamboree » qui donne son nom au tout dernier Mario Party ! Alors voici le moment de briller dans la cour d’école, ou dans les soirées mondaines : Jamboree est un terme qui nous vient… Du scoutisme ! Et oui ! Plus précisément, il désigne de grands rassemblements festifs de scouts en extérieur, à l’échelle d’une région ou de tout un pays. Le terme a été popularisé par Robert Baden-Powell , le fondateur du scoutisme, qui l’a utilisé pour la première fois en 1920.
Maintenant que vous avez la référence, vous comprenez sans doute beaucoup mieux la philosophie de ce nouveau Mario Party ! Super Mario Party Jamboree s’annonce dès son titre comme une gigantesque fête, qui va réunir les joueurs de toute la planète ! Rien que ça ! Un jeu copieux, généreux, qui va vous pousser à réunir tous les potes pour en découdre dans une franche bonne humeur ! Le projet est ambitieux, mais Nintendo se donne clairement les moyens de hisser sa populaire licence de party-game à la hauteur de ses ambitions.
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Car ici, on parle d’une franchise que Nintendo maîtrise depuis très longtemps, maintenant ! Puisque le tout premier Mario Party est sorti… En 1998, sur Nintendo 64 ! Et Super Mario Party Jamboree est déjà le 18e jeu de la franchise ! Bien que le dernier titre numéroté soit Mario Party 10, sorti sur Wii-U en 2015. Autre particularité : la licence aura connu deux développeurs ! Tout d’abord Hudson Soft, du début jusqu’à Mario Party DS (en 2007)… Puis ND Cube (comme Nintendo-Dentsu Cube) qui a repris la série en 2012 avec Mario Party 9 (sur Wii), jusqu’à aujourd’hui.
Mine de rien, Super Mario Party Jamboree est déjà le 3e épisode sorti sur Switch ! Après Super Mario Party en 2018, puis Mario Party Superstars en 2021. La série cumule plus de 77 millions de ventes dans le monde depuis sa création. Les deux épisodes les plus vendus étant les deux jeux Switch, avec plus de 20 millions de copies pour Super Mario Party, et plus de 12 millions pour Mario Party Superstars (le 3e est Mario Party DS avec 9,3 millions d’exemplaires écoulés). C’est donc sans surprise que, lors du Nintendo Direct du 18 juin 2024, Nintendo annonçait un nouvel épisode : Super Mario Party Jamboree, désormais disponible sur Switch.
À table, des plateaux et de l’abondance !



Le principe de Mario Party ne change pas avec ce Jamboree : il s’agit toujours d’un jeu de société sur votre TV, dans lequel vous allez pouvoir affronter vos amis : jusqu’à 4 en local, et jusqu’à 20 en ligne (ça marche aussi avec des inconnus). Réunissez les, sortez autant de joycons que de potes, et choisissez votre plateau de jeu. Lancez les dés, avancez sur le plateau en prenant garde aux cases « malus » ! Une fois que tous les joueurs ont fait un tour de dés, un mini-jeu vous permet de gagner des pièces. Les mini-games vous permettent de jouer les uns contre les autres, mais aussi en 2 vs 2, ou 1 vs 3, c’est selon. Mais c’est surtout des étoiles que vous devrez collecter, puisqu’en fin de partie, c’est celui qui en possède le plus qui gagne !
Si Super Mario Party Jamboree reste un Mario Party assez classique dans son principe, c’est surtout par son contenu qu’il se distingue des autres. Et là, on n’ira pas jusqu’à parler de démesure, mais sachez que le jeu est extrêmement généreux : des modes en pagaille, 110 mini-jeux, 22 personnages jouables (dont deux à débloquer), sept mondes thématiques (dont cinq plateaux inédits)… Autant dire que, si vous êtes dans le délire des party games, vous risquez de poncer le jeu pendant des mois.
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Et les développeurs atténuent ici ce qui est généralement le point faible de ce type de softs : le mode solo ! Puisqu’ici, même en solitaire et bien que le jeu soit dénué de scénario, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer ! Notez aussi que vous pouvez choisir de jouer en Classique, plus détendu… Ou en Pro, où le talent prend le dessus sur la chance.
Tout d’abord, vous allez faire connaissance avec la Place Centrale, qui est le hub du jeu. C’est ici que vous pourrez personnaliser de nombreux paramètres. Sur cette place, vous trouverez une montgolfière qui vous emmène dans les différents modes de jeu. Mario Party est le mode classique du jeu, que vous connaissez déjà, mais avec plein de petits ajouts. Comme le partenaire qui, si vous gagnez le mini-jeu dédié, peut vous accompagner (et doubler vos gains) sur plusieurs tours. La Marina correspond au mode libre, où vous pouvez choisir et enchaîner librement les mini-jeux, sans les phases de lancés de dés.
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Les Défis de Bowser, où vous affrontez un « faux Bowser » , vous proposent deux modes de jeu : dans Brigade anti-Bowser , vous menez une équipe de huit chargée de dégommer l’imposteur en collectant des bombes pour alimenter un canon géant. Koopathlon est une course entre vingt joueurs qui doivent ramasser des pièces dans une série de mini-jeux dynamiques. Le premier à franchir la ligne d’arrivée gagne.
Enfin, Île dynamique est un mode qui embarque lui-même plusieurs sous-modes. Trois menus vous y attendent, chacun exploitant la reconnaissance de mouvements des joycons. Dans Cuisine en cadence, c’est l’heure de cuisiner en rythme et en synchro parfaite avec la musique, dans un mode qui rappelle le mini-jeu de rythme de Super Mario Party. Dans Crapaud d’Usine, place à la matière grise ! Ici, le but est de résoudre des puzzles en utilisant les Joy-Con. Enfin, dans Aventures aériennes, prenez les airs et affrontez vos amis dans un ciel semé d’embûches, en agitant vos Joycons comme des ailes.
Réalisation : c’est propre en solo comme à quatre



Pas grand chose à dire du côté de la technique. Au risque de se répéter, comme la plupart des jeux « maison » Nintendo, c’est propre, fluide, coloré et plutôt joli ! Pas vraiment de bug à l’horizon. Seule petite pétouille repérée au fil de nos nombreuses parties : de légers ralentissements qui se font parfois sentir lorsque l’on se balade dans les menus. Mais rien de bien méchant, et rien qui ne puisse être corrigé par un patch ! In game, ça tourne comme une horloge, en mode nomade comme sur écran, en solo comme en multi. Avec peut-être un affichage qui minimise ses arrières plans en écran splitté, mais c’est assez léger !
Si plusieurs configurations de manettes sont possibles, c’est évidemment celle avec les joycons détachés qui sera la plus agréable. D’une part pour profiter pleinement des fonctions de détection de mouvements dont nous avons parlé plus haut… D’autre part parce que cette configuration est parfaitement adaptée aux petites mains, puisque l’on peut jouer à Jamboree dès 3 ans (sous la surveillance de papa et/ou maman, évidemment). En revanche, comme à l’accoutumée, se pose la question du jeu sur Switch-Lite. Puisque, les joycons de celle-ci n’étant pas amovibles, vous devrez soit vous priver de certaines fonctions… Soit connecter des joycons supplémentaires, à acheter en plus.
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La construction des plateaux, a été pensée pour répondre à la demande des joueurs qui y trouvaient parfois un manque d’équilibre, ou de rythme. Ici, en solo comme en multijoueur, on est rarement frustré. La progression est dynamique, sur des plateaux qui offrent beaucoup de chemins aléatoires (le centre commercial est un régal sur ce point). Chaque joueur a sa chance, et aura rarement l’impression que l’IA s’acharne contre lui, et de souffrir du fameux syndrome de la carapace bleue ! À moins d’être sacrément mauvais perdant.
Enfin, pour terminer sur l’aspect technique, et plus particulièrement sur le son du jeu… Sachez que Super Mario Party Jamboree marque, à sa manière, un tournant au niveau du doublage dans la série. En effet, et comme dans Super Mario Bros Wonder, ce n’est plus la fameuse voix de Charles Martinet qui incarne Mario, Luigi, Wario et Waluigi, mais Kevin Afghani. La raison ? On en a déjà parlé précédemment : Charles Martinet, emblématique doubleur voix des personnages cités plus haut depuis les années 90, a pris sa retraite en 2023.
Au final



Super Mario Party Jamboree est bien plus que le meilleur des trois épisodes sur Switch. Il est sans doute aussi l’un des meilleurs épisodes de la série : les développeurs y ont réuni le meilleur des autres épisodes, ajouté de nouveaux menus bien pensés… Concrètement, il est l’un des jeux les plus funs de la Switch. C’est le compagnon idéal pour vos soirées entre potes, qui vous promet autant de fous rires que de disputes, à chaque étoile piquée à vos amis.
On a craint le pire : 18 jeux, dont trois sur la même console, il faut avoir pas mal de bonnes idées sous le coude pour se renouveler ! Et pourtant, ND Cube arrive à nous surprendre, nous livrant une sorte de best-of amélioré, et saupoudré généreusement de nouveautés. Super Mario Party Jamboree, c’est un jeu que l’on connaît déjà, mais où l’on découvre toujours quelque chose. Un jeu tellement riche que, autre tour de force, il est même beaucoup plus intéressant que ses prédécesseurs en solo. Bref, Jamboree est une franche réussite, c’est un très gros OUI !
Vous pensiez que c’en était fini de la Switch ? Détrompez vous ! Avec un nouveau Zelda et ce Super Mario Party Jamboree dans sa besace, on est prêts à mettre un billet sur le fait que la console nomade de Nintendo va encore être la star de Noël !
Super Mario Party Jamboree

- Par : ND Cube, édité par Nintendo.
- Sur : Nintendo Switch
- Genre : party game
- Classification : PEGI 3
- Prix : 59,99€
- Conditions de test : testé, en solo et en multi, sur une version envoyée par l’éditeur, sur une Switch classique (première génération).
On a aimé
- Le plus ambitieux Mario Party à ce jour
- De nombreuses options de personnalisation
- Plus de 110 mini-jeux, 22 personnages jouables, 7 plateaux thématiques (dont 5 nouveaux)
- L’ambiance générale
- Prise en main immédiate : un jeu très accessible pour tous
- Des épreuves variées, beaucoup de menus pour jouer longtemps
- La bande-son
- Un mode solo qui n’est pas au rabais, au contraire
- Le multijoueur évidemment : jusqu’à 4 en local, jusqu’à 20 online
C’est moins bon
- Sur le lot, on a forcément des épreuves moins intéressantes
- Quelques légers ralentissements dans les menus
- Ne pas pouvoir décrocher les joycons sur Switch Lite, ça peut pénaliser si vous n’avez pas des manettes en rab’
