Anthem, je ne demande qu’à t’aimer !

testé sur PC, sur une version fournie par l'éditeur

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Lorsque les créateurs de Mass Effect s’associent à Electronic Arts pour nous proposer un nouveau jeu de tir/TPS… On s’attend à du lourd. Et ce ne sont pas les nombreux trailers diffusés depuis l’annonce du jeu, lors de l’E3 2017, qui nous auront laissé penser le contraire. Mais il est l’heure d’enfiler notre Javelin, pour partir en mission ! Objectif : tester le jeu !

Mais qui es-tu, Anthem ?

Peut-être avez-vous raté les différentes annonces d’Anthem. C’est le dernier-né du studio BioWare, connu pour ses RPG de grande qualité (la série des Mass Effect par exemple). Il nous propose là un TPS ultra nerveux Avec le meilleur gameplay 360 degrés auquel j’ai pu jouer. Doublé d’une salle de répétition qui attend votre venue. Mais pas de précipitation, je vais vous expliquer ça tranquillement.

Déjà, on va commencer par une petite rectification : le jeu est présenté comme étant un TPS. Pour les allergiques aux acronymes, c’est un jeu de tir à la troisième personne, ou autrement dit “vue de derrière” pour les non-initiés. Après avoir joué au jeu, je trouve que ce n’est pas du tout représentatif que ce qu’il est réellement. Car j’ai plus l’impression d’avoir joué à un hack’n slash au rabais plutôt qu’à un classique jeu de tir.

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Et ça pour une raison très simple ! Voici le principe même d’un hack and slash : Taper du mob, amasser du loot et de l’expérience, devenir plus fort, taper d’autre mobs plus forts… Et voilà, la boucle est bouclée.

Et bien sûr, Anthem, c’est exactement le même principe, même si maintenant, on préfère utiliser le qualificatif de looter/shooter. Et vous vous demandez sûrement pourquoi j’ai dit « au rabais » ? Pas d’affolement : je vais vous expliquer mes raisons de penser ça !

Anthem, où l’amour unidirectionnel

Ma relation avec le dernier né de BioWare avait si bien commencé ! Après une introduction badass à se battre en pleine tempête face à d’énormes boss, qui vous donneront l’impression d’être tout petit et complètement inutile… Où votre seule solution pour survivre et la fuite.

Et là, vous vous retrouvez dans une vallée à vous promener et à profiter de la claque visuelle. C’est l’un de ces rares jeux qui, à sa sortie, même après le downgrade graphique par rapport au trailer, reste tout de même sublime, et ne te laisse pas un arrière-goût bizarre (coucou Watch_Dogs). Clairement, c’est beau, détaillé et verdoyant, peuplé de différentes espèces autochtones.

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Votre regard s’émerveille à chaque fois que vous découvrez quelque chose de nouveau à regarder. En quelque sorte, vous vagabondez d’objectif en objectif, pour réalimenter des antennes radio. Hélas tout ne se passe pas comme prévu, votre collègue détecte des anomalies.

Et alors que vous ne vous en êtes même pas rendu compte, vous vous enfoncez de plus en plus dans les profondeurs de la terre. Et vous vous trouvez à affronter des créatures de moins en moins amicales. Puis, après un combat plutôt facile, alors que vous appréciez de retourner à votre promenade bucolique… Le jeu décide de vous stopper net, et vous met un magnifique écran de chargement. Si si ! Magnifique parce que vous allez devoir apprendre à l’apprécier, vu que vous allez le voir assez souvent.

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Bref, vous voilà à Fort Tarsis. À ce moment-là, vous êtes encore dans l’émerveillement de découvrir de nouvelles choses sur ce jeu. Donc jusque-là tout va bien ! Je dirais même que votre première heure, voire les deux premières heures de jeu, se passe(nt) plutôt sans trop de difficultés, avec grand plaisir. À tel point que vous laissez les dialogues défiler, et prenez le temps d’écouter des doublages de grande qualité. Qui d’ailleurs sont tous doublés en français. Chose agréable, et qui apporte un plus au jeu. Et croyez-moi, il en a besoin.

On vous présente ensuite les différents protagonistes de l’histoire. Et on vous explique brièvement le lore qui entoure l’univers d’Anthem. Et là, c’est plutôt une grosse déception ! On s’attendait clairement à autre chose venant des papas de Mass Effect. Là, clairement, le scénario est plutôt banal et sans grand intérêt. Certains personnages sont plutôt bien écrits, mais c’est clairement très inégal. D’autres sont juste là pour te raconter le lore du jeu, ou te donner une quête annexe tout à fait classique. Ce n’est clairement pas quelque chose qui va vous marquer pour sa qualité dans le jeu… Mais faute de mieux il va falloir faire avec !

Le meilleur gameplay du genre

Après que l’on vous ait expliqué en quoi consiste votre prochaine quête, vous voilà reparti à bord de votre exosquelette… Pardon, votre Javelin ! Mais je vous expliquerai ça plus en détails tout à l’heure.

Là, vous découvrez le vrai point fort du jeu. Car c’est clairement le meilleur gameplay du genre que j’ai pu tester ! Vous vous déplacez avec aisance et facilité dans votre environnement, les combos s’enchaînent à une vitesse folle, ça pète de partout avec des effets de lumière et d’explosion dans tous les sens.

Vous prenez un vrai plaisir à défoncer tout ce qui se présente devant vous, à voltiger entre les ennemis, à vous extirper de situations difficiles avec un coup de réacteur pour mieux revenir asséner de coups vos ennemis. C’est agréable, fluide, et franchement bien conçu. Mais de nouveau, à peine avez-vous tué où complété le dernier objectif de votre mission, que le jeu ne vous laisse pas plus de 10 secondes pour vous rapatrier illico presto à Fort Tarsis !

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Mais d’abord, un premier chargement qui va vous indiquer les différentes récompenses que vous avez obtenues, sans forcément savoir à quoi ça correspond, ni à quoi correspondent les différentes médailles. Après cela, on vous montre les loots que vous avez obtenus dans votre mission. Choisissez ce que vous voulez garder, et recyclez le reste. Puis, un autre écran de chargement vous ramène au Bastion.

Clairement, tout cela s’enchaîne plutôt vite, et donne même l’impression d’être pressé par le temps, alors qu’il n’y a pas de timer.

Une très bonne optimisation

Enfin, le jeu profite d’une très bonne optimisation. Avec ma config qui commence à accuser le poids des années, j’arrive à obtenir 75 FPS sans devoir faire d’énorme sacrifice sur les graphismes. Il utilise les ressources de manière homogène. Après, bien sûr, vous profitez pleinement du jeu avec une carte capable de supporter le ray tracing.

Comment ? J’ai omis de vous le préciser ? Eh bien voilà chose faite : le jeu est parfaitement compatible avec le ray-tracing et, clairement, avec tous les effets de lumière et d’explosions pendant les phases de combat, en plus de la végétation luxuriante… Le soft a de quoi vous en mettre plein la rétine !

Note : Si l’optimisation est excellente sur la version PC testée ici, les joueurs PS4 ont rencontré quant à eux de graves problèmes (notamment des crashs de console). EA dit y travailler pour apporter des solutions :

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Une rupture difficile

Plus je jouais au jeu, et plus l’expérience devenait compliquée. Sans pourtant être insupportable… Mais elle vous empêchera de profiter pleinement de votre soft. Le jeu souffre d’un énorme souci de rythme !

L’exemple le plus parlant est Fort Tarsis, qui sera l’un des endroits les plus frustrants du jeu. Autant dans les phases de combat, vous voltigez entre vos ennemis avec grâce et puissance sans aucune pitié… Autant là (en ville), vous avez l’impression que toutes les personnes de Fort Tarsis ne sont que de vulgaires pantins.

J’ai même eu l’impression de n’être qu’une caméra qui se déplaçait dans un musée Animatronic. Les PNJ ont pour seule qualité une très belle animation des visages, grâce à la motion capture et un doublage français de qualité. Mais ça sera là leur seul point fort. Car à Fort Tarsis, personne ne vit vraiment. Tout reste figé, en attendant que vous daigniez leur adresser la parole, pour écouter leur dialogue sans profondeur et plutôt mollasson.

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Ce qui donne une ambiance étrange et loin d’être agréable pour le joueur. Et malheureusement, c’est un passage obligatoire ou presque, entre chaque mission. Surtout pour avancer dans la quête principale. Vous allez devoir vous payer des dialogues d’une banalité digne d’un FPS grand public… Vous vous déplacez avec la lenteur d’un septuagénaire qui a perdu toute faculté de sauter ou de sprinter… Au mieux, on vous laisse faire un trot lent ou une marche rapide, à vous de choisir.

Certes, le lieu est joli, mais passées les deux ou trois premières missions, vous n’y faites plus trop attention, et allez directement à votre point d’objectif. Et j’ai le grand regret de vous annoncer que ce n’est pas l’unique problème. Et surtout pas le problème le plus pénalisant pour le jeu, même si ça reste pour moi un des gros soucis.

Les autres problèmes s’articulent tous autour des Javelin

Les Javelin sont les exosquelettes que vous contrôlez, de quatre natures différentes : Colosse, Commando, Intercepteur et Tempête. Pour faire court, plus vous montez en niveau, plus vous débloquez des emplacements d’équipement. Ils vont vous permettre soit d’augmenter votre résistance, soit de changer ou améliorer vos compétences et la façon de réaliser des combos. Vraiment rien d’incroyable de ce coté là !

Mais déjà, les descriptions sont loin d’être claires, et vous vous trouvez à essayer un peu au pif les différents objets que vous lootez, pour voir celui qui sera le plus efficace. Et malheureusement, il n’y a pas de zone d’entraînement qui nous permettrait de tester différentes compositions et équipement.

Mais en plus, il est impossible de changer les objets équipés une fois en combat. Donc, si vous avez équipé une arme minable, et bien il va falloir finir votre mission avant de pouvoir la changer. Et surtout, vous allez avoir le droit au minimum à trois ou quatre écrans de chargement. Petite astuce : je vous conseille de lancer le mode libre en solo, pour tester vos équipements. Plus rapide, et moins contraignant que de devoir lancer une mission.

Toutes les mêmes !

Toujours à propos de l’équipement, à l’exception des armes, les objets que vous équipez ne changeront pas l’apparence de votre javelin. Et les armes sont loin d’être originales, avec de la redondance dans leur design. Si on me demande à quoi ressemblent les armes dans Anthem, je répondrais « gris » ! Car clairement, c’est la seule chose que j’ai retenu des armes tellement elle se ressemblent toutes.

Mais bon, ne vous focalisez pas trop sur les objets que vous équipez avant d’être niveau max. Et ce pour une raison toute simple : le jeu se base sur un système de récompenses à outrance. Peut-être pour lui donner la fausse impression d’avoir accompli un dur labeur. Mais vous lootez tellement d’objets entre chaque mission que vous avez largement de quoi changer tous les objets de votre équipement. Et ne vous attendez pas à looter des objets « ultra rare de la mort qui tue » avant les derniers niveaux… Et encore là, ça ne sera pas chose facile.

Une progression généreuse, une personnalisation à revoir

Anthem n’essaie même pas de cacher un mode de progression le plus linéaire qui soit. À savoir : vous achevez une mission ► vous montez en niveau et vous lootez des objets plus puissants qu’a la mission précédente ► Vous faites d’autres missions pour passer d’autres niveaux et looter des objets encore plus puissants…

C’est bien simple : je n’ai pas gardé une arme plus de deux missions, tellement le système de récompenses est ridiculement généreux. Pour en finir avec l’équipement, il n’est pas possible de personnaliser ses armes de corps à corps. Alors que l’on a quand même deux Javelins spécialisés dans les combats rapprochés. Vous allez me dire que je cherche la petite bête, et vous avez peut-être raison. C’est juste que c’est encore un petit détail qui vient assombrir un tableau déjà bien chargé.

Pour conclure cette liste déjà bien longue, je vais vous parler du système de personnalisation, chose complètement inutile, donc indispensable, surtout dans un jeu multijoueur. Et là encore, c’est loin d’être glorieux ! Alors oui, le système de peinture et de texture est super bien pensé, pour ça il n’y a aucun doute ! En gros, sur chaque pièce de votre javelin, il y a plusieurs zones que vous pouvez personnaliser.

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Et ça se passe en deux étapes. D’abord, vous choisissez la matière, par exemple du cuir ou un acier brossé. Il va donner une texture à la zone choisie. Ensuite, vous choisissez le ou les couleurs de la texture et le tour est joué. Vraiment sympa, même si le rendu des couleurs est un peu étrange. L’idée des textures donne un large choix de personnalisation.

Vous pouvez aussi changer chaque pièce de votre Javelin par une autre. Et c’est là que ça coince. Au lancement du jeu, vous n’avez qu’une seule apparence alternative, que vous pouvez achetez avec l’argent des missions ou avec de l’argent réel. Et sinon, il faut attendre que les développeurs en proposent d’autres. Surtout que, quand ce sera le cas, ce sera uniquement pour un temps limité. Bref, le jeu est complètement vide de contenu de ce coté là. Et entre un niveau 1 ou un niveau 30, il n’est pas spécialement facile de faire la différence tellement il y a peu de choix.

Au final

Comme vous l’avez sûrement compris, le jeu a un très gros point fort, à savoir toute sa partie en mission, avec son gameplay à 360° juste impressionnant ! Et son environnement vraiment magnifique !

Malheureusement, le tableau est bien vite noirci quand on commence à relever tous les défauts du jeu. Une progression ultra-linéaire, un gros problème de rythme entre les phases en ville et les phases en mission, et un gros manque de contenu.

Je ne peux pas vous conseiller le jeu, en tout cas pas dans l’état actuel, et pas au prix affiché. Pour 15€, vous faites une bonne affaire, mais clairement pas plus.


Anthem

 

Points positifs :

  • Gameplay en combat
  • Graphismes
  • Doublage VF
  • Bonne optimisation

Points négatifs :

  • Gameplay en ville (Fort Tarsis)
  • Progression linéaire
  • Histoire et dialogues « bateau »
  • Le manque d’originalité
  • Personnalisation à revoir
 .
S'il constitue une véritable démonstration technique, et offre un gameplay délicieux en missions, c'est hélas par son contenu que ce Anthem pêche. Entre les armes qui manquent de variété, des possibilités de personnalisation très limitées, et une campagne qui joue un peu trop la carte du classissisme, on reste globalement sur sa faim. Surtout venant des papas de Mass Effect, on s'attendait à mieux...
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Moyen

S'il constitue une véritable démonstration technique, et offre un gameplay délicieux en missions, c'est hélas par son contenu que ce Anthem pêche. Entre les armes qui manquent de variété, des possibilités de personnalisation très limitées, et une campagne qui joue un peu trop la carte du classissisme, on reste globalement sur sa faim. Surtout venant des papas de Mass Effect, on s'attendait à mieux...

  • Graphismes
  • Gameplay en vol
  • Immersion
  • Contenu
  • Originalité

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