Rage 2 : un gameplay explosif et réussi pour un openworld qui manque cruellement d’intérêt

Testé sur PS4, sur une version fournie par l'éditeur

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Lorsque le fait de devoir survivre, dans un monde post-apo aux couleurs flashy est presque devenu un meme, on a de quoi s’inquiéter à la sortie d’un Rage 2 qui, sur le papier, reprend beaucoup de ficelles déjà vues. Si ce n’est que ses développeurs ont décidé de jouer une carte qui a de quoi séduire : un ton décalé, pour un jeu qui ne se prend pas au sérieux ! Et là, ça fait tout de suite plus envie !

Deux « ténors » aux commandes

Mais attendez un instant… Un monde post-apo… Des crêtes colorées, des piercings et de gros bolides… Un univers désertique… Le Wasteland… Si cette description de l’environnement de Rage 2 vous rappelle des choses, et en particulier une autre référence de la culture-pop… Alors, à votre question qui va suivre, je répondrai OUI !! Oui, on parle bien ici du même studio Avalanche, qui signait le jeu Mad Max en 2015 ! Et le même qui est derrière Just Cause 4, ce qui explique sans doute les effets pyrotechniques 😉

Pour être plus précis, Avalanche Studios s’est occupé de la partie monde ouvert, pour laquelle il s’est déjà illustré ne serait-ce que sur les deux titres cités ci-dessus. Le studio a travaillé en partenariat avec ID Software (Doom, Wolfenstein), qui s’est occupé du gameplay…

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Le titre qui nous intéresse aujourd’hui est donc le second opus d’une série apparue en 2011 sur PS3, X360 et PC. Déjà développé par id Software et édité par Bethesda, le jeu nous emmenait en 2135, soit 106 ans après que la Terre ait été percutée par l’astéroïde Apophis. Il en résultait un désastre qui avait laissé le monde dans une ambiance post-apocalyptique. Et malgré toutes ses promesses sur le papier, le jeu pourtant bon n’avait pas connu un immense succès, à l’époque… Il avait trouvé sa communauté, mais avait été boudé par la critique.

Bienvenue dans le joyeux monde du Wasteland

Comme son nom nous laisse le deviner, Rage 2 est donc la suite du premier opus, sorti sur PS3 et X360. Le jeu se déroule 30 ans après les événements de Rage. L’humanité s’est reconstruite peu à peu de la catastrophe du premier volet. Elle s’est relevée au milieu d’une nature qui a repris ses droits. Mais les humains vivent cependant toujours en gangs, en clans, et la brutalité semble être devenue une langue internationale.

Vous incarnez Walker, un humain (homme ou femme, à vous de choisir) faisant partie de Vineland, la dernière base archéenne placée sous la tutelle de la matriarche et ranger Ervina Prowley. Tout aurait pu se dérouler au mieux si le cruel général Martin Cross, revenu d’entre les morts avec son gros corps mécanique, n’avait pas décidé d’attaquer votre refuge. Le leader de l’Autorité (une milice à coté de laquelle les gangs du jeu font pâle figure) est bien vivant, et assassine au passage, sous vos yeux, votre mère adoptive.

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Le ranger Prowley est morte, et vous voilà promu ranger à votre tour. Mieux, vous allez devoir vous lancer dans une vengeance à l’encontre du général Cross. Pour cela, le projet Dague est relancé… Et il vous appartient désormais de parcourir ce vaste monde, afin de trouver de nouveaux alliés… Et afin d’éliminer vos ennemis, et l’Autorité.

À pied ou en voiture

Parmi les différentes phases de gameplay que propose Rage 2, on en retiendra deux plus particulièrement. Tout d’abord les phases de FPS, pour lesquelles il est inutile, je pense, de vous faire un dessin. Ciblez, tirez, éliminez… Ce n’est pas plus compliqué que cela. Même si, petit à petit, la découverte d’arches vous permettra de débloquer de nouveaux pouvoirs. Ils vont, au fil de votre progression, vous diriger vers un héros complètement pété, avec des pouvoirs dévastateurs. Grâce aux Nanotrites, vous apprendrez à esquiver rapidement, provoquer une onde de choc…

Et ce ne sera jamais de trop dans ce monde où les ennemis seront vite de plus en plus nombreux. Evidemment, si vous fouinez un peu partout, vous ne serez pas à court de munitions… Mais ne négligez pas l’upgrade ! Notamment grâce aux Feltrites, qui vous aideront cette fois à booster non seulement les paliers de vos armes… Mais qui vont également contribuer à les optimiser (recherge plus rapide, balles qui traversent les armures, plus gros chargeurs, jusqu’à la maîtrise totale de l’arme).

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Mais le monde de Rage 2 étant particulièrement vaste, l’une de vos premières missions sera d’acquérir le Phoenix, votre précieux véhicule qui sera pour vous ce que la Batmobile est à Batman. Un véhicule qui, lui aussi, pourra être customisé de plusieurs manières, qu’il s’agisse d’améliorations esthétiques ou guerrières. Mais contrairement à la moto de Deacon dans Days Gone, le Phoenix ne sera pas le seul véhicule que vous pourrez utiliser. Et tout ce qui a deux ou quatre roues peut être emprunté, pour s’ajouter à votre catalogue.

Bien entendu, vous aurez compris que votre véhicule ne vous servira pas uniquement à vous déplacer ! Et qu’il vous sera aussi très utile pour combattre des clans qui, eux aussi, sont motorisés. Et les phases d’action véhiculées sont, elles aussi, de plusieurs natures. Le jeu vous propose par exemple soit d’attaquer des groupes isolés… Soit de vous farcir des convois, avec plus d’engins, plus imposants, pour des défis plus retors (on vous conseille de vous entraîner un minimum avant de viser l’attaque d’un convoi).

Et si on parlait un peu de la technique ?

Sur le papier, le nouveau titre de Bethesda est plutôt engageant. Le jeu tourne grâce au moteur Apex d’Avalanche, un moteur graphique que l’on a désormais l’habitude de voir à l’oeuvre… Et qui nous en met généralement plein la vue. Les développeurs ont annoncé la couleur : dans Rage 2, il y aura moins de mega-textures que dans son aîné… Pourtant, graphiquement, le jeu s’en tire plus que bien, et n’a pas à rougir face aux autres titres du genre. Et c’est peut-être là le tour de force des développeurs : nous offrir un joli jeu, qui ne ressemble pas à un titre PS3, sans abuser du texturing.

Force est de reconnaître que le jeu est beau ! Les environnements sont réalistes, détaillés… Et ici, vu le ton décalé du jeu, les teintes fuchsia (finalement moins présentes que les trailers nous avaient laissé l’imaginer) sautent moins aux yeux que dans un Far Cry New Dawn. Hélas, la réalité de la programmation vous rattrape vite, et les bugs ne tardent pas à montrer le bout du nez. Rage 2 ne vous épargne pas les habituelles chutes de framerate, le clipping et autres petits désagréments visuels. Un freeze en pleine course, des PNJ qui tourbillonnent à travers le décor… Hélas, ces bugs ne sont pas rares…

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Autre petit loupé : l’IA, clairement à la ramasse. Pour faire simple, vos ennemis vont davantage vous poser problème par leur nombre que par leurs éclairs de génie. Certes, contrairement à d’autres jeux du genre, ils savent viser ! Mais, il leur arrive hélas souvent de rester en plan, à vous regarder… Ou encore mieux, à ne pas vous voir alors que vous vous baladez sous leurs yeux. Il en est hélas de même contre les boss, beaucoup plus résistants et plus longs à défourailler… Mais qui vont vous demander quelques dizaines de secondes pour comprendre les patterns qui vous permettront d’en venir à bout.

Je marche seul

Voici sans doute la plus grosse déception de Rage 2 ! Cette impression de vide qu’il laisse derrière lui, quand ses trailers nous avaient laisser penser que nous aurions là un titre d’une richesse inouïe, avec des milliards de choses à faire !

Souffrant du syndrome Final Fantasy XV, Rage 2 nous offre un gigantesque monde ouvert, chouettement réalisé, mais hélas avec de larges zones où il ne se passe rien. Bien entendu, vous trouverez des camps ennemis à attaquer, des convois à aborder, des missions annexes… Mais ces points d’intérêt, vite redondants, sont parfois tellement éparpillés sur la map qu’il vous arrive souvent de tourner en rond sans savoir quoi faire… Voire d’errer en espérant tomber sur un peu d’action. Et en termes de rejouabilité, ce ne sont pas ces rares missions annexes qui vous donneront du grain à moudre une fois le jeu terminé. Dommage, on en attendait vraiment plus !

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La notion de vide pourrait aussi qualifier la quête solo, pas forcément intéressante. L’histoire est sympathique et se laisse suivre avec plaisir… Mais elle est cruellement générique, et ce n’est pas vraiment par son scénario que Rage 2 va vous surprendre. Pire, ce mode solo est court, beaucoup trop court ! Franchement, en lançant le jeu, je m’attendais à y rester des dizaines d’heures, nécessaires pour tout faire… Hélas, le mode Histoire est plié en un peu plus d’une douzaine d’heures, en prenant votre temps (soit autant de missions). On pourrait alors penser que l’intérêt du titre est dans ses quêtes annexes, dans sa rejouabilité… Mais si vous avez lu le point précédent, vous savez déjà ce qu’il en est.

Une dernière remarque pour la route

Puisque je viens de vous lister les défauts de Rage 2, voici le moment d’adresser un petit coup de gueule à l’encontre de Bethesda, concernant l’arme la plus pétée du jeu : le fameux BFG 9000 tout droit venu du jeu Doom !

S’il vous prend l’envie de dégoter cette arme surpuissante, sachez qu’elle n’est pas disponible dans la version standard du jeu. Pour l’obtenir, vous devrez au moins mettre la main sur la Deluxe Edition, vendue autour de 89€. Je laisse ici à chacun de se faire un avis sur la question…

Nan mais il y a du bon, quand même !

Petit à petit, ce test nous oriente vers un jeu moyen, à peine passable, qui ne tiendra pas la route face aux ténors du genre… Mais ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Car outre ses défauts, Rage 2 a malgré tout ce petit je-ne-sais-quoi qui fait que l’on s’y attache, que l’on y prend du plaisir.

À commencer par son ton, par son écriture… Car si le scénario reste très générique, le soft nous offre des pu… de punchlines (en VF) excellentes ! Qu’il s’agisse des dialogues entre les PNJ, des jeux de mots foireux dans les noms de certains personnages, des vannes que vous balance l’IA du Phoenix… Ou des situations ubuesques lorsque vous prenez une base d’assaut et que vous envoyez ses occupants valdinguer avec une arme trop puissante pour que leur corps y résiste… Ce Rage 2 m’a fait rire à de nombreuses reprises (j’ai bien dit «rire», pas juste «sourire»). Même si je l’imaginais plus fou (il est parfois assez sérieux dans son propos), on aime les délires qu’il est parfois capable de s’offrir.

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Ceux qui me connaissent savent à quel point le FPS est un genre qui m’indiffère. Pourtant, j’avoue que, sur Rage 2, je me suis éclaté ! Vraiment ! Une arme à la main, en pleine offensive d’un camp de punks à flingues, le titre est jouissif ! Et paradoxalement, si la traversée du Wasteland est parfois d’un ennui dont j’ai déjà parlé… Le fait de débarquer au milieu de gangs qui veulent vous détrousser et de faire le ménage est terriblement fun ! Terriblement pêchus, les gunfights sont une réussite !

Au final

Rage 2, c’est typiquement ce genre de titres qui va vous laisser un sentiment de frustration au fond de la bouche. Le jeu offre un gameplay fun (pour ne pas dire jouissif), une ambiance décalée, et tout ce qu’il faut pour que l’on accroche, mais… Ne va pas au bout du délire : solo court, zones de la map franchement vides, manque de missions annexes intéressantes… Rage 2, c’est un peu une Testarossa que l’on vous prêterait, mais avec l’interdiction de dépasser la seconde vitesse…

La raison ? Peut-être tout simplement le fait que l’on ne pourra pas nier une grosse différence de niveau entre les travaux des deux studios qui ont œuvré sur le jeu. Fidèles à eux-mêmes, les papas de Doom et Wolfenstein , ID Software, nous offrent ici une jouabilité excellente, des gunfights nerveux, et un plaisir de chaque instant les armes à la main. En revanche, pour Avalanche Studios, il semble loin le temps de Just Cause 3 ou de Mad Max, et le studio devra assumer le cruel manque de contenu, et un openworld qui semble immense (à défaut de l’être vraiment) tant on s’ennuie entre deux phases d’action.

C’est d’autant plus regrettable qu’à ce niveau, il sera très difficile de rehausser l’intérêt du jeu en le patchant ! Attendu comme un renouveau du genre, Rage 2 risque donc de rester dans les mémoires comme une simple amourette de vacances, avec ses qualités et ses défauts, mais qui aura duré à peine une petite poignée d’heures…


Rage 2

 

Points positifs :

  • L’humour, le ton décalé
  • Des gunfights nerveux et réussis, un gameplay fun
  • Des pouvoirs totalement pétés
  • Parfois, c’est plutôt joli à regarder
  • Les véhicules
  • Un arsenal de psychopathe

Points négatifs :

  • … Mais un openworld parfois vide, et faussement gigantesque
  • Une campagne solo vite pliée
  • Peu de missions secondaires, et pas toujours intéressantes
  • L’IA aux fraises
  • Des bugs (clipping, chutes de framerate…)
  • Quid de la rejouabilité ?
  • Le BFG 9000 seulement à partir de l’édition Deluxe.
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Rage 2 avait, sur le papier, tout pour réussir. Hélas, on sent ici une grosse différence de niveau entre les deux studios derrière le jeu : la partie gameplay (par id Software) est sacrément réussie ! Hélas, l'openworld qui incombait à Avalanche Studios est à la ramasse, et pas vraiment à la hauteur du boulot réalisé par les copains... Il en résulte un jeu inégal, très bon pour son ambiance et sa jouabilité, plus fade par son contenu.
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Moyen !

Rage 2 avait, sur le papier, tout pour réussir. Hélas, on sent ici une grosse différence de niveau entre les deux studios derrière le jeu : la partie gameplay (par id Software) est sacrément réussie ! Hélas, l'openworld qui incombait à Avalanche Studios est à la ramasse, et pas vraiment à la hauteur du boulot réalisé par les copains... Il en résulte un jeu inégal, très bon pour son ambiance et sa jouabilité, plus fade par son contenu.

  • Réalisation
  • Jouabilité
  • Contenu
  • Durée de vie
  • Scénario

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