Earth Defense Force- Iron Rain : faire un bon jeu en s’inspirant de nanards, c’est possible !

Testé sur une version PS4, fournie par l'éditeur

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Et si vous vous détendiez entre deux grosses licences ? Si vous aimez fracasser du monstre géant et du robot extra-terrestre, alors ce test est pour vous. Yuke’s et D3 Publisher nous proposent le nouvel opus de la célèbre licence EDF : Earth Defense Force Iron Rain ! Un TPS disponible en exclusivité sur PS4 ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça va défourailler presque autant que dans Game of Thrones 😉

Ambiance nanard, la relève des films de série B est assurée !

Je dois bien vous l’avouer : si l’éditeur ne m’avait pas proposé le test de ce jeu, sans doute serait-je passé à coté. Non pas que le titre ne m’intéresse pas… Mais tout simplement parce que je connais vraiment très peu la licence, juste de nom. Mais si, chaque mois, pour une simple question de temps, nous devons faire des choix dans nos tests… J’ai fini par me dire que… Pourquoi pas ? Après tout, c’est souvent dans les titres méconnus que se cachent des pépites…

C’est donc avec une image complètement erronée que j’attaque ce test, puisque pour moi, Earth Defense Force me renvoyait à Super EDF, un excellent shoot’em up sur Super Nintendo. Affiliation que l’éditeur ne m’a pour l’heure ni confirmé, ni démenti… Le dossier de presse du jeu nous indique juste qu’il est une suite d’un titre apparu sur PS2 en 2003. Et effectivement, après quelques heures de jeu, cette franchise ne semble partager que son nom avec le shooter de Jaleco (en 1991).

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Comme l’indique notre intertitre, Earth Defense Force Iron Rain (on va l’appeler EDFIR, ce sera plus simple à écrire) va vous plonger dans l’ambiance des bons gros nanards de série B. Beaucoup d’entre-vous y verront des références au Starship Troopers de Verhoeven… Pour ma part, je n’ai pu m’empêcher de penser à Des Monstres Attaquent la Ville (Them! en VO), un vieux film avec des fourmis géantes, de 1954, signé Gordon Douglas. En fonction de vos connaissances en cinéma, je vous laisse trouver vos propres références…

Pour faire écho à mes propos, au début de ce test, ne comptez pas sur moi pour comparer cet épisode avec les précédents. Tout simplement parce que je ne les connais pas (même si j’ai cru comprendre que EDF 5, sorti fin 2018, était top). C’est donc un regard plein de fraîcheur et de naïveté que je pose sur ce nouveau jeu… Un jeu que, pour ma part, je trouve parfois un poil trop sérieux dans ses propos… Alors qu’en s’inspirant des nanards, il aurait pu partir dans de gros délires

Tout a été détruit sur Terre !!

Le scénario du jeu nous emmène donc en 2028. Tout allait à peu près bien jusqu’à ce qu’une force extra-terrestre redoutable, «Aggressor», n’envoie son Hivecraft, un engin volant de plus d’un kilomètre de long, faire le ménage. Sur tous les continents, cet OVNI a lâché des armées de monstres, aux allures d’insectes géants, pour détruire les lignes humaines. Les Terriens ont bien tenté de résister, en créant la Earth Defense Force, mais… Les pertes, tant humaines que matérielles, ont été très lourdes.

Mais en 2032, tout a changé. Les humains ont appris à utiliser des gemmes d’énergie présentes dans les corps des monstres, pour en équiper leurs nouveaux exosquelettes. Et c’est reparti pour un tour ! Si ce n’est que cette fois, l’espèce humaine se relève plus puissante, en utilisant la technologie Alien ! Et en 2033, le Hivecraft est abattu par ces nouveaux soldats !

Mais ici, point de fin heureuse… Et tandis que les Terriens fêtaient leur victoire, l’envahisseur survivait, continuait à croître. Ce qui nous amène donc à ce nouvel épisode. Après un prologue qui vous raconte les événements cités ci-dessus, notre aventure démarre en 2040. Les insectes géants ont survécu, se sont reproduits en nombre, et ont pris le contrôle de la Terre. Et comme vous pouvez vous en douter, il va falloir aller nettoyer tout ce merdier !

T’as vu ta tête ?

Concrètement, Earth Defense Force : Iron Rain est un third person shooter (ou TPS pour faire court). Mais après un prologue faisant office de tuto, le premier menu dans lequel on va se précipiter est le créateur de personnage. Oui, je sais : c’est purement accessoire ! N’empêche que cette option va vous occuper un bon moment, une fois la première mission achevée. Oui, on parle bien ici de créer votre personnage de A à Z, de la forme de son menton jusqu’à la couleur de ses cheveux.

Et l’aspect cosmétique de votre soldat ne sera pas la seule chose que vous pourrez customiser. Car au fil du jeu, vous allez pouvoir acquérir du loot, armes et armures. Et croyez moi, il y a de quoi faire ! Même si l’on regrettera que, pour certains équipements plus puissants, il faille beaucoup dépenser… D’ailleurs, plus vous allez avancer dans le jeu et plus les items les plus intéressants vous sembleront onéreux. Alors, fatalement, avant de débloquer une arme, on observe ses stats et on réfléchit.

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Le jeu se révèle assez généreux en termes de contenu et d’objets à débloquer pour upgrader notre avatar. Cependant, pour mettre la main sur l’ensemble des objets, il va falloir mouiller le maillot, et faire le jeu dans ses différents modes de difficulté. Ils sont au nombre de cinq, allant de Facile à Très difficile. Mais s’il n’est pas vraiment compliqué de finir le jeu en facile, la galère n’attend pas et commence dès le mode normal. Mais vous vous doutez que, pour débloquer les items les plus intéressants, il faudra choisir les modes les plus corsés ! On apprécie donc d’autant plus la présence d’un mode multi, même si la difficulté reste alors d’un bon niveau !

Lorsqu’un ennemi est vaincu, le loot peut être de plusieurs natures. Des trousses de soin, ou de l’argent pour le plus classique… Parfois des invocations (tourelles ou véhicules blindés)… Mais aussi des gemmes de trois couleurs différentes : vertes, jaunes et bleues. Elles ont des effets immédiats sur votre personnage, mais peuvent aussi s’échanger pour obtenir des armes, notamment celles qui coûtent relativement cher. Mais encore une fois, et c’est important : réfléchissez avant d’investir, sous peine de dilapider votre thune bêtement…

Baygon jaune, Baygon vert !

S’il est une chose que l’on ne peut enlever aux développeurs de chez Yuke’s, c’est le coeur mis à l’ouvrage lorsqu’il s’agit de nous proposer un bestiaire varié. On commence avec des fourmis géantes, histoire de se mettre en forme… Puis arrivent les mantes religieuses, les araignées géantes qui vous balancent leurs centaines de rejetons à la figure, les robots plutôt classieux… Plus vous avancez, et plus les bébêtes jouent la carte de la démesure, avec notamment certains boss qui semblent s’être trompé de casting : on a dit Starship Troopers, pas Godzilla ou Pacific Rim !!

Si jusqu’à présent, le jeu s’est avéré être un bon défouloir, il devient jouissif avec le temps. On se surprend à aimer dézinguer de l’alien, qui vous éclate à la figure dans des jets de liquide jaunâtre. Créatures qui, au passage, ont été créées par le plasticien Ryu Oyama. Et puisque l’on vous cite des noms, sachez que les musiques sont composées par Takashi Niigaki (Onimusha Warlords, Resident Evil Director’s Cut).

Pourtant, dans ce joyeux foutoir, quelques aspects techniques plus contestables sont aussi de la partie. Par exemple, il arrive que les batailles de masse se soldent par des ralentissements. L’ensemble est assez fluide lorsque quelques monstres seulement sont à l’écran… Mais comme ils ont une fâcheuse tendance à se multiplier vite, la console peine parfois à suivre. Par ailleurs, j’avoue avoir été agacé par la physique des ennemis : parfois, vous êtes bloqué par un cadavre, tant que celui-ci n’a pas disparu de l’écran. Avec les risques que cela implique. Et dans les passages étriqués (tunnels), ça pose un sérieux problème !

Et manette en main, ça donne quoi ?

Je me dois d’être honnête avec vous : objectif pas très clair (mais visiblement, c’est moi qui ai dû louper quelques lignes de dialogues), et jouabilité un peu lourde… J’avoue avoir été quelque peu déstabilisé par le prologue du jeu. Oui, si vous lisez entre les lignes, je veux simplement dire que j’ai eu un peu de mal à accrocher.

Et puis, vous savez ce que c’est… Finalement on s’accroche, on trouve le jeu assez cool finalement… Et quelques heures plus tard, on tire à vue sur tout ce qui bouge (même parfois sur ce qui ne bouge plus)… Bref, on est dedans ! Le fait de persister au delà des premières difficultés laisse petit à petit apparaître un jeu qui ne restera pas obligatoirement dans les mémoires, mais se pose comme un très bon défouloir ! Ce en quoi ce EDFIR fait très honnêtement son boulot ! Reste le gameplay, qui manque clairement de souplesse, qui lui n’évoluera pas beaucoup…

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Concrètement, vous allez défourailler de l’alien en vue TPS, en incarnant un soldat choisi parmi quatre classes (mention spéciale pour le Prowl Rider, qui peut escalader les immeubles en mode Shingeki no Kyojin). La jouabilité est assez simple à prendre en main, le jeu n’étant pas là pour vous faire cogiter, mais pour vous défouler. Au tir normal, on ajoutera des capacités spéciales qui sont propres à chacune des classes. Mais attention, elles sont limitées par une jauge qui, si elle tombe à zéro, risque de sérieusement vous mettre dans l’embarras. Une seule solution : rechercher du loot sur les cadavres. Le summum du fun arrive avec l’Overdrive, à utilisation unique, qui pour un laps de temps limité, décuple votre force, vous permet de tirer plus vite… Mais encore une fois, gare à votre jauge !

S’il est une qualité que l’on ne peut pas retirer à EDFIR, c’est le fait que le jeu compte parmi les désormais rares titres à nous offrir du multijoueur en local ! Dans ce cas, vous pourrez inviter un ami à participer à ce joyeux massacre, sur un écran splitté. Un aspect sacrément fun, si vous avez un ami sous la main !

Mais le titre de Yuke’s n’en oublie pas pour autant le online, puisque Earth Defense Force vous propose deux configurations pensée pour le multi. Dans la première, vous pourrez coopérer avec cinq autres joueurs. Dans la seconde, deux équipes de quatre joueurs s’affronteront. Mais je n’ai pas vraiment pu tester ce dernier mode : au regard du nombre de joueurs qui étaient disponibles, quelque chose me dit que les combats en arène ne sont pas ce qui intéresse le plus la potentielle communauté (du moins, au moment de tester le jeu ^^).À moins que la raison soit tout simplement que le lobby d’attente ait été oublié ?

Qui sème le vent…

Si le développeur Yuke’s est très à l’aise lorsqu’il s’agit d’envoyer un catcheur se fracasser les dents contre les cordes (oui, c’est bien le studio derrière la licence WWE 2K), l’exercice semble plus délicat lorsque l’on parle d’un TPS d’action. Et si vous êtes un fan des «Battleduty», ce EDF risque de vous piquer les yeux. En effet, les décors sont un poil vides, les polygones parfois grossiers, les textures manquent parfois de finition… Visuellement, il nous ramène quelques années en arrière. Ce qui, à mon sens, est bien dommage. Car les créatures et les soldats, eux, sont beaucoup plus soignés.

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Le second défaut relevé dans le jeu est, comme expliqué plus haut, son gameplay parfois lourd, et des commandes trop rigides. Le sentiment d’impuissance est alors renforcé par des ennemis qui popent comme par magie sous votre nez (ou plutôt dans votre dos, sinon ce n’est pas drôle), vous donnant l’impression d’encaisser des patates venues de nulle part. Heureusement, on peut alors rectifier l’angle de caméra. Ce qui vous complique cependant la tâche lorsque plusieurs ennemis veulent vous faire la peau simultanément.

Enfin, dernier « point noir » à souligner, qui n’en est pas vraiment un, ou plutôt devrais-je dire qu’il n’est pas lié au jeu en lui-même, mais aux affinités avec le joueur. Dans mon cas, en bon néophyte que je suis, j’ai cette curieuse impression que EDFIR parle un langage qui m’échappe parfois. Peut-être parce qu’il semble s’adresser avant tout aux fans, à ceux qui connaissent déjà la franchise. Il reste très accessible (notamment en termes de jouabilité, je ne dis pas le contraire)… Mais me donne cette étrange impression d’entrer dans une salle de cinéma à 25 minutes de la fin du film.

Au final

Earth Defense Force : Iron Rain est une très bonne surprise ! Principalement parce que l’on s’attendait simplement à passer un moment sympa sur un jeu agréable, sans plus. Mais c’était sans compter sur les surprises et (visiblement) nouveautés plutôt bien senties, de la part des développeurs. Certes, le genre ne plaira pas à tout le monde. Mais force est de reconnaître qu’une fois plongé dedans, on en redemande. On se lâche, et on se débarrasse de tous les petits tracas de la journée en blastant tout ce qui bouge.

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Publié à un moment de l’année où le jeu aurait pu passer inaperçu, au milieu de la salve de triple A qui débarquent en force ces mois de mai et avril… Earth Defense Force : Iron Rain parvient à capter notre attention et, mieux encore, à nous visser la manette entre les poignets. C’est plutôt bon signe !

Cependant, malgré le bon moment que l’on vient de passer en sa compagnie, une question se pose : qu’en sera t-il sur la durée ? Car si le jeu semble taillé pour parler avant tout aux fans de la première heure, qui le ponceront jusqu’à la couche de métal (certains parleront sans doute de «jeu de niche»)… Je suis parfaitement conscient que certaines références m’auront manqué lors de mes sessions. Mais là où un mauvais jeu m’aurait donné envie de passer à autre chose, EDFIR me donne envie d’en savoir plus sur son univers. Good job !


Earth Defense Force : Iron Rain

 

Points positifs :

  • Un mode co-op à 2 (écran splitté)
  • Jusqu’à 6 joueurs online (co-op) ou 8 joueurs (versus)
  • Pas mal de contenu
  • Les décors destructibles
  • Bon niveau de difficulté : il y a du challenge !
  • Les monstres plutôt réussis
  • Solide durée de vie
  • On peut conduire des véhicules

Points négatifs :

  • Visuellement, au niveau des environnements, ça date un peu !
  • Les maps assez petites
  • La physique, et les cadavres ennemis qui vous bloquent tant qu’ils n’ont pas disparu
  • Des temps de chargement un poil longs
  • Jouabilité des véhicules pas top
  • Parfois trop sérieux pour un jeu qui s’inspire de « nanards »
 .
Très clairement, EDFIR n'est pas le jeu qui va bousculer le genre, et balancer un gros coup de pied dans la fourmilière (si j'ose dire). Pourtant, il fait le job, et remplit son cahier des charges efficacement. D'un jeu que je ne connaissais que de nom, et dont je n'attendais pas grand chose, je retiendrai surtout beaucoup de positif... Quelques ombres au tableau, mais surtout un titre qui tient ses promesses, et est capable d'étonner. Une bonne surprise, quoi !
80%
Oui !!

Très clairement, EDFIR n'est pas le jeu qui va bousculer le genre, et balancer un gros coup de pied dans la fourmilière (si j'ose dire). Pourtant, il fait le job, et remplit son cahier des charges efficacement. D'un jeu que je ne connaissais que de nom, et dont je n'attendais pas grand chose, je retiendrai surtout beaucoup de positif... Quelques ombres au tableau, mais surtout un titre qui tient ses promesses, et est capable d'étonner. Une bonne surprise, quoi !

  • Réalisation
  • Scénario
  • Durée de vie
  • Contenu
  • Jouabilité

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