DiRT Rally 2.0 : un retour aux sources pied au plancher !

Testé sur une version PC, fournie par l'éditeur

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Presque 4 ans après la sortie Dirt Rally, Codemasters nous propose une suite qui a la lourde tâche de reprendre le flambeau de Dirt Rally premier du nom. Le studio a t-il réussi à réitérer l’exploit ? C’est ce que je vais vous montrer tout au long de ce test.

Dirt Rally 2.0, le retour !

Vous n’aurez sûrement pas manqué la référence à Colin Mc Rae Rallye 2.0 ? Et ce n’est pas un hasard : Codemasters a clairement l’ambition de nous offrir un vrai jeu de simulation de rallye. Finie la conduite arcade à la Dirt 4, n’espérez pas battre les records du monde en jouant à la manette !

Vous vous trouvez ici face à un vrai jeu de simulation de courses de rallye. Un retour aux sources, quoi ! Et je vais vous expliquer pourquoi c’est l’un des meilleurs jeux du genre.

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Quant à l’analogie avec Colin Mc Rae, licence lancée en 1998, il faut aussi savoir que DiRT Rally EST Colin McRae. La franchise a changé son nom à la mort du pilote écossais : Le 15 septembre 2007, Colin McRae se tuait accidentellement près du lac de Lamark (Ecosse), dans un accident d’hélicoptère, à l’âge de 39 ans. La même année sur PS3, X360 et PC, la série éponyme devenait DiRT

Un jeu qui préfère la qualité à la quantité

D’habitude, ce que l’on attend d’un jeu de voitures, c’est un choix de modèles complètement indécent, comme Forza 7 avec ses 700 voitures ! Ici, le nombre est bien plus raisonnable avec 50 véhicules de disponibles. Alors forcément, avec uniquement 50 véhicules, il y a forcément des voitures mythiques qui passent à la trappe.

Ils vous permettront cependant de couvrir les catégories de rallye qui sont :

  • RWD Historic H2
  • RWD Historic H3
  • Group B 4WD
  • R2
  • Group A
  • Rally GT
  • Et les différentes catégories RX Super 1600 ou encore RX Supercars de rallycross.

Pour moi, le véhicule qui me manque le plus dans ce jeu reste la 306 maxi, qui reste une voiture sous-représentée dans les jeux de rallye. Mais ça n’est que mon avis personnel, et de fan de 306 maxi.

Pour les tracés, on dispose de pas moins de 6 épreuves de rallye, chacune divisée en plusieurs étapes. Ainsi que 8 circuits de rallycross.

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Alors oui, au premier abord, ça peut paraître peu. Mais en réalité, il vous faudra énormément de temps pour maîtriser parfaitement une voiture, et tout autant de temps pour connaître sur le bout des doigts chaque spéciale de chaque épreuve. Clairement vous n’allez pas vous amuser à changer de voiture toute les deux minutes.

Personnellement j’ai passé une à deux heures pour trouver le véhicule qui me correspondait le mieux. Mais si vous trouvez que c’est encore trop peu pour vous, Codemasters a pensé à vous (et à votre porte-monnaie), et va proposer différents DLC qui vont pouvoir vous ajouter des épreuves ou des véhicules.

Du pilotage ultra réaliste

J’ai réalisé ce test avec différents périphériques. À savoir une manette de Xbox One, et un volant Logitech G27. Autant, sur certains jeux typés très arcade, le volant est complètement inutile voire pénalisant… Mais là, la question ne se pose même pas !

Le jeu est jouable à la manette, mais vous ne prendrez que peu de plaisir, et vous sortirez assez souvent frustré de vos sessions de jeu. Pourtant, la manette Xbox est l’une des meilleures en termes de précision et de confort d’utilisation. Et si elle est bien configurée, elle peut vraiment donner du plaisir de pilotage, comme sur TT isle of man.

Volant : l’art de la digression par Lehonar

Mais on arrive vite aux limites de la manette dans Dirt 2.0, et le volant devient rapidement une évidence. Alors que l’on mette tout de suite les choses au clair : le G27 n’est pas un mauvais volant, mais ça reste quand même un volant entrée de gamme, avec une technologie vieillissante. À savoir un moteur qui entraîne une courroie qui, elle, est prise directement sur l’axe du volant.

L’avantage de cette technologie, c’est qu’elle permet de décupler la force du moteur. Et donc d’avoir beaucoup de force de résistance du volant, avec un petit moteur qui, du coup, coûte moins cher à produire. L’inconvénient est le temps de réaction de ce genre de système, et son élasticité.

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Les meilleurs équipements sont ce que l’on appelle « direct drive ». Pour faire simple, c’est un moteur brushless (ou moteur pas-à-pas) capable de développer un fort couple. Avec le volant directement monté sur l’axe du moteur. Gros avantage de ce type de matériel, sa réactivité et la force développée. De plus, les sensations sont beaucoup plus proches de la réalité. L’inconvénient est que ce genre de moteur (surtout avec un fort couple) coûte très cher.

Pour un G29 (système à courroie), comptez environ 250€ avec volant et pédalier 3 pédales, et levier de vitesse boîte manuelle. Alors qu’avec un direct drive, comptez au minimum entre 1000 et 1500€ pour les mêmes fonctions.

Le rallycross : le défouloir  !

Mais je m’égare, revenons à notre jeu ! J’ai d’abord commencé par appréhender le jeu à la manette. Les menus sont très agréables, plutôt lisibles et parfaitement navigables. Aussi bien à la manette qu’avec le volant. Passées les premières courses, et testés différents véhicules et catégories, je sors le G27 du carton  : Je souffle un bon coup sur la poussière ; je râle sur le fait de ne pas avoir de playseat ; Puis je cale la poubelle de bureau derrière le pédalier pour éviter qu’il recule en cas de freinage très appuyé… Je pousse ensuite ma chaise à roulettes en me disant que je ne me ferai plus avoir pour les mêmes raisons, et je sors un vieux fauteuil qui gratte… Et voilà tout est enfin installé !

Le jeu reconnaît directement mon équipement, avec presque aucun réglage à faire ! Génial ! Je lance une course de rallycross sur une piste bien boueuse. Et là, c’est la claque  ! Ah non, pardon, le mur ! Tout de suite, je comprends que si je veux réussir à faire un chrono correct sans mettre la voiture en pièces détachées telle une Ducati, il va falloir du doigté et de la précision !

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Passée la première heure à faire des têtes-à-queues, et à démolir des voitures de manière méthodique, je finis par réussir à maîtriser mon Opel Corsa super 1600  ! Et là, un vrai régal ! Le comportement est ultra réaliste, le changement d’état de surfaces est flagrant et crédible. Vous devez anticiper tout le temps, vous préparer aux changements de surfaces et, du coup, changer votre façon de piloter. Il y a plusieurs façons pour passer un virage, mais il n’y en a qu’une pour passer le plus vite  !

L’art du pilotage

À force de chercher les différentes façons de passer au mieux un virage, vous finissez inévitablement par trouver quelle est la meilleure approche. Et il va falloir faire ça pour chaque virage du circuit ! tout est important, aussi bien le placement à l’entrée du virage que la vitesse à laquelle vous arrivez et quel rapport est engagé, pour avoir la meilleure reprise en sortie de courbe. Le moment et le dosage du frein vont être tout aussi importants. Pour faire simple, c’est réaliste et crédible ! vous sortez limite épuisé de votre session de jeu, une course devient vraiment physique et intense  !

Et pourtant pour le moment, je n’ai fait que du rallycross ! Les courses durent rarement plus de 10 minutes, et l’avantage de tourner en rond, c’est que l’on peut prendre des repères et finir par faire ça par automatisme. Le rallycross, en plus d’être un vrai terrain d’essai pour apprendre à maîtriser la conduite sur toutes surfaces, est un vrai défouloir où il est très facile de prendre du plaisir.

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Si je n’avais qu’une chose à lui reprocher, c’est le nombre de circuits assez limité. Et oui, le jeu inclut uniquement 8 tracés du championnat officiel qui, lui, en contient 12. Dommage, ils auraient pu pousser le délire jusqu’au bout. Mais Codemasters a annoncé qu’il y aura d’autres pistes ajoutées par la suite.

Autre petit truc qui m’a frustré plus d’une fois, c’est le placement parfois peu judicieux des pneus qui servent à amortir les collisions. Ils ont la fâcheuse tendance à se trouver pile sur notre trajectoire si on a le malheur d’élargir un peu trop. Et en plus d’être mal placés, il est impossible de les déplacer. Un manque de réalisme qui fait un peu tâche pour un jeu qui se veut être le plus réaliste possible.

La cour des grands  !

Vous en avez marre de tourner en rond dans la boue  ? Ou vous trouvez ça trop simple  ? Alors c’est que vous êtes prêts pour rentrer dans la cour des grands  ! Le Saint-Graal de la course sur route (ou chemin) fermé(e)  ! J’ai nommé le rallye  !

Autant le rallycross reste assez simple et accessible, autant le rallye devient une vraie épreuve de concentration ! une spéciale dure entre 6 et 10 minutes ! Et aucun passage ne se ressemble, alors oui dans la mode « course rapide », il y a moyen de faire chaque partie de spéciale individuellement. Elles sont découpées en plusieurs parties. C’est nettement plus pratique pour l’entraînement, mais il va vous falloir passer énormément d’heures pour maîtriser à la perfection une épreuve complète de rallye. Car pour rappel, une épreuve de rallye se divise en plusieurs spéciales  !

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Pour faire simple, vous n’avez aucun moment de répit ! Votre concentration devra être maximum pour pouvoir réagir le plus vite possible, et surtout de la bonne manière pour éviter de finir dans un platane (ou le ravin, au choix). Pour vous aider dans cette tache, vous avez votre copilote qui vous donne toutes les informations dont vous avez besoin, pour passer au plus vite dans le virage. À savoir si c’est un virage à gauche ou à droite, la « force » du virage, s’il y a un changement d’état de surface, la fin du virage (s’il s’ouvre ou s’il se referme)… Et d’autres informations qui ne sont pas forcement obligatoires.

Les joies du doublage du copilote

Il vous informera aussi des passages difficiles, comme les ponts ou les sauts. En vous indiquant où vous placer. Pratique me direz vous ? Mais là, un petit voire un gros problème survient ! Pourtant, Codemasters a mis toutes les chances de son côté. Ils ont embauché Stéphane Prévot, qui est un copilote de rallye dans la vraie vie ! Ça ne peut qu’être bien, me direz-vous ? Mais, très souvent, je ne comprends pas ce qu’il dit !

Par exemple, une phrase comme : «Saut sur ciel à fond milieu» ! En gros, un saut avec une crête où je ne vois pas ce qui m’attend derrière… Je dois la passer pied plancher au milieu du saut. Elle se transforme ici en «saut sur ciel à four miieu». Ne me demandez pas d’expliquer pourquoi, je n’en ai pas la moindre idée. Mais « à fond » a tendance à se transformer en « four » et « milieu » en « miieu » (il ne prononce pas le L).

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Vraiment très perturbant ! Du coup vous vous trouvez à essayer de déchiffrer ce qu’il dit, alors que je vous le rappelle, vous roulez à plus de 130km/h sur un chemin boueux. Et bien sûr, il ne répète pas son indication. Et ce n’est qu’un des soucis du copilote. L’intonation n’est vraiment pas crédible, voire même ridicule. Et après un choc, il n’y a bien souvent aucune réaction de sa part. Bref, vraiment dommage.

Toujours par rapport aux copilotes, il aurait pu être sympa de pouvoir choisir le périphérique de sortie juste pour cette indication. Je m’explique : mettre tous les sons d’ambiance sur un périphérique audio, des enceintes par exemple… Et la voix du copilote sur un autre, par exemple un casque. Ça pourrait ajouter au réalisme du jeu…

Une immersion (presque) totale

Vous l’aurez peut-être remarqué, mais j’ai complètement fait l’impasse sur les graphismes et l’audio. Les amis, ne vous inquiétez pas, je vais me rattraper. Graphiquement, le jeu n’est pas moche, mais est en dessous des standards de 2019. Le moteur graphique commence à vieillir, car clairement, depuis DiRT Rallye 4, il n’y a pas une très grande évolution de ce coté-là ! Si le jeu avait été réalisé avec les dernières technologies en termes de graphismes, on aurait clairement eu l’un des meilleurs jeux de courses actuels, et il se serait assuré cette position pour quelques années.

L’avantage d’utiliser un moteur déjà éprouvé et fiabilisé est l’optimisation. Le jeu est vraiment très fluide même en stream. Pourtant, je tourne toujours avec mon éternel GTX 780 qui est obligé de donner tout ce qu’il a. Le jeu est stable, même après de longues sessions et heureusement, car il n’y a rien de plus frustrant qu’un crash après une course de plusieurs minutes.

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Coté audio, rien à redire, c’est juste parfait  ! Vraiment, le son de chaque véhicule est unique et cohérent. Très réaliste, un vrai régal ! On aime aller titiller le rupteur sur la pré-grille en auto-cross. D’ailleurs, petit plus pour moi, il y a un speedcar extreme avec un moteur de 750 GSXR qui a un son magnifique !

Pour les véhicules, un système de marché temporaire est en place. En gros, les véhicules ne sont disponibles qu’un certain laps de temps. Et il y a aussi un système de véhicules neufs et d’occasion. D’ailleurs, les véhicules « anciens » sont uniquement disponibles d’occasion. Une petite touche de réalisme supplémentaire.

Au final

Pour moi, le jeu est clairement une réussite, et je conseille à tous d’au moins l’essayer ! Et si vous avez le choix, préférez le volant à la manette. Ce DiRT Rally 2.0 est un vrai régal  ! On prend un vrai plaisir à rouler. Et à passer des heures sur chaque tracé !

Cependant on regrettera le nombre d’épreuves et de véhicules disponibles à la sortie du jeu. Surtout pour tout nous sortir par la suite en DLC payant… Mais que voulez-vous, c’est le business model 2019, donc dans un sens, je ne suis pas surpris, mais c’est regrettable.

Reste que je préfère largement avoir un gameplay et un sound design de cette qualité, plutôt que 300 voitures et 50 circuits. Il est bien plus simple de rajouter des circuits que de corriger un gameplay !


DiRT Rally 2.0

  • Par Codemasters.
  • Sur PC, PS4, Xbox One.
  • Genre : Courses de rallye.
  • Classification : PEGI 3.
  • Prix : 69,99€ (en ce moment, 49,99€ sur Steam et PS4)..

 

Points positifs :

  • Le réalisme du gameplay
  • Les sensations
  • La modélisation des véhicules
  • La qualité des sons des voitures

Points négatifs :

  • DLC en trop grand nombre
  • Le doublage FR du copilote
  • Pas de vrai multi
 .
Malgré quelques petits défauts de finition (doublage du copilote, pneus de sécurité mal placés...), ce DiRT Rally 2.0 est à la fois un bon jeu de rallye, et un retour aux sources réussi ! Les amateurs de pilotage sur gadoue ne pourront qu'apprécier, à plus forte raison s'ils remplacent la manette par un bon volant !
84%
OUI !!

Malgré quelques petits défauts de finition (doublage du copilote, pneus de sécurité mal placés...), ce DiRT Rally 2.0 est à la fois un bon jeu de rallye, et un retour aux sources réussi ! Les amateurs de pilotage sur gadoue ne pourront qu'apprécier, à plus forte raison s'ils remplacent la manette par un bon volant !

  • Graphismes
  • Gameplay
  • Immersion
  • Contenu
  • Réalisme

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