C’est reparti pour une nouvelle saison

Les fans de voitures qui roulent (très) vite ont la Formule 1. L’équivalent pour les deux-roues est le championnat MotoGP. Son organisation est peu ou prou similaire : 11 équipes, 5 constructeurs et 22 pilotes parcourent le monde pour s’affronter dans 21 manches. Pour rappel, c’est l’Italien  Francesco Bagnaia (Ducati) qui a remporté l’édition 2023 en MotoGP (500cm3), la catégorie reine. Cette même année, les titres en Moto2 et Moto3 sont espagnols, avec les titres respectifs de Pedro Acosta (Kalex) en M2 et Jaume Masia (Honda) en M3. En 2024 après 4 courses, c’est l’espagnol Jorge Martin (Prima Pramac Racing) qui domine avec 92 points. Et Francesco Bagnaia est 2e avec 75 points. Prochain rendez-vous ce 12 mai, avec le GP de France !

Et comme pour beaucoup de disciplines sportives, le championnat MotoGP a, lui aussi, son jeu vidéo officiel. Un jeu développé avec amour par les plus grands passionnés que l’on pouvait trouver : les fous furieux du studio italien Milestone ! Un studio qui s’est forgé une solide réputation dans le domaine des moteurs et des tâches d’huile sur le tarmac (avec des affinités particulières avec les deux-roues) ! Dans son catalogue, on trouve évidemment les MotoGP, mais aussi Ride 5, Monster Energy Supercross, SBK, MXGP, ou encore dernièrement les Hot Wheels Unleashed.

► Lire aussi notre test : Top Spin 2K25 : un bon gameplay pour un contenu un peu maigre

Tous les ans, on se pose la même question : faut-il craquer pour la nouvelle itération d’un jeu qui se met à jour chaque année à la même période ? Et surtout, ladite mise à jour justifie t-elle que l’on repasse à la caisse, pour payer plein pot un jeu qui ressemble comme deux gouttes d’eau au précédent ? La question est légitime, mais… Force est de reconnaître que Milestone parvient chaque année à ajouter la petite touche, le petit plus qui nous fait céder. Dernièrement, on a eu par exemple la météo évolutive, ou ANNA, l’IA qui met tous les autres jeux de courses en PLS. Ou encore le Système d’Aide Neurale, l’assistance adaptative parfaite pour les débutants.

Et cette année 2024 alors ? Cette nouvelle édition apporte surtout deux nouveautés, que nous allons détailler plus bas : le Marché des Pilotes, et les Stewarts. Petite précision que nous devons apporter pour ce test : si nous avions testé l’édition 2023 sur Switch, ce test 2024 sur PS5 nous a permis de tester la gestion du pilotage avec les retours haptiques de la manette Dual Sense. Un délice : la gâchette des freins offre une belle résistance, et vous finirez dans le sable si vous accélérez comme une brute ! Comme sur une vraie moto, vous allez devoir apprendre à doser les gaz ! Ça n’a plus rien à voir !

Vous allez devoir apprendre à défendre vos fesses !

Le Marché des Pilotes est donc la grosse nouveauté de cette édition 2024, dans son mode Carrière ! Si l’objectif reste de devenir le champion du monde, comme chaque année, vous allez aussi devoir regarder plus régulièrement derrière vous. Car cette année, avec les nouvelles mécaniques de transferts, vous devrez aussi veiller à rester dans les points, et à ne pas vous retrouver sur un siège éjectable ! Jamais MotoGP ne vous aura autant demandé de défendre vos fesses !

Cette toute nouvelle mécanique, très demandée par les joueurs à en croire l’éditeur, porte donc le nom de Marché des Pilotes. Autrement dit, à n’importe quel moment en fonction de ses performances, de sa cotte de popularité, etc… Un pilote peut être transféré d’une équipe à une autre, ou d’une catégorie à une autre. Cela vaut pour votre avatar virtuel comme pour n’importe quel pilote du plateau. Ce qui signifie donc que vos résultats peuvent à chaque instant vous faire progresser… Comme ils peuvent vous pénaliser en vous rétrogradant. Une nouveauté que l’on apprécie, même si elle aurait été encore plus pertinente avec un vrai scénario, dans un mode Carrière qui ne fait ici qu’enchaîner les week-ends de grands prix. Dommage, d’autant que l’on peut nouer des affinités ou des rivalités avec les autres pilotes !

► Lire aussi notre test : Hot Wheels Unleashed 2 Turbocharged : mini-voitures, maxi-plaisir

Autre nouveauté de cette édition : les Stewards. Autrement dit les commissaires de courses, qui arrivent afin d’appliquer les pénalités tout au long du week-end. Ils supervisent la course, les sessions chronométrées… Et ce sont eux qui vont vous mettre au pas, en punissant vos mauvais comportements sur le circuit (enfin, quand on dit vous, cela concerne à la fois le joueur et l’IA). Les Stewards peuvent vous coller des avertissements, un tour de pénalité long, des pénalités de temps, l’obligation de céder la position en cas de dépassement déloyal… Pouvant aller jusqu’à l’annulation des temps de qualification. Ça existe plus ou moins dans tous les jeux de courses, mais là, l’expérience est plus poussée. Apportant plus de sel et de réalisme à vos week-ends de grands prix. Bien que les nombreux paramétrages du jeu permettent d’assouplir ce point…

Deux grosses nouveautés, donc cette année, sans parler de la mise à jour du plateau et du calendrier officiels, pour coller à ceux de la saison en cours, évidemment. Excepté le Marché des Pilotes qui est une vraie bonne idée, mais mal exploitée car, encore une fois, elle ne s’intègre pas à un scénario… Le jeu n’est au final qu’une grosse mise à jour du volet précédent. Une mise à jour néanmoins très bien faite, qui ajoute du contenu, et avec une jouabilité améliorée ! Petit bémol : le jeu est crossplay… Pour les joueurs sur PS5 et Series X/S seulement ! Mais pas pour les joueurs sur Switch (toujours avec un code dans la boîte, soit dit en passant) et vraisemblablement PC !

Jouabilité, c’est un MotoGP

On ne va pas s’éterniser sur le gameplay : c’est un MotoGP ! Et c’est une nouvelle fois Milestone, comme chaque année, qui est aux commandes. On sait donc ce qu’on achète, en connaissance de cause : on sait que c’est une valeur sûre, une technique maîtrisée, une jouabilité aux petits oignons… Pour la partie technique, c’est du Milestone, et il n’y a pas grand chose à dire : c’est fluide, on n’a pas relevé de bug majeur… C’est beau, très beau même, et vous reconnaîtrez sans problème votre moto préférée. Pour la piste et l’environnement global du jeu, on sera plus mitigés ! Entre des passages un peu ternes, des modélisations de visages à la ramasse, des menus austères… On sent que le prochain effort du studio Milestone devra porter sur une modernisation de l’aspect graphique. Le jeu reste très beau, mais on sent poindre un vieillissement du moteur…

Chez Milestone depuis le temps, ils savent ce qu’ils font ! Et le joueur sait qu’il achète ici un titre qui équilibre au mieux simulation et arcade, entre technique et fun. Car pour des sensations de pilotage et une physique plus réalistes, la référence reste cette fois encore Ride 5. Mais MotoGP est aussi apprécié pour ses nombreux paramétrages qui vous permettent d’obtenir un jeu à la carte, quel que soit votre profil et votre expérience. Un puriste jouera avec tous les handicaps possibles. Mais un débutant pourra aussi s’en sortir en paramétrant toutes les aides possibles. La seule chose que vous devrez (ré)apprendre si vous sortez d’un jeu de voitures comme Forza Motorsport, F1 23 ou Gran Turismo 7, c’est que sur une moto GP, vous devez aussi gérer votre équilibre et votre centre de gravité dans les virages ! Ceux qui l’oublient voient le bac à sable de très près !

► Lire aussi notre test : Forza Motorsport : un jeu magnifique, mais incomplet

Comme c’est maintenant le cas depuis plusieurs années (depuis MotoGP19 en fait), vous allez pouvoir vous mesurer à une IA aux petits oignons grâce à ANNA (comme Artificial Neural Network Agent). Un système d’intelligence artificielle développée par Milestone et Orobix, et que l’on aimerait tellement retrouver dans tous les autres jeux de courses ! C’est un peu complexe, alors, résumons. Dans la plupart des jeux, les développeurs apprennent à l’IA à adopter un comportement sur la piste. Dans MotoGP, ils ont appris à ANNA comment atteindre un objectif (gagner la course, par exemple), de différentes manières. Ce qui marche et ce qui ne marche pas pour atteindre cet objectif : on parle d’apprentissage par renforcement. Et en fonction de ce qu’on lui a appris, cette IA gère sa course comme elle l’entend. En s’adaptant à la situation, à votre façon de piloter, à la météo… Avec au final des performances et un comportement proche des vrais pilotes.

Allant toujours plus loin dans la recherche autour de l’IA, Milestone a ajouté l’an passé l’Assistance Neurale au mode Débutant, que l’on retrouve ici. Autrement dit, on parle cette fois d’une IA qui vous assiste pendant la course, un peu comme si vous disposiez d’un copilote. l’Assistance neurale peut ainsi gérer les virages, les freinages, vous éviter les chutes… En d’autres termes, si vous jouez pour la première fois à un MotoGP, cette aide peut vous permettre de finir la course sur le podium, voire de prétendre à la victoire. C’est un gros plus en termes d’accessibilité mais… Attention : dans un jeu où les assistances sont partout, et où vous pourriez presque jouer en confiant votre partie à l’IA, on vous conseille de désactiver petit à petit les aides. D’une part pour progresser, d’autre part pour prendre du plaisir sur le long terme.

Au final

On ne va pas se mentir : si l’on enlève le Marché des pilotes, les Stewards et la difficulté adaptative, MotoGP24 reste un MotoGP23 avec un calendrier et des effectifs mis à jour. Mais le gameplay reste très accessible, le jeu est toujours aussi joli à regarder ! Et c’est là notre plus grand regret : MotoGP24 est un très bon jeu, avec de vraies bonnes idées, mais qui les exploite mal ! Avec l’exemple type du nouveau Marché des Pilotes ! Une nouveauté bienvenue qui apporte un intérêt lui aussi nouveau mais… Qui aurait été encore plus folle si elle s’était intégrée à un mode scénarisé. D’ailleurs, ce manque de scénario est encore plus rageant quand on sait que le jeu dispose d’un système de rivalités/affinités avec les autres pilotes… Vous le sentez le potentiel énorme, perdu dans la nature ?

Encore plus rageant car le jeu est bon ! Sa jouabilité, entièrement paramétrable, est au top comme chaque année, les sensations de pilotage (surtout en vue bulle ou casque) sont excellente, la modélisation des motos est réussie (même si, pour le reste, il va falloir songer à un nouveau moteur graphique)… MotoGP24 est donc un indispensable pour les fans et les dingos de la discipline, ou pour ceux qui souhaitent jouer avec un plateau officiel mis à jour. Mais, et si vous possédez l’édition 2023, faut-il investir 70€ ? Et bien, si MotoGP24 laisse l’impression de n’être qu’une simple grosse mise à jour avec finalement peu de nouveautés… Un détail joue aussi en sa faveur : une jouabilité encore plus plaisante, mieux maîtrisée et plus accessible qu’en 2023. De ce point de vue, même si on a l’impression de se faire avoir, on a comme une envie de préférer cette nouvelle version 2024…


MotoGP24

  • Par : Milestone
  • Sur : PlayStation, XBox, Switch et PC
  • Genre : course (motos)
  • Classification : PEGI 3
  • Prix : 69,99€ pour l’édition standard PS5 et Series X/S, 49,99€ sur Switch et PC.
  • Conditions de test : testé sur une version physique PS5 fournie par l’éditeur.
  • Pouvoir retrouver tout le plateau et le calendrier officiel de la saison 2024
  • Le gameplay qui s’améliore encore
  • Un jeu qui procure de bonnes sensations
  • Le marché des pilotes, une nouveauté très intéressante
  • Le système ANNA toujours un modèle en matière d’IA
  • L’assistance neurale pour les débutants
  • Le MotoGP Academy de retour, pour apprendre les circuits
  • Du splitscreen en multi-local
  • Moto 3, Moto 2 et Moto GP
  • La gestion du retour haptique sur PS5
  • Du cross-play entre PS5 et Series X/S
  • On aurait aimé un vrai scénario en mode Carrière
  • Visuellement, il va falloir moderniser tout ça (notamment les visages), peut-être avec MotoGP25 ?
  • Globalement, on est quand même davantage dans une grosse mise à jour que dans un vrai nouveau jeu
  • Des menus austères
  • On aimerait aussi plus de contenu, globalement, comme un mode Legends (cf MotoGP19)