Seconde partie de notre critique de Sonic Le Film… Notre avis définitif ne changera pas, et sera le même que celui que vous avez pu lire page suivante. Mais afin d’approfondir notre analyse, nous allons vous divulguer ici des éléments du film… Nous vous conseillons donc de ne poursuivre votre lecture QUE si vous avez déjà vu le film (ou si vous vous en moquez).

Des références qui plairont aux fans

Comme écrit plus haut dans la partie « no spoilers » le film nous sert sur un plateau de nombreuses références fidèles à la série de jeux vidéo, mais pas que. Et les fans sont plongés dans le bain dès le début du film, avec le logo de Sega apparaissant avec une mosaïque de screens, où l’on s’amusera à reconnaître les différents jeux de la marque (oh, il y a Yakuza, et Shenmue aussi).

Les références s’enchaînent ensuite. Le film débute sur une autre planète qui fait irrésistiblement penser à Greenhill Zone, et on y voit Sonic attaqué par les Echidnés (peuple de Knuckles). Lorsqu’il s’enfuit à l’aide d’un anneau (ici, ils servent de portes dimensionnelles), il échoue sur Terre, dans une petite ville américaine baptisée Green Hills (tiens donc).

On ne va pas toutes vous les faire. Dans le désordre, on relève San Francisco qui fait penser à Sonic Adventures… Les célèbres baskets rouges qu’il obtient à un moment du film… Le thème musical du niveau 1-1 de Sonic à la fin du film… Un combat final avec Sonic qui rebondit, en boule, sur le vaisseau de Robotnik, comme il le fait dans les jeux… Le son des anneaux lorsqu’ils tombent au sol… Un pouf qui fait penser aux bumpers…

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Au delà des jeux vidéo, le film fait aussi de nombreuses références à la culture autour du hérisson. Lorsqu’un vieux marginal de Green Hills passe pour un fou pour avoir vu un « démon bleu » , son croquis fait penser à Sanic (un fanmade très mal dessiné)… Et le pet de Sonic après avoir mangé un hot-dog chili renvoie quant à lui à son plat préféré dans la toute première série animée Sonic le Hérisson, de 1993.

Parlons maintenant de Robotnik, que Sonic (qui aime donner des surnoms aux gens dans le film), rebaptise « Eggman » en référence à ses drones en forme d’œufs : Dr Eggman qui est le nom du savant-fou au Japon. Si le look de Jim Carrey a pu être décrié, les fans ont été ravis de découvrir, à la fin du film, un Robotnik au crâne rasé. Il est alors exilé sur une planète Champignon faisant penser au premier niveau de Sonic 3. Ça fait plaisir, mais moins que la (prévisible) apparition de Tails en scène post-générique.

Jim Carrey : on aime ou on déteste

J’aimerais maintenant revenir sur le personnage du méchant, incarné à l’écran par Jim Carrey : Robotnik. Un aspect qui, au départ, m’a fortement déplu et sorti du film…

Jim Carrey est un comédien que j’avoue apprécier dans des films comme The Truman Show, Eternal Sunshine of the Spotless Mind ou Man on the MoonDes films dans lesquels il est juste exceptionnel. Mais j’ai beaucoup plus de mal à supporter son jeu excentrique, qui a pourtant fait sa renommée dans The Mask ou dans Ace Ventura. Lorsque le comédien surjoue à outrance, enchaînant grimaces et gags lourdingues…

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Et c’est cet aspect que nous allons retrouver ici. Certains vont adorer, d’autres beaucoup moins. Car bien souvent, Jim Carrey n’est pas ici Robotnik, il n’est qu’une version maléfique de Ace Ventura ou de The Mask. D’ailleurs, la VF nous gratifie lors d’une scène d’un « Splendide !! » qui m’a fait facepalm dans la salle !

En revanche, on ne peut retirer à l’acteur que le personnage de Robotnik est détestable dans son arrogance, dans son esprit supérieur qui le pousse à traquer Sonic. Mais dans la première moitié du film, je n’ai que trop rarement ressenti à l’écran l’ennemi juré du Sonic des jeux vidéo… Je n’ai vu ici qu’un Jim Carrey qui cabotine, qui surjoue comme il ne l’avait pas fait depuis les années 90… Et de ce fait, mais c’est un avis personnel, ça ne fonctionne pas ! Les fans de The Mask, en revanche, seront contents de retrouver le Jim Carrey de ses débuts.

La scène de trop !

Passons maintenant au plus gros défaut du film, selon moi : LA scène qui ne devrait pas exister. Une scène qui essaie lourdement de planter des gags tout en renforçant le lien entre Sonic et Tom, mais qui le fait très mal… Je parle bien évidemment de la séquence se déroulant dans le festival de bikers, dans un bar. Non seulement elle ne fonctionne pas et n’apporte rien à l’intrigue, mais elle cumule à elle seule plus de la moitié des incohérences du film.

Tom et Sonic viennent de débuter leur cavale, poursuivis par toutes les forces de l’ordre du pays (et par Robotnik, appuyé par le Gouvernement). Obligés de faire le plein, ils s’arrêtent dans une station… Je ne vais pas vous raconter ici l’intégralité de la scène, mais Tom et Sonic se retrouvent dans le bar voisin, où se déroule un festival fréquenté par des bikers… Et ici, plus rien n’a de sens !

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On ne relèvera pas le fait qu’il est logique (alerte sarcasme), lorsque l’on est recherché par le pays tout entier, de s’arrêter dans un endroit blindé de monde ! Mais que toutes ces personnes ne soient pas surprises un seul instant de voir parmi elles un hérisson bleu d’un mètre vingt, qui parle (alors que, quelques scènes auparavant, Tom était au bord du coma en voyant Sonic pour la première fois). À peine déguisé avec un Stetson et des lunettes de soleil, et plus personne ne le remarque (la clientèle de ce bar a besoin d’un ophtalmo)… C’est l’un des éléments qui orientent le film vers un public de moins de 10 ans ! Ce qui aurait pu être un parti pris des scénaristes tombe à plat car, lors des autres scènes, ne pas se faire repérer est une question de vie ou de mort pour Sonic…

Et la scène ne s’arrête pas là. L’explication que donne Tom à la seule personne qui s’étonne de voir Sonic, est ridicule et incohérente. Comme on ne peut expliquer les raisons de la bagarre générale qui s’en suit, après que tout ce petit monde ait dansé ensemble un madison… Je ne vais pas vous lister ici tout ce qui ne va pas dans cette séquence… Mais elle m’a littéralement sorti du film ! C’est la scène de trop, qui aurait franchement mérité d’être cutée dans la version finale.

Un film qui cherche son public ?

C’est l’impression que laisse derrière lui ce Sonic le film. S’il est ouvertement destiné aux plus jeunes, on a cette impression constante que le long-métrage veut aussi s’adresser aux fans hardcore, sans trop savoir comment leur parler.

D’une part, on trouvera de grosses incohérences et des raccourcis de scénario qui confirment que le film est avant tout familial, et destiné aux enfants. Robotnik qui, au début du film, déduit un peu trop facilement la présence de Sonic dans notre monde à partir d’une simple empreinte (qui pourrait aussi appartenir à un enfant)… Sonic qui peut se téléporter instantanément à l’aide de ses anneaux mais qui décide de faire la manip plus loin pour ne pas se faire repérer… La dimension « traque de terroristes (un avis de recherche contre Tom et Sonic les qualifie comme tels) » qui s’efface très vite et que l’on ne ressent pas vraiment…

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Et c’est bien dommage car le film nous réserve aussi quelques fulgurances. La séquence durant laquelle Tom et Maddie attendent devant une porte d’ascenseur, avec Sonic caché dans un sac, est purement hilarante (si vous aimez l’humour noir). Un enfant ne comprendra pas, et j’avoue avoir lâché un rire à ce moment…

Le propos du film se prête lui-même à une double lecture. Quand les enfants verront ici l’histoire d’un gentil petit animal qui fuit un méchant… Les adultes pourront s’attarder sur des aspects certes traités de manière naïve, mais plus profonds, plus à leur portée. La question de la solitude (et la détresse de Sonic désespérément seul), de la technologie prenant le pli sur les humains, des thèmes comme la tolérance ou l’amitié… On sent que les scénaristes ont essayé d’aborder des thématiques plus adultes, mais sans aller au bout de leur argumentation.

Réalisation : ça passe !

Franchement, n’étant pas fan de films qui mêlent images réelles et CGI, j’avoue être agréablement surpris. D’autant que, je le rappelle, on a échappé à un Sonic que vous pouvez voir sur l’image ci-dessus !

Ici, le résultat est globalement concluant. Même si un œil de lynx vous permettra de relever quelques petites erreurs, notamment au niveau des ombres : en si peu de temps, les designers n’ont pas pu tout réarranger ! Toujours est-il que le réalisateur parvient à restituer ce qui est l’ADN de Sonic, la vitesse ! Tout va très vite : l’histoire, le rythme du récit (ces 1h39 passent très vite)… Et Sonic lui-même !

Concrètement, le réalisateur joue de cette vitesse de plusieurs manières assez agréables à l’écran. Et je ne parle pas ici que des poursuites ! Sonic qui, tellement rapide, arrive à se dédoubler (il est capable de jouer au base-ball en incarnant tous les joueurs des deux équipes)… Ou qui peut tout simplement se déplacer normalement dans un temps figé en « bullet-time » … Et poser tranquillement ses pièges qui se déclencheront simultanément lorsque le temps sera rétabli (une séquence qui s’inspire très fortement de celle avec Quicksilver dans X-Men : Days of the Future Past). Efficace !

Y aura t-il une suite ?

Et bien, au regard des nombreux indices laissés à la fin du film, il faut avouer que de nombreuses portes restent ouvertes. Robotnik (enfin devenu celui que l’on connaît) isolé sur une planète déserte, et avide de vengeance… Tails qui apparaît en post-générique, comme empressé de retrouver Sonic… On pourrait parier très cher que oui, il y aura bien une suite. Voire plusieurs.

Mais l’économie du cinéma américain étant ce qu’elle est, il faudra surtout voir si le film rencontre le succès escompté. Car de ce point de vue, c’est très simple. Soit Sonic est un échec commercial, et on n’ira pas plus loin (mais pour le moment, il démarre mieux que Détective Pikachu)… Soit c’est un carton, et les producteurs signeront des chèques tant que le succès sera au rendez-vous !

Au final

La question que je me pose aujourd’hui est « ai-je envie de revoir le film ? » Certes, j’ai passé un moment plutôt agréable, mais de là à le revoir… Et bien, je ne suis pas totalement fermé sur ce point, ne serait-ce que pour pointer les easter-eggs. Mais l’histoire, finalement assez classique, ne m’a pas transporté plus que cela, au point de retourner en salle ou d’acheter le Bluray à sa sortie…

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Cependant, quand on a connu Super Mario Bros (1993) ou Street Fighter (1994) au cinéma, on ne peut que vous recommander ce Sonic le Film ! Bien qu’il soit un film dans la moyenne, il est finalement (à ma grande surprise) loin d’être aussi nanardesque que les titres cités précédemment.

Sonic the Movie est un film à voir en famille. Il ne cache pas (et assume) son orientation « jeune public » sans pour autant délaisser les fans, qui pourront picorer ici et là des références à l’univers du jeu de Sega. Loin de nous offrir une expérience mémorable, il nous permet au moins de passer un bon moment… Tout en sachant quand s’arrêter pour ne pas devenir trop lourd : 1h39, c’est la durée idéale, quand beaucoup vous auraient servi du rab’ pour tenir les trois heures instaurées ces dernières années par Marvel et Disney. Sonic le Film est un long-métrage sans prétention, mais qui a la grande qualité de savoir rester humble…


Sonic Le Film

  • Par : Jeff Fowler.
  • Distribué par : Paramount Pictures.
  • Budget : 95 millions de dollars.
  • Avec : Jim Carrey, James Marsden, Tika Sumpter
  • Musique : Tom Holkenborg
  • Genre : adaptation de jeu vidéo, aventure/fantastique.
  • Durée : 1h39.
  • Public : tout public.
On aime :
  • Le nouveau look de Sonic plus cohérent
  • Quelques effets réussis, notamment la vitesse
  • Les clins d’œil bien placés
  • Les thématiques comme la solitude, la technologie
  • Beaucoup de gags pour les plus jeunes
  • La musique dans le ton
On aime moins :
  • Jim Carrey qui nous sert du The Mask
  • La séquence du bar de Bikers
  • De grosses incohérences et de gros raccourcis
  • Tom, un personnage qui manque de consistance
  • Il manque juste une scène de course en vue de coté 😉