Je veux manger ton pancréas : jusqu’à ce que la mort nous sépare…

Vu en salle, en VOSTFR

0 276

Derrière ce titre peu ragoûtant se cache une nouvelle pépite de l’animation japonaise. Dans Je Veux manger ton pancréas, en effet, vous ne trouverez pas de scènes gores… Mais une romance sur fond de fleurs de cerisiers, qui risque, à l’instar de Your Name ou Silent Voice, de vous arracher une petite larme.

Intitulé Kimi no suizō o tabetai au Japon, où le film est sorti en septembre 2018, Je Veux Manger ton Pancréas est réalisé par Shin’ichirô Ushijima. Ce film d’animation est adapté du roman à succès (même titre) de Yoru Sumino. Prévu pour une sortie le 21 août prochain, nous avons eu la chance de le découvrir dans le cadre du festival Hanabi, qui s’est déroulé dans plusieurs cinémas de France en mai.

Il n’y aura pas de happy end !

À l’instar du Tombeau des Lucioles, on sait dès les premiers instants du film qu’il n’y aura pas de happy end ! La mort de l’un des protagonistes est annoncée dès les premiers plans, une scène de funérailles. Et l’histoire va très vite nous préciser de qui il s’agit !

Le film va tourner autour de deux personnages principaux. Tout d’abord un jeune homme très introverti, dont le nom restera inconnu jusqu’à la fin. Vivant dans un isolement total et assumé, ce lycéen préfère lire des livres plutôt que de se faire des amis. Le spectateur le découvre à l’hôpital, suite à un examen de routine. Lorsque notre héros découvre un livre sur le sol de la salle d’attente, il réalise qu’il s’agit en fait d’un journal intime.

Lire aussiSilent Voice : une merveille de l’animation, disponible chez Kazé

Celui-ci appartient à la pétillante Sakura Yamauchi, une jeune fille de sa classe. Mais le jeune homme découvre dans ce journal, avec stupeur, que Sakura est atteinte d’une maladie incurable, qui détruit son pancréas. Il ne lui reste plus que quelques mois à vivre. Il est désormais la seule personne, extérieure à la famille de Sakura, à être au courant de son secret.

Lorsque la jeune femme s’en rend compte, elle s’accroche à lui et lui propose de devenir amis… Et de partager les derniers instants de vie qu’il lui reste. De vivre une vie entière le temps d’un printemps. Malgré la différence de caractère qui les oppose, le jeune homme accepte…

Une réalisation qui flatte la rétine

Je Veux Manger ton Pancréas fait partie de ces films d’animation qui vont vous flatter la rétine. Malgré le propos lourd qui sert de toile de fond au scénario, l’histoire se déroulant au printemps… Vous allez manger du rose et du pétale de cerisier à outrance. Un choix artistique qui a du sens, si l’on s’attache à la symbolique de la naissance (le printemps) s’opposant à la mort. D’ailleurs, la principale concernée porte un prénom qui désigne ces mêmes cerisiers en fleur. Une métaphore filée, pour renforcer sa soif de vivre, malgré le fait qu’elle comprenne et ait accepté son funeste destin.

Le film joue énormément sur les couleurs, sur les jeux de lumière. Et l’on apprécie aussi un chara-design qui nous présente deux personnages communs. Ici, pas de figure excentrique, juste des individus qui pourraient être n’importe qui, vous ou moi. Comme pour Silent Voice, le chara-design contribue à immerger le spectateur dans ce drame. Il s’identifiera instantanément à ces personnages attachants.

Lire aussiAnimes : si vous ne deviez en voir que cinq cette année 2019, ce sont ceux-là !

La projection à laquelle nous avons assisté était en VOSTFR. Ce qui nous aura permis d’apprécier la justesse d’interprétation des deux personnages principaux. Deux caractères radicalement opposés… Et une intonation détachée pour le héros introverti (à la voix assez grave pour un ado)… À l’opposé de l’nterprétation de Lynn (doubleuse de Sakura), aussi pétillante que son avatar animé. Elle parvient à faire passer des nuances entières d’émotions dans sa voix.

Un thème grave, amené avec légèreté

Le sujet est grave, vous l’aurez compris… Puisque l’on parle ici d’une jeune fille dont la mort est imminente. Et pourtant, malgré la lourdeur du thème choisi, l’histoire distribue généreusement les scènes toutes en légèreté… Voire les scènes d’humour. Avant d’entrer dans la salle, je pensais voir ici une énième romance sur fond de «school-life». Autant vous le dire tout de suite : il n’en est rien !

De la légèreté et de la poésie… On n’en attendait pas moins d’un film qui aborde ce sujet lourd, en adoptant le point de vue de deux adolescents. Ils devraient avoir la vie devant eux, pourtant, ils sont confrontés à la mort. Alors, nos deux protagonistes vont faire preuve d’une maturité qui peut sembler anormale pour deux individus de cet âge… Qui devraient être galvanisés par une envie de mordre la vie à pleines dents. Ce qui, je le reconnais, est le cas pour Sakura. Un peu moins au départ pour notre héros sans nom, trop introverti pour crier son amour de la vie sur tous les toits. Et je pense même que la recette n’aurait pas fonctionné si ce garçon avait été lui aussi une pile atomique. C’est aussi sa solitude et son apprentissage de l’amitié qui renforcent la gravité de la situation.

Lire aussiAvis : DragonBall Z : Battle of Gods

Le thème est d’autant plus fort que, faut-il le rappeler, on parle ici d’un anime «japonais». Autrement dit, qui vient d’un pays où l’on n’est pas toujours très à l’aise (c’est un euphémisme) avec la mort, avec ses causes ou ses représentations. Alors, l’écriture se réfugie dans une vieille légende japonaise, qui dit que, pour sauver un être cher atteint d’une maladie, il suffit de manger la partie du corps qui est malade… Ça y est, vous comprenez le titre ?

Derrière le thème principal, on pourra aussi débusquer des thématiques moins explicites. Comme par exemple les conséquences de nos choix sur ce que certains appellent le «destin». Rien n’est jamais vraiment écrit, et tout n’est que la conséquence de nos actes, de nos choix !

Des points qui nous ont déplu ?

Ici, on ne parlera pas vraiment de déception… Mais de points qui, à mon sens, viennent un peu gâcher le plaisir. Le film aurait pu être une pure merveille, mais il rate de peu l’appréciation ultime à cause de ces points.

Le premier (d’un avis purement personnel) est le manque, ou plutôt le peu d’identité dont il fait preuve. Je m’explique : pendant toute la durée du film, j’ai vraiment eu l’impression de voir un Makoto Shinkai (Your Name ou prochainement Weathering with You). Je le reconnais, il y a pire comme comparaison. Mais jusque dans le choix de ses musiques, Je Veux Manger ton Pancréas donne cette impression de s’inspirer fortement de l’oeuvre de Shinkai. C’est d’autant plus dommage qu’il y avait matière à lui insuffler sa propre patte, sa propre identité…

Presque deux heures de film, forcément… Celui-ci ne fera pas l’impasse sur quelques scènes un peu longues, qui n’apportent pas grand chose à l’histoire. Et certains dialogues pas forcément pertinents, qui nous amènent à la frontière de la mièvrerie, dans laquelle on ne tombe pas pour autant. Mais lors de quelques passages dans le film (no spoiler, je n’en dirai pas plus), on ne peut s’empêcher de croire que l’on va y avoir le droit…

Enfin, je terminerai non pas sur un défaut, mais sur un conseil, m’étant moi-même fait avoir. Bien que nous ne soyons pas dans un Marvel… Restez jusqu’à la fin !! JVMTP comporte une scène post-générique, que vous raterez si vous quittez la salle trop tôt 😉

Au final

Nous avions bigrement raison de vous recommander ce Je Veux Manger ton Pancréas, dans notre sélection des animes qu’il ne faut surtout pas rater cette année ! Dans la pure veine de Your Name ou Silent Voice, ce nouveau film d’animation est une pépite, un petit bijou qui ne peut en aucun cas vous laisser insensible !

Fervent praticien de la douche écossaise, il vous fait passer du rire aux larmes avec brio. Le titre parfait pour tester votre marque de mouchoirs préférée, tant il risque de vous tirer quelques larmes. Un film chouette à regarder, et touchant dans ses propos, dans son approche de l’issue fatale qui vous est annoncée dès les premières secondes du film. Un film qui, tout en parlant de la mort, déclare son amour à la vie d’une bien belle manière. Si vous aimez les animes qui arrachent une petite larme, un conseil : foncez !


Je veux manger ton pancréas

  • Kimi no suizō o tabetai
  • réalisé par Shin’ichirô Ushijimad’après le roman de Yoru Sumino
  • Chez Tōhō, distribué par Art House.
  • Musique de Hiroko Sebu
  • Durée : 1 h 49.
  • Sortie en salle le 21 août 2019. Le film devrait sortir en DVD et Bluray le 13 novembre.

 

On a aimé :

  • Visuellement, c’est joli à regarder
  • Une histoire émouvante
  • Des personnages attachants
  • Le doublage en VO
  • Un thème lourd, amené avec légèreté
  • L’humour

On aime moins :

  • Quelques longueurs
  • Une OST assez générique
  • Il va falloir attendre un peu pour une sortie physique
 .

vous pourriez aussi aimer More from author

Et maintenant c'est à vous de réagir... N'hésitez pas à nous laisser un commentaire ;-)

); ga('send', 'pageview');