Hundred Days : le simulateur viticole à consommer sans modération

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Sans doute est-il le seul représentant dans son domaine : Hundred Days est un simulateur de… Viticulture ! Ça peut surprendre au premier abord. Mais en réalité, le jeu de Broken Arms Games présente plusieurs intérêts. Premièrement, on ne peut pas dire que la viticulture soit sur-représentée dans le jeu vidéo. Ensuite, le vin fait partie de la culture française… Enfin, le jeu est un bon simulateur. Donc, il fallait que l’on vous en parle…

Simulateurs : à boire et à manger

Généralement, lorsque l’on parle de simulateurs, on s’engage sur un terrain aussi glissant que prospère. Dans la catégorie simu, il y a de tout, pour tout le monde ! Et si on regarde le verre à moitié vide, on va penser évidemment à de nombreux titres développés par des studios allemands, qui vont vous permettre de simuler de la conduite d’ambulances, de transpalettes, de cabines de téléphériques, de trotteurs pour bébés… Il y a de tout, à boire et à manger si l’on se penche sur la quantité hallucinante de jeux qui utilisent le terme « simulator » dans leur titre.

Pourtant, cela ne signifie pas que tout soit mauvais, bien au contraire. Farming Simulator se situe en haut du panier, et je garde encore un excellent souvenir de Goat Simulator, sans parler de l’excellente série Gran Turismo qui se définit elle même comme « real driving simulator » ! Dans le gigantesque catalogue de simulateurs, il y a aussi des pépites. Suffisamment en tout cas pour faire de la simulation un genre particulièrement plébiscité dans le jeu vidéo. Pas aussi populaire et médiatique que le FPS ou le RPG… Mais qui bénéficie d’une solide et fidèle communauté.

Le titre qui nous intéresse aujourd’hui, Hundred Days : Winemaking Simulator, est signé par le studio indépendant Broken Arms Games. Un petit studio de six personnes basé en Italie, qui a commencé à développer des applications mobiles pour d’autres éditeurs en 2013, avant de développer ses propres produits. Le jeu est édité par Pixmain. Un éditeur indépendant que vous connaissez peut-être déjà pour des titres comme Labyrinth City : Pierre the Maze Detective, Inked : a Tale of Love ou encore The Heroic Legend of Eagarlnia.

Dans la peau d’un vigneron

Si vous ne voulez pas produire une vulgaire piquette, vous allez devoir débuter le jeu par son mode Histoire, qui fait aussi office de tutoriel. Pas grand chose à dire sur le scénario, qui vous fera penser à un feuilleton de Noël sur M6 : le joueur incarne Emma, une jeune femme qui s’emm… dans sa vie citadine. Jusqu’à ce que celle-ci hérite du vignoble de son grand-père. Ni une ni deux, la jeune femme fait ses valises, et quitte Londres pour l’Italie.

Si le scénario est sympa au début, il va vite devenir l’un des gros points noirs du jeu. L’intrigue ne présente au final que peu d’intérêt… Ce qui n’empêche que des dialogues sans réelles saveur, et aussi invasifs que la publicité sur Youtube, vont poper sans arrêt durant votre partie. Pire, des fenêtres s’affichent carrément en Anglais… Comme si les traducteurs eux-mêmes avaient eu la flemme de tout traduire.

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Mais aussi lourdes que puissent être les phases scénarisées, comme je l’ai écrit plus haut, elles présentent l’intérêt de vous enseigner toutes les petites subtilités de la vie de vigneron. Ce qui vous sera fort utile si vous comptez poursuivre dans le mode libre, sans doute le menu que j’ai préféré dans cette aventure. Car être libre c’est bien, mais mettre un excellent cru en bouteilles, ça se mérite, et ça demande pas mal d’efforts croyez-moi : la vie de vigneron n’est pas un long fleuve tranquille (je vais y revenir). Et de ce point de vue, Hundred Days est un bon simulateur, agréable à jouer, complet, qui me semble réaliste… Et surtout qui bénéficie d’une solide durée de vie.

Pourquoi « 100 Jours » ?? Et bien, seuls les amateurs de viticulture pourront vous répondre. Mais afin de vous éviter de les déranger, je vous explique : 100 jours, c’est exactement (mais cela reste tout de même théorique) le laps de temps qui sépare la floraison de la vigne et le début des vendanges. C’est le cycle de vie de la vigne du printemps à l’automne… Je ne vous l’ai pas encore dit, mais le jeu va vous apprendre pas mal de choses sur la viticulture. Autre qualité dont on peut le créditer.

Un simulateur très complet

Je n’arrête pas de vous dire, et de me dire, que ce simulateur de vignoble (un domaine que je maîtrise quasiment autant que la fission nucléaire) est très réussi. Notamment pour sa pertinence et pour son aspect très poussé. Lorsque les développeurs vous promettent de gérer un vignoble, ils ne font pas les choses à moitié.

Votre vignoble est divisé en différents terrains, ou plutôt des cases sur lesquelles vous allez disposer des cartes. Elles représentent les différentes actions propres à votre activité : culture, récolte, fermentation, ou encore mise en bouteilles. Elles n’ont pas un effet spontané, et il vous faudra parfois attendre plusieurs jours avant de voir les effets de votre disposition. Et le terme n’est pas anodin, puisque chaque carte ayant une forme qui lui est propre, tout l’art consiste à placer vos blocs de façon à tout rentrer, à la manière d’un Tetris. Et bien entendu, contre quelques petits billets (normalement si tout va bien, Emma gagne de l’argent), vous pourrez améliorer votre exploitation avec des nouveautés bien senties. Comme de nouveaux cépages, de nouvelles cuves, des palettes…

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Mais comme je l’écrivais plus haut, le jeu est un simulateur très pointu, qui va loin dans sa vision de la pénibilité du métier de vigneron. Ainsi, vous allez devoir gérer de très nombreux aspects, insoupçonnés si vous n’êtes pas du métier. Comme votre sol ou l’état de santé de vos vignes, la durée de fermentation ou le nettoyage de vos cuves, ou bien encore toute la partie marketing, de la forme et la couleur de vos bouteilles jusqu’à leur mise en vente. Aspect qui sera facilité avec l’achat d’un magasin, qui se chargera de la vente. Et en cas de faillite ? La banque peut être une aide grâce aux prêts qu’elle propose, mais ça ne durera qu’un temps.

Hundred Days est un simulateur qui devient rapidement accessible en matière de jouabilité, mais qui pourra en rebuter plus d’un pour son expérience très profonde, parfois trop. L’aspect simulation est vraiment très complet, passionnant et bourré d’informations (vous allez apprendre des choses), mais sans doute trop technique pour un joueur peu habitué au genre, qui cherche simplement à se détendre. Ici, il va falloir faire bosser sa matière grise ! D’autant que la progression est lente dans le jeu, et il faudra souvent bucher longtemps pour avancer, les récompenses n’étant pas offertes, mais accordées au mérite.

Enfin, je réalise que je n’ai pas abordé le volet technique, qui demeure accessoire avec ce type de jeux. La réalisation est correcte : on a déjà vu mieux, plus joli, mais Hundred Days s’en tire plutôt bien, avec une direction artistique qui se suffit à elle-même (il n’en fallait pas plus), et qui est cohérente avec le genre simu. Un bémol cependant pour les musiques, très génériques : elles accompagnent bien le jeu, mais ne vont pas vous marquer. Enfin, attention à votre batterie, il me semble que le jeu tire pas mal dessus…

Au final

Si vous recherchez un simulateur de viticulture, voire d’œnologie, ne cherchez pas plus longtemps ! D’une part parce que, pour en trouver un, vous n’allez pas vous creuser la tête très longtemps (hormis le jeu de Broken Arms, nous n’avons rien trouvé d’autre)… D’autre part car ce jeu est bon ! Hundred Days, derrière ses airs de petit jeu indé sans prétention, s’avère être un redoutable jeu de simulation. Il est très complet, réaliste, bénéficie d’une solide durée de vie… Autrement dit, il a tous les atouts pour devenir le compagnon idéal sur mobiles, si vous aimez le genre (toutefois, attention à vos batteries).

Sur iOs ou Android, le jeu est proposé pour un budget très attractif de moins de 6€. Un prix dérisoire au regard du contenu gigantesque et extrêmement documenté proposé par les développeurs. Certes, le système devient vite répétitif et le mode Histoire tombe vite dans le cliché. Pourtant, dans les faits, et bien que je n’y connaisse rien dans les vins… Après plusieurs semaines passées sur le jeu, il tourne encore sur mon mobile, et j’y prends toujours autant de plaisir…


Hundred Days : winemaking simulator

Testé sur Android (RedMe Note7) sur une version fournie par l’éditeur.
Les points positifs :
  • L’aspect simulation est réussi
  • Les simulateurs de viticulture ne courent pas les rues
  • Prise en main : on se met vite dedans
  • Le mode libre
  • On apprend pas mal de choses
  • Tellement d’aspects à gérer
  • Bonne durée de vie
Les points négatifs :
  • L’histoire vite lourdingue
  • Progression lente
  • Les musiques assez anecdotiques
  • Textes en Anglais
  • Tire sur la batterie

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