Samurai Shodown : fines lames… De joie ?

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Plus de six mois après la PS4 et la Xbox One, la Switch va enfin pouvoir goûter aux joies des duels à l’arme blanche. Et pas n’importe comment : avec ni plus ni moins qu’une licence légendaire. Samurai Shodown est de retour !

Une licence vieille comme… La Neo-Geo

Samurai Shodown est une véritable légende du versus fighting ! Au milieu des années 90, pendant que nous jouions à Street Fighter II sur Super-Nintendo… L’évocation de Samurai Shodown nous faisait irrésistiblement penser, à l’instar de Fatal Fury ou King of the Fighters, à la « Roll’s des consoles » , la Neo-Geo de SNK… Une console de luxe que nous ne pouvions nous offrir : un seul jeu coûtait l’équivalent d’environ 350€ d’aujourd’hui… Alors, il nous restait… Les bornes d’arcade !

C’est donc en 1993 qu’est apparu pour la première fois Samurai Spirits, sur Neo-Geo MVS et AES, puis l’année suivante sur Neo-Geo CD. Et c’est en arrivant en Europe qu’on lui connaîtra le nom de Samurai Shodown. Nous parlons ici d’un jeu de baston en 2D, avec un système de combat à l’arme blanche qui tranchait (ah ah) avec les canons de l’époque.

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Heureusement pour nos porte-monnaies, le jeu ne tardera pas à être adapté sur les autres consoles : sur MegaDrive et Super-Nintendo en 1994, puis sur 3DO, PlayStation, PS3 avec des remakes, mais aussi de nombreuses suites… Et en juin 2019, c’est une version remise au goût du jour qui débarquait sur PS4 et Xbox One, portée en Europe par Deep Silver. Version qui, aujourd’hui, arrive aussi sur Switch. Et si vous vous posiez la question, il est le 12e jeu de la série.

Il y a bien longtemps, dans un lointain pays…

Comme le trailer vous le laisse entendre, Samurai Shodown va vous faire voyager. À la fois dans l’espace, et dans le temps, puisque le jeu se déroule dans le Japon du XVIIIe siècle. À cette époque, Tokyo s’appelle encore Edo… Vous l’avez compris, on va parler de Shogun, de Samouraï, de Bushido…

Chronologiquement, il ne s’agit pas d’un reboot de Samurai Shodown, et certains éléments (notamment dans des séquences de fin) nous confirment qu’il se situe après Samurai Shodown V (scénaristiquement le premier) et avant Samurai Shodown premier du nom… Et en effet, le dos de la boite indique que les événements du jeu se déroulent un an avant l’épisode fondateur de la série… Ce qui confirme ce que je vous disais 😉

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Les fans de la licence seront ravis de retrouver des têtes bien connues comme Haohmaru (personnage le plus connu de la saga), qui s’inspire d’un maître-Bushi (ancien nom des samouraïs) ayant vraiment existé : Miyamoto Musashi (1584-1645), aussi connu sous son vrai nom Shinmen Bennosuke.

Mais sur les 17 personnages jouables, 13 sont des « anciens » sur le retour. Les fans retrouveront donc aussi Nakoruru et son faucon, Galford, Charlotte, le massif Earthquake, Hanzo Hattori, ou encore Tam Tam et son masque tribal. Plus trois petits nouveaux…

De la baston en versus, en 2D

Samurai Shodown est donc un jeu de combat en 1 contre 1, un versus-fighting. On ne pourra s’empêcher de le comparer à Street Fighter V, tant il en est proche dans la direction artistique très Comics, dans son gameplay nerveux, dans ses mécaniques… Il vous propose les classiques entraînement, jeu online, histoire, dojo (combat en ligne asynchrone), combat (versus offline)… Et une galerie (sons, illustrations, films débloqués).

Je ne vais pas vous mentir : si vous êtes un as de la scène « versus » , vous risquez de trouver que le jeu n’est pas celui qui vous offrira le gameplay le plus pointu (par exemple, il me semble qu’il n’y a pas de stun). Du moins, il est loin de tenir le pavé face à des monstres de la technique comme Street Fighter V, pour ne citer que lui.

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Cependant, l’intérêt de Samurai Shodown sur ce point ne doit pas être négligé, bien au contraire. Tout d’abord parce que le titre de SNK est très abordable ! Son gameplay est accessible à tous, et même un débutant s’y retrouvera rapidement : après quelques minutes d’entraînement, il sera capable de s’en sortir tranquillement, avec le sentiment de vraiment progresser. Il pigera très vite les contres, les parades, les attaques, ou les projections…

Mais ne pensez pas pour autant que les puristes vont s’ennuyer. Plus vous maîtrisez le titre, et plus il vous offre quelques passes d’armes des plus épiques. Pour finalement se révéler plus technique que prévu. Le moindre coup bien placé peut littéralement vider votre barre de vie. Alors, on ne fonce pas tête baissée comme une mule, on réfléchit, on place des esquives… En gardant en tête qu’une parade réussie peut vous exposer à une méchante mandale au tour d’après.

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Et puis, il y a ces petites particularités, qui donnent au jeu toute sa saveur. Comme cette contre-attaque, mise en scène comme un vrai duel de samouraïs (image ci-dessus) ! Placée au bon moment, elle vous permet de « one kill » votre adversaire, pouvant même plier un combat plus rapidement que prévu. Radical… Et jouissif, j’avoue !

Un bémol toutefois, avec une jouabilité pas vraiment adaptée aux Joycons de la Switch (on va faire la différence entre la jouabilité, manette en main, et le gameplay proposé par les développeurs et évoqué plus haut). Pour balancer un simple coup, tout va bien, mais pour sortir un coup spécial sur un joy-con, c’est une autre affaire. Pour ne pas dire une galère lorsque vous êtes harcelé par l’adversaire ! Pour un jeu où le timing des coups est au coeur du gameplay (et est la clé du succès), c’est moche !

Et pour ma part, j’avoue avoir très vite lâché les manettes officielles Nintendo pour préférer mon pad favori, d’un constructeur tiers, qui dispose d’une vraie croix de direction et de vrais sticks. Et croyez moi, ça passe beaucoup mieux !

Une réalisation au top ?

Samurai Shodown a été développé par la même équipe qui avait précédemment travaillé sur The King of Fighters XIV et SNK Heroines: Tag Team Frenzy. Le jeu est réalisé par Nobuyuki Kuroki (Art of Fighting 2 et 3, ou les deux jeux cités plus haut), et produit par Yasuyuki Oda (Fatal Fury Special, KoF XIV, Street Fighter IV…). Yumi Saji s’est chargé de la direction artistique, tandis que Eisuke Ogura signe les superbes artworks du jeu.

Et le résultat est là ! Le jeu séduit d’une part parce qu’il est beau, son chara-design réussi, mais aussi parce qu’il propose une véritable ambiance. Porté par l’Unreal Engine 4, il vous plonge dans le Japon médiéval à chaque instant. Et il serait injuste d’oublier ZOE, entre-autres, qui signe un sound-design qui contribue à cette immersion (la musique est juste magnifique, je veux une OST). Et si la vue du sang vous gêne, vous pourrez désactiver les effets jaillissants d’hémoglobine.

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Mais ne pensez pas pour autant que le tableau est tout rose. Car si elle demeure superbe, cette version Switch révèle vite ses limites face à la concurrence. Le jeu ne peut éviter du lag et quelques chutes de framerate en mode docké… Et la version nomade manque parfois de fluidité, bave et souffre d’aliasing. Les chutes de framerate sont encore plus flagrantes lorsque le jeu multiplie les effets, ou les ralentis qui accentuent la force des coups.

Sur la TV, on réalise vite que le titre a « perdu » quelques détails en route. Il reste très beau, mais on comprend que ses créateurs ont dû faire des concessions pour que tout rentre sur la mini-cartouche de la Switch. Ce qui, je vous rassure, ne nuit aucunement à l’expérience de jeu. C’est juste un poil moins joli… En revanche, j’ai un peu de mal à comprendre que l’on doive subir autant de temps de chargement (et longs en plus) entre les combats. J’avais pourtant cru comprendre que les jeux sur cartouches étaient plus rapides que sur CD ?

On aurait aimé un roster plus conséquent

Le principal défaut de Samurai Shodown est le même que celui de Street Fighter V à sa sortie en 2016 (ou aussi Dragon Ball FighterZ), qui lui avait valu d’être critiqué (alors, il n’y a pas de raison) : son faible contenu.

14 arènes, seulement 17 personnages jouables… De nos jours, avouez que cela fait un peu chiche ! Mais comme pour la plupart des versus-fighting, Samurai Shodown sur PS4 et Xbox One a bénéficié de deux season-pass ajoutant des personnages. Ici 5 pour la première saison, et à ce jour 3 pour la deuxième. Sur Switch, cinq de ces personnages (ci-dessous en gras) sont disponibles, vendus 5,99€ pièce. Quand même ! Mais les deux season-pass sont vendus quant à eux 19,99€ l’unité.

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Et là, je sens les fans de la licence qui se demandent qui sont ces personnages en DLC. OK ! Donc, pour la saison 1, nous avions Rimururu, Shizumaru Hisame (qui apparaît jouable et gratuite sur ma version… Euh…), Kibikiri Basara, Kazuki Kazama et Wan-Fu… Et pour la 2 Mina Majikina, Sogetsu Kazama et Iroha.

J’avoue avoir eu une fausse joie en réalisant que l’éditeur offrait un bonus pour les précommandes. Dans un premier temps ravi d’obtenir gratuitement un personnage jouable original… Le soufflé est vite retombé en constatant que ce bonus n’était autre que Samurai Shodown! 2, jeu sorti sur Neo-Geo Pocket. Un jeu émulé (avec son style 8 bits et persos chibi) qui a quand même un peu mal vieilli, dont la curiosité amuse pendant quelques minutes… Mais il y a peu de chances que vous alliez au delà… Mais c’est déjà ça et on apprécie l’intention…

Au final

La question à laquelle doit répondre cette conclusion est : faut-il investir dans ce Samurai Shodown sur Switch ? Si vous ne possédez que cette console, la réponse est évidente si l’on regarde son catalogue assez pauvre en matière de versus-fighting. Car sans parler de Super Smash Bros Ultimate, Samurai Shodown est sans doute le meilleur jeu de combat de la machine !

Malgré son roster limité, le jeu est juste top, magnifique, excellent. Et ses plus gros défauts, je dois l’avouer, incombent surtout au matériel Nintendo (une console plus limitée, des joycons pas adaptés pour deux sous)… Si vous êtes vraiment fan de Samurai Shodown, préférez la version PS4 ou Xbox One… Mais si vous ne possédez qu’une Switch, foncez, la qualité est là… Mais changez aussi de manette 😉

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Pour sa réalisation très immersive, pour sa magnifique DA, pour son gameplay très abordable et original, pour ses mécaniques peu communes… Samurai Shodown dispose de suffisamment d’atouts pour vous séduire, et qui vous feront vite oublier ses petits défauts.


Samurai Shodown

  • Par : SNK, distribué en Europe par Deep Silver.
  • Sur : Switch.
  • Egalement dispo sur : PS4, Xbox One.
  • Genre : versus fighting.
  • Classification : PEGI 16.
  • Prix : 49,99€.
Testé sur une version fournie par l’éditeur.
Points positifs :
  • Un très bon jeu de combat à la base
  • La direction artistique superbe
  • Des skins 3D rétros réussis
  • Des combats nerveux et sous tension constante
  • En 60fps, ça tourne plutôt pas mal
  • Une vraie ambiance
  • Les musiques, une OST fabuleuse
  • Gameplay très accessible
Points négatifs :
  • Seulement 17 personnages jouables
  • Les DLC qui vont vous ruiner
  • Les chutes de framerate, l’aliasing
  • Les temps de chargement
  • Les joycons sont-ils vraiment adaptés ?
Le jeu en lui même est très bon, pour ne pas dire excellent, à la hauteur de sa légende !! Hélas, sa note sera inévitablement impactée par la qualité de ce portage. Non pas que les développeurs aient fait du mauvais boulot... Mais simplement parce que la Switch, qui est cependant une bonne console, se montre ici larguée : moins puissante que ses rivales, des joycons pas vraiment adaptés aux coups spéciaux de Samurai Shodown... Le jeu reste très bon, mais moins que ses versions PS4 ou Xbox One.
84%
OUI !!

Le jeu en lui même est très bon, pour ne pas dire excellent, à la hauteur de sa légende !! Hélas, sa note sera inévitablement impactée par la qualité de ce portage. Non pas que les développeurs aient fait du mauvais boulot... Mais simplement parce que la Switch, qui est cependant une bonne console, se montre ici larguée : moins puissante que ses rivales, des joycons pas vraiment adaptés aux coups spéciaux de Samurai Shodown... Le jeu reste très bon, mais moins que ses versions PS4 ou Xbox One.

  • Réalisation
  • Gameplay
  • Jouabilité
  • Ambiance générale
  • Durée de vie

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