MXGP 2019 : une saison FIM de Motocross à plein gaz ?

Testé sur une version PS4, fournie par l'éditeur

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L’éditeur italien Milestone fait sa rentrée des classes avec le nouvel opus de sa célèbre licence de motocross ! Cette année, MXGP 2019 vous promet un vent de fraîcheur avec, notamment, une nouveauté dans la licence : un éditeur de circuits. Mais les pilotes et circuits officiels du championnat sont aussi, cette saison, de la partie…

Une rentrée dans la gadoue

C’est l’heure de la reprise ! Et avant d’attaquer un mois de septembre bien chargé (en termes de grosses sorties), nos tests reprennent dans la bouillasse. Avec celui de WRC 8 prochainement, mais surtout celui de MXGP 2019 aujourd’hui. Vous l’avez compris : nous allons parler de motocross, de championnat, de circuits et pilotes officiels, de bains de boue et de poussière sur la visière !

Cette année, Milestone a obtenu les droits officiels du championnat MXGP, et nous le fait savoir dès le titre, qui est en réalité MXGP 2019 : The Official Videogame. Ce qui implique que, cette année, vous allez retrouver tous les pilotes et les 19 circuits MXGP et MX2.

En effet, les fans de la discipline vont retrouver les tracés réels du championnat, parmi lesquels des courses devenues légendaires : Matterley Basin en Angleterre, Imola en Italie, Lommel en Belgique, Neuquén en Argentine, ou bien évidemment Saint-Jean d’Angely en France… Avec un finish aux Pays-Bas, avec le Motocross des Nations, à Assen.

Les 5 premières minutes…

Les cinq premières minutes du jeu vous plongent directement dans le bain ! Une fois l’intro passée, le joueur est invité à créer son avatar, puis à choisir son écurie. Ce qui aura pour effet de vous attribuer automatiquement les sponsors qui vont avec… Vous évitant ainsi de les choisir manuellement. Car oui, vous allez aussi devoir gérer vos sponsors…

L’instant Sims étant passé, comme je l’ai dit, on vous lâche dans la cour des grands… Ou plutôt sur la ligne de départ de l’épreuve de Neuquén (en Argentine, la première de la saison, qui a eu lieu le 3 mars). Et évidemment, si on vous demande de faire vos preuves, vous devez comprendre que c’est beaucoup mieux de finir sur le podium.

On ne va pas se mentir : à moins d’être un fan hardcore de la licence, vous allez en baver ! Car ici, pas question de vous envoyer un tuto qui vous stoppe tous les 100 mètres pour vous expliquer qu’il faut presser telle touche pour mettre les gaz. Vous êtes seul sur la piste, et votre premier instant de gloire se mérite !

Facile à prendre en main, difficile à maîtriser

 

Sur le papier, la prise en main de MXGP 2019 est simple : une gâchette pour accélérer, et deux sticks. Le premier (gauche) pour diriger la moto. Le second (droit) pour contrôler le poids du pilote, en le déplaçant tantôt en avant, tantôt en arrière, tantôt sur les cotés. Le tout se complète par une touche de freins… Et par une utilisation des sticks qui, une fois en saut, vous permettront de réaliser des figures (scrubs).

Mes derniers tours de roues sur un jeu de la licence remonte à MXGP2 (en 2015). C’est dire si j’ai un peu perdu de vue la jouabilité de la franchise depuis… Pourtant, de mon point de vue qui ne pourra cependant vous éclairer par rapport aux derniers épisodes… La jouabilité me semble beaucoup plus réaliste ! Les sensations, notamment en ce qui concerne le poids et l’adhérence, me semble plus crédible, plus fidèle à la réalité.

Je ne l’ai pas précisé, mais plusieurs vues sont possibles. La classique vue TPS, évidemment (proche ou éloignée)… Une vue subjective plutôt sympa, mais qui nous fera regretter que le jeu n’ait pas d’option VR… Et enfin une vue pilote (vous voyez à travers les lunettes de votre avatar). Si, habituellement, je ne suis pas vraiment client de ce type de vues, je dois avouer qu’avec sa poussière et sa boue qui viennent se coller aux lunettes, cette vue est géniale, et particulièrement immersive… Habituellement, je préfère la vue à la troisième personne, mais ici, je trouve la vue pilote particulièrement tripante !

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La jouabilité implique que vous allez devoir davantage doser votre répartition, et que le jeu va demander plus de précision de votre part. MXGP 2019 n’est clairement pas un jeu d’arcade, qui se bourrine à grands coups d’accélérateur. Et, à l’instar d’un F1 2019 par exemple, il va vous demander de passer par une période d’apprentissage. Le plus important étant de ne pas se décourager parce que l’on termine dernier lors de nos premières courses… MXGP 2019 demande du doigté, de l’investissement personnel. Mais le résultat n’en est que plus gratifiant !

Bien entendu, de nombreuses assistances sont proposées et personnalisables, dans le but d’aider les joueurs néophytes : freinage couplé, répartition automatique du poids du pilote, physique assistée… Il est, malgré ce que j’ai pu écrire plus haut, possible de faciliter le jeu. Le rendant ainsi plus accessible que ses prédécesseurs… Mais dans un jeu de ce type, le vrai plaisir réside dans le fait de contrôler entièrement son pilote… Donc en désactivant ces aides. Mais elles existent, sachez-le 😉

Décors : chouettes, mais… Avec une vraie physique ?

Autre point fort du jeu, et non des moindres : ses environnements, et surtout leur physique ! Les différents terrains (boue, terre, sable…) offrent un rendu assez agréable à regarder, mais ce n’est pas là où je voulais en venir. Car l’aspect le plus important est la façon dont la physique des tracés évolue. Mais, y a t-il des conséquences sur le gameplay ?

Une petite explication s’impose : lorsque vous roulez dans la terre, votre moto creuse des ornières. Et ces sillons vont rester, vont modifier le terrain. Et lorsque vous repasserez au même endroit, un tour plus tard, votre approche sera bien différente, car ce même passage sera plus délicat. Et lorsque tous les autres concurrents sont passés par là, autant vous dire que le terrain ressemble vite à un champ de bataille. Mais en même temps, plus il y a d’ornières de tracées, et plus votre moto pourra trouver des appuis dans les virages, afin de mieux les négocier… À moins que le terrain ne soit devenu vraiment impraticable, bien sûr…

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Mais ça, c’est sur le papier. Car hélas, ce n’est pas la même dans le jeu ! Les ornières qui se creusent en temps réel ont principalement un impact visuel, et bien que des portions de piste soient totalement labourées… Cela n’empêchera pas votre moto de partir en glisse dans les virages. Ce qu’elle fait par défaut, en fait… Quel que soit l’état du terrain, vous ne pourrez en réalité compter que sur votre habilité avec la touche de frein, tout en marquant vos appuis en déplaçant le poids du pilote. La physique du terrain est généralement annihilée par cette fâcheuse tendance à partir en glisse…

S’il est un autre élément qui vient compliquer l’équation, ce sont bien les conditions météo ! Car si la piste est parfois difficile à domestiquer par temps sec, je vous laisse imaginer le délire sous la pluie. Pour le coup, les sensations sont ici réussies, et l’on sent bien la différence entre un beau soleil estival et un déluge…

Nouveau : un éditeur de circuits

Et voici le moment d’aborder LA grosse nouveauté de cet opus, celle qui a été copieusement mise en avant par l’éditeur ! Car pour la première fois dans la série, MXGP 2019 intègre un éditeur de circuits. Autrement dit, vous allez pouvoir créer et partager vos propres tracés. De même, vous allez pouvoir importer et jouer ceux des autres. Cela peut paraître anodin, au premier abord, mais cette option va vous apporter de la variété, une fois que vous connaîtrez les circuits officiels par cœur.

Mais… Nous avons cependant des choses à dire sur ce mode qui se contente de nous proposer le minimum syndical. Je m’explique. Il ne propose en réalité que des modules prédéfinis, dans trois environnements différents (forêt, riviera ou désert). Des droites et des virages que l’on dispose où bon nous semble, sur une map ouverte. Au début, le concept est génial. Mais on réalise vite que notre inventivité est conditionnée, est limitée par les seules options livrées par les développeurs.

D’autant que des possibilités pourtant essentielles dans un éditeur de circuit manquent à l’appel. Comme par exemple la possibilité de « meubler » en ajoutant des éléments de décor, ou du public, dans certains endroits laissés vides. Pire (et incompréhensible dans un jeu de motocross), il n’est pas possible (ou alors je n’ai pas trouvé comment faire) de niveler, d’élever ou de rabaisser le terrain. Ne comptez donc pas installer des tremplins de dingue si les développeurs ne l’ont pas prévu.

Playground, le terrain de jeu par excellence

Le Playground est cette option qui va vous scotcher pendant des heures ! Pour faire simple, ce « terrain de jeu » est une sorte de hub qui va vous permettre de vous éclater, de vous entraîner… Ce mini-openworld où vous allez pouvoir aller partout est le terrain de jeu parfait, avec ses bosses, ses flaques, et ses sauts complètements dingues (vous pourrez même sauter d’un pont, une dizaine de mètres dans le vide… Parfait pour vous entraîner aux figures (ou scrubs).

Mais ne l’oubliez pas, comme je l’ai dit, ce Playground est surtout un hub, parsemé de points qui vous permettront, en passant dessus et en déclenchant les épreuves, de participer à des contre-la-montre, ou des courses diverses. Vous pourrez aussi paramétrer votre moto, pour trouver les réglages qui vous correspondent le mieux. Je vous l’ai dit, ce menu vous offre tous les outils nécessaires pour vous améliorer, et pour revenir au top dans le championnat… Et je réalise d’ailleurs qu’en découvrant le Playground, je m’y suis perdu pendant pas mal d’heures, en oubliant les autres menus du jeu 😉

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Ce qui m’amène à une réflexion ! Si le jeu propose un menu certes ergonomique, mais trop académique, qui nécessite un gros coup de fraîcheur… Ce Playground, perdu au beau milieu de la page d’accueil, devrait être le menu principal du jeu ! Un monde semi-ouvert depuis lequel on pourrait accéder aux championnats, aux entraînements, etc… Apporterait plus de dynamisme et de réalisme au jeu… Un plus indéniable ! Et j’ai du mal à imaginer que les développeurs de Milestone n’y ont pas pensé…

Enfin, ce mode propose une dernière option intéressante, appelée Waypoint. Ce mode va vous permettre d’élaborer votre propre chemin hors-piste, en le balisant avec des checkpoints. Vous pourrez ensuite y courir pour établir les meilleurs temps. Bien évidemment, comme pour l’éditeur de circuits, il est ensuite possible de partager vos créations… Ou de récupérer celles de la communauté !

Ça peut faire tiquer

MXGP 2019 est clairement un jeu de niche, qui séduira surtout les fans de motocross. Si ce n’est pas le cas, et avec du recul sur cette discipline encore assez méconnue, certains aspects pourront rebuter les non initiés. À commencer par la réalisation, qui se loupe parfois sur de petits bugs d’affichage. Physique un peu étrange lorsque votre pilote s’encastre dans une barrière, personnage qui fusionne avec des éléments du décor… Quelques petites corrections visuelles sont encore nécessaires ! Tout comme les ajustements au niveau du framerate, qui a parfois quelques ratés…

Le jeu pêche également par une jouabilité à la fois exigeante et punitive. C’est bien simple, et c’est l’aspect qui m’agace le plus avec cette licence : si vous avez le malheur de sortir de la piste, la sanction tombe sans préavis. Que vous vous plantiez sur une caillasse en bord de piste, ou que vous vous écartiez du tracé… Le jeu vous respawne sans discussion, vous faisant perdre de précieuses secondes. Bien sûr, en cas de sortie de piste, vous avez quelques secondes pour vous remettre dans le droit chemin, mais… Peu, finalement. Et il est agaçant de se voir respawné alors que votre roue avant venait juste de regagner le tracé…

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Sans parler d’une IA qui ne vous fera pas de cadeau : bien que plus réaliste qu’auparavant, à la moindre erreur, les autres pilotes sont déjà loin devant. Autrement dit, pour viser le podium dans MXGP 2019, vous serez obligé de faire la course parfaite. Certains aimeront, d’autres beaucoup moins, et on a déjà vu des joueurs se lasser à cause d’une IA trop pétée… Bien que la difficulté soit paramétrable, encore une fois… Je pourrais aussi parler du fait que le jeu mette en avant l’aspect compétition (c’est bien) mais, me semble t-il, au détriment des scrubs (figures lors des sauts) qui deviennent ici totalement furtifs.

Enfin, et j’en ai déjà parlé plus haut, mais je constate au final un déséquilibre entre le mode championnat qui peut paraître un peu fade, car trop générique (pas vraiment de scénario)… Et le Playground, pas assez mis en avant à mon goût mais qui est pourtant le vrai mode de jeu intéressant du titre de Milestone… Du moins, mais c’est un avis personnel, celui autour duquel devrait tourner le jeu…

Deux mots sur le online

Pas grand chose à dire sur le online de ce MXGP 2019 ! La principale difficulté consistant à trouver des joueurs. Car pour le reste, le mode est stable, et rapide. Techniquement, il fonctionne très bien. Il a aussi été pensé pour compenser, par une IA, un joueur qui se déconnecterait malencontreusement en pleine partie. Et ça marche. Ce n’est pas le mode le plus intéressant du titre, mais ça fonctionne bien, et il fallait le dire…

Au final

Alors, finalement… Faut-il craquer pour ce MXGP 2019 ? La principale difficulté pour Milestone est que ce mois de septembre est TRÈS chargé ! Et lorsque les joueurs doivent faire des choix, un jeu doit être exceptionnel pour sortir du lot. Ce nouveau MXGP est un bon jeu, on ne dira pas le contraire ! Mais l’est-il suffisamment pour faire face aux autres titres, dans des genres différents ? Pas si sûr ! Il est bon (voire très bon diront certains), mais pas forcément au point de marquer les mémoires.

Cependant, si vous êtes fan de motocross, MXGP 2019 devient incontournable ! Tout d’abord parce qu’il est le seul sur le créneau… Et puis parce que, en termes de jouabilité et de contenu, il surclasse totalement ses prédécesseurs. Un fan de deux-roues qui souhaite revivre à la maison les plus belles épreuves du championnat FIM de Motocross 2019 n’aura pas à hésiter !

Pour ma part, bien que n’étant pas un très grand fan de motocross, j’avoue avoir passé (et ça continue) un très bon moment sur MXGP 2019 ! Son mode créatif ou son PlayGround, sa jouabilité qui devient délicieuse après un minimum d’expérience, et surtout ses sensations… Milestone a trouvé une formule à la fois bonne et universelle !


MXGP 2019

 

Points positifs :

  • Les circuits et pilotes officiels de la saison
  • Personnalisation très complète
  • Le gameplay reste accessible
  • Présence d’un éditeur de circuits
  • De bonnes sensations
  • La vue pilote
  • Le playground
  • Un online stable
  • Les sons des moteurs
  • Bonne durée de vie si vous aimez la discipline

Points négatifs :

  • Une jouabilité qui demande du doigté
  • Quelques bugs d’affichage
  • Les temps de chargement
  • Très punitif, tout au long des courses
  • L’éditeur de circuits assez limité
  • Le mode championnat trop générique
 .
Beaucoup plus accessible que ses prédécesseurs, et bénéficiant des licences officielles MXGP et MX2, MXGP 2019 s'impose comme la nouvelle référence pour les amateurs de motocross. Si son apparente technique peut effrayer, une fois domestiqué, le titre de Milestone est très agréable à jouer, que l'on aime ou pas creuser des ornières dans la gadoue !
74%
OUI !!

Beaucoup plus accessible que ses prédécesseurs, et bénéficiant des licences officielles MXGP et MX2, MXGP 2019 s'impose comme la nouvelle référence pour les amateurs de motocross. Si son apparente technique peut effrayer, une fois domestiqué, le titre de Milestone est très agréable à jouer, que l'on aime ou pas creuser des ornières dans la gadoue !

  • Réalisation
  • Jouabilité
  • Durée de vie
  • Sensations
  • Ambiance générale

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