Medievil : une résurrection réussie pour Sir Daniel ?

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« Sir Daniel Fortesque a été ressuscité ! » La première réplique prononcée dans la crypte résume à elle-seule notre test. Nous allons parler aujourd’hui de Medievil qui, 21 ans après sa première parution, fait son grand retour dans un remake, sur PS4…

21 ans, et toutes ses dents

21 ans après, Sir Daniel Fortesque est de retour !

S’il est un jeu qui, à l’instar de Crash Bandicoot, Gran Turismo, WipeOut ou Parappa The Rapper, est entré dans le panthéon des jeux fondateurs de la marque PlayStation… C’est bien Medievil ! Un titre imaginé par Chris Sorrell et Jason Wilson, qui souhaitaient écrire un jeu à la Ghosts’n Goblins en 3D, s’inspirant visuellement de L’Étrange Noël de Mr Jack

Le tout premier épisode de ce hack’n slash/aventure est arrivé sur PS1 en octobre 1998. Il était alors développé par SCE Cambridge Studio, pour le compte de Sony. 21 ans plus tard, il est de retour, mais cette fois, c’est Other Ocean Emeryville qui est au développement. Mais MediEvil reste cependant une exclusivité Sony, contrairement à Crash Bandicoot ou Spyro, dont les récents remakes sont aussi sortis chez Microsoft et Nintendo.

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Dans un contexte de remakes à outrance (je pense qu’aucune génération de consoles ne peut rivaliser avec celle-ci, en la matière)… La question va donc être de savoir si, aussi culte qu’il soit, c’était une bonne idée de ressortir Medievil. Le retour de Daniel Fortesque est-il à la hauteur du mythe qu’il a engendré ?

La mort vous va si bien

Version de 1998 ou de 2019, le scénario de Medievil ne bouge pas d’un poil ! Le jeu nous propose d’incarner Sir Daniel Fortesque, embarqué dans une guerre contre l’infâme sorcier Zarok, et son armée de morts-vivants. Mais lorsque notre capitaine de l’armée de Gallowmere, un peu maladroit, lance la charge contre l’ennemi, il est le premier à tomber au front, le crâne percé par une flèche… Mais Zarok est vaincu, Sir Daniel est considéré comme un héros…

Le temps passe, et Zarok est de retour à Gallowmere, pour se venger. Et lorsque celui-ci ressuscite les morts pour étoffer son armée, son pouvoir parvient jusqu’à la crypte des Fortesque, ramenant à la vie notre cher Daniel. Il a désormais l’apparence d’un squelette en armure, mais notre malheureux chevalier trouve ici une manière de régler ses comptes avec le sorcier. De débarrasser Gallowmere de Zarok, tout en gagnant le titre de héros qu’il a raté une première fois (la vérité est moins glorieuse que la légende).

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Le scénario de Medievil est assez classique. Mais c’est justement ce coté naïf, enfantin, que l’on aime dans le jeu. Couplé avec son ambiance (musique et direction artistique), le jeu nous plonge dans un conte d’Halloween fabuleux… Qui nous fera penser aux meilleures créations d’un certain Tim Burton. .. Comme l’Étrange Noël de Mr Jack, pour ne citer que lui.

Une technique totalement dépoussiérée

Le jeu bénéficie d’un véritable lifting graphique.

S’il est un point sur lequel se justifie cette version 2019, c’est bien l’aspect technique du jeu. Le gap graphique est incontestable, et l’on a en permanence l’impression de découvrir (ou de redécouvrir) le titre, tant la différence entre les deux versions est incontestable.

Ainsi, la technologie actuelle nous permet de savourer le jeu avec des graphismes plus lisses, avec de meilleurs jeux d’éclairage, de meilleurs effets de particules. Les personnages gardent leur coté cartoon, mais en gagnant en finesse et en détails. Je ne l’ai pas précisé, mais le jeu tourne en 1080p, à 60 fps.

L’effort s’est aussi porté sur l’ambiance sonore, avec des musiques réorchestrées pour un rendu encore plus saisissant. Pour rester dans l’analogie avec Burton, la bande-son donne en permanence l’impression d’entendre du Danny Elfman, pour le plus grand plaisir de nos oreilles. Le doublage en VF est réussi, et efficace dans son humour « so british » ! Sauf erreur de ma part, il me semble que les voix sont les mêmes (ou alors elles sont très proches) de celles de 1998. Seraient-ce les pistes audio de l’époque, remasterisées ?

Trop inspiré par son modèle ?

Hormis son gap graphique, le jeu est quasiment le même. Avec ses qualités et ses défauts…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le jeu est très fidèle à son modèle original. On sent à chaque instant qu’ici, à l’instar d’un Resident Evil 2, l’objectif est de sublimer l’oeuvre d’origine, sans jamais la trahir. Et c’est le cas, du début à la fin.

Cependant, à être très fidèle à son modèle, Medievil en devient TROP fidèle au jeu d’origine. Comprenez par là qu’il en reprend les qualités, mais aussi les défauts. Et fait plutôt significatif : tous les reproches que nous allons faire à cet épisode 2019 sont exactement les mêmes que ceux que nous aurions pu relever en 1998.

Et je pense en particulier à une jouabilité parfois trop rigide, qui demande un temps d’adaptation tant Sir Daniel met parfois du temps à répondre à vos commandes. Cette latence complique les choses lorsqu’arrivent les premières phases de plate-formes, et des sauts qui manquent souvent de précision. On pourrait aussi relever des soucis de caméra, pas toujours placée de manière judicieuse (même si vous pouvez changer l’angle de vue… En pleine action, c’est compliqué, mais c’est un coup à prendre).

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Des défauts déjà vus, tout comme les quelques bugs que vous rencontrerez au fil d’une aventure un poil trop courte. Ou encore quelques baisses de framerate qui se font sentir ici ou là. Ayant reçu le jeu vendredi, je pensais vous livrer le jeu pour Halloween (voire après), en forçant un peu. Mais avec un peu d’acharnement, j’ai pu le plier à ma grande surprise en environ 5 heures (une vingtaine de chapitres qui se terminent en environ un gros quart d’heure chacun). Medievil est bon pour son ambiance, mais manque de challenge. Seules les quêtes des calices (un par niveau) et des trophées (dont un platine) vous pousseront à revenir dans les niveaux.

D’autant que le jeu ne fait pas de fioritures. Une aventure proposée dans un menu qui offre de commencer ou de continuer l’histoire, point-barre ! Ici, pas de bonus, pas de challenge supplémentaire, pas même de tutoriel pour les plus jeunes… Un peu trop brut de décoffrage, et nous n’aurions franchement pas craché sur quelques bonus supplémentaires, histoire d’apporter un peu de fan-service à ce monument du jeu vidéo. Pour les artworks, vous devrez vous tourner vers la version collector du jeu, et son artbook physique.

Au final

Vous avez un royaume à sauver !

À trop vouloir coller au modèle d’origine, ce Medievil en oublierait presque que nous sommes en 2019. S’il sublime l’aventure de l’époque avec ses graphismes HD, il pêche par son manque de folie, de contenu… Et peine ainsi à nous surprendre. Pire, si le jeu se veut fidèle à l’opus PS1, il l’est aussi pour ses soucis de calibrage de caméra, ou pour quelques commandes approximatives. Nous n’aurions vraiment pas boudé quelques bonus, voire une compile complétée par MediEvil 2.

Mais attention : cela ne signifie nullement que le jeu est mauvais. L’histoire n’a pas pris une ride, l’ambiance gothique est toujours aussi géniale… Et on aime toujours autant l’humour so british de Sir Fortesque. Et franchement, pour 30 balles, on ne va pas non plus cracher dans la soupe. D’autant que MediEvil est une licence forte, culte, de la PS1. Alors, en pleine période d’Halloween, on fonce sans hésiter.

Medievil est donc un jeu qui plaira incontestablement aux plus anciens, qui l’ont connu sur PS1, tant la fibre nostalgeek fonctionne ici. Il plaira aussi aux amateurs de rétro, et de gameplay « à l’ancienne » ! Reste à savoir si les plus jeunes joueurs adhèreront à ce gameplay old-school, ou accrocheront sur la durée, une fois la quête principale pliée…


MediEvil

Testé sur une version fournie par l’éditeur.

Points positifs :

  • L’ambiance très Halloween
  • Retrouver MediEvil et Sir Daniel Fortesque
  • Très chouette à regarder
  • Les jeux de lumières
  • L’humour omniprésent
  • La bande-son
  • Les doublages VF
  • Un petit prix

Points négatifs :

  • Aventure courte
  • Pas vraiment difficile
  • Les mêmes défauts qu’en 1998 (caméra, jouabilité imprécise, bugs…)
  • Jouabilité d’une autre époque
  • Pas de bonus ou de contenu supplémentaire
C'est certain ! Les graphismes sont magnifiques en HD, jeux de lumière et profondeur de champ impeccables... Techniquement, le boulot réalisé sur ce remake de Medievil est réussi. Mais une fois la découverte passée, on réalise vite que le jeu ne propose finalement pas de bonus, souffre des mêmes soucis de caméra qu'en 1998... Et a gardé sa jouabilité d'époque, qui paraîtra un peu datée aux plus jeunes. Il n'empêche que Medievil n'a rien perdu de son ambiance, et reste une licence mythique. Mais justement, nous aurions aimé un contenu à la hauteur, plus qu'un simple lissage du titre original...
70%
Oui, mais...

C'est certain ! Les graphismes sont magnifiques en HD, jeux de lumière et profondeur de champ impeccables... Techniquement, le boulot réalisé sur ce remake de Medievil est réussi. Mais une fois la découverte passée, on réalise vite que le jeu ne propose finalement pas de bonus, souffre des mêmes soucis de caméra qu'en 1998... Et a gardé sa jouabilité d'époque, qui paraîtra un peu datée aux plus jeunes. Il n'empêche que Medievil n'a rien perdu de son ambiance, et reste une licence mythique. Mais justement, nous aurions aimé un contenu à la hauteur, plus qu'un simple lissage du titre original...

  • Graphismes/réalisation
  • Jouabilité
  • Musiques
  • Durée de vie
  • Scénario

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