Une licence qui roule, ma poule !

Chicken Run, sorti en 2000, est le premier long-métrage des studios britanniques Aardman, déjà célèbres pour Wallace & Gromit. Réalisé par Peter Lord et Nick Park, le film marque une étape historique : c’est le plus grand projet en stop-motion jamais produit à l’époque. Avec des centaines de marionnettes animées image par image. Un pari technique fou, mais relevé avec un charme irrésistible. Il aura son adaptation en jeu vidéo dans la foulée, sur PlayStation, Dreamcast, PC et Game Boy Color.

L’histoire suit Ginger, une poule déterminée à s’évader d’une ferme qui ressemble plus à un camp de prisonniers qu’à un poulailler. Quand Rocky, un coq américain vantard, débarque par accident, les pensionnaires voient en lui une chance de mettre à exécution un plan d’évasion grandiose. Le film reprend les codes du cinéma d’aventure… Appliqués à des volailles en pâte à modeler, ce qui lui donne un ton hilarant et terriblement attachant.

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Porté par un humour british finement ciselé, Chicken Run mélange gags visuels, répliques savoureuses et une mise en scène inventive. Malgré son côté léger, le film aborde aussi des thèmes forts : liberté, solidarité, courage collectif. Le tout avec une animation d’une précision sidérante qui, plus de vingt ans plus tard, conserve un charme immuable.

Son succès entraîne un véritable statut culte : Chicken Run reste aujourd’hui une référence du stop-motion. Capable de séduire aussi bien les enfants que les cinéphiles. Il aura même droit, plus de 20 ans après, à une suite produite par Netflix. Preuve que les aventures de Ginger et Rocky continuent de trouver leur public. Une évasion emblématique devenue un classique du cinéma d’animation. Et 25 ans après, nos poulets préférés sont de retour sur consoles dans Chicken Run Commandodu.

Il faut sauver le soldat Nuggets

Les poulets de Chicken Run n’ont décidément pas le goût du calme. Après les aventures explosives de La Menace Nuggets, Molly, Rocky et toute la bande remettent les pattes dans une nouvelle mission qui sent autant la paranoïa agricole que la poudre. Cette fois, il faut infiltrer cinq fermes plus dangereuses les unes que les autres, avec l’objectif ultime : sauver vos compagnons à plumes. Le programme est simple (enfin, façon de parler). Il faut tromper les gardes, déjouer les caméras, filer comme une ombre… Et libérer vos amis. Chaque ferme est un terrain de jeu périlleux où l’on court, grimpe, esquive et improvise pour éviter de finir en nuggets.

Le jeu s’appuie sur une coopération à deux joueurs qui promet son lot de fou rire et de cris paniqués. Entre une infiltration discrète et une fuite totalement hors de contrôle, les duos devront communiquer pour espérer s’en sortir vivants. On enchaîne missions furtives, distractions improvisées et évasions de haut niveau. L’ambiance reste fidèle à l’esprit Chicken Run (avec un soupçon d’adrénaline en plus). Les poulets sont incontrôlables, les pièges se multiplient et chaque erreur peut transformer une mission tranquille en course poursuite chaotique. Bref, ça sent le grand spectacle… Et parfois un peu le cramé.

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On est donc ici sur un jeu d’infiltration/extraction, pour les plus jeunes (il faut déjouer des pièges, ne pas se faire repérer par les caméras ou les gardes, débloquer des passages…). Et ça fonctionne plutôt bien ! Le jeu est jouable en solo, mais… La coop à deux est un gros plus, qui renforce encore plus l’aspect « évasion » : les joueurs doivent coopérer, coordonner leurs actions, saboter, libérer leurs camarades… Si le jeu est agréable en solo, c’est bien évidemment ce mode coopératif qu’il faut privilégier. Mais on va y revenir.

Autre point que l’on kiffe : on retrouve l’esprit Aardman avec son humour so british, ses gadgets complètement perchés, ses situations cocasses… Un aspect renforcé par le doublage et son casting vocal connu. Chaque personnage que vous incarnez est unique : il a ses propres compétences ou utilise ses propres gadgets. Ce qui apporte encore plus de stratégie au moment de composer votre escouade. Mieux : ce choix offrant de nombreuses combinaisons possibles, cette mécanique contribue à sa manière à assurer une bonne rejouabilité. Un petit conseil en passant : évitez d’utiliser toujours les mêmes poules. Car certains niveaux demandant des personnages (et capacités) précis, il peut être fâcheux de se retrouver bloqué avec un poulet niv.1.

Metal Gear Poulette

Le jeu, classifié PEGI 7, se positionne très clairement comme un jeu familial. Donc comme un jeu accessible à tous, quel que soit l’âge. C’est bien mais… Ça pourra vous décevoir si vous attendez un jeu de stratégie ou d’infiltration précis et pointu. Mais dans ce cas là, on vous conseille plutôt de vous tourner vers un Metal Gear Solid Delta : Snake Eater par exemple. Autrement dit, si vous êtes un hardcore gamer, et si vous recherchez plus de profondeur dans l’aspect stratégique, vous pouvez passer votre chemin. Ici, Outright Games s’adresse aux apprentis Snake, ou aux Sam Fisher stagiaires.

L’un des points faibles du jeu : sa caméra fixe, et sa perspective éloignée, qui peuvent être de vrais handicaps, rendant l’action difficilement lisible. C’est encore plus vrai lorsque l’image est chargée, comporte de nombreux éléments. On a alors du mal à décrypter les pièges, les obstacles, voire les éléments liés aux missions.

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Le mode solo est moins intéressant que le mode coopératif. Les missions y sont sympas, mais on se lasse vite. Le mode en coop (2 joueurs) est bien plus fun. Il peut aussi permettre à un adulte d’accompagner un jeune joueur, pas forcément familier avec ce style de jeux. Autre raison de privilégier le coopératif : ces niveaux sont beaucoup plus intéressants, avec une progression plus gratifiante. Une vraie coop où on a réellement besoin de l’autre. Cela démontre que le soft a été pensé avant tout pour le mode 2 joueurs.

On aurait aussi pu parler de l’IA, de l’escouade ou des ennemis, qui n’est pas toujours très futée ni réactive. Mais cela participe, je pense, à l’expérience simplifiée du jeu. Enfin, si la durée de vie est assez courte en solo (une poignée d’heures), le jeu est sauvé (encore une fois) par son mode coop. Qui est, à lui tout seul, une véritable invitation à relancer la partie pour viser un 100% d’accomplissement pas si facile à décrocher. Même à deux !

Au final

Chicken Run : Commandodu est une bonne surprise pour les fans de la franchise ou pour les familles cherchant un jeu coop avec une dose d’humour et de stratégie légère. Ce n’est pas un jeu d’infiltration hardcore : il mise sur l’accessibilité et le fun. Si tu veux un jeu très exigeant tactiquement, ce n’est peut-être pas le premier choix. Mais si tu veux une aventure chouette à partager avec un ami ou un enfant, il remplit très bien son rôle.

On aime les films d’Aardman Animations (Chicken Run, Wallace & Gromit, Shaun le Mouton), on aime aussi l’humour anglais… Donc on a adoré ce Chicken Run Commandodu, agréable en solo, génial en coop. Un jeu qui mérite sa place au pied du sapin !


Chicken Run Commandodu

  • L’histoire et l’humour digne de l’univers Aardman
  • Les mécaniques d’infiltration/extraction
  • Solide rejouabilité
  • Les voix officielles
  • Très fun en coop locale
  • Les niveaux exclusifs au mode coop
  • Du challenge : un 100% pas si facile à décrocher
  • Un petit prix
  • Graphismes un peu tristounes
  • La caméra « vue du dessus » qui manque parfois de lisibilité
  • Le mode solo moins intéressant, plus vite lassant
  • L’IA (alliés comme ennemis) pas toujours très finaude