Une aventurière née pour apprendre

Créée en 2000 par Chris Gifford, Valerie Walsh Valdes et Eric Weiner, Dora l’Exploratrice (Dora the Explorer) est une série d’animation américaine produite par Nickelodeon et Nick Jr. Destinée aux enfants de 3 à 6 ans, elle met en scène Dora Márquez, une petite fille curieuse et courageuse qui part à l’aventure avec son singe Babouche (Boots, en Anglais). À chaque épisode, Dora interagit directement avec le spectateur. L’invitant à résoudre des énigmes et à apprendre quelques mots d’espagnol. Un concept ludique et éducatif, pionnier à l’époque, qui a révolutionné les dessins animés interactifs.

Dès sa première diffusion, la série connaît un succès fulgurant. Traduite dans plus de 35 langues et diffusée dans 125 pays, Dora l’Exploratrice devient un véritable phénomène culturel. L’approche pédagogique (apprendre en s’amusant) et l’ouverture linguistique séduisent autant les parents que les enseignants. L’univers coloré, les musiques entraînantes et les personnages attachants (Babouche, Chipeur, Diego…) participent à son succès. En vingt ans, Dora est devenue une icône de la télévision jeunesse, récompensée à plusieurs reprises pour sa dimension éducative.

► Sur le même thème : TEST. Pat’Patrouille – Rescue Wheels Championnat, avant tout familial et initiatique

Forte de sa popularité, Dora s’est rapidement déclinée au-delà du petit écran : jouets, livres, spectacles, et même un film live-action (Dora et la Cité perdue, 2019). L’univers a aussi inspiré une série dérivée (Go, Diego, Go!), centrée sur son cousin explorateur. Avec l’essor du numérique, Dora a investi le monde des applications éducatives et des jeux interactifs. Prolongeant son objectif initial : apprendre en s’amusant. La série a su évoluer avec son temps tout en gardant son ADN : la curiosité, la bienveillance et l’apprentissage actif.

Les aventures de Dora se sont multipliées sur consoles : Game Boy Advance, Nintendo DS, Wii, puis plus récemment sur Switch et PC… Des titres comme Dora’s World Adventure! ou Dora Saves the Snow Princess reprennent la formule du dessin animé : mélange d’exploration et de mini-jeux éducatifs. Aujourd’hui encore, Outright Games perpétue la tradition avec de nouveaux jeux adaptés aux plus jeunes. Dora l’Exploratrice, c’est avant tout une héroïne qui n’a jamais cessé de faire ce qu’elle fait de mieux : inviter les enfants à partir à la découverte du monde, un pas à la fois.

Chipeur, arrête de chiper !!

Chipeur a chipé le super Duplicateur. Maintenant, ses clones sèment le chaos partout dans la forêt. Dora et Babouche vont devoir réparer le Duplicateur pour sauver l’arbre Alebrije coloré. Le joueur va ainsi partir à l’aventure en compagnie de ses amis Tico, Véra, Totor, le Grand Poulet Rouge et Ale. Le scénario est simple, mais il fait le travail : on a ainsi un objectif à accomplir… Et une justification à nos différentes tâches, objets à collecter, ou tout simplement au fait de devoir traverser 13 niveaux. De son côté, le gameplay s’articule autour de deux notions : exploration, et autonomie.

On est ici dans un jeu de plateformes 3D, où l’on pourra sauter, courir, se balancer (un gameplay simple pour que l’enfant apprenne les bases)… Tout en collectant des feuilles et des cosses magiques. Si un mauvais saut nous fait tomber à l’eau près de la rivière, on ne se sent pas vraiment sanctionné, puisqu’une bulle nous transporte en sécurité un peu plus loin. Bien entendu, vous devrez aussi résoudre différentes énigmes, fabriquer des objets grâce à un atelier, actionner des leviers pour ouvrir des passages… Ou encore empêcher Chipeur de chiper ! Mais rien de bien sorcier : la solution est généralement deux mètres plus loin… Et Dora n’arrête pas de briser le 4e mur en s’adressant au joueur pour le guider. La difficulté est quasi inexistante.

► Sur le même thème : TEST. Bluey : le jeu vidéo, une aventure à réserver aux tout-petits

Au début du jeu, seulement quelques zones seront disponibles pour chaque chaque niveau. Le reste étant bloqué par des actions que vous ne pouvez pas encore réaliser : construire une montgolfière, arroser une plante pour faire pousser des lianes, etc. Un gros plus puisque, avec cinq mondes et 13 niveaux, on traverse le jeu assez rapidement, en frôlant la durée de vie trop faible. Mais cette progression soumise à conditions permet de redécouvrir chaque tableau, ses zones inédites… Le 100% étant impossible sur les premiers runs. L’expérience se prolonge donc, assurant une rejouabilité bienvenue.

Le jeu a, très clairement, été imaginé et conçu pour un jeune public : des commandes simples, des objectifs expliqués de manière assez claire, des repères visuels et sonores assez limpides pour les tout-petits qui ne sont pas encore familiers avec les jeux vidéo… Le cas échéant, on apprécie aussi la présence d’un mode coopératif (à deux). Il permettra soit à papa ou maman de prendre part à l’aventure pour aider… Soit à un(e) ami(e), frère ou sœur de se joindre à l’expérience. Un plus appréciable lorsque l’on a une fratrie de gamers à la maison, et qui souligne encore plus la dimension familiale du jeu.

Le chaud et le froid

Du côté de la réalisation, le jeu souffle le chaud et le froid. Du côté des aspects positifs, on aime par exemple son ambiance colorée, pour ne pas dire chatoyante. Ou encore ses graphismes mignons. Et ses personnages fidèles à Dora L’Exploratrice. Un enfant qui suit la série retrouve instantanément ses repères, avec un univers et des personnages connus. Les tout-petits fans se réjouiront aussi d’entendre leur amie majoritairement parler en Français (avec quelques petites phrases en Anglais : ce n’est pas un bug, ça fait partie du cahier des charges de la série). Comme dans le dessin animé, on apprend avec Dora !

Malgré sa simplicité apparente, on aime aussi le fait que le jeu offre un large panel d’activités. Les niveaux auraient pu se ressembler, mais les développeurs parviennent à casser la routine grâce à divers types de gameplay : de la plateforme évidemment, mais aussi de la collecte (feuilles, cosses magiques), des puzzles et des énigmes environnementales, des secrets à trouver, des objets à fabriquer… Et en dehors des niveaux classiques, des défis viennent s’ajouter. Comme la course aux noisettes, ou la chasse au nuage. Quand le jeu aurait pu s’enfermer dans une boucle répétitive, il multiplie les activités qui vont éveiller la curiosité de l’enfant. Offrant un solide contenu pour un jeu jeune public.

► Sur le même thème : TEST – Kirby et le Monde Oublié + Le Pays des Étoiles Filantes : un portage réjouissant, une extension qui met des paillettes dans nos vies

Au chapitre des déceptions, on pointera évidemment une durée de vie courte. Et ceci malgré des niveaux assez longs, à revisiter plusieurs fois si on vise le 100%. Bien que la durée de vie soit relative, car variable selon l’âge du joueur. Comme on l’a vu plus haut, l’accent est mis sur l’accessibilité, ou encore la fidélité à l’univers Dora, plutôt que sur un gameplay novateur ou exigeant. Pour les plateformes modernes (PS5, Xbox Series), on ne peut pas dire que le jeu offre des innovations techniques ou visuelles spectaculaires. Les textures sont même parfois grossières, avec des éléments très polygonaux. Les graphismes, s’ils sont mignons, ne sont pas non plus une priorité.

Il va aussi falloir que l’on parle des énigmes du Lutin Grognon ! Que le joueur doive donner la réponse à ses devinettes pour traverser son pont, soit ! Que le jeu s’adresse à des (tout) petits, on peut aussi le comprendre ! Mais là… Le Lutin Grognon prend quand même un peu les enfants pour des betas ! Quand on doit, par exemple, deviner le nom d’un fruit jaune et sucré, si le lutin avait proposé de choisir entre une banane et une orange, on aurait compris… Mais nous faire choisir entre une banane et une guitare, euh… Cette simplicité un peu trop appuyée aura même fait sourire mon fils de 5 ans, qui a aussi participé à ce test. La difficulté des énigmes vise davantage les enfants de 3 ans que ceux de 6 ans…

Au final

Notre conclusion sera sans doute la même que pour Pat’Patrouille – Rescue Wheels Championnat : ce nouveau jeu Dora risque de décevoir les plus grands pour sa facilité et sa durée de vie limitée… Tout simplement parce qu’ils n’en sont pas la cible. Au delà de 7-8 ans, il faudra sans doute regarder vers d’autres titres, c’est certain ! Ici, on parle d’un jeu pour les 3-6 ans. Un public pour lequel il est plutôt bien adapté. Il est accessible, pas trop compliqué, et plonge les enfants dans un univers qu’ils connaissent bien.

Si vous cherchez un jeu pour un jeune enfant ou une expérience ludique à partager en famille, Dora : Sauvetage en forêt tropicale est un très bon choix. De même, il peut constituer une bonne initiation, un tout premier jeu vidéo pour découvrir le gaming. Il remplit bien sa mission : divertissement, accessibilité, valeurs positives (aventure, découverte, amour de la langue)… Le tout servi par une construction claire et bien structurée, avec ce qu’il faut d’objectifs, et une difficulté parfaitement dosée pour le public ciblé. Bref, Dora : Sauvetage en forêt tropicale a toute sa place au pied du sapin !


Dora : Sauvetage en Forêt Tropicale

  • Rejouabilité et durée de vie correctes
  • Un jeu bien structuré et très accessible pour les petits
  • Commandes claires et intuitives
  • Une ambiance joyeuse et colorée
  • Fidèle à l’univers de Dora l’Exploratrice
  • Facile et sans aucune sanction
  • Le doublage en VF
  • Un mode coop
  • Les énigmes : zéro difficulté
  • Toujours les mêmes musiques
  • Visuellement et techniquement assez daté