Milestone… Ils sont partout !

Chez Milestone, on bosse tout le temps ! Et quand je regarde le calendrier 2026, je ne sais pas vraiment quand nos amis italiens ont pris le temps de dormir cette année ! Les Milanais ont ouvert leur agenda avec un excellent Ride 6 qui a mis tous les fans de moto d’accord. Puis, quelques semaines plus tard, le studio ressuscitait l’une de ses vieilles licences, avec un surprenant Screamer. Avant de revenir aux deux roues et à la compétition au tout début de l’été avec MotoGP 26, le billet annuel pour le championnat de motos de vitesse. Et puis… On pensait que les p’tits gars de chez Milestone allaient enfin pouvoir prendre des vacances bien méritées. Mais c’était sans compter sur Hot Wheels Infinite Rush, annoncé pour cette rentrée… Soit quatre jeux majeurs publiés en 2026 !

Quatre jeux répartis entre deux titres plus « simulation » (les deux jeux de motos), et deux plus typés « arcade », à savoir Screamer et son drift de dingo, et ce Hot Wheels : Infinite Rush qui cible un public clairement plus jeune. Bien évidemment, comme son nom l’indique, le jeu va nous emmener dans l’univers survolté des petites voitures de Mattel. On retrouvera ainsi des modèles emblématiques et biens connus par les jeunes fans, tels que la Twin Mill, Mod Rod, Bone Shaker, 5 Alarm… Au programme donc, du grand n’importe quoi, de la couleur à gogo, de la vitesse et des cascades de malade… Bref, quand beaucoup brandissent l’étiquette « arcade » à tire-larigot, Milestone va nous rappeler en quoi cela consiste, exactement !

► Sur le même thème, lire aussi notre test : Hot Wheels Unleashed 2 Turbocharged : mini-voitures, maxi-plaisir

Entre Milestone et Mattel, ce n’est pas une histoire nouvelle ! Car outre leurs titres réguliers que sont SBK, MotoGP ou Ride, Milestone est derrière les récents Hot Wheels Unleashed (2021), et Hot Wheels Unleashed 2 : Turbocharged (2023). Deux jeux qui nous ont déjà fortement habitués à cet univers. En revanche, je profite de cette précision pour évacuer un malentendu fait parfois par certains joueurs : si les Italiens ont développé Monster Jam Showdown (2024), avec Feld Entertainment (titulaire des droits sur le vrai championnat Monster Jam), la licence n’est plus sous le giron de Mattel et Hot Wheels. Les jouets à grosses roues l’ont été pendant plus de 20 ans, jusqu’en 2018. Date à laquelle les Monster Jam sont passés chez le fabricant concurrent Spin Masters.

Lorsque Milestone a annoncé un nouveau jeu Hot Wheels, on s’attendait tout d’abord à un HW Unleashed 3 ! Tout simplement ! Mais dès les premiers éléments d’information et les premiers visuels, Milestone nous a coupé l’herbe sous le pied ! Finies les courses qui s’enchaînent. Place à un monde ouvert ! Les premiers teasers montraient ainsi une ville, composés d’éléments de la gamme Hot Wheels City, et le joueur pouvant se déplacer librement en ville, à la campagne, en bord de mer… Les trailers suivants nous ont précisé que nous allons en réalité évoluer dans un archipel ! Soit quatre îles qui constituent quatre bacs à sable aux thématiques variées. Avec de nombreux défis à relever. Alors, justement, on y va !

Près de 200 voitures à débloquer, et des tonnes de choses à faire

Infinite Rush reprend donc une très grande partie des mécaniques de Hot Wheels Unleashed 1 et 2. Accélération, attaques latérales à gauche et à droite… Si on constate la disparition du saut par rapport à Unleashed 2, les commandes des véhicules sont quasiment les mêmes. Les habitués ne seront donc pas dépaysés par la jouabilité. En revanche, la plus grosse nouveauté concerne l’environnement, en grande partie destructible. Car comme je l’ai écrit, ici on ne sélectionne plus des circuits, mais on évolue dans un véritable monde ouvert, parsemé de nombreux défis. À la manière d’un Burnout Paradise, ou The Crew, pour celles et ceux qui ont la référence.

Plus exactement, vous débutez sur la carte de Wheelswood, reconnaissable à son singe géant accroché à son gratte-ciel. Ville, plage, colline… Les challenges qui vous attendent sont nombreux : courses et contre-la-montre évidemment, mais pas que : on retrouvera aussi les courses d’élimination (le chrono élimine ceux qui sont en queue de peloton), les concours de dérapage… Auxquels s’ajoutent des concours de cascades, de destruction (faire le plus gros score en détruisant les éléments du décor), des missions de livraisons (il faut apporter une voiture chez le concessionnaire sans la détruire en route)… Et même un mode « Touriste », qui vous permet de gagner des points simplement en photographiant des lieux emblématiques de la carte !

► Sur le même thème, lire aussi notre test : Hot Wheels Unleashed : la bonne surprise Arcade de Milestone

Chaque carte comporte aussi son lot de collectibles, tels que des engrenages, des stickers, des étiquettes Hot Wheels… Dans le but de débloquer de nouvelles voitures bonus. Régulièrement, vous verrez aussi passer des véhicules plus énervés que les autres : les Daredevils. Si vous les défiez et que vous les battez, vous empochez un nouveau modèle de véhicule. Une fois que vous avez suffisamment progressé dans les défis, vous débloquez de nouvelles îles de l’archipel Hot Wheels : Tentacle Bay et sa pieuvre géante, Gearville et son scorpion… Quatre grandes zones sont à visiter au total. On peut aussi jouer à quatre en multijoueur local. Le split-screen colle parfaitement à l’esprit Hot Wheels. À plusieurs, les accidents et les trajectoires ratées deviennent presque aussi amusants que les victoires. Hélas, on peut jouer ensemble sur les courses, mais pas simplement partir explorer les îles à plusieurs. Pour un jeu aussi familial, c’est une occasion manquée.

D’ailleurs, les développeurs semblent aimer le chiffre quatre, puisque les véhicules du jeu sont classés en quatre catégories : les Universels assez équilibrés ; Les Dérapeurs plutôt à l’aise avec les épreuves de drift ; Les Speeders pour affoler les radars automatiques ; Et les Titans plus massifs, pour le off-road. Chaque défi réussi permet de débloquer des pièces pour acheter des véhicules, chez les concessionnaires… Au total (hors DLC), les développeurs annoncent 161 voitures classiques et 24 Super Treasure Hunt, soit un total de 185 véhicules de base à collectionner. Vous l’aurez compris, le premier point fort du jeu, c’est sa générosité : il empile les activités pour nous donner l’impression qu’il y a toujours quelque chose à faire ! Dommage qu’il manque un minimum de contexte, de scénarisation, pour donner plus de personnalité à cet univers !

Une réalisation qui semble chercher les compromis

Sur PS5, Hot Wheels Infinite Rush affiche immédiatement ses intentions. C’est coloré, brillant et particulièrement agréable à regarder. Les petites voitures profitent d’un soin évident, avec des carrosseries détaillées, des peintures chatoyantes et des matériaux qui reproduisent plutôt bien le plastique et le métal. À ce niveau, Milestone connaît clairement son sujet. Les effets de lumière renforcent également le spectacle. Les couleurs claquent à l’écran et les accélérations donnent une vraie sensation de vitesse. L’ensemble reste très lisible malgré le rythme effréné des courses. Sur PS5, le jeu vise les 60 images par seconde. Résultat : l’expérience est globalement fluide.

Mais cette jolie façade cache quelques compromis. Les environnements sont nettement moins détaillés que les voitures. Certaines textures manquent de finesse et quelques éléments du décor peuvent paraître assez simples. Le problème se remarque davantage lors des phases d’exploration, lorsque l’on ralentit pour observer les paysages. À pleine vitesse, forcément, les défauts passent beaucoup plus facilement sous le radar. Les développeurs se servent du contexte pour adoucir cet aspect : on est dans un jouet Hot Wheels City, donc un palmier plus grossier qui ressemble à un jouet de plastique, ça choque beaucoup moins que dans un jeu qui se prétendrait photoréaliste. Tout comme certains modèles 3D plus sommaires, comme les immeubles ou les gros blocs de végétation : dans un jeu réaliste, c’est moche ! Ici, on imagine un enfant qui a construit sa ville avec des modules répliqués.

► Sur le même thème : TEST. Marsupilami 2 – Salsa Palombia : : un délicieux parfum de platformer des années 90

Sur PS5, on peut également relever quelques effets de scintillement et d’aliasing selon les scènes. Certains éléments du décor perdent alors un peu de netteté en mouvement. Rien qui empêche de jouer, mais suffisamment visible pour rappeler que Infinite Rush ne cherche pas vraiment la démonstration technique. Les temps de chargement constituent une autre petite fausse note. Ils ne sont pas catastrophiques, mais leur présence surprend davantage sur PS5. Le retour vers certaines épreuves ou certains environnements peut demander plusieurs secondes. Avec un SSD aussi rapide, on aurait aimé que les Hot Wheels ne prennent pas autant leur temps au feu rouge.

Le bilan sonore suit finalement la même philosophie. Les moteurs, les accélérations et les effets accompagnent parfaitement l’action. La musique reste dynamique et colle à l’ambiance arcade, sans toutefois laisser une empreinte mémorable. Elle finit même par tourner en rond. On peut aussi rencontrer quelques bugs audio ponctuels, mais rien de bien méchant.

Globalement donc, la réalisation fait le travail et la fluidité sert parfaitement un gameplay nerveux. Mais derrière les carrosseries rutilantes, les décors montrent davantage les limites techniques de cette production. C’est joli, coloré et efficace, sans jamais vraiment atteindre le niveau de finition des grosses productions du genre. C’est un beau jeu, parfois même très beau sur certains aspects, mais sans être pour autant une vitrine technologique. Ce qu’il ne prétend d’ailleurs pas être…

Le mode créatif : LE mode à corriger !

Je n’ai pas encore parlé de l’un des autres atouts de Infinite Rush : son mode créatif ici appelé Coin Créatif. Il vous permet notamment de modifier les livrées de vos voitures, de créer des stickers ou carrément des circuits entiers. Il offre de quoi s’amuser tout en titillant votre fibre créatrice. Le Track Builder par exemple est beaucoup plus intéressant qu’un simple gadget. On peut assembler des portions de circuit, utiliser les reliefs, contourner des bâtiments, créer des boucles, des tire-bouchons, des sauts ou des parcours complètement absurdes. Des marqueurs permettent même de déterminer comment l’IA doit parcourir certaines créations. Bref… Ce mode est très proche de ce que l’on a pu avoir dans les Unleashed ! Avec les mêmes qualités… Mais aussi les mêmes défauts !

Dont un que j’ai énormément de mal à comprendre ! Quand tu crées une livrée, pour pouvoir l’utiliser sur tes propres voitures… Tu dois la partager online avec la communauté, pour ensuite la RÉIMPORTER dans TA version du jeu, pour pouvoir l’appliquer ! Pourquoi ne pas pouvoir utiliser ta création en offline librement et directement, puis ensuite la partager avec les autres joueurs si tu le souhaites ? Ce système est extrêmement fastidieux, et t’oblige à enregistrer une adresse mail pour te connecter… Un comble pour un jeu qui s’adresse aussi (et surtout) à de très jeunes joueurs. Je parle en connaissance de cause, puisque c’est le cas de mon fils de 6 ans, fan du jeu, mais qui ne peut pas appliquer ses créations, sauf si je lui crée un compte internet… Cette usine à gaz existait déjà dans Unleashed 2 et n’a jamais été corrigée ou modifiée… Croisons les doigts pour que Milestone rende plus accessible l’utilisation des créations dans Infinite Rush…

► Sur le même thème : TEST. Sonic Racing Crossworlds : Sonic fonce à toute vitesse… Mais la Switch tire le frein à main

Le mode créatif est aussi, à mon sens, handicapé par un contenu finalement assez limité à la base (même si on peut réutiliser les créations des autres joueurs) : on fait vite le tour des stickers et outils existants. L’interface manque aussi parfois de confort, notamment lorsqu’on veut construire quelque chose de complexe. D’autant qu’aucun tutoriel n’est proposé, hormis quelques lignes de texte : le mode créatif, on l’apprend dans le dur, en testant des choses (qui ne fonctionnent pas toujours), et en recommençant lorsque c’est nécessaire. L’éditeur demande un petit temps d’adaptation. Son interface n’est pas toujours très intuitive.

Et il y a surtout cette petite ironie : le monde ouvert qui offre la liberté, limite aussi le créateur. Les circuits doivent être installés dans les environnements existants, avec leur architecture. Les bâtiments et les éléments du décor peuvent donc compliquer la construction de certains tracés. Il faut composer avec les bâtiments et le relief plutôt que partir d’une feuille blanche. Une zone totalement vierge aurait offert davantage de possibilités.

Au final

Hot Wheels Infinite Rush possède un argument imparable : il est fun immédiatement ! La conduite est nerveuse, les voitures sont nombreuses et le spectacle fonctionne instantanément… On se marre et on n’a plus vraiment envie de lâcher la manette tant que les maps ne sont pas complétées à 100% ! Le Track Builder apporte aussi une vraie profondeur, surtout pour les joueurs qui aiment créer et partager leurs propres circuits.

Mais cette générosité s’accompagne de quelques compromis. Le monde ouvert manque parfois de vie et les activités finissent par se répéter. La réalisation est jolie et colorée, sans pour autant exploiter pleinement les capacités de la PS5. Quelques défauts techniques viennent aussi rappeler que le jeu n’est pas une vitrine technologique.

► Sur le même thème : TEST. Formula Legends : une pole prometteuse, un Grand Prix sous drapeau jaune

Infinite Rush reste donc une expérience agréable, particulièrement adaptée aux amateurs de courses arcade et aux familles. Il aurait simplement gagné à mieux exploiter son concept de jouet géant. Parce qu’avec des loopings, des boosters et des petites voitures, franchement, difficile de faire plus Hot Wheels. Mais on aurait quand même souhaité un bon gros 180 degrés au frein à main, plutôt qu’un virage en douceur, en seconde.

L’avis de Hayden, 6 ans
Le jeu est drôle, et c’est super de retrouver en jeu vidéo mes petites voitures préférées ! C’est chouette de pouvoir aller où on veut, même si c’est parfois compliqué de comprendre tout ce qu’on peut faire. Certaines courses (les duels contre les Daredevils, NDLR) sont plus compliquées parce qu’on est stoppé par le décor, et la voiture dérape parfois beaucoup. Mais j’adore la vitesse, et pouvoir détruire et passer à travers plein de choses. C’est un jeu très amusant pour les enfants, même s’il faut parfois demander de l’aide pour certaines missions.


Hot Wheels Infinite Rush

  • Par : Milestone
  • Sur : PS5, XBox Series, PC, Switch 2.
  • Genre : courses / monde ouvert
  • Classification : PEGI 3
  • Prix : 49,99€
  • Conditions de test : testé sur une version PS5 fournie par l’éditeur
  • Une conduite immédiatement fun
  • Un gameplay très accessible
  • Près de 200 bolides à collectionner
  • Des voitures particulièrement réussies
  • Le sound-design des voitures
  • La sensation de vitesse
  • Une direction artistique colorée
  • Une solide durée de vie
  • 80% de la map destructible
  • Un contenu varié
  • Du multijoueur local à quatre
  • Une bonne fluidité sur PS5
  • Le mode créatif pas toujours ergonomique, et son système de partage mal foutu
  • Les temps de chargement
  • Un monde ouvert qui manque parfois de folie
  • Une progression qui finit par se répéter
  • Une réalisation qui montre quelques limites
  • Une mise en scène trop légère
  • Le multijoueur local reste limité