Après plusieurs tentatives plus ou moins réussies pour concurrencer Mario Kart, Sonic revient sur la piste avec Sonic Racing CrossWorlds. Plus ambitieux, plus rapide et plus spectaculaire que ses prédécesseurs, le jeu de SEGA compte bien prouver que le hérisson bleu a encore son mot à dire dans la catégorie des jeux de kart. Avec ses circuits capables de changer de dimension en pleine course, son casting XXL et une personnalisation poussée, CrossWorlds possède de sérieux arguments. Mais sur Nintendo Switch première génération, la question est différente : cette petite console peut-elle vraiment suivre le rythme effréné imposé par Sonic ?
De Sonic & Sega All-Stars Racing à CrossWorlds : le long chemin vers Mario Kart
Sonic et la vitesse, c’est une histoire qui semblait presque écrite d’avance. Après tout, depuis sa naissance en 1991 sur MegaDrive, le hérisson bleu de SEGA incarne la rapidité, l’énergie et le mouvement permanent. Pourtant, lorsqu’il s’agit de transposer cet ADN dans un jeu de course, le parcours a été beaucoup plus compliqué. La première vraie tentative arrive en 2010 avec Sonic & Sega All-Stars Racing. L’idée était simple : reprendre la formule des jeux de kart arcade et y ajouter les stars de l’univers SEGA. Sonic, Tails, Knuckles, mais aussi AiAi de Super Monkey Ball ou encore Beat de Jet Set Radio prennent alors le volant. Le résultat fonctionne plutôt bien. Le titre trouve son public grâce à son ambiance, son fan-service et ses circuits inspirés des licences maison.
Deux ans plus tard, Sonic & All-Stars Racing Transformed franchit un cap. Les véhicules capables de rouler sur terre, naviguer sur l’eau et voler apportent une vraie originalité. Beaucoup considèrent encore aujourd’hui cet épisode comme l’un des meilleurs concurrents historiques de Mario Kart. Puis SEGA tente une approche plus classique avec Team Sonic Racing en 2019. Développé par Sumo Digital, le studio déjà responsable des précédents épisodes, le jeu mise sur la coopération entre pilotes. Une bonne idée sur le papier, mais une formule qui convainc moins largement.
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Avec Sonic Racing CrossWorlds, SEGA revient donc aux fondamentaux : du kart arcade, du chaos, des objets délirants et surtout une nouvelle idée capable de renouveler les courses. Le principe des CrossWorlds : Pendant une course, les pilotes traversent un portail qui transforme totalement la seconde partie du circuit. Une jungle peut ainsi laisser place à un monde aquatique ou à un univers totalement différent. Cette mécanique apporte une vraie surprise, puisque deux courses sur le même tracé peuvent ne jamais se ressembler complètement.
Le développement est assuré par Sonic Team, le studio historique derrière les aventures principales du hérisson bleu. SEGA semble ici vouloir proposer bien plus qu’un simple spin-off opportuniste : un véritable concurrent aux références du genre. Et sur le papier, la mission est réussie. Reste à savoir si la version Switch est capable de suivre.
Un gameplay supersonique qui retrouve enfin la bonne trajectoire



Soyons honnêtes : Sonic Racing CrossWorlds est immédiatement amusant. Dès les premières minutes, on retrouve cette sensation de vitesse que l’on attend d’un jeu mettant Sonic en vedette. Les véhicules (karts, 4×4, hoverboards… Qui volent et flottent aussi) répondent parfaitement. Les dérapages sont accessibles mais demandent suffisamment de maîtrise pour devenir intéressants. Les raccourcis récompensent les joueurs attentifs. Et surtout, les circuits sont probablement les plus réussis de toute la série.
SEGA a compris une chose essentielle : un bon jeu de kart ne repose pas uniquement sur ses personnages, mais sur la qualité de ses pistes. Chaque circuit regorge d’idées. Des passages alternatifs. Des changements de rythme. Et des obstacles. Des zones qui demandent de prendre des risques. La mécanique CrossWorlds apporte même une dimension stratégique supplémentaire. On ne connaît jamais totalement la suite d’une course, et un joueur en difficulté peut rapidement revenir dans la partie grâce à un changement de décor bien négocié.
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Le système de personnalisation constitue également une belle surprise. Au lieu de simplement choisir une voiture rapide ou maniable, le joueur peut modifier son équipement grâce aux gadgets. Ces améliorations permettent d’adapter son style de conduite : privilégier la vitesse, la défense, la récupération ou les objets. Une approche qui donne davantage de profondeur qu’un simple changement de kart. Évidemment, CrossWorlds reste un jeu arcade. Les carapaces de Mario Kart ont ici leurs équivalents explosifs. Les retournements de situation sont fréquents. Et certains objets peuvent provoquer quelques crises existentielles dignes d’une finale de Coupe du monde perdue à la dernière seconde. Mais c’est aussi ce qui fait le charme du genre.
Le problème vient davantage de l’équilibrage. Certains objets sont particulièrement puissants. En ligne, quelques stratégies deviennent rapidement incontournables. Les joueurs compétitifs risquent donc de trouver certaines courses frustrantes. Pour les parties entre amis, en revanche, c’est une véritable réussite. CrossWorlds retrouve ce plaisir immédiat où une victoire semble toujours possible jusqu’au dernier virage.
Une version Switch qui roule avec le frein à main



C’est ici que le test devient plus compliqué. Parce qu’il faut séparer deux choses. Sonic Racing CrossWorlds est un excellent jeu. Mais… Sonic Racing CrossWorlds sur Nintendo Switch première génération est une adaptation qui fait des compromis. La console de Nintendo arrive en fin de carrière en 2026. Son matériel n’a jamais été pensé pour gérer facilement des jeux aussi ambitieux. Et cela se ressent.
Premier problème : la résolution. Le jeu affiche une image nettement moins propre que sur les autres plateformes. En mode portable, cela passe davantage grâce au petit écran de la Switch. Sur téléviseur, les concessions deviennent beaucoup plus visibles. Les textures perdent en finesse et certains détails disparaissent. Deuxième problème : la fluidité. Un jeu de course demande une sensation de vitesse constante. Or, la version Switch tourne avec davantage de limitations que les versions plus puissantes.
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Beaucoup de joueurs considèrent, et j’en fais partie, que cette adaptation perd une partie de la nervosité visuelle du jeu original. Ce n’est jamais injouable. L’expérience reste agréable. Mais difficile de ne pas imaginer ce que le jeu aurait pu donner avec davantage de puissance. C’est un peu comme demander à Sonic de courir avec des chaussures trop petites. Il avance. Il gagne même parfois. Mais il pourrait clairement aller plus vite.
Le point positif, c’est que la direction artistique compense énormément. Les couleurs explosent à l’écran. Les personnages restent immédiatement reconnaissables. Les effets visuels donnent une vraie personnalité aux courses. Même techniquement limité, CrossWorlds conserve cette énergie propre à Sonic. La bande-son mérite également une mention spéciale. Les musiques sont dynamiques, entraînantes et parfaitement adaptées au rythme des courses. SEGA n’a pas oublié que dans un bon jeu arcade, la musique participe autant au plaisir que le gameplay.
Un contenu généreux qui veut jouer dans la cour des grands



L’autre grande force de Sonic Racing CrossWorlds, c’est son contenu. Le jeu ne se contente pas d’enchaîner quelques courses et de ranger la voiture au garage. Le casting est conséquent. Les véhicules sont nombreux. Les éléments à débloquer sont abondants. La personnalisation offre suffisamment d’options pour donner envie de revenir régulièrement. Le mode solo propose de nombreux défis, tandis que le multijoueur constitue évidemment le cœur de l’expérience.
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C’est là que le jeu prend toute sa dimension. Comme Mario Kart, CrossWorlds est meilleur lorsqu’il devient un rendez-vous entre amis. Une soirée. Quelques manettes. Des cris. Des accusations de triche. Et probablement un joueur persuadé que « le dernier objet était totalement injuste ». La recette fonctionne toujours.
En revanche, certains joueurs pourront regretter l’absence d’un véritable mode aventure aussi marquant que certains épisodes concurrents. CrossWorlds mise davantage sur la compétition et la répétition des courses que sur une grande campagne scénarisée. Mais dans son domaine, il remplit largement son contrat.
Au final



Sonic Racing CrossWorlds est une excellente surprise. Après plusieurs épisodes solides mais incapables de détrôner Mario Kart, Sonic revient avec une formule plus ambitieuse et surtout beaucoup plus maîtrisée. Les circuits sont brillants. La conduite est agréable. La mécanique CrossWorlds apporte une vraie nouveauté. La personnalisation enrichit l’expérience. SEGA tient enfin son grand jeu de kart moderne.
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Malheureusement, cette version Nintendo Switch 1 arrive avec un énorme handicap. La console fait ce qu’elle peut. Et elle le fait plutôt correctement. Mais elle empêche le jeu d’exprimer tout son potentiel. Ce n’est pas un problème de conception. C’est un problème de moteur. Comme un pilote de Formule 1 obligé de participer au Grand Prix avec une voiture moins puissante que ses concurrents. Il peut encore gagner. Mais il part avec un désavantage évident.
Si vous possédez uniquement une Switch première génération, Sonic Racing CrossWorlds reste un excellent choix. C’est même probablement l’un des meilleurs jeux de kart disponibles sur la machine avec Mario Kart 8 Deluxe. Mais si vous avez accès à une plateforme plus puissante, l’expérience sera forcément supérieure. Sonic a enfin retrouvé sa vitesse. Dommage que la piste ne soit pas toujours assez large pour lui.
Sonic Racing Crossworlds

- Par : Sega (Sonic Team)
- Sur : Switch 1&2, PS4 et PS5, XBox Series, PC.
- Genre : courses
- Classification : PEGI 3
- Prix : 59,99€
- Conditions de test : testé sur une version commerciale, sur Switch. Modes principaux terminés
J’ai bien aimé
- Une conduite rapide et agréable
- Les meilleurs circuits de la série Sonic Racing
- La mécanique CrossWorlds vraiment originale
- Une excellente direction artistique
- Une personnalisation poussée
- Un contenu généreux
- Un multijoueur très efficace
- Une bande-son exceptionnelle
- Un vrai concurrent à Mario Kart
Je n’ai pas aimé
- Version Switch techniquement limitée
- Résolution faible sur grand écran
- Fluidité inférieure aux autres versions
- Quelques soucis d’équilibrage des objets
- Peu de nouveautés dans les modes solo
- Certains gadgets peuvent déséquilibrer les courses
