Après s’être aventuré dans des mondes de laine, de carton et de patchworks colorés… Notre dinosaure vert préféré troque ses ciseaux et ses pelotes contre une plume et de l’encre. Yoshi and the Mysterious Book débarque sur Switch 2 avec une promesse séduisante : le plonger au cœur d’un grimoire magique dont chaque page recèle des secrets de gameplay inédits. Le charme légendaire de la licence opère-t-il encore une fois, ou Big N commence-t-il à tourner en rond ? Sortez vos marqueurs, on tourne les pages de ce nouveau test.
Yoshi au Pays des Merveilles
L’histoire s’ouvre alors que Baby Bowser, jaloux de ne pas avoir son propre récit héroïque, s’empare du Grimoire des Légendes de l’Île des Yoshi. En tentant d’y gribouiller son portrait, il libère une malédiction aspirant Yoshi et ses congénères entre les lignes du livre.
Notre héros devra traverser des chapitres thématiques inspirés de genres littéraires variés : conte de fées médiéval, roman noir, science-fiction rétro. Dès les premières minutes, l’ouverture du jeu se fait comme un livre popup en relief. Mais ici, le papier n’est pas un simple décor : il est le cœur battant d’un gameplay aux multiples facettes.
Du neuf pour la ponte des oeufs



Si Yoshi’s Crafted World brillait par son esthétique de maquette, The Mysterious Book pousse le concept plus loin, en jouant avec la matière même du livre.
Un changement qui entraîne une refonte, pour ne pas dire une révolution, du système séculaire de Yoshi : les commandes avaler un ennemi, le transformer en œuf, viser et tirer, subissent leur plus grande mutation depuis Yoshi’s Island.
Dans cet opus, la nature des œufs dépend directement des éléments textuels ou des ennemis « gribouillés » que Yoshi ingurgite.
La Sainte Trinité des encres magiques



En avalant des monstres imprégnés d’encre magique, Yoshi stocke jusqu’à six œufs de couleurs différentes, chacun possédant des propriétés physiques uniques :
- L’Encre Magenta (La Matière) : ces œufs permettent de redessiner des éléments de décor effacés par Baby Bowser. Un pont manquant ? Un bloc invisible ? Un tir bien ajusté matérialise une plateforme texturée de lignes d’écriture sur laquelle Yoshi peut grimper.
- L’Encre Cyan (La Fluidité) : idéale pour nettoyer les ratures noires qui bloquent le passage ou pour imbiber des mécanismes spongieux. Projeter cette encre permet aussi de faire glisser Yoshi sur des surfaces normalement impraticables.
- L’Encre Jaune (La Lumière) : indispensable dans les chapitres de « Roman Noir » ou de « Thriller », elle illumine les zones sombres de la page, fige les ennemis sensibles à la lumière et révèle des indices écrits à l’encre sympathique sur l’arrière-plan.
Avec cette panoplie d’encres plus que sympathiques, les combinaisons sont nombreuses. Le joueur peut désormais mélanger deux œufs dans l’estomac de Yoshi, en maintenant la touche de saut enfoncée pendant une ingestion.
Avaler un ennemi de feu après un œuf de magenta crée un œuf de magma, capable de faire fondre la cire des bougies décoratives qui bloquent les accès bonus.
Un gameplay à livre ouvert



Yoshi and the Mysterious Book se joue de la bidimensionnalité de l’écran avec une ingéniosité folle. Le gameplay ne se limite pas à aller de gauche à droite. Il demande d’interagir avec la structure même du support papier.
L’exemple le plus frappant étant La Pliure Centrale (Le saut de reliure) : les niveaux sont construits comme des doubles-pages. En sautant pile au centre de l’écran (la reliure), Yoshi bascule de l’autre côté du miroir. Le décor de la page de droite peut être une version « ruine » ou « nuit » de la page de gauche. Modifiant instantanément l’emplacement des plateformes et le comportement des pièges.
Des genres littéraires qui métamorphosent Yoshi



Pour éviter toute redondance sur la quinzaine d’heures que compte l’aventure, les développeurs ont eu la brillante idée de lier le gameplay au genre littéraire du chapitre traversé. Yoshi ne se contente pas de changer de costume, ses capacités de déplacement sont profondément altérées.
Dans le chapitre de science-fiction, par exemple, les œufs de Yoshi orbitent autour de lui à cause de la gravité modifiée. Le système de visée habituel devient parabolique, demandant d’anticiper les courbes pour toucher les interrupteurs lointains. C’est déroutant les cinq premières minutes, puis d’une fluidité jouissive une fois maîtrisé.
Au final



Yoshi and the Mysterious Book réussit le tour de force de ne jamais se réduire à la simple contemplation de ses graphismes somptueux. En plaçant le papier et l’encre au centre de toutes ses mécaniques de jeu, Nintendo accouche d’un plateformer d’une inventivité rare. Le système d’œufs élémentaires et les manipulations physiques du décor offrent une profondeur de jeu inédite pour la franchise.
Un titre rythmé, intelligent et viscéralement amusant à prendre en main, sans tarder. D’autant qu’une version démo vient tout juste de sortir le EShop.
Yoshi and the Mysterious Book

- Par : développé par Good-Feel, pour Nintendo
- Sur : Switch 2
- Genre : plateforme
- Classification : PEGI 7
- Prix : 59,99€
- Conditions de test : testé sur une version fournie par l’éditeur
Les points forts
- Le système d’Encre Magique qui renouvelle intelligemment l’utilisation des œufs.
- Les manipulations de niveaux (pliages, changements de page) d’une ingéniosité folle
- Le Gameplay qui mute radicalement selon le genre littéraire du chapitre.
- Rejouabilité immense pour débusquer tous les fragments de texte cachés.
Les points faibles
- Une courbe de difficulté mal dosée : très facile en ligne droite, très ardue pour le 100 %
- Les phases de visée en gravité zéro parfois un peu confuses au stick.
- Le système de visée classique au pointeur un poil moins rapide qu’auparavant.
