Fairy Tail : un « Atelier-like » avec ses qualités et défauts

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Entre les mangas et les jeux vidéo, c’est une longue histoire d’amour (à la fin pas toujours heureuse). Dernière adaptation en date : celle de Fairy Tail, chez Koei-Tecmo, par les géniteurs de la série Atelier, Gust. Cette adaptation sera t-elle à la hauteur, ou bien va t-on retrouver les fans de Fairy Tail en PLS ? La réponse avec notre test !

Pas toute l’histoire de la série

Doit-on encore présenter la série Fairy Tail ? Écrit et dessiné par Hiro Mashima, ce shônen a été publié au Japon entre août 2006 et juillet 2017 au Japon. Soit 63 tomes. En France, le manga a été publié par Pika Editions, et la série est terminée depuis 2018. Fairy Tail a aussi été adapté en anime.

La série nous plonge dans le monde de Fiore, un univers dans lequel certains habitants ont la faculté d’utiliser la magie. Pour mieux les canaliser, ils sont réunis dans des guildes, placées sous l’autorité d’un Conseil de la magie, composé des maîtres des guildes. Le rôle des guildes est de remplir des missions, pour aider les gens autour d’eux, et ainsi obtenir des joyaux (la monnaie locale). Autrement dit, la magie devient un métier.

Le héros de la série se nomme Natsu Dragnir, élevé par un dragon, et qui possède la magie du feu. Au sein de sa guilde, Fairy Tail, Natsu va très vite se lier d’amitié avec d’autres magiciens. Lucy Heartfilia (constellationniste) et Happy (un chat bleu qui parle), Erza Scarlett (mage chevalier), Grey Fullbuster (Mage de glaces, puis Chasseur de démons de Glace)…

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Autant vous prévenir tout de suite : le jeu vidéo Fairy Tail ne s’inspire pas de la totalité du manga. Si vous comptiez découvrir la série avec le jeu, c’est raté… Puisque le jeu zappe la moitié du shonen. Il débute en effet durant l’arc de l’île de Tenro, pour se poursuivre jusqu’à l’arc de Tartaros, en passant par les Grands Jeux Magiques. Les fans comprendront, et c’est bien là le problème : pour saisir l’histoire (et malgré la présence d’une encyclopédie), il faut connaître la série un minimum.

Le jeu s’ouvre sur un combat entre les membres de Fairy Tail (Natsu, Erza, Grey, Lucy, Wendy, Luxus) et Hadès (aka Precht Gaebolg, second maître de la guilde Fairy Tail ayant rejoint le coté obscur), de la guilde occulte Grimoire Heart, de l’Alliance Baram. Un simple combat tutoriel mais assez bien rythmé… Qui introduit à la fois le système de combats et les protagonistes, ainsi que Acnologia, antagoniste qui va vous en faire baver…

La « patte » de Gust

Proposer une adaptation de manga en RPG est une excellente idée ! Béni soit Koei-Tecmo, qui a compris que les joueurs en ont marre d’incarner leurs héros préférés dans des versus-fighting souvent creux ! Le RPG est en effet un genre qui se prête à merveille à l’adaptation d’animes, encore plus pour des licences comme Fairy Tail. Après avoir goûté à l’excellent Dragon Ball Z Kakarot, c’est vraiment le jeu que les fans attendaient.

De surcroît, l’éditeur a eu l’excellente idée de confier le développement du jeu à Gust. Un studio que vous connaissez déjà pour être derrière la licence Atelier. Et croyez-moi, vous allez sentir la patte du studio, dans le gameplay, la manière d’amener l’histoire, le système de quêtes, la direction artistique… Et même le délire autour des tonneaux, qui parlera aux fans des jeux Atelier.

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Un choix qui permet de retrouver toutes les (nombreuses) qualités des Atelier… Mais aussi leurs défauts. À commencer par les quêtes qui deviennent vites redondantes. Ou le fait que, pour pouvoir avancer, vous allez vite vous retrouver à farmer, farmer, et farmer encore !

Autre petit reproche dans la construction de l’histoire : un scénario qui devient vite anecdotique, littéralement effacé par les nombreuses quêtes et missions que vous devrez honorer pour faire remonter votre guilde dans le classement.

Atelier Natsu and the Mysterious Guild

À comparer Fairy Tail avec la série Atelier, on ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Et le plus flagrant, vous l’aurez compris, est le gameplay du jeu, apparenté comme je l’ai dit plus haut, à un RPG construit comme un jeu Atelier, les phases d’alchimie en moins.

Après sept ans d’absence, vous retrouvez une guilde Fairy Tail qui a chuté tout en bas du classement des guildes de magie de Fiore. Votre objectif sera donc de remplir différents petits contrats, pour rendre service aux habitants. Votre résultat sera noté, vous permettant de remonter le classement. Et bien évidemment, le but sera de faire de Fairy Tail la guilde N°1 de Fiore.

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Dans votre repaire (ou plus tard dans d’autres lieux), un tableau d’affichage vous proposera des missions. Choisissez votre équipe parmi les personnages forts de la série, et partez sur la carte, dont les points d’intérêt se débloquent au fil de l’aventure. Le système de map est le même que dans les jeux Atelier.

Une fois sur le terrain, le principe est aussi identique à la plus célèbre des licences de Gust. Les ennemis apparaissent, et vous pouvez les éviter si vous le souhaitez (mais vous ne le ferez pas puisque le farm est une mécanique essentielle dans le jeu). Des items apparaissent en surbrillance au sol, principalement des ressources. Comme dans les jeux Atelier, on retrouvera les niveaux qui ne sont en fait que des couloirs, plus ou moins courts.

Un système de combats instinctif

Pendant les combats au tour par tour, vos héros disposent de différentes attaques, de différentes portées matérialisées par des cases qui apparaissent sur un quadrillage 3×3 au sol. Utilisez celle qui touchera le plus d’ennemis, ou celle qui sera la plus forte face à un adversaire précis, qui ne sera sensible qu’à un type d’élément. En fonction de leurs affinités, de leur degré d’amitié, vos héros pourront aussi déclencher des attaques combinées.

Comme dans la plupart des jeux du genre, le menu de combats vous offre plusieurs possibilités. Frapper à mains nues pour économiser ses MP, soigner ses amis, se protéger, ou fuir… Et bien évidemment envoyer de la magie sur l’ennemi, afin de le faire disparaître dans de grosses salves de feu, de glace ou autres… Une jauge Fairy, quand elle est activée, vous permet d’enchaîner plusieurs coups d’affilée, ce qui apporte du dynamisme aux combats.

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À la fin des combats ou des missions, vous enchaînez les bonus : expérience, points d’affinités, objets divers, expérience permettant de faire évoluer le rang de votre guilde… Ainsi que des Lacrimas (des cristaux magiques, que vous pouvez aussi acheter ou synthétiser), qui vous permettent d’obtenir des bonus dans la limite de 5 slots par personnage.

Chaque membre de la Guilde ayant des pouvoirs différents, il est aussi intéressant de changer son équipe en fonction du défi à relever, et de la nature de ses ennemis. L’intérêt étant que, en choisissant des personnages bien particuliers, vous allez faire progresser des liens d’amitié, d’affinités entre les protagonistes. Ce qui va vous ouvrir la voie vers des combos en coopération particulièrement dévastateurs : les Unisson Raids.

Une chouette réalisation

Visuellement, le jeu est très agréable à regarder ! D’une part, la direction artistique respecte assez bien l’univers du manga, y compris les mimiques ou les gags qui apportent de la fraîcheur à l’histoire… D’autre part, le tout est assez fluide globalement. Je n’ai eu à subir, durant ce test, que quelques lags en mode nomade de ma Switch. Si la ville de Magnolia peut sembler un peu vide, ou trop « clean » , on y croise de nombreux habitants avec qui vous pourrez discuter. Ce qui nous amène à un petit point noir : le clonage à outrance des PNJ, qui manquent clairement de variété (ou alors, le monde de Fairy Tail n’est composé que de familles de sextuplés).

Bien évidemment, on pourra aussi lui reprocher quelques petits soucis techniques, comme de l’aliasing dans certains niveaux, ou quelques légères chutes de framerate lorsque plusieurs ennemis sont affichés à l’écran, mais rien qui ne vienne nuire à l’expérience (et encore une fois, davantage en mode nomade). Le jeu est doublé en Japonais, mais traduit en Français. Un patch day-one a corrigé quelques fautes d’orthographe, pour une traduction aujourd’hui correcte. Notez cependant que toutes les phrases ne sont pas doublées, et les personnages se contentent souvent de simples onomatopées.

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Le jeu offre toutefois quelques curiosités, quelques incohérences dans ses transitions gameplay/cinématiques. Comme par exemple des personnages qui arrivent sur un point d’intérêt, et la cinématique suivante qui met en scène d’autres protagonistes. Ou bien un personnage qui parle alors qu’il n’est pas là, physiquement parlant…

L’une des grosses réussites techniques du jeu, c’est sa bande-originale, tantôt douce, tantôt rythmée… Mais dans (quasi) tous les cas avec de grosses consonances celtiques, qui s’inscrivent parfaitement dans l’univers planté par l’anime.

Bien sûr, on aimera plusieurs aspects satellites du jeu, comme la possibilité de faire évoluer la guilde en rénovant ce local abandonné depuis 7 ans, les costumes à débloquer… Ou l’humour omniprésent, avec ses running-gags, à l’image de ces protagonistes qui se soucient surtout de leur tour de poitrine, et qui offrent quelques scènes plus sexy dans la piscine.

Au final

Fairy Tail est une bonne adaptation du manga éponyme, mais un RPG dans l’ensemble assez quelconque : très sympa à jouer, mais qui ne révolutionne pas fondamentalement le genre. Autrement dit, sur de nombreux aspects, il comblera les fans purs et durs… Mais son intérêt sera beaucoup plus limité si vous ne connaissez pas la licence, tant son gameplay, s’il s’en inspire énormément, est une version allégée des jeux de la série Atelier, bien meilleurs en matière de J-RPG.

On ne va pas vous mentir : pour son ambiance, pour son lore respecté, ou pour son coté nerveux teinté d’humour… On a franchement passé un bon moment ! Et ceci même si une certaine lassitude peut s’installer sur la fin, à cause notamment du farming et des missions qui se répètent un peu trop.

Fairy Tail n’est pas un mauvais jeu, loin de là, et on peut même vous dire que Gust maîtrise sa copie. Mais il parlera avant tout aux fans du manga. Pour les autres, ça se tente : on ne vous garantit pas que le jeu deviendra votre RPG favori, mais vous passerez un agréable moment…


Fairy Tail

Testé sur Switch, sur une version fournie par l’éditeur.
Points positifs :
  • La réalisation fidèle au manga
  • L’OST
  • Bonne durée de vie
  • Des combats dynamiques, des combos pétés
  • Les phases coopératives
  • Un gameplay qui évolue au fil de l’aventure
  • Le doublage japonais
  • L’humour
  • La partie « rénovation » de la Guide
Points négatifs :
  • Les missions qui deviennent répétitives
  • Le farming, beaucoup de farming
  • Le clonage à outrance des PNJ
  • Un bestiaire pas foufou
  • Techniquement, plus de bugs en mode nomade
  • Gare au spoilers si vous n’avez pas encore avancé dans le manga 😉

À trop vouloir s'inspirer de sa série phare, Gust nous propose ici un "Atelier-like" avec aussi des airs de "Atelier-light" ! Avec ses qualités et ses défauts. Le jeu n'est pas mauvais, mais repose sur les acquis du studio sans vraiment proposer de grosse révolution du genre. Nul doute que les fans vont kiffer ! Mais pour les autres, Fairy Tail est un bon RPG, mais sans doute un peu trop commun, trop générique pour marquer les mémoires...
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Intéressant

À trop vouloir s'inspirer de sa série phare, Gust nous propose ici un "Atelier-like" avec aussi des airs de "Atelier-light" ! Avec ses qualités et ses défauts. Le jeu n'est pas mauvais, mais repose sur les acquis du studio sans vraiment proposer de grosse révolution du genre. Nul doute que les fans vont kiffer ! Mais pour les autres, Fairy Tail est un bon RPG, mais sans doute un peu trop commun, trop générique pour marquer les mémoires...

  • Réalisation
  • Jouabilité
  • Scénario
  • Ambiance générale
  • Durée de vie

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