(1997) Super Mario 64 : de la 3D au Royaume Champignon

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Pour cette rubrique consacrée au rétro-gaming, laissez-moi vous parler d’une console dont il n’a jamais été question dans nos Rétro-Test : la 64 bits de Nintendo. Et en particulier d’un jeu qui m’a profondément marqué, comme nombre de joueurs. J’ai nommé… Super Mario 64 !

Un certain jour de mars 1997

Je m’en souviens comme si c’était hier ! En rentrant de l’école, je découvrais comme chaque mois mon magazine de jeux vidéo préféré, livré le matin même par le facteur. Nous étions en 1994 ou 1995, je ne sais plus. En revanche, je me souviens d’avoir été frappé par des screens en particulier.

À la maison, je jouais sur ma vieille Super-Nintendo, à Super Mario World et Super Mario Kart, fan de Mario que j’étais. Je rêvais un jour de posséder celle que tout le monde appelait alors Ultra 64. Et qui allait devenir la Nintendo 64. Et là, au fil des pages, l’incroyable devant mes yeux. Super Mario en 3D !!

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Je ne le savais pas encore, mais il me faudra patienter plus longtemps que prévu. Car si la console, et Super Mario 64 (qui l’accompagnait au lancement) sortiront bien en 1996 au Japon… Les joueurs européens devront attendre en réalité le 1er mars 1997 pour pouvoir brancher la console sur leurs TV !

Le premier Mario en 3D

Super Mario 64 est une pierre angulaire dans l’histoire de la licence. Et pour cause : il est le tout premier à franchir le cap de la 3D. Alors certes, aujourd’hui, le jeu nous paraît très polygonal… Mais gardez à l’esprit qu’à l’époque, nous n’avions connu Mario qu’en 2D et en pixels. Pour la toute première fois de son histoire, il passait en trois dimensions !

Le jeu avait tout pour séduire. À sa tête, on retrouvait évidemment Shigeru Miyamoto, le « papa » de Mario. Pour la musique, c’est l’emblématique Koji Kondo (compositeur sur les jeux Super Mario ou The Legend of Zelda pour ne citer que les plus connus) qui reprenait du service… Bref, que des gages de qualité !

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Le scénario est celui d’un Mario, donc pas grand chose à retenir : Bowser fait des siennes, et vous devez (une fois de plus) délivrer la Princesse Peach. Si ce n’est qu’ici, toute l’histoire gravite autour du château de Peach, que vous pouvez visiter comme bon vous semble (édifice qui deviendra le nouveau modèle physique standard du château, et que l’on retrouvera dans les jeux Mario, comme Mario Kart 64). Les différents mondes thématiques s’obtiennent en traversant des toiles de peinture, ou en trouvant divers passages secrets.

Push Start

L’argument de vente principal de la N64, c’était sa 3D. Aussi, je me souviens qu’avant de lancer le jeu, une page s’ouvrait avec un visage de Mario en trois dimensions… Et que nous pouvions déformer dans tous les sens à l’aide de la manette.

Mais assez attendu ! Il est temps de lancer le jeu, qui s’ouvre sur un travelling du château et ses alentours, filmé par un Lakitu provisoirement devenu cameraman. Un tuyau sort du sol, et notre plombier favori bondit hors du tube vert. C’est parti pour Super Mario 64 et ses longues phases d’exploration.

Le principe du jeu est simple : vous devez retrouver des étoiles en finissant des niveaux. Ces étoiles représentent votre progression puisque c’est leur nombre, une fois obtenues, qui débloquera les portes des étages du château au fur et à mesure (il y en a 120 à collecter, dans 15 mondes). Mais en début de partie, seul le rez-de-chaussée est accessible, avec cependant quelques tableaux à explorer. Chaque niveau offre plusieurs cheminements, plusieurs scénarios, donc autant d’étoiles à obtenir, soit 6 pour chaque. Un principe qui sera repris dans les jeux suivants, comme Super Mario Sunshine, Galaxy, etc.

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Autre nouveauté de gameplay : la vie de Mario. Autrefois, elle était déterminée par son état : un grand Mario se faisant toucher devenait mini, puis mourait s’il se faisait toucher à nouveau. Ici, pour la première fois, notre héros possède une barre de vie, ou plutôt un camembert (comme votre jeton de Trivial Pursuit) divisé en huit fragments. Tant que sa jauge n’est pas vidée, tout reste possible. Une autre mécanique qui sera gardée dans les jeux suivants.

Au niveau des Power-Up, on a déjà vu mieux. Ici, vous pourrez obtenir une casquette de métal (dans les blocs verts) qui vous transforme en Mario Metal (plus lourd, et pas besoin de respirer sous l’eau, mais il coule et ne nage plus)… La casquette Vanish (blocs bleus) qui vous permet de devenir invisible et traverser les grillages… Ou la casquette Wing (blocs rouges) qui vous permet de voler. Soit trois pouvoirs au total.

Un gameplay aux petits oignons

Une jouabilité très accessible, ça fait partie du cahier des charges d’un jeu Mario. Et ici, on peut dire que, pour l’époque, le pari est réussi. On comprend très vite comment diriger Mario, ses différents sauts s’apprennent vite, sa vitesse de course peut être dosée grâce au stick… Pour le joueur, contrôler notre héros est un plaisir, ce qui n’était pas partie gagnée… Car rappelons qu’à cette époque, les développeurs eux-même apprennent à maîtriser la 3D… Et les mécaniques qui vont avec. Remarque qui vaut aussi pour les joueurs, qui devaient alors oublier leurs réflexes de jeux 2D…

Alors, certes… J’entends ceux qui vont réagir à mes propos. Et il est vrai qu’avec notre expérience, notre recul, la jouabilité de Super Mario 64 peut sembler perfectible aujourd’hui. Les sauts peuvent manquer de précision, la caméra doit souvent être rétablie manuellement, le jeu souffre de quelques bugs de collision. Mais… Encore une fois, pour son époque, Super Mario 64 constituait le haut du panier, et que dire de nombreux plateformers 3D qui faisaient bien pire…

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La 3D est particulièrement bien soignée, avec des personnages (et des ennemis) qui semblent avoir une âme. Ici, Mario conserve tout son aspect enfantin et coloré… Mais en nous plongeant dans un monde en trois dimensions, qui nous procure la sensation de véritablement plonger dans le Royaume Champignon.

Comme nous l’avons vu plus haut, la musique est signée par Koji Kondo. Si certaines de ses mélodies ne sont pas mémorables, beaucoup sont devenues cultes. Parfois même reprises dans les volets suivants. Le jeu propose aussi des remixes de précédents jeux Mario, pour notre plus grand plaisir.

Au final

Super Mario 64 est de ces jeux qui ont marqué toute une génération de joueurs. D’une part parce que la N64 permettait enfin au plombier de s’amuser en 3D d’autre part parce que sa richesse et sa durée de vie en font l’un des meilleurs titres de la console. Certes, la licence a fait beaucoup mieux depuis, mais Super Mario Galaxy ou Super Mario Sunshine doivent leur succès à des mécaniques expérimentées sur Super Mario 64. Sans lui, tout le reste n’aurait sans doute pas eu la même saveur.

Le jeu est tellement canon qu’il aura un remake sur Nintendo DS en 2004. Le même jeu, mais cette fois en relief, et avec trois nouveaux personnages jouables (Luigi, Wario et Yoshi). De plus, les fans peuvent aujourd’hui retrouver un skin Super Mario 64 dans Super Mario Odyssey, sur Switch.

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Super Mario 64 est un classique ! Un jeu que tout collectionneur N64 se doit de posséder, puisqu’il n’est autre que l’un des meilleurs jeux de la console. Un jeu qui a marqué pour son ambiance, ou dans mon cas pour sa durée de vie excellente qui, à l’époque, m’a fait passer à coté de tant d’autres jeux N64, le temps de le finir… Bref, un must-have !


Super Mario 64

  • Par : Nintendo
  • Sur : Nintendo 64 (avec, plus tard, un portage sur DS)
  • Date de sortie : 23 juin 1996 au Japon, 1er septembre 1997 en France.
  • Genre : Plate-formes en 3D.
  • Estimation : Selon Argusjeux, comptez une moyenne globale de 12,39€.
Points positifs :
  • Une durée de vie énorme
  • Le tout premier Mario en 3D
  • De nombreux secrets à trouver
  • Son gameplay
  • Une technique maîtrisée
  • La musique de Koji Kondo
  • Son ambiance générale
Points négatifs :
  • Une jouabilité qui semble parfois imprécise avec nos références d’aujourd’hui
  • La caméra pas toujours évidente à gérer
  • Pic de difficulté sur la fin

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