Nouveau jeu pour un studio qui n’en est plus à son coup d’essai

À chaque fois que sort un nouveau MMORPG, j’ai cette image en tête : celle de Nathanaël de Rincquesen qui, lors de l’émission Télématin du 18 mars 2010, venait nous parler du phénomène terrifiant des « meuporg : ça s’écrit M M M P O R P G » ! Car c’est bien d’un « èmèmo-erpégé » dont nous allons vous parler aujourd’hui : Throne & Liberty. Un jeu développé par le Sud-Coréen NCSoft, et publié par Amazon Games. L’entité « gaming » de la célèbre multinationale américaine, qui fait aussi l’actualité JV en ce moment avec la sortie de New World : Aeternum.

Le jeu est donc développé par NCSoft. Un studio créé par Taek Jin Kim, à Séoul (Corée du Sud) en 1997. Et un studio que vous connaissez forcément puisqu’il est derrière des mastodontes comme Blade and Soul, Guild Wars et Guild Wars 2, Lineage et Lineage 2, Wildstar… Ou encore le regretté Master X Master, un MOBA que nous avions bien apprécié… Mais qui, hélas, a fermé ses serveurs le 31 janvier 2018. Moins d’un an après son lancement le 17 juin 2017. Bref, le studio coréen revient plus en forme que jamais, sur les supports les plus puissants du moment : PS5, PC et XBox Series.

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Mais au fait : de quoi ça parle, Throne & Liberty ? Ce jeu massivement multijoueur plonge les joueurs dans le monde de Solisium. Un royaume heroic-fantasy où la lutte pour le contrôle des fragments de l’étoile de Sylaveth pourrait être la clé pour stopper l’invasion de l’antagoniste nommé Kazar. Le jeu promet une expérience héroïque et immersive. Où, dans le camp de la Résistance, les joueurs doivent affronter des créatures mythiques, des adversaires monstrueux et les forces du mal absolu.

Throne & Liberty est donc un MMORPG d’action, qui intègre de nombreux éléments typiques des jeux de rôle en ligne massivement multijoueur. Le jeu plonge les joueurs dans un monde où la liberté d’exploration et l’interaction avec l’environnement sont primordiales. Le jeu favorise autant les alliances que les rivalités, avec des phases en PVE (player versus environnement) et en PVP (player versus player). Alors il est temps de lancer le jeu, sur une interface qui semble avoir surtout été pensée pour le PC… Donc qui n’est pas la plus ergonomique sur consoles.

À la découverte de Throne & Liberty

Throne & Liberty brille par son approche unique du gameplay. Contrairement aux MMORPG traditionnels qui reposent sur des classes fixes, le jeu permet aux joueurs de personnaliser leurs capacités en fonction des armes qu’ils choisissent. Autrement dit, un système sans classe où ce sont vos armes qui définissent votre rôle (avec un système de craft plutôt bien foutu). Par exemple, le duo épée et bouclier offrira des compétences de défense. Tandis que les arcs et les bâtons privilégient les attaques à distance et la magie. Les combats demandent non seulement une bonne dose de stratégie… Mais aussi une maîtrise du timing pour esquiver et se positionner. Surtout en PvP où les rivalités entre joueurs font rage.

Autre élément distinctif : les transformations animales (Métamorphoses), qui permettent de voler sous la forme d’un aigle ou de nager en créature aquatique. Ce mécanisme offre une grande liberté d’exploration. Un aspect évidemment crucial dans ce monde vaste et dynamique. Et où le climat et les cycles jour/nuit influencent l’environnement et même les effets des compétences. Et c’est là un autre élément capital du gameplay. Ces conditions climatiques, notamment le vent, changent les performances en combat, rendant chaque bataille unique.

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Le jeu propose également des quêtes variées, allant des missions de l’histoire principale aux contrats de guilde. Ces derniers nécessitant souvent des équipes bien coordonnées pour réussir. On retient notamment les attaques de châteaux, les transports de taxes, les donjons ou encore les captures de pierres pour ne citer que ceux là… On l’a dit, les possibilités sont nombreuses ! Avec des boss mondiaux pouvant déclencher des zones PvP temporaires, Throne & Liberty encourage autant la coopération que la rivalité. Offrant une aventure épique pour les fans de MMORPG à la recherche d’une immersion totale dans un monde en perpétuel changement.

Enfin, s’il est un autre point que nous apprécions grandement, c’est bien le modèle économique du jeu. Car s’il est gratuit, il faut bien que les développeurs puissent être payés. Et le jeu propose notamment une boutique en ligne, où de nombreux items vous attendent contre quelques euros. Et là, d’une part, vous ne serez pas harcelés par des pops envahissants, qui vous invitent à passer en caisse. D’autre part, les objets vendus en boutique ne vont pas vraiment vous donner de gros avantages par rapport aux autres joueurs. Ils sont principalement cosmétiques, et on ne peut pas vraiment classer le jeu comme un pay-to-win. De même, le jeu y va mollo sur le FOMO (ou « Fear Of Missing Out »). Cette amère sensation que, si vous vous arrêtez de jouer pendant deux jours, vous allez louper des options intéressantes ou des quêtes capitales. Sensation qui ne nous oppresse pas vraiment ici.

Visuellement, c’est un très beau jeu, mais…

Inutile de tergiverser sur cet aspect, les visuels et captures qui illustrent ce test parlent d’eux-mêmes : le jeu est visuellement très beau. On apprécie notamment ses animations, ou encore les nombreux détails qui rendent ses environnements vivants, pour ne pas dire organiques. Si on osait, peut-être même écririons-nous que Throne & Liberty est le plus beau MMORPG du moment ! Ajoutez à cela le fait que son monde ouvert est particulièrement réussi, et vous obtenez l’un des MMO les plus intrigants du moment.

Pourtant, il va bien falloir que l’on parle des défauts du jeu. Et il y en a quelques uns. À commencer par les soucis techniques. Pendant notre test, on aura notamment relevé des bugs, des latences, et des déconnexions fréquentes. Et cela ne s’arrange pas vraiment lors des périodes de forte affluence ou lors d’événements massifs en jeu. Pour un néophyte qui découvrirait le genre par ce Throne & Liberty, cela peut nuire à l’expérience de jeu. En particulier pour les joueurs ayant un PC qui commence à dater, ou qui ont une connexion moyenne. On aura aussi noté quelques pétouilles dans la traduction, avec des phrases qui sonnent étrangement. Mais tout ceci peut être corrigé au fil des patchs.

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Bien que Throne and Liberty mette en avant des éléments PvP dans des zones spécifiques, on constate parfois un manque d’équilibre dans le système. Les affrontements PvP peuvent rapidement devenir frustrants pour les joueurs de niveau inférieur, qui se retrouvent souvent désavantagés face aux joueurs de haut niveau. Ce qui diminue l’intérêt de participer aux batailles. D’autant que la progression des personnages est lente et parfois laborieuse. Beaucoup de quêtes restent basiques, répétitives, et se résument souvent à du « farming » sans véritable trame narrative captivante. On fait vite le tour des compétences et des options tactiques : si vous aimez, ça ne vous posera pas de soucis. Mais si vous êtes allergique à la répétitivité, ça peut être un frein.

Enfin, l’intelligence artificielle des ennemis est basique, ce qui peut enlever du challenge dans les zones de leveling et les donjons. De plus, les interactions avec l’environnement, malgré les beaux graphismes, sont limitées, ce qui enlève une dimension de réalisme et d’immersion. Immersion qui est aussi altérée par des options de personnalisation des personnages et de création de guildes limitées. Ce qui réduit l’aspect social du jeu. Dommage car c’est justement une base dans les MMORPG. D’ailleurs, puisque l’on parle de social, on a du mal à comprendre ce choix d’héberger les possesseurs de la version Deluxe et ceux de la version gratuite sur des serveurs différents. Ils ne peuvent donc pas jouer ensemble…

Au final

En résumé, bien que Throne and Liberty offre un environnement graphique impressionnant et des possibilités intéressantes dans un monde ouvert… Il souffre de défauts sur le plan de la progression, de la technique ou de l’innovation. Ils limitent son potentiel pour devenir le titre incontournable du genre MMORPG. Les développeurs devront probablement écouter les retours des joueurs et apporter des ajustements pour améliorer l’expérience globale. Et puis, il y a aussi les bugs, et les multiples plantages ou soucis de connexion. Mais quasiment tous ces défauts restent améliorables..

En outre, Throne and Liberty présente plusieurs qualités qui en font un MMORPG attrayant pour de nombreux joueurs. Et là, on parlera en vrac de ses graphismes superbes et de son vaste monde ouvert très détaillé et immersif. De son système de météo dynamique. Des transformations animales pour mieux se déplacer. De ses événements de grande envergure et sièges de forteresses. De son système de guildes. Ou encore de sa grande variété de contenu, entre ses nombreuses quêtes PvP et PvE.

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En somme, Throne and Liberty est un MMORPG immersif, qui brille par ses graphismes et son monde vaste, avec des événements dynamiques et un système de météo original. Cerise sur le gâteau, il est gratuit, et parfaitement jouable sans passer par la case « carte bleue » (attention, il faudra cependant farmer). En effet, pour le moment, les packs vendus sur le store ne vous permettent d’obtenir que de l’argent in-game (des Lucents), des tenues ou des métamorphoses. Espérons que du contenu pay-to-win n’arrivera pas dans le futur, mais pour le moment, ce n’est pas le cas…

Globalement, malgré une répétitivité dans les missions, qui peut vous faire décrocher au bout de quelques heures dans le jeu, on a passé un agréable moment ! Throne and Liberty est un MMORPG assez classique dans l’ensemble, mais qui tient toutes ses promesses. Et parvient à se démarquer grâce à plusieurs bonnes idées. Qui pourraient en outre lui assurer une bonne longévité s’il reste droit dans ses bottes et fidèle à son modèle économique. Le jeu étant gratuit, vous ne prenez pas vraiment de risque, si ce n’est celui d’aimer. Et donc de sacrifier quelques heures de votre temps…


Throne & Liberty

  • Par : NCSoft, pour Amazon Games
  • Sur : PC, PS5 et XBox Series
  • Genre : MMORPG
  • Classification : PEGI 16
  • Prix : gratuit (avec microtransactions)
  • Conditions de test : testé sur PS5, sur une version envoyée par l’éditeur
  • Site officiel.
  • Visuellement très beau et très détaillé
  • Un monde ouvert avec beaucoup de potentiel
  • Contre beaucoup de farming, il est possible de jouer sans dépenser un centime
  • Le jeu ne vous harcèle pas sans arrêt (comme d’autres) pour sortir la carte bleue
  • Le système de craft
  • L’ambiance générale
  • La musique
  • La météo dynamique
  • Les métamorphoses
  • Le système de guildes
  • On ne sent pas la pression du FOMO
  • La narration plutôt cool dans l’ensemble
  • Le jeu est crossplay
  • La traduction pas toujours réussie
  • Des bugs, et parfois assez gros
  • Quelques déconnexions (parfois même plantages)
  • La progression qui peut être lente
  • Un manque d’équilibre dans les quêtes PvP
  • La personnalisation un peu trop classique
  • On aurait aimé plus d’interaction sociale
  • L’IA
  • L’interface pensée pour le PC
  • Version Deluxe et Free pas sur les mêmes serveurs ?