Comme l’a annoncé EA Sports il y a quelques mois, il n’y aura pas de F1 26 ! Plutôt que de nous proposer un nouveau jeu cette année, la saison 2026 de Formule 1 ne sera jouable qu’à travers un DLC payant pour F1 25. Une première, et un pari plutôt risqué. Car, paradoxalement, cette saison pleine de nouveautés est celle qui se prête le mieux à un nouvel opus : nouvelles règles, nouveaux moteurs, nouveau système aérodynamique, nouvelle écurie ou encore nouveau tracé… Alors forcément, on a voulu savoir si ce DLC tient ses promesses. Ou s’il n’est là que pour nous faire patienter, jusqu’à un vrai nouveau jeu F1 l’an prochain…
Une mise à jour ? Non, une nouvelle saison !
Si, habituellement, les saisons de F1 se suivent et se ressemblent énormément, 2026 est l’année du changement. La saison 2026 marque même probablement le plus gros changement réglementaire depuis l’introduction de l’effet de sol en 2022. Entre nouvelles motorisations, aérodynamique active, arrivée d’Audi et émergence d’une nouvelle génération de pilotes… Après sept courses au moment d’écrire ce test (deux épreuves, Bahreïn et Jeddah en Arabie Saoudite, ont été annulées à cause de la guerre au Moyen Orient), le championnat a déjà pris une tournure passionnante. Tandis que j’écris ces lignes, les 22 pilotes s’apprêtent à prendre le départ du GP de Barcelone !
Du côté des moteurs, donc, les V6 turbo hybrides restent en place, mais leur philosophie change profondément. On parle ici de suppression du MGU-H (récupération d’énergie sur le turbo), de puissance électrique portée à 350 kW (contre 120 kW auparavant), de répartition proche de 50/50 entre moteur thermique et énergie électrique, ou encore de carburant 100 % durable (« sustainable fuel »). Le DRS a disparu. Les voitures disposent désormais d’ailerons avant et arrière mobiles qui passent automatiquement entre un mode fort appui dans les virages (« Corner Mode »)… Ou un mode faible traînée en ligne droite (« Straight Mode »). Les F1 2026 sont plus agiles, environ 30 kg plus légères, plus courtes, plus étroites. On note aussi l’arrivée d’un nouveau circuit au calendrier : le Madring, à Madrid, pensé pour ces nouvelles voitures.
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Du côté du plateau, Nico Hulkenberg et Gabriel Bortoleto ont conservé leur baquet chez Sauber. Mais l’écurie suisse a été rachetée par un constructeur allemand qui lui donne désormais son nom et ses couleurs : Audi F1 Team. En revanche, une onzième force est arrivée cette année : la marque américaine Cadillac. Qui a choisi de miser sur l’expertise des vétérans Sergio Perez et Valtteri Bottas. La nouvelle règlementation a redistribué les cartes, et la hiérarchie dans les classements. Ce début de saison est largement dominé par les Mercedes. Comme en 2014 lors de l’introduction de l’ère hybride, Mercedes a parfaitement négocié le changement de réglementation. Le moteur allemand semble être la référence du plateau et le châssis est extrêmement performant sur tous les types de circuits.
Ferrari a réalisé un bon en avant, quand Red Bull semble avoir davantage souffert du nouveau règlement moteur. Le champion constructeur en titre, McLaren peine à exploiter pleinement la nouvelle réglementation et se retrouve derrière Mercedes et Ferrari. Du côté des pilotes, le début de saison est surtout marqué par l’avènement du jeune prodige italien de 19 ans, Andréa Kimi Antonelli (Mercedes), qui domine le classement avec cinq victoires consécutives. Mettant en difficulté son propre équipier, George Russell, longtemps pressenti comme le leader naturel de l’équipe. Et vous l’aurez compris : ce sont autant d’éléments majeurs que la nouvelle mise à jour du jeu d’EA Sports va devoir mettre dans le jeu.
Tour de formation



Pour se mettre en bouche avec ces nouvelles F1, on va bien évidemment aller tester le tout nouveau Madring. D’ailleurs, ce circuit en plein cœur de Madrid devient le nouveau Grand Prix d’Espagne. Il aura lieu le 13 septembre. L’épreuve de Barcelone, le 14 juin, est maintenue au calendrier, mais devient le GP de Catalogne. Bref… S’il fallait choisir un seul tracé pour comprendre les progrès du gameplay, ce serait probablement Madrid. Digne du Nascar, le MADRING combine freinages violents, enchaînements techniques et portions rapides où l’aérodynamique active joue un rôle déterminant. C’est aussi un circuit qui expose immédiatement les défauts de pilotage. Les excès d’agressivité sur les vibreurs se paient cher, les erreurs de freinage se répercutent sur plusieurs virages et la gestion des pneus devient rapidement un facteur clé. Un excellent terrain d’essai pour juger les évolutions du modèle physique..
Les monoplaces 2026 sont plus légères, plus compactes et plus réactives. Dans la manette comme au volant, le changement se ressent rapidement. L’avant répond plus vite et les changements d’appui aérodynamique donnent davantage de vie aux phases de freinage et de remise des gaz. Le comportement des voitures est plus vif, la sensation de vitesse accrue, on ressent un meilleur plaisir de pilotage dans les virages rapides. Inconvénient : la limite d’adhérence est parfois plus brutale, ce qui peut frustrer les joueurs occasionnels. Le nouveau système Overtake, associé à l’aérodynamique active, constitue probablement la meilleure nouveauté de gameplay.
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Premier constat : la nouvelle règlementation concernant la gestion de l’aéro et des batteries joue fortement sur la jouabilité ! Les monoplaces 2026 n’ont plus grand-chose à voir avec celles de la réglementation précédente. L’impression de lourdeur qui caractérisait les F1 2022-2025 semble être de l’histoire ancienne. La voiture change de direction plus rapidement, pivote davantage sur son train avant et demande un pilotage plus précis à l’entrée des virages. Là où les anciennes monoplaces pardonnaient relativement facilement les excès d’optimisme, les nouvelles sanctionnent immédiatement les erreurs de placement. On retrouve d’ailleurs une sensation proche de certaines F1 du début des années 2010. Des voitures moins collées à la piste, plus mobiles et surtout plus sensibles aux transferts de masse. C’est probablement l’évolution la plus perceptible du pack.
On perd le DRS, mais… L’autre nouveauté majeure concerne évidemment l’aérodynamique active. Avec ses zones sur la piste matérialisées par des panneaux SM (comme Straight Mode). Sur le papier, beaucoup craignaient un simple gadget visuel. En pratique, son influence est bien réelle. Et vous allez réellement devoir réapprendre à conduire, et à gérer votre énergie ! Le pilotage devient davantage basé sur l’anticipation. Par exemple, vous allez devoir comprendre la notion de lift-and-coast. Autrement dit, le fait de vous économiser pour ménager vos pneus, la température du moteur… Ici, la notion devient essentielle pour gérer vos batteries. Contrairement à F1 25, vous allez devoir apprendre ici à aborder les virages en roue libre pour recharger les batteries. D’ailleurs, votre ingénieur n’arrêtera pas de vous le rappeler à la radio.
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De même, le jeu prend en compte le super clipping, qui a tant fait hurler les pilotes en début de saison. Vous roulez à fond, mais soudain, la voiture ralentit alors que vous êtes pied au plancher. C’est normal, elle recharge. Dans les faits, vous êtes au ralenti, et vous voyez un adversaire qui grossit dans les rétros, avant de vous dépasser. Puisque lui dispose encore de son mode Overtake (l’aide au dépassement autrefois appelé Manual Override Mode, qui remplace le DRS). En 2026, il existe différentes aides, comme le mode Boost, déploiement d’énergie via l’ERS. Vous l’avez compris : tous ces nouveaux éléments, apportés par le DLC, vont effectivement vous obliger à revoir votre pilotage. Et à anticiper davantage, afin de savoir où et quand exactement vous allez recharger les batteries, ou comment vous allez bâtir vos attaques, vos dépassements. C’est désormais une obligation de construire sa stratégie lift-and-coast sur le long terme.
Une mise à jour ambitieuse… Mais qui reste un DLC



Voir Audi et Cadillac sur la grille apporte un vrai souffle nouveau pour les puristes. Les nouvelles livrées et les effectifs actualisés renforcent le sentiment d’être dans la vraie saison 2026. Avec ses désormais 11 équipes (ou 12 si on compte aussi celle que vous aurez créée) et ses 22 pilotes. Le problème est que l’intégration reste surtout visuelle et statistique. On ne retrouve pas d’éléments narratifs ou de spécificités propres à ces nouvelles équipes pour transformer profondément une carrière. Le contenu est conséquent, mais certaines attentes de la communauté n’ont pas été satisfaites. Elles le seront sans doute avec un EA Sports F1 27 annoncé par Codemasters (développeur) comme un vrai nouveau départ.
Toutes les nouveautés dont j’ai parlé plus haut ne concernent QUE la saison 2026. Évidemment ! Mais du coup, vous devez savoir que vous ne pourrez par exemple pas jouer sur le Madring avec les livrées 2025. Puisque le circuit madrilène n’est pas adapté aux voitures de la saison passée. Idem pour les nouvelles règles. D’ailleurs, si ce manque de connexion entre les saisons 2025 et 2026 est logique, il devient plus problématique en mode Carrière (pilote ou équipe), puisque vous ne pourrez pas poursuivre en 2026 une saison commencée en 2025. Quand vous lancez le mode Carrière, le jeu vous demande de choisir entre les deux années. Un petit point noir pour le mode carrière, qui vient s’ajouter au fait qu’on ne peut pas faire son mercato manuellement, que c’est la machine qui choisit ses transferts si vous finissez une saison.
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Quoi qu’il en soit, le statut de DLC de cette saison 2026 reste un bon point. Pour les puristes qui aiment jouer avec des effectifs à jour, le prix de ce pack est beaucoup plus digeste que les 70€ d’un nouveau jeu chaque année ! D’ailleurs, ce serait peut-être une bonne chose qu’EA Sports reproduise cette formule à l’avenir. Pour ma part, je suis ravi de jouer sur un jeu de formule 1 qui réunit deux saisons. On peut en revanche s’interroger sur la pertinence du pack réunissant les deux années, pour ceux qui n’avaient pas acheté F1 25. Car si pour 50€, ils auront les saisons 25 et 26, auront-ils l’envie de jouer à un jeu dont la moitié (la saison 2025) est aujourd’hui dépassée ? Pour le reste, et pour l’anecdote, on note aussi que Jeff (votre ingénieur) a changé de voix… Et que le circuit d’Imola/Émily-Romagne est jouable en mode libre avec les voitures 2026. Bien qu’il soit absent du calendrier cette saison.
Alors finalement, une révolution, non ! Une évolution majeure, oui ! Le Season Pack 2026 ne transforme pas F1 25 en simulateur ultra-pointu destiné aux pilotes professionnels. Ce n’est d’ailleurs pas son objectif. En revanche, il colle parfaitement à la refonte tant sur le fond que sur la forme de la saison 2026. Nouvelles règles, nouvelles mécaniques… La nouvelle saison s’intègre parfaitement au jeu, en vous obligeant à revoir vos stratégies, jusqu’à votre façon de piloter. Plus que jamais, il faut construire son tour, gérer ses pneus, préparer ses freinages et comprendre le comportement de la voiture. On avait craint le simple lifting cosmétique… Les développeurs nous proposent une vraie refonte du gameplay.
Au final



Pour le coup, la saison 2026, avec toutes ses nouveautés, se prêtait parfaitement à la sortie d’un nouveau jeu, EA Sports a fait le choix de nous offrir un simple DLC. Et en toute honnêteté, il fait le job ! Il intègre toutes les nouveautés de la saison en cours dans l’opus précédent, sans nous obliger à craquer 70€ dans un nouveau jeu… Pour un fan de la licence, quel bonheur de ne pas avoir à payer plein pot cette année pour être à jour ! Mieux encore : quel rêve que d’avoir deux saisons de Formule 1 et de F2 sur un seul et même jeu !!
Ce qui soulève une question : est-ce que la bonne formule (ah ah) ne consisterait justement pas à sortir un jeu de base tous les quatre ou cinq ans, et à le mettre à jour chaque saison ? Le joueur fait des économies, et l’éditeur s’y retrouve aussi financièrement en fidélisant son public… Et peut-être même en raccrochant des joueurs qui ont lâché les jeux de sport, lassés de payer une blinde chaque année pour un contenu qui évolue peu, au final.
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Quand, d’une année sur l’autre, l’évolution d’un sport consiste à de simples changements cosmétiques… La nouvelle réglementation de 2026 fait que ce DLC Season 2026 Pass est presque un vrai nouveau jeu ! Car outre les livrées de cette nouvelle saison et l’update des équipes (Hadjar chez Red Bull, Lindblad chez Racing Bulls…)… Les développeurs ont eu la lourde tâche de modifier fondamentalement le gameplay de F1 25, pour y intégrer les nouvelles règles, et la nouvelle motorisation qui laisse davantage de place à l’électrique.
Au final, le 2026 Season Pack réussit l’essentiel : les nouvelles voitures ne se contentent pas d’être différentes visuellement, elles modifient réellement les sensations de conduite. Pour un passionné de F1, MADRING et le nouveau modèle de pilotage justifient à eux seuls une bonne partie de l’intérêt de l’extension. En revanche, ceux qui espéraient une révolution complète des modes carrière ou une expérience totalement nouvelle risquent de rester un peu sur leur faim… Jusqu’à F1 27.
EA Sports F1 25 : 2026 Season Pack

- Par : développé par Codemasters, pour EA Sports
- Sur : PS5, XBox Series, PC.
- Important : pour pouvoir y jouer, vous devez posséder le jeu F1 25
- Genre : course
- Classification : PEGI 3
- Prix : 29,99€ sur consoles, 24,99€ sur PC. Un pack F1 25 +F1 26 est aussi disponible pour 49,99€.
- Conditions de test : testé sur PS5, sur une version fournie par l’éditeur
Les points positifs
- Le Madring
- Retrouver Valtteri Bottas derrière un volant
- Les voitures 2026 plus nerveuses, différentes à piloter
- L’Overtake Mode et la gestion de l’énergie
- Jeff a (enfin) changé de voix
- Les sensations
- Des courses plus stratégiques
- L’ajout de Audi et Cadillac
- Globalement, une mise à jour qui colle assez bien aux « révolutions » de 2026
Les points négatifs
- Des temps de chargement infiniment longs
- Les répliques, musiques et animations sont strictement les mêmes depuis des années
- Certaines statistiques pilotes loin de la réalité
- Le « vote de Grand Prix » abandonné, oublié en fin de saison 2025
- Quelques bugs encore présents
- Finalement peu de nouveautés dans les modes Carrière
- En Carrière, si on choisit 2026, on recommence une carrière depuis le début
