Après les rats et la peste noire… L’immensité du ciel

Attention ! Aujourd’hui, on va s’attaquer à une véritable légende ! Et notre test d’aujourd’hui nous renvoie à une époque où les avions virtuels volaient à basse résolution mais avec de grandes ambitions ! Flight Simulator naît en 1977 sous les mains expertes de Bruce Artwick et sa société SubLogic. Ce programme, conçu pour divers PC, était déjà une prouesse technique à l’époque. Mais l’histoire décolle vraiment en 1982, lorsque SubLogic accorde à Microsoft une licence de développement pour l’IBM PC. C’est ainsi que voit le jour Microsoft Flight Simulator 1.00. Une étape clé dans la démocratisation des cieux virtuels, et du simulateur de vol de loisirs.

À la surprise générale, Bill Gates, alors directeur général de Microsoft, nourrissait une passion secrète pour l’aviation. Inspiré par le roman Vol de nuit d’Antoine de Saint-Exupéry, il voulait capturer la magie et la poésie du vol dans un petit avion. Avec cette vision, Microsoft Flight Simulator devint l’un des tout premiers logiciels de l’entreprise. Devançant même la naissance de Windows de trois ans (Windows a été lancé le 20 novembre 1985).

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Contrairement aux autres produits de Microsoft, souvent destinés à un usage professionnel, Flight Simulator représentait un saut audacieux dans le monde des logiciels grand public. Cette approche novatrice, associée à un réalisme inédit pour l’époque, a posé les bases d’une franchise qui continue de captiver les amateurs d’aviation du monde entier. Entre 1982 (Microsoft Flight Simulator 1.00) et 2024 (Microsoft Flight Simulator 2024), on ne compte pas moins de 16 épisodes de la licence. Ou plus exactement 18, si l’on compte également Flight Simulator X : Steam Edition (2006) et Flight Sim World (2012), tous deux développés par Dovetail Games (que vous connaissez pour la série des Train Sim World).

Le 19 novembre 2024 est donc sorti Microsoft Flight Simulator 2024. Qui, comme son prédécesseur Microsoft Flight Simulator 2020, a été développé en France. Puisque pour la deuxième fois, XBox Game Studios a fait appel au talentueux Asobo Studio, basé à Bordeaux. Studio que vous avez déjà vu à l’œuvre notamment sur les deux premiers The Crew (Ubisoft) et une vingtaine d’autres jeux depuis 2003. Mais dont le talent nous a surtout sauté à la figure avec A Plague Tale : Innocence et A Plague Tale : Requiem. Deux chefs d’œuvres primés dans lesquels une jeune femme et son frère repoussent des invasions de rats en pleine période de la peste noire…

Le Cloud à la rescousse de votre disque dur

Si les amateurs de simulateurs avaient de quoi se régaler avec Microsoft Flight Simulator 2020, cela avait un prix : le jeu occupait, au minimum, 150 GO sur la mémoire de votre XBox Series (ou de votre PC). Avec Microsoft Flight Simulator 2024, Asobo Studio est parvenu à réduire le poids du jeu, qui descend désormais sous la barre des 30GO. Comment ? Et bien, grâce au cloud, pardi ! Pour le dire autrement, vous jouez en streaming. L’avantage est donc un gain de place considérable dans la mémoire de votre console. L’inconvénient… Il vous faudra une connexion permanente : pas de connexion, pas de jeu !

Mais assez parlé, il est temps de lancer le jeu. Microsoft Flight Simulator 2024 se distingue notamment de son prédécesseur par l’ajout d’un mode carrière. C’est là que les joueurs peuvent obtenir des licences de pilote et accomplir diverses missions pour gagner de l’argent. Ce mode, qui rallonge considérablement la durée de vie du jeu, ajoute des objectifs qui s’articulent principalement autour de la notion de sauvetage ou de recherche : ambulancier des airs, pilote de canadair, sauvetage en montagne, ou sur des plateformes en pleine mer…

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Pour varier les plaisirs, la page d’accueil vous propose aussi des missions de fret aérien, des courses de vitesse, ou encore la possibilité de faire voyager des personnalités… Il y en aura pour tous les goûts, sous les onglets Défis en ligne et Parties. Qui vont rallonger la durée de vie ! Le mode Photographe du Monde est un mode plus détendu, où vous devrez survoler divers lieux afin de les immortaliser. Et survoler la savane pour un safari-photo en Montgolfière est une expérience particulièrement apaisante. Enfin, MFS2024 propose aussi une Boutique, mais là, je pense qu’il est inutile de vous préciser ce dont il s’agit ! D’ailleurs, petite précision qui a son importance pour les fans : tous les add-ons achetés dans l’édition 2020 sont aussi compatibles avec ce nouvel opus !

Le jeu propose une flotte étendue de 70 aéronefs (avions, hélicoptères, montgolfières, drones…), pour l’édition de base. Selon l’édition que vous possédez, vous aurez plus ou moins d’avions en plus. L’édition Deluxe en ajoute 10, contre 15 aéronefs de plus dans l’édition Premium Deluxe. Et 30 de plus avec la prestigieuse édition Aviator (soit un total de 125 appareils). Pour la version de base, on citera en vrac le Cessna 152 ou le Cessna 172 Skyhawk, Diamond Aircraft DA40 NG, Diamond Aircraft DA62 pour les avions de tourisme légers… L’Airbus A310-300, Airbus A320neo, Airbus A321LR, le Boeing 737 Max 8 ou le Boeing 747-8I pour les avions de ligne… Et l’Airbus A330-743L Beluga XL ou le Airbus A400M Atlas plus originaux… L’Airbus Helicopter H125, le Bell 407 ou le Guimbal Cabri G2 du côté des hélicoptères… Ou encore la Montgolfière FlyDoo ou le dirigeable Airship Industries Skyship 600… Bref, il y en a pour tout le monde, là encore. Les engins sont suffisamment variés pour couvrir toutes les missions proposées !

C’est beau, mais…

Visuellement, le jeu souffle le chaud et l’effroi ! La topographie, le comportement de la météo, le cycle jour/nuit ou celui des saisons… Sont vraiment fidèles à la réalité, pour une immersion certaine ! La raison ? MFS2024 utilise les images de Bing Maps pour une fidélité à toute épreuve des lieux survolés. Ce qui permet aussi, par exemple, de retrouver exactement les aéroports et aérodromes existants IRL, sur la mappemonde du jeu (bien qu’il y ait parfois confusion dans les termes, entre aéroport, aérodrome, etc). Il utilise aussi des algorithmes de génération procédurale. Cette fois pour recréer les paysages et les villes avec un niveau de détail impressionnant. On peut voir des véhicules circuler sur les routes, les lampadaires dans les villes la nuit, etc. Les conditions météorologiques sont aussi reproduites en temps réel. Les capacités techniques permettent des effets de lumière améliorés.

Avec un bémol cependant sur le rendu visuel. Car bien que le jeu se plie en quatre pour nous offrir un rendu ultra-réaliste, vous risquez de sourire si vous survolez (et vous le ferez) des lieux que vous connaissez. Si vous ne serez pas choqués en survolant le Grand Canyon, Tokyo ou la Nécropole de Gizeh… Votre ville natale risque de vous sembler plus approximative et générique. La faute à une reproduction qui reste assez superficielle, oubliant parfois des monuments ou des éléments du relief. On reconnaît vaguement la forme de tel ou tel quartier ou rue, mais l’église, la mairie, l’architecture des maisons… Ne seront sans doute pas celles que vous connaissez. Ce qui, avouons le, peut entacher le sentiment d’immersion.

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Le jeu souffre aussi de pas mal de bugs. Notamment des chutes de framerate plus ou moins marquées, des plantages occasionnels et des décrochages des serveurs… Et divers bugs d’affichage (notamment des textures à la peine, en vue à la première personne). On note aussi des temps de chargement assez longs, pour des consoles qu’on nous a vendues comme étant plus rapides grâce à leur SSD de compétition. Des lenteurs qui, ne nous mentons pas, sont sans doute liées au streaming du jeu. Qui connaîtra des hauts et des bas selon la qualité de votre connexion internet. Autant vous assurer que vous bénéficiez d’une connexion rapide et stable avant de commencer à jouer !

Mais rendons à César ce qui lui appartient. Malgré tout, le jeu reste extrêmement plaisant. Entre autres grâce à une jouabilité très agréable et simple à prendre en main. D’ailleurs, il a été pensé pour être à la fois accessible aux petits nouveaux. Tout en offrant une expérience digne de ce nom aux habitués de la série. Si vous n’avez pas le temps de vous lancer dans le mode carrière, le mode vol libre reste un kiff à l’occasion de parties plus courtes. Enfin, l’ambiance sonore est sobre, mais colle parfaitement à cet univers. Des musiques discrètes dans les menus, et seulement les voix radio pendant les vols. Encore une fois, on s’y croirait !

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Avec des modèles d’appareils détaillés développés en collaboration avec des équipes renommées comme iniBuilds ou Carenado. Selon le développeur, le « système de physique amélioré comprend plus de 10 000 surfaces de corps rigides qui permettent de simuler n’importe quelle forme d’avion« . Mais le jeu doit aussi tenir compte de la physique des corps parfois souples. Comme les tissus, les cordes, les ballons, etc. (puisque oui, vous pouvez aussi piloter des Montgolfières). Autre prouesse notable, la gestion améliorée du sol, des jeux de lumière ou encore du rendu de l’eau renforce davantage le réalisme.

Au final

Microsoft Flight Simulator 2024 est un jeu qui sort du lot par son ambition de redéfinir les standards de la simulation aéronautique. En alliant fidélité graphique, gameplay varié, et immersion, le jeu des Bordelais d’Asobo Studio cible autant les passionnés d’aviation que les novices en quête de découverte d’un genre. MFS2024 sait être pointu. Mais tout en vous donnant un maximum de clés pour apprendre à piloter même les appareils les plus complexes. Quel que soit votre âge, ou votre niveau d’expérience, ou encore votre approche des jeux vidéo… Vous pourrez toujours trouver de multiples manières de profiter de cette expérience.

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Microsoft Flight Simulator 2024 représente une avancée notable dans le domaine de la simulation de vol. Offrant des graphismes fidèles à la réalité (grâce à Bing Maps) et un contenu riche. Cependant, des améliorations sont nécessaires pour résoudre les problèmes de performance. Et assurer une expérience de jeu fluide pour tous les utilisateurs. Ces problèmes sont en partie dus au fait que le jeu tourne en stockant un maximum d’informations sur le cloud, afin de réduire drastiquement son poids sur votre machine. Une bonne idée, mais qui a un prix !

Toujours est-il qu’aujourd’hui, avec plusieurs semaines de recul et de pratique, MFS2024 reste une expérience incomparable ! Pouvoir survoler et admirer n’importe quel coin de la planète, totalement inconnu ou que vous connaissez par cœur, c’est véritablement grisant ! Tout comme cette sensation d’être (quasiment) libre comme l’air ! Comme disait R. Kelly : I believe I can fly, I believe I can touch the sky !


Microsoft Flight Simulator 2024

  • Par : Asobo Studio, pour XBox Game Studios.
  • Sur : XBox Series X/S, PC (Windows) et XCloud.
  • Genre : simulation de vol
  • Classification : PEGI 3
  • Prix : 79,99€ (standard) ou gratuit avec le Gamepass
  • Conditions de test : testé sur XBox Series S
  • Grâce au streaming, le jeu pèse beaucoup moins lourd
  • L’intégration des saisons
  • Énormément de missions en mode Carrière, pour une durée de vie gigantesque
  • Un bon équilibre entre jeu et simulation
  • La jouabilité, un jeu très accessible
  • Les sensations grisantes
  • L’ambiance sonore réussie
  • La météo, la topographie… au rendu fidèle
  • Pouvoir survoler la quasi-totalité de notre belle planète
  • Un nombre conséquent d’avions
  • Pas mal de bugs
  • Les serveurs qui décrochent parfois
  • Vous êtes dépendants de la qualité de votre connexion
  • Les villes familières pas toujours reconnaissables