Quand j’ai vu les retours de certains Youtubers sur le nouveau et très attendu Marvel’s Wolverine, dernier né d’Insomniac Games (les Spider-Man) pour le compte de PlayStation Studios, j’ai eu une soudaine envie de me ruer sur le jeu. Sur ce nouveau soft qui m’apparaissait comme, peut-être, le GOTY de 2026. Mais une fois installé sur ma console, attendant un chef d’œuvre qui devait être tranchant, la seule chose qu’il a coupé, c’est mon envie de jouer ! Comme quoi, Insomniac Games ne fait pas que des bons jeux. Et là franchement, la douille est telle que je devais vous en parler. Voici donc mon test, hélas objectif, de Marvel’s Wolverine !
Après l’araignée… Le carcajou !
Avec Insomniac Games, on ne parle pas d’un petit studio de développement. Fondé en 1994 à Burbank en Californie, le studio est une véritable usine à licences cultes : Spyro the Dragon, Ratchet & Clank, Resistance ou encore Sunset Overdrive… Il n’est pas vraiment étonnant que le studio ait été racheté par Sony en 2019, intégrant ainsi les PlayStation Studios. Juste après la publication du premier volet d’une autre trilogie mythique sur PlayStation : les Marvel’s Spider-Man. Bref… Généralement, quand Insomniac Games est sur le développement d’un jeu, on sait que l’on ne va sans doute pas être déçu.
C’est lors d’un PlayStation Showcase, en septembre 2021, que Insomniac a officialisé un nouveau partenariat avec Marvel. Cette fois, autour du X-Men le plus poilu, le plus cash et le plus griffu : Wolverine ! Pour les joueurs, après la hype venait une interminable attente, puisque le développement du jeu va nécessiter en réalité cinq longues années. Jusqu’à sa sortie ce mois de septembre 2026. En réalité, un développement de cinq ans, ce n’est pas si long ! Et cette attente s’explique justement par une annonce qui, elle, aura sans doute été trop précoce.
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La raison ? Tout d’abord, Insomniac a admis avoir révélé le jeu extrêmement tôt dans son cycle de développement. Simplement parce qu’ils savaient qu’il était impossible de garder le secret en interne et pour pouvoir recruter plus facilement. Ensuite, le studio a subi une cyberattaque par ransomware dévastatrice. Des gigaoctets de données, incluant des séquences de gameplay brut, des pans entiers du scénario, des concepts art et des outils de développement internes, ont été illégalement publiés en ligne.
Septembre 2026 : le jeu est enfin disponible. Entre temps, quelques trailers nous ont vendu du rêve, avec un rendu visuel qui classe le jeu parmi les plus beaux de la console. Insomniac et Sony rendent leur copie dans un contexte bien particulier : Marvel’s Wolverine n’a pas d’autre choix que de convaincre tout de suite ! Maintenant ! Après, il sera trop tard, et il se fera sans doute emporter, comme tous les autres, par le raz-de-marée GTA VI.
Un guidage trop étouffant



Pour être honnête, Marvel’s Wolverine est un excellent jeu… Les cinq premières minutes ! Puis, tous ses défauts vous sautent à la figure ! Au premier abord, on découvre un jeu narratif (c’est assumé par les développeurs, et ça a son importance) porté par une mise en scène spectaculaire ! Les fans de super-héros apprécieront aussi cette version de Logan extrêmement fidèle aux comics. Il est cash, violent, brutal… Et on sent en permanence que notre homme a des comptes à régler ! Au fil de l’histoire, on découvre aussi ses liens avec d’autres Mutants, dans une histoire qui n’est pas la plus dingue que j’ai pu voir, mais qui tient la route !
Et puis… C’est la routine qui s’installe ! Si les combats hyper-violents avaient pu surprendre au départ (on démembre, on tranche dans des gerbes de sang), ils deviennent vite répétitifs, avec un manque de profondeur évident. La mécanique était beaucoup mieux maîtrisée dans Metal Gear Rising Revengeance, sorti en 2013. Même constat pour les déplacements : Wolverine peut bondir et se déplacer avec puissance, mais ces capacités ne débouchent pas sur une liberté de mouvement comparable à celle de Spider-Man. Marvel’s Wolverine est certes un jeu narratif, et pas un openworld, mais… Parfois trop, au point de devenir un jeu très linéaire, un énorme couloir dont il est difficile de sortir !
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Les possibilités de s’écarter de l’histoire principale sont limitées et ne donnent pas toujours envie de prolonger l’aventure. Hors du chemin tracé, on trouvera éventuellement quelques coffres pas très loin, contenant du loot qui ne mérite pas toujours que l’on s’y intéresse. Mais le problème n’est pas seulement la linéarité. C’est le guidage permanent, les indications qui balisent chaque étape : marquages visuels, peinture blanche, indices environnementaux et dialogues qui répètent les objectifs : difficile de rater le chemin, même quand on aimerait chercher par soi-même. Et cette impression que le jeu veut éviter la moindre hésitation ! À force de montrer où aller et quoi faire, il transforme parfois l’aventure en parcours fléché.
Pire : le jeu ne vous fait tellement pas confiance qu’il se met parfois à jouer à votre place : parcours à moto que vous pouvez finir en posant la manette, ou QTE qui réussissent même si vous pressez les mauvaises touches… Insomniac ne veut vraiment pas que le joueur se sente frustré ! Le jeu multiplie les aides pour rester accessible, tout en proposant une violence et une mise en scène destinées à un public plus mature. À force de vouloir accompagner tout le monde, il frustre les joueurs expérimentés sans forcément offrir une expérience plus riche aux débutants.
Une technique tout autant limitée



Le constat vaut aussi pour la réalisation du jeu : il nous met une claque pendant les cinq premières minutes… Puis, le joueur redescend au fur et à mesure qu’il découvre les limites techniques du soft. Si, au premier abord, le jeu est magnifique, malgré quelques environnements impressionnants, certains éléments, certaines textures manquent de finesse ou paraissent moins travaillés. Le résultat peut donner une impression de finition irrégulière.
On relève aussi plusieurs bugs, qui cassent l’immersion. Des problèmes de collision (comme des PNJ ou votre avatar qui passent à travers le décor), des textures qui apparaissent tardivement et des scripts qui ne se déclenchent pas toujours correctement, par exemple. Et je n’ai pas encore parlé de l’IA, des adversaires passifs, prévisibles ou incapables de réagir intelligemment : ils ne vous repèrent pas alors que vous êtes à deux mètres (littéralement), ou font gentiment la queue en attendant leur tour pour recevoir leur coup de griffe.
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Il faut que l’on parle aussi de l’acting qui, à sa manière, casse l’expérience et l’immersion. J’ai lu ici et là pas mal de bonnes choses sur l’interprétation de Liam McIntyre en Logan, ou Krizia Bajos en Jean Grey… Pourtant… Je ne partage pas ces avis dithyrambiques ! Le jeu des acteurs peine, à mon sens, à convaincre. Logan dispose d’une palette très limitée d’expressions, et on ne ressent pas la colère, la satisfaction, la haine… Personnellement, j’ai resenti un jeu très caricatural, et sans franche conviction. Les émotions manquent de nuances et certaines réactions sonnent faux.
Enfin, je terminerai sur l’écriture. Si j’ai écrit plus haut que le scénario tient la route globalement… Il nous sert certains passages qui ne sont clairement pas à la hauteur de l’attente. On retombe à plusieurs reprises dans le cliché. Notamment à travers une pseudo-romance (je vous laisse découvrir entre qui et qui), qui semble avoir été écrite par ChatGPT. Bref, globalement ça passe, mais on n’y croit pas toujours… Le script sait aussi parfois prendre la voie de la facilité.
Au final



En soi, Marvel’s Wolverine n’est pas un mauvais jeu tiers. Il est même un jeu plutôt correct et agréable à jouer, notamment grâce à sa mise en scène. Le problème, c’est que nous parlons d’un jeu PlayStation Studios, ou plutôt DU jeu PlayStation Studios de l’année ! Sur lequel PlayStation a (quasiment) tout capitalisé. Comme nous avions eu, l’an passé, Ghost of Yotei… Et de ce point de vue, le nouveau jeu Marvel n’est pas à la hauteur de ce qu’il est censé représenter dans les plans d’actions PlayStation. Pour aller plus loin, j’ai même envie d’écrire que Saros est un bien meilleur jeu PlayStation Studios en 2026. Plus original, plus recherché, plus surprenant… Et à la technique mieux maîtrisée.
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Réalisation, scénario, gameplay… Marvel’s Wolverine est un jeu décevant à tous les niveaux. Quand il n’est pas bugué, il fleure bon le manque d’inventivité, d’originalité. Pire encore, plus on y joue, plus on sent qu’Insomniac était sous pression. Et devait rendre sa copie avec deux contraintes majeures : premièrement sortir son jeu AVANT la sortie de GTA6. Deuxièmement, sortir un jeu à destination à la fois des hardcore gamers (le côté sanglant et nerveux/violent), et des joueurs plus casuals (ceux que le jeu prend par la main sans arrêt). Sans vraiment savoir comment se positionner.
Bref, vous l’aurez compris : Marvel’s Wolverine est un jeu correct… Mais un jeu PlayStation Studios et Insomniac Games décevant ! Et à ce niveau, il est indigne de nous demander 80€ pour un tel résultat. Pour un jeu qui n’est pas terminé, et qui ne vous donnera pas forcément envie d’y revenir une fois terminé. Heureusement, si vous l’avez acheté en version physique comme moi, vous pouvez encore le revendre… Et si vous recherchez un bon jeu Marvel, Les Gardiens de la Galaxie reste pour moi la meilleure option.
Marvel’s Wolverine

- Par : Insomniac Games
- Sur : PS5
- Genre : aventure narrative
- Classification : PEGI 18
- Prix : 79,99€
- Conditions de test : testé sur une version commerciale
Les points positifs
- On sent un effort pour respecter au maximum les comics Wolverine
- Des combats viscéraux et brutaux
- La sensation de puissance
- Canada, Japon… On voyage beaucoup
- Une mise en scène parfois spectaculaire
- Une aventure rythmée
- Les retours haptiques de la Dualsense plutôt bien utilisés
- Comptez entre 15 et 20 heures pour finir le jeu…
Les points négatifs
- Un jeu beaucoup trop dirigiste, un énorme couloir
- Une linéarité aggravée par un guidage omniprésent
- Des boucles de gameplay génériques, vues 100 000 fois
- Les combats qui manquent de profondeur
- Le jeu d’acteur qui manque de conviction
- Des textures très moches
- Des bugs
- L’IA complètement débile
- Où sont les activités secondaires ?
- Trop répétitif à la longue
- … Mais sans forcément l’envie d’y revenir une fois terminé
