Grow : Song of the Evertree, sandbox bienveillant qui mérite le coup d’œil

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Certains jeux sont très attendus, au point de déclencher une hype interplanétaire, mais finissent par nous décevoir et nous faire très mal au derrière (on a des noms). D’autres, au contraire, passent totalement (et injustement) inaperçus sur l’agenda des sorties, malgré un bon potentiel. C’est justement le cas de Grow : Song of the Evertree, nouveau jeu des australiens de Prideful Sloth (Yonder). Un jeu que l’on a franchement aimé. Alors, quelques explications s’imposent.

Le conte est bon !

En cette fin d’année 2021, avec un calendrier des sorties particulièrement chargé, il y a de fortes chances pour que vous soyez passés à coté de Grow : Song of Evertree. Un petit jeu loin des AAA de ces dernières semaines, développé par le studio Prideful Sloth. Le même qui signait, en 2017, un certain Yonder: The Cloud Catcher Chronicles. Un jeu d’exploration à la cool. Et une invitation au voyage qui fait du bien.

L’histoire du jeu nous raconte qu’autrefois, l’Evertree (un arbre aussi gigantesque que divin) portait sur ses branches les Mondes d’Alaria. Mais l’Evertree n’est plus ce qu’il a été. Le Withering (appelé « le mal » en VF), une présence maléfique étouffante, s’est étendue sur le monde, chassant ses derniers habitants. Et gangrenant ce qui reste.

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Le joueur incarne l’espoir à travers Isla (nom par défaut), le dernier Alchimiste. Votre mission sera de prendre soin de l’arbre en restaurant le monde et en lui rendant son éclat d’antan. Au début de l’aventure, vous serez aidé par deux alliés assez inattendus : Mamyrus, une grand-mère ayant l’apparence d’un parchemin… Et Cucurbite, une sphère de crystal faisant aussi office de chaudron pour vos recettes d’alchimie. Enfin, vous serez aussi aidé par Kazumi, une sorte d’oiseau légendaire qui vous transportera de votre maison à l’arbre divin.

Après la sortie en 2017 de Yonder : The Cloud Catcher Chronicles, Prideful Sloth récidive avec une nouvelle aventure colorée et reposante. Votre périple est accompagné par la bande-originale de Kevin Penkin, compositeur nommé aux BAFTA et ayant déjà œuvré sur Florence et Star Wars : Visions.

Reconstruisez le monde

Action/Aventure… C’est ainsi que le jeu est « vendu » officiellement par l’éditeur. Dans la réalité, c’est un peu plus complexe. Et si je ne nie pas la dimension action/aventure, c’est surtout, selon moi, l’aspect sandbox (ou bac-à-sable) qui prend le dessus sur votre périple. Comprenez par là que Grow: Song of Evertree est (fortement) comparable à un Minecraft, ou à un Little Dragons Café… Ou plutôt devrais-je dire à un Harvest Moon ou un Animal Crossing pour son aspect routinier, doublé d’un city-builder. Et malgré son apparence très féerique, vous n’y croiserez pas l’ombre d’un ennemi, vous ne sortirez (quasiment) jamais les armes.

De manière assez classique, vous serez soumis à un timer qui fractionne votre aventure en journées, qui suivent un cycle jour/nuit. Vous aurez une journée pour accomplir vos missions. Puis à la nuit tombée, retour obligé au bercail, avec dodo obligatoire jusqu’au petit matin (contrairement au Little Dragons Café évoqué plus haut, dans lequel vous pouviez aussi vous balader à l’extérieur pendant la nuit).

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Mais que peut bien fabriquer votre alchimiste de ses journées, me demanderez vous ? Ses activités sont de trois natures interconnectées. La première est l’exploration, cela va de soi, afin de trouver des zones, items, etc. La seconde consiste à entretenir et restaurer l’arbre céleste, en y plantant des graines qui vont débloquer des zones thématiques, dont la nature sera conditionnée par le mélange alchimique qui vous aura permis de créer lesdites graines (grâce aux items récupérés en mission). Dans ces déserts, vous devrez planter, arroser, arracher, récolter, faire pousser… Grâce à une roue qui vous permet de faire défiler les outils (marteau, gant, arrosoir, sac de graines, faucille, etc). Mais aussi briser des rocs, ou apprivoiser des créatures… Jusqu’à ce que la zone stérile devienne un magnifique jardin.

La troisième activité consiste à restaurer le village et à rassembler une communauté. Si vous êtes seul au départ, dans votre petite cabane, les habitants vont très vite revenir sur les lieux de la féerie, pour y retrouver leurs petites habitudes. Vous allez donc devoir leur bâtir des maisons (encore une fois grâce aux matériaux récupérés), mais aussi les infrastructures qui vont leur permettre de trouver du boulot dans votre île : café, hôtel, boulangerie, bibliothèque, etc. Objectif : que votre monde devienne celui d’un bonheur insolent, que tout le monde aime crier sur tous les toits. Et puisque je parlais plus haut de Harvest Moon et Animal Crossing, sachez qu’ici aussi, vous pourrez pêcher et capturer des insectes à l’aide des outils adéquats. Le village se découpe en sept quartiers, qui se débloquent les uns après les autres, au fur et à mesure que vous faites progresser votre jauge d’harmonie.

C’est joli, mais…

Clairement, oui, on peut le dire : Grow est un très joli jeu. Coloré, flamboyant, avec une direction artistique à la fois onirique et enfantine… Le jeu a tout pour séduire. On aime se balader au beau milieu du village, avec ses maisons extrêmement détaillées, ses intérieurs chaleureux et ses jeux de lumière réussis. La direction artistique cel-shadée est l’un des points forts du titre, et peut surprendre tant un tel univers de conte est devenu inhabituel, au milieu des jeux qui misent sur des graphismes de plus en plus réalistes.

Cependant, on peut trouver à redire sur plusieurs aspects du jeu. Lorsque vous partez pour l’Evertree, certaines textures sont plus grossières, et forcément moins convaincantes. Le tout reste joli et très coloré, mais semble accuser le poids de quelques années de plus. De même, on peut aussi tiquer sur les expressions faciales des personnages, qui semblent sorties de jeux des années 2010. Certains aimeront, d’autres moins. Mais force est de constater que l’ensemble revêt un charme naïf plutôt plaisant.

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On peut aussi pointer quelques soucis d’optimisation, et notamment des bugs qui surviennent ici et là. Des bugs de collision notamment, des bugs d’affichage, ou encore quelques petites erreurs de traduction. De même, il est arrivé de voir des ralentissements en pleine partie, lors de passages dans des zones plus denses. Enfin, et nous touchons désormais à des soucis liés au développement du jeu, il est dommage que l’écriture des PNJ (notamment leurs dialogues) manque autant de peps : certaines répliques ne sont pas forcément très intéressantes. De même, on aurait aimé que la nuit soit vraiment exploitée : en nous ramenant au lit une fois la nuit tombée, les développeurs se privent (et nous privent) de nombreuses possibilités.

Au fil du temps, les missions peuvent s’avérer redondantes, voire très répétitives. Néanmoins, il faut reconnaître que le jeu vous propose de nombreuses activités et actions à réaliser chaque jour. Au point qu’après une bonne dizaine d’heures de jeu, et de l’évolution qui va avec, vous n’aurez sans doute pas le temps de tout faire… Et irez vous coucher sans avoir pu terminer toutes les missions de l’Evertree ou du village. Pour vous donner un ordre d’idée, les missions tutorielles vont vous occuper environ quatre bonnes heures avant de vous lâcher véritablement dans la nature. Grow n’est pas un jeu qui plante un concept, et le laisse s’essouffler ! Le jeu vous occupe jusqu’à la fin !

Au final

Vous l’avez compris : si ce Grow: Song of Evertree n’est pas le jeu de l’année, il est pour moi un énorme coup de cœur ! Un titre coloré, mignon, mais surtout bourré de bienveillance. Un titre qui se joue en totale détente, sans prise de tête, sans stress. Mieux : je pense sincèrement qu’il est de ces jeux qui vous rechargent les batteries, le soir après une dure journée de boulot, tant il transpire le bon karma et les ondes positives.

Bien sûr, le titre peut freiner les ardeurs des plus hésitants par une technique qui paraît beaucoup plus limitée que pour la plupart des jeux à gros budget. Et par quelques petits oublis ou défauts qui nous privent d’un jeu qui aurait pu être une bombe. Mais le petit prix de vente du jeu devrait achever de vous convaincre. À ce tarif, vous ne prenez pas vraiment un gros risque, si ce n’est celui d’être agréablement surpris par un jeu vraiment sympa, et que vous n’aviez peut-être pas vu venir…


Grow : Song of Evertree

Testé sur PS4, sur une version fournie par l’éditeur
Les points positifs :
  • Un jeu chargé à bloc d’énergie positive
  • La bande-son
  • De l’humour
  • L’aspect sandbox, sans prise de tête, un mélange des genres réussi
  • La direction artistique
  • Un jeu qui sollicite votre créativité
  • Un bestiaire mimi tout plein
  • En VF
  • Prix plus que correct
Les points négatifs :
  • Répétitif à la longue
  • Des mécaniques, des personnages et des objectifs qui manquent de variété
  • Quelques bugs
  • Quelques erreurs de traduction
  • La nuit qui vous respawne à la maison
  • Il manque une mini-carte pour se repérer

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