Dans la peau du personnage de… Sonic the Hedgehog !

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Lorsque l’on parle de jeux vidéo, peut-il y avoir personnages plus emblématiques que Mario ou Sonic ? Et justement : C’est aujourd’hui au célèbre hérisson bleu de Sega que nous allons nous intéresser ! Il est temps de découvrir avec vous une nouvelle icône du jeu vidéo : Sonic the Hedgehog !

Une mascotte bleue comme… Le logo de Sega

Pour comprendre comment est né Sonic, il va vous falloir remonter dans le temps. Et plus exactement au début des années 90. Nous voilà arrivés au beau milieu d’une guerre farouche, entre Nintendo et Sega. Les deux marques s’affrontent sur le terrain du jeu vidéo, et des consoles. Master-System contre NES, puis Megadrive contre Super-Nintendo… Des deux cotés, on ne lâche rien.

Pourtant, il existe une petite différence entre les deux marques. Sans doute anodine pour vous, mais qui énerve bien Sega. Nintendo doit son succès, entre autres, à sa mascotte. Un certain Mario. Du coté de Sega, bien qu’Alex Kidd soit un très bon jeu, le gamin aux grandes oreilles n’est pas la mascotte espérée. Alors Sega veut se trouver une nouvelle figure de proue, et lance un concours en interne.

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De ce concours émanent trois idées, et donc trois visages possibles pour un projet nommé alors « Mr Needlemouse » ! Un chien, un lapin qui attrape ses ennemis avec ses oreilles, et un gros bonhomme en pyjama s’inspirant du président Roosevelt.

Aucune de ces idées ne séduit Sega. Mais elles ne seront pas jetées pour autant. Le chien deviendra un autre héros de jeu, Mighty the Armadillo ; le lapin va évoluer (et garder la capacité d’attraper des objets) pour devenir Ristar ; Quant à Théo Roosevelt, il deviendra… Eggman, l’ennemi juré de Sonic !

Le look du hérisson

Naoto Oshima, designer chez Sega, propose l’idée d’un hérisson se déplaçant à toute vitesse. Une image jeune, pour un jeu à destination des jeunes… Alors notre héros aura 15 ans (ce qui explique son caractère parfois arrogant et son énergie increvable).

Pourquoi un hérisson ? Car les pics sont plus faciles à designer que des cheveux ou des poils. Pourquoi rapide ? Car Oshima veut s’opposer à la « lenteur » de Mario, en proposant un jeu qui utilise la vitesse de défilement maximale de la Megadrive… Sega tient sa mascotte, qui aura la peau bleue, comme son logo : Sonic the Hedgehog est né ! 

Au niveau du chara-design, on note plusieurs choses à propos du look de notre héros. Tout d’abord, vous remarquerez qu’il n’a pas de cou. Sa tête est directement fixée sur ses épaules. Autre élément notable (mais qui avait pourtant échappé aux chara-designers du film sorti cette année, pour leur première version de Sonic), notre personnage n’a qu’un seul œil. Certes, il a deux pupilles, mais un seul œil et aucune séparation entre les deux.

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Lorsqu’il tombe dans l’eau, Sonic meurt. Un choix des développeurs pour corser le jeu, selon vous ? Pas du tout ! En réalité, lors du développement du premier opus, son concepteur Yuji Naka était persuadé que les hérissons ne savaient (et ne pouvaient) pas nager. En revanche, au tout début du développement, Sonic devait aussi avoir des ailes. Mais l’idée a vite été abandonnée. En effet, ses concepteurs trouvaient encore plus fou de lui faire atteindre de grandes vitesses… À pied !

Sonic est un jeu de plate-formes qui va très vite. Et pour aller encore plus vite, Sonic peut se mettre en boule (c’est un hérisson). Au fil des niveaux, où la protection des animaux s’oppose à la technologie destructrice de Robotnik… Sonic doit collecter des anneaux dorés… Et sept émeraudes, qui lui apportent notamment la possibilité, dès Sonic 2, de devenir Super-Sonic : les pics hérissés, devenus jaunes, Sonic peut planer en devenant invincible. Si les développeurs ne se sont pas inspirés de DragonBall Z et des Super-Saiyen, je suis le pape !

Une bande de pote… Et d’ennemis

La série Sonic the Hedgehog est aussi marquée par son casting, qui s’enrichit au fil des épisodes… Au point d’être comparable aujourd’hui à un roster de Super Smash Bros.

Au commencement, vous ne deviez retenir que deux noms : Sonic, et son antagoniste Robotnik (ou Eggman selon le pays dans lequel vous vous trouvez). Puis, au fil des épisodes sont venus se greffer Miles « Tails » Prower le renard à deux queues… Knuckles l’échidné… Shadow le clone de Végéta… Amy Rose la petite amie de Sonic… Sans oublier Rouge the Bat, Creamy the Rabbit, Big the Cat, Blaze the Cat, Silver the Hedgehog, Vector the Crocodile, Espio the Chameleon… Ou encore les Chaos, petites créatures qui peuvent évoluer…

Du coté des ennemis, il en est de même. Robotnik sera rapidement aidé par Metal Sonic (Sonic CD)… Puis les épisodes 3D apporteront de nouveaux antagonistes. Chaos (le dieu, à ne pas confondre avec les Chaos cités plus haut), les robots E-100, Mephiles the Dark, les Effroyables Six, ou dernièrement Infinite (Sonic Forces), pour ne citer qu’eux.

Sonic joue au docteur

Avant de parler des jeux vidéo, ça vous dirait d’aborder une anecdote plus scientifique autour de Sonic ? Alors, saviez-vous que le « Sonic Hedgehog » est aussi un terme de médecine, et plus particulièrement de génétique ? Plus précisément, il s’agit d’une protéine codée par le gène SHH (Sonic Hedgehog Homolog) chez l’homme (sur la 7e paire de chromosomes chez l’humain). Cette protéine joue un rôle clé dans le développement des animaux, des insectes aux mammifères. Le « hérisson sonique » contrôle également la prolifération des cellules souches adultes. Et peut aussi être impliqué dans le développement de certains cancers.

Mais pourquoi le nom de Sonic Hedgehog ? Et bien, le gène SHH a été nommé par un certain Robert Riddle, qui était alors étudiant postdoctoral au Tabin Lab. Un jour, tandis qu’il étudie ce gène, sa femme Betsy rentre à la maison avec un magazine de jeux vidéo. Et Robert flashe sur une publicité de Sega pour le jeu vidéo Sonic The Hedgehog.

Et devinez quoi ? Un inhibiteur potentiel de la voie de signalisation Hedgehog a été trouvé. Et il a été surnommé « Robotnikinin« , en l’honneur de l’ennemi juré de Sonic the Hedgehog.

L’âge d’or des 16 bits

Sonic apparaît pour la première fois dans… Le jeu de courses Rad Mobile, en tant que figurine accrochée au rétroviseur. Un joli teasing de Sega, puisque Sonic the Hedgehog sortira en réalité quelques mois plus tard, en 1991, sur Master System et… Megadrive, nouvelle machine de guerre de Sega, qui se lance ainsi sur le marché des consoles 16 bits.

La suite vous la connaissez : Sonic the Hedgehog est un carton, Sonic 2 est encore meilleur, et fait apparaître pour son mode deux joueurs le renard Tails, inséparable acolyte de Sonic. L’époque 16 Bits est considérée par beaucoup comme l’âge d’or pour Sonic, qui nous aura offert les meilleurs épisodes de la saga.

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En 1994, les choses commencent à partir en vrille pour Sega. Les lois du marché du jeu vidéo commencent à peser sur le hérisson, et sur le planning des sorties. Et bien que Sonic 3 soit un très bon jeu, c’est une version incomplète, non-finie, qui sera commercialisée. En effet, si le jeu est marqué par l’apparition de Knuckles, tous les niveaux et les phases de gameplay qui le mettent en scène seront retirées du jeu, pour qu’il puisse sortir à temps.

Mais les joueurs y auront accès quelques mois plus tard grâce au jeu Sonic & Knuckles. Et sa cartouche particulière : on peut y insérer les cartouches de Sonic 1, 2 et 3, pour refaire leurs niveaux en incarnant Knuckles. Ainsi, dans Sonic 3, jouer aux niveaux amputés de la version originale.

Et la 3D fut

La fin de l’ère 16 bits marque la naissance de la 3D avec, pour citer les consoles les plus connues, la PlayStation de Sony et la Saturn de Sega. Le temps des gros pixels est révolu ! Et s’ils reviendront bien plus tard, au milieu des années 90, tout le monde ne jure plus que par les polygones… Y compris Sega !

Et pour Sega, le passage à la 3D se fait dans la douleur. En 1997 sort sur Saturn ce qui restera l’un des pires jeux Sonic : Sonic R ! Jeu de courses créé pour concurrencer Mario Kart, vous contrôlez ainsi Sonic et ses amis lancés dans des courses à pied à travers les mondes des jeux Sonic. L’idée était intéressante, et le jeu aurait pu devenir culte sans sa jouabilité épouvantable et ses graphismes moches.

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Par la suite, la 3D ne portera hélas pas bonheur à notre hérisson, et les fans ont de plus en plus de mal à accrocher aux différentes versions 3D. Des jeux qui ne sont pas foncièrement mauvais, certains sont même très intéressants… Mais l’âme des premiers Sonic n’est plus là, et un bon jeu ne fait pas forcément un bon Sonic the Hedgehog ! Pour le fan du hérisson, les meilleurs jeux remontent à la Megadrive… Alors, Sega tentera d’autres pistes, comme de la course avec Sega All Stars Racing ou dernièrement Team Sonic Racing, qui lorgne du coté de Mario Kart et ses bolides. Mais encore une fois, c’est sympa, mais pas exceptionnel.

Le passage en 3D de Sonic nous offrira toutefois d’excellents épisodes, avec l’arrivée de la Dreamcast. Et c’est ici que l’on citera Sonic Adventures 1 et 2 (qui sortiront aussi, plus tard, sur GameCube, le premier étant renommé Sonic Adventures DX). Avec son système de trios, Sonic Heroes est lui aussi basé sur une bonne idée. Tout comme le récent Sonic Forces et son créateur d’avatar : l’idée est bonne, mais manque d’ambition.

La hache de guerre est enterrée !

Mars 2001 ! Une date marquante pour Sega ! Car après ce que l’entreprise considère comme un échec commercial, Sega décide de stopper la vente de sa Dreamcast aux Etats Unis (2003 en Europe, et 2004 au Japon). Et avec la fin de la Dreamcast, Sega abandonne aussi le marché des consoles. Désormais, la société se contentera de développer des jeux pour les autres constructeurs.

Une décision qui pèsera de tout son poids sur notre hérisson bleu ! Puisque pour celui-ci, les portes s’ouvrent sur les consoles de Sony et Microsoft, mais pire encore : Sonic est accueilli à bras ouverts par l’ennemi acharné d’hier, Nintendo. L’inattendu se produit en 2007, avec la parution du premier opus, sur Wii, d’une série qui fera date dans l’histoire du jeu vidéo : Mario & Sonic aux Jeux Olympiques. Non, vous ne rêvez pas : Mario et Sonic, réunis dans un même jeu vidéo.

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La hache de guerre est désormais enterrée. Sonic et Mario sont désormais copains comme cochons. Mario & Sonic aux JO verra plusieurs épisodes sortir, jusqu’à ce jour… Et Sonic fera aussi son apparition dans Super Smash Bros Brawl (Wii), puis dans les épisodes suivants.

En parallèle, Nintendo et Sega annoncent en 2007 un contrat d’exclusivité sur Wii et 3DS, portant sur cinq titres. Sortiront donc Sonic Colours, Sonic and the Secret Ring, Sonic Unleashed, Sonic and the Dark Knight et Sonic Riders Zero Gravity. Cependant, cette exclusivité sera temporaire pour Unleashed et Zero Gravity, qui sortiront aussi sur les autres consoles un peu plus tard.

Au fond du trou ?

Si comme je l’ai écrit plus haut, certains jeux 3D de Sonic sont sympas mais sans plus… D’autres sont à oublier de toute urgence. Et ici, je ne parle évidemment pas de Sonic and the Secret Ring ou Sonic and the Dark Knight (sur Wii), deux titres tombés dans l’oubli à peine sortis.

Et si nous parlions de Sonic the Hedgehog ? Attention, ne confondons pas : il n’est pas question ici du premier opus de la saga, mais de son « reboot » de 2006 (PS3, X360), développé par Sega pour les 15 ans de la licence. Le premier jeu qui met en scène Silver est aussi l’un des plus critiqués de la série. En effet, les joueurs ont pu être quelque peu perturbés par son ambiance plus réaliste, dans une ville de Soleanna inspirée par Venise.

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Sonic y croisera notamment une princesse, Élise (qui semble bizarrement avoir été designée par un créateur de J-RPG)… Et avec qui on devine une petite amourette (si !). Un jeu pas vraiment bien accueilli par la critique en son temps. Sans doute à cause d’une jouabilité très approximative, un scénario qui manque d’originalité… Et un véritable festival du bug !

Enfin, on ne peut passer à coté de cet échec que fut un certain Sonic The Hedgehog Awakening. Un jeu en développement de 2006 à 2009, mais qui sera finalement abandonné. Aucune autre information n’a filtré sur le jeu, qui a simplement été dévoilé par Pete Capella, un acteur vocal qui devait y doubler Silver.

Le retour en force

Sonic est-il mort ? N’allons pas jusque là. Car si la série a perdu de sa superbe avec le temps, et au fil des désagréments dont elle a été victime… Ces dernières années ont vu néanmoins émerger des pépites, dans la veine des titres parus sur 16 bits. Car qu’on se le dise : dès que Sonic titille votre fibre nostalgique, ça marche !

Le premier jeu qui, selon moi, sort du lot, est Sonic Générations. Un jeu sorti en 2011 sur PS3, X360, 3DS et Windows. Pour marquer les 20 ans de la série, la Sonic Team a la bonne idée de mélanger les univers des différents jeux. Un Sonic contemporain qui croise son alter-ego rondouillard de la Megadrive ? L’idée est excellente, le hérisson est de retour…

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On sera obligés de citer également Sonic Mania (PS4, Xbox One, PC, Switch). Un jeu récent qui joue la carte du rétro. Graphismes 16 bits, mécaniques directement empruntées aux jeux Megadrive, et surtout… Un jeu développé par une vraie équipe d’authentiques fans (le développeur australien Christian Whitehead, et les studios Headcannon et PagodaWest Games)… Sonic Mania est un carton monumental, considéré par nombre de fans comme le vrai héritier de Sonic 2 & Sonic 3. Un jeu exceptionnel !

Pop Culture et hérisson bleu

Si l’on parle de pop-culture, on doit obligatoirement parler du « Roi de la Pop » ! Car saviez-vous que Michael Jackson était un grand fan de Sega et de Sonic ? Qui, lors de ses tournées, demandait à avoir une Megadrive dans sa chambre… Et c’est d’ailleurs de ses chaussures (album Bad) que Sega s’inspirera pour les baskets de Sonic (ainsi que de la couleur du Père-Noël)… Approché pour réaliser la bande-son de Sonic 3, Michael Jackson ne sera cependant pas crédité au générique, bien que certaines musiques du jeu fassent penser à ses chansons. D’une part, la star n’était pas satisfaite de son travail sur la BO… D’autre part, le contrat est interrompu suite aux accusations de pédophilie portée contre l’artiste…

Afin de séduire les plus jeunes, rien de tel qu’une bonne grosse série animée ? Et on ne compte pas moins de cinq séries autour du hérisson : Les aventures de Sonic (1993, 65 épisodes), Sonic the Hedgehog (1993-1994, 26 épisodes), Sonic le Rebelle (1996-1998, 40 épisodes), Sonic X (2003-2006, 78 épisodes)… Et enfin Sonic Boom depuis 1994.

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Un hérisson aussi rapide ne peut qu’être fan de sport. Aussi, Sega sponsorisant la JEF United Ichihara Chiba football team entre 1993 et 1997, Sonic apparaîtra sur le maillot des joueurs à cette période. De même, Sega va sponsoriser l’écurie de F1 Williams en 1993, ce qui vaudra à Alain Prost de porter un motif de Sonic sur son casque et sa voiture.

Il serait trop long de citer ici les nombreux comics, mangas ou romans inspirés par Sonic. Mais il est évident qu’un personnage de jeux vidéo aussi populaire fera de nombreux caméos à la TV ou au cinéma : Les Mondes de Ralph, Ready Player One, Les Simpson’s… Ou encore dans des jeux comme Tom and Jerry : The Movie.

Dernière grosse production en date, le film Sonic the Hedgehog, dont nous vous parlons ici. Réalisé par Jeff Fowler, avec Jim Carrey dans le rôle de Robotnik, ce film est sorti début février en France… Et contre toute attente, s’en tire bien au regard des craintes qu’il avait suscité (notamment pour le premier design du héros).

Pour en savoir plus…

Cette chronique est une approche très générale de Sonic, licence sur laquelle il y a énormément de choses à dire ! Et il est évident que tous les aspects de la franchise n’ont pas été traités ici.

Mais si vous souhaitez en savoir plus sur la mascotte de Sega, nous ne pouvons que vous conseiller un ouvrage qui a été en quelque sorte un guide pour ce sujet, et dans lequel nous avons puisé quelques anecdotes.

Il s’agit de Générations Sonic : l’élégance d’un hérisson bleu, paru chez Third Editions. Un livre dont nous vous parlions déjà ici : Générations Mario & Générations Sonic : TOUT ce que vous avez toujours voulu savoir sur le plombier et le hérisson…

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