Prêts à investir tout votre temps libre dans un jeu ?

Ah, les MMO !! Voilà un genre qui, d’entrée, vous place face à un lourd dilemme. Etes vous prêt à vous investir corps et âme dans un unique titre, tellement gigantesque qu’il ne vous laissera plus de temps pour les autres jeux vidéo ? Car plusieurs références se disputent aujourd’hui le marché, comme Final Fantasy XIV, World of Warcraft, New World : Aeternum, The Elder Scrolls Online, Genshin Impact, Throne & Liberty… Libre à vous de trouver l’univers qui vous convient le mieux ! Mais tous ont un point commun : un univers démesuré à explorer, avec des mises à jour régulières pour le rendre encore plus riche et imprévisible.

Et régulièrement, des updates majeures qui viennent étendre le champ des possible. Avec par exemple des ajouts de classes, ou des régions entières à explorer. On l’a dit : jouer à un MMORPG, c’est s’investir sur le long terme ! Voire sur le très trèèèès long terme, quand on voit la longévité de certaines licences citées plus haut. Par exemple, le tout premier New World (Amazon Games) est arrivé en septembre 2021. Avant de réapparaître sous sa forme A Realm Reborn en 2013, Final Fantasy XIV avait fait une première tentative (infructueuse) dès septembre 2010. Et on ne parlera pas de WoW, dont le premier épisode, Warcraft : Orcs & Humans est sorti en novembre 1994.

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Et parmi ces jeux particulièrement chronophages, et à la ligne de vie longue, on pense aussi forcément à Black Desert Online. Univers heroic fantasy, filles sexy, multitude de classes et cartes démesurées… Le jeu est développé par Pearl Abyss, studio Sud Coréen créé le 13 septembre 2010, avec un objectif très clairement défini : créer le meilleur MMORPG du monde ! Et principalement connu pour cette licence déclinée sur quasiment tous les supports PC, consoles et mobiles. Le jeu a été autrefois édité par Kakao Games, mais qui a rendu la main à Pearl Abyss en 2021. Et accessoirement, un jeu pas connu du tout, puisque selon Pearl Abyss, Black Desert comptait plus de 55 millions de joueurs inscrits en février 2024, sur l’ensemble des plateformes.

Sorti en juillet 2015, Black Desert Online a fait son petit bonhomme de chemin jusqu’à nos machines actuelles. Du côté des consoles, jusqu’à peu, vous ne pouviez jouer qu’aux versions PS4 et XBox One, portées sur les machines les plus récentes. Mais la grosse nouveauté, qui nous amène aujourd’hui, c’est la sortie (enfin) du jeu en version native pour PS5 et XBox Series, depuis le 26 juin. Avantage : c’est plus beau et plus rapide ! Inconvénient : on vous conseille d’upgrader rapidement votre version si vous jouez encore aux itérations PS4 et XOne… Puisque les développeurs vont les abandonner progressivement, au profit de ces éditions plus récentes… On en parle ?

J’ai la mémoire qui flanche, j’me souviens plus très bien…

Un désert, une mystérieuse sorcière qui a visiblement besoin de vos services, un artefact antique, et… Black out !! Vous venez de vivre l’introduction du jeu. Lorsque vous vous réveillez, amnésique, vous êtes en pleine forêt de Balenos, sur un site de fouilles archéologiques. Sous la direction d’un certain Edan, vous devez enquêter sur site, et plus particulièrement dans des ruines datant de plusieurs siècles, et chargées de magie noire. Si ce n’est plus. De fil en aiguille, vous allez découvrir que la population a disparu pour avoir abusé d’une étrange matière noire. Rapidement, le récit tourne autour d’une entité plus obscure : une sorcière ancienne, parfois associée à Illezra, figure récurrente dans le lore du jeu.

Elle aurait pactisé avec un pouvoir ancien, le Pouvoir Noir, qui commence à te parasiter gentiment (petite voix étrange dans ta tête, tout va bien). Le joueur découvre que ce pouvoir noir (qui ressemble à une fumée sarcastique appelée le “Black Spirit”) s’est lié à lui. Il le pousse à devenir plus fort(e), plus puissan(e)… Mais à quel prix ? Le black spirit, meilleur ami ou parasite ? C’est l’un des nombreux points que vous allez devoir éclaircir dans le jeu. Tout comme l’influence de la magie noire dans l’histoire du continent, le lien entre les ruines, la sorcière, et le pouvoir qui s’éveille en vous… Ou encore ces factions qui veulent soit vous aider, soit vous exploiter pour ce pouvoir… Bienvenue dans Black Desert Online, un jeu qui promet une durée de vie colossale !

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On ne va pas développer ici le scénario, ni même le gameplay, d’un jeu qui fête ses 10 ans. C’est un MMORPG, comprenez un « jeu de rôle massivement multijoueur » (pour ceux qui ont passé les 30 dernières années dans une grotte sans WiFi). Donc un jeu avec des multitudes de choses à faire, d’interactions avec le jeu ou les autres joueurs, d’objets à collecter, de pouvoirs à upgrader… Et un « défaut » récurrent dans ce genre de jeux (et Black Desert Online n’est pas épargné) : un HUD (les infos qui s’affichent à l’écran) surchargé ! C’est un coup à prendre, et on s’habitue avec le temps. Mais si vous vous lancez dans l’aventure pour la première fois (et si vous découvrez les MMO avec BDO), vos premiers pas risquent d’être laborieux. Nickel sur PC, mais beaucoup moins adapté aux consoles !

On ne reviendra pas non plus, dans ce test, sur les nombreuses caractéristiques générales de BDO. Le but du jeu reste de gagner de l’argent pour financer les activités et les quêtes que vous aimez (on est dans un sandbox ultra-ouvert). Votre terrain de jeu ? Une carte gigantesque de plusieurs centaines de kilomètres carrés. Et divisé en neuf territoires jouables (Balenos, Serendia, Calpheon, Mediah, Valencia, Kamasylvia, Drieghan, O’dyllita et désormais Ulukita). Plus d’une trentaine de classes se partagent ce monde ouvert (un tiers de classes masculines pour deux tiers de classes féminines, à la louche). Le nombre de quêtes ? Plusieurs dizaines de milliers. Certains joueurs sont montés jusqu’à 30 000 quêtes, et on n’a pas compté au delà… Bref, vous l’avez compris : le jeu a 10 ans, mais ceux qui l’ont découvert le premier jour sont loin de l’avoir entièrement fini…

Ce qui change sur cette nouvelle version

Nous n’allons donc pas revenir sur le jeu dans son ensemble, mais nous attarder sur les nouveautés apportées par cette version native (et ultime) pour PS5 et XBox Series. Et la plus évidente, c’est évidemment le gap lié aux performances des machines actuelles. Cette version native offre un 60 fps stable, même lors de combats PvP ou lors des affrontements de boss. Adieu chutes de framerate ! Ce qui n’est pas un luxe après la version PS4/Xone qui commençait à trainer la patte. Et on ne parlera même pas des temps de chargement toujours présents, mais plus rapides.

Qui dit PS5 ou Series X/S dit aussi des visuels de meilleure qualité, et ayant eux aussi bénéficié d’améliorations notables. Le jeu supporte désormais nativement le ray-tracing, et offre des textures plus nettes. La distance de rendu est elle aussi plus convaincante. Et le soft, déjà beau à l’origine, est sublimé sur un écran 4K. L’affichage des différents éléments du décor est plus fluide, plus rapide… Et cette version plus musclée réduit le popping. Sur la version que nous avons testée, il faut aussi ajouter les vibrations haptiques et les triggers adaptatifs de la Dualsense.

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Enfin, et ce n’est pas rien, le jeu optimise également son aspect communautaire, en devenant crossplay PlayStation/XBox. Comprenez que les joueurs PS5 et les joueurs Series X/S peuvent jouer ensemble. Ce qui démontre une volonté de la part de l’éditeur, de conserver une communauté active, malgré la disparition progressive des anciens supports. Ce qui nous amène vers la migration, gratuite et en douceur, des comptes PS4/XOne vers des comptes PS5/Series X-S. Et ceci sans perte de progression, d’argent ou d’équipement. Vous ne pourrez bientôt plus jouer sur les anciennes consoles, mais la migration est simple à effectuer (et gratuite) si vous jouez sur les consoles les plus récentes.

Ces points qui nous ont moins convaincus

Si jusqu’à présent, BDO nous a convaincu sur PS5, il faut admettre que ce « papy » commence à avoir aussi ses limites. La première, sauf erreur de ma part, est l’écart entre les versions PC et consoles. Pour ne pas dire le mot « retard » à l’évocation du contenu entre les deux versions. Car bien que la version consoles soit assez complète, avec toutes les extensions (Montagne de l’Hiver Éternel, Terre du Matin Radieux, possibilité de choisir la zone de départ à chaque nouveau personnage…)… Le contenu tarde parfois à arriver sur consoles. Exemple concret avec le lancement, avec cette version PS5/Series, de la classe Deadeye (une sorte de pistolero) et de la région de Ulukita. Respectivement disponibles depuis décembre 2024 et novembre 2023 sur PC.

Malgré les nombreuses améliorations visuelles, quelques soucis techniques persistent. Cela se traduit notamment par des textures qui ont du mal à se charger, ou bien qui demeurent floues. On ne peut pas nier non plus quelques épisodes ponctuels avec des effets de lumière bugués, et du clipping. Durant ce test, on aura aussi eu deux ou trois crashs/freezes, sur une PS5 (classique) qui galère parfois et surchauffe au bout de quelques heures de jeu. D’ailleurs, à en croire les forums dédiés, le jeu semble plus fiable, plus stable et globalement plus solide sur XBox Series. Alors dans le doute, on a vérifié et… Effectivement : pas de chutes de framerate sur Series S, et performances plus stables… On vous conseille cette version XBox, à choisir entre les deux…

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Bien que le jeu soit très joli à regarder, avec de très nombreux détails qui rendent les environnements réalistes, ou des personnages parfaitement chara-designés… On ne peut s’empêcher de trouver que BDO commence sérieusement à accuser le poids des années. Cela se ressent par exemple dans les animations, avant-gardistes en 2015 mais dépassées en 2025. De même, certaines textures peinent à convaincre. Là encore, elles trahissent un jeu qui vit depuis très longtemps. Mais là, pour faire mieux, il faudrait carrément un tout nouveau jeu… Et c’est justement ce dont nous allons parler dans le point suivant…

Avec dix années dans les pattes, Black Desert Online va devoir rivaliser avec un concurrent qui sera… Un autre jeu du même studio ! Car vous n’êtes pas sans savoir que Pearl Abyss nous prépare, pour cette année (si tout va bien) un nouveau titre : Crimson Desert. Et au regard des infos et des trailers diffusés jusqu’à aujourd’hui, il n’y a pas photo ! Crimson Desert s’annonce comme une énorme claque, qui risque de vampiriser tous les joueurs de BDO. Bien qu’il ne s’agisse plus d’un MMO, mais d’un jeu d’aventure en monde ouvert. Mauvais timing peut-être aussi car on sait que cette génération arrive bientôt en fin de vie : si on suit l’évolution habituelle des consoles, il ne serait pas surprenant de pouvoir jouer à la PS6 et à une hypothétique nouvelle XBox d’ici 2027…

Au final

Du côté du jeu, rien à dire : ça reste du Black Desert. Donc un MMO qui est à la fois excellent pour débuter, si vous découvrez le genre… Mais aussi un titre qui figure au dessus du panier si vous êtes un rôliste hardcore. Avec un contenu gargantuesque, des mises à jour très régulières, même dix ans après sa sortie… Bref, BDO reste BDO ! C’est solide, archicomplet, et ce sont sans doute vos petits-enfants qui viendront à bout des quêtes que vous avez initiées…

Aussi, ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est cette fameuse version 9e génération. Et là… C’est incontestable : les versions natives sur PS5 et Xbox Series X|S représentent une amélioration notable par rapport aux builds 8-gen. Si vous êtes un joueur de longue date, cette nouvelle version de BSO est une mise à jour nécessaire : visuels plus nets, framerate stable, chargements rapides, et transition gratuite pour les anciens joueurs.

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Toutefois, entre les deux consoles, on note que la version Xbox Series X|S offre une expérience plus solide et stable. Tandis que celle sur PS5 bénéficie d’immersions uniques (DualSense) mais subit encore quelques problèmes techniques. De plus, le contenu reste calé sur le rythme de la version console, avec des manques actifs, des retards, et encore des défauts techniques et visuels résiduels. L’itération PC restera de loin la meilleure.

En version native PS5/Series, Black Desert Online reste donc un très bon jeu, solide et accessible à petit prix, idéal pour vous faire la main, ou pour découvrir cet univers si vaste !! Et si vous êtes encore à fond sur le jeu, vous n’aurez pas le choix, puisque les versions One/PS4 vont s’arrêter ! Cependant, une interrogation demeure : cette version n’arrive t-elle pas trop tard ? Notamment avec un Crimson Desert qui risque de bientôt focaliser les attentions, et une génération de consoles bientôt en fin de vie… L’avenir nous le dira…


Black Desert Online

  • Par : Pearl Abyss
  • Sur : PS5 et XBox Series (aussi sur PC)
  • Genre : MMORPG
  • Classification : PEGI 16
  • Prix : 9,99€ pour la version standard (avec quelques bonus)
  • Conditions de test : testé sur PS5, sur une version fournie par l’éditeur
  • Direction artistique : c’est chouette à regarder, tant pour les personnages que pour les décors
  • Un univers gigantesque à explorer
  • Performances fluides et un 60fps stable
  • La bande-son
  • Support du ray-tracing, textures plus nettes, meilleure distance de rendu
  • qualité graphique globale optimisée pour les écrans 4K
  • Vibration haptique et triggers adaptatifs sur PS5
  • Migration gratuite des comptes PS4/Xbox One vers les versions PS5/Xbox Series
  • Crossplay : les joueurs PS5 et Xbox Series X|S peuvent désormais jouer ensemble
  • Visuellement, des textures et animations qui nous rappellent sans cesse que le jeu a plus de 10 ans
  • Quelques bugs et plantages
  • L’interface laborieuse et très riche, adaptée au jeu PC mais pas sur console (manettes)
  • Version qui arrive peut-être un peu tard