The Dark Pictures : Little Hope, flippant et horriblement bien écrit

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Second épisode de la série d’horreur The Dark Pictures, par les créateurs de Until Dawn, Little Hope nous emmène dans un petit village hanté par la sorcellerie. On y suit une bande d’ados, dans une histoire qui débute comme un énorme nanard du cinéma d’horreur… Mais qui se poursuit comme une pépite dans un manteau de velours…

Mais qu’est-ce que je fous dans cette galère ?

Développée par Supermassive Games, les créateurs du jeu Until Dawn, l’anthologie The Dark Pictures est une série composée de différents jeux d’horreur, aux inspirations cinématographiques. Chaque jeu est isolé et a sa propre histoire, son propre décor et son propre casting.

Pourtant, on relève des points communs dans les jeux d’horreur de Supermassive Games. Dans Until Dawn comme dans The Dark Pictures, on suit un groupe de personnes. Mais il y a une raison à cela : le gameplay si particulier, qui est devenu avec le temps la patte de Supermassive. Mais j’y reviens plus bas.

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Dans le premier épisode, Man of Medan, le Conservateur (le narrateur au look très classe, joué par Pip Torrens) nous racontait l’histoire d’un bateau hanté. Aujourd’hui pour son deuxième récit, il nous emmène à Little Hope, petite ville ayant un sombre passé en lien avec la sorcellerie.

Un bus qui se renverse sur la route, une bande de jeunes gens perdus au milieu de nulle part en pleine nuit… Une petite ville sinistre qui leur sert alors de refuge et… Des fantômes du passé qui semblent bien réels… Ce soir, on s’endort avec la lumière allumée !

On ne voit que Will Poulter

Mais siiiii, cherchez bien ! Vous le connaissez ! Will Poulter est un acteur anglais que vous avez pu voir dans Le Monde de Narnia 3 : L’Odyssée du Passeur d’Aurore, dans le rôle de l’insupportable cousin Eustache… Ou dans Le Labyrinthe où il jouait Gally. Si vous êtes cinéphile, vous l’avez aussi vu dans Midsommar, ou dans l’épisode spécial Black Mirror: Bandersnatch… Mais pourquoi parle t-on de lui au fait ? Et bien, parce qu’il joue Andrew, le personnage principal du jeu, pardi !

Après un plantage de bus en bonne et due forme, donc… Andrew et ses amis Angela, Daniel, John et Taylor se retrouvent au beau milieu de nulle part. Où plutôt dans une petite ville où les habitants ont eu la bonne idée de brûler des sorcières, et de commettre quelques petits meurtres sordides, autrefois…

Un cocktail de fantômes et autres hantises qui ne demande qu’à exploser au moindre contact avec de pauvres ados perdus dans la forêt… Mais je n’en dirai pas plus, au risque de commencer à vous spoiler sévèrement… Alors, je vais plutôt vous parler du gameplay !

C’est mon choix

Outre ses superbes séquences cinématiques… Tout l’intérêt du jeu réside dans les multiples embranchements du scénario, et dans les choix que vous devrez effectuer pour faire progresser l’histoire, soit vers la délivrance, soit vers la mort. Autrement dit, les choix effectués pendant le jeu, sous forme de QTE, vont déterminer la fin que vous aurez, parmi plusieurs possibles !

Mais le jeu sait aussi parfois être sadique, en vous demandant de choisir entre la peste ou le choléra : allez vous sauver votre ami de gauche et laisser crever l’autre, ou l’inverse. Et évidemment, le but est d’arriver avec le plus de membres du groupe possible à la fin.

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D’autant que le tout est servi par une superbe mise en scène. Le choix des plans, de la manière d’amener la narration est ultra-cinématographique… Au point que l’on oublie très vite que l’on a une manette ou un clavier entre les mains, avec cette sensation de regarder un film sur Netflix. Mention spéciale pour les transitions entre les personnages, pendant les phases de gameplay : avec un effet de ralenti, vous passez de l’un à l’autre. Changement de personnage, mais aussi de point de vue, de ce fait, et cet aspect est très réussi.

Je ne vous ai pas parlé d’une option très intéressante, et assez inattendue dans ce type de jeux : le multijoueur (et oui). Le mode « soirée télé » est un multijoueur en local, qui vous permettra de frissonner de deux à cinq joueurs. Enfin, « histoire partagée » invite deux joueurs à suivre cette histoire, en ligne. Intéressant !

Les principaux défauts

Les principaux défauts du jeu sont assez attendus dans ce type de productions. Et le premier est évidemment la rejouabilité. Une fois que vous connaîtrez la conclusion de l’histoire (quelle que soit la fin que vous aurez eu), pas sur que vous y retourniez. Un peu comme au cinéma : une fois que vous connaissez la fin de Seven ou Usual Suspect, ces films n’ont plus la même saveur si vous les revisionnez… La seule carotte sera alors l’envie, peut-être, de découvrir les différents embranchements.

Mais peut-être referez-vous aussi le jeu afin de le rentabiliser. Car je ne vais pas vous mentir : boucler l’histoire en quatre heures grand max, c’est un peu limite ! En même temps, s’il était plus long, le jeu n’en serait que plus lourd, puisqu’ici, tout est dit et on n’a guère besoin de plus… D’ailleurs, la construction du jeu elle-même semble nous dire, au bout d’un moment, qu’il est temps que l’histoire s’arrête… Par exemple lorsque les jumpscares (nombreux) deviennent ultra-prévisibles.

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Enfin, je terminerai sur deux aspects plus techniques. Le premier est le fait que j’ai eu en permanence l’impression d’être « faussement » libre. Que mes choix n’influaient pas tant que cela sur l’aventure : Quoi que je fasse, le dénouement arrivera forcément au même point à un moment ou à un autre. Cependant, le jeu a bien plusieurs fins qui dépendent de vos choix, c’est indéniable !

Et puis, The Dark Pictures : Little Hope souffre de quelques petits soucis techniques. Quelques bugs ici ou là… Des synchronisations gameplay/cinématiques mal calibrées… Voire des lignes de dialogue qui buguent et passent en Anglais sans prévenir… Rien de bien méchant, mais je me devais de vous en parler…

Au final

Quelle énoooorme déception que de voir le jeu se terminer aussi rapidement !! On a aimé frissonner, manette en main, devant ce film interactif digne des meilleures productions d’horreur. L’écriture peut sembler parfois assez générique, mais je vous avoue avoir mis une bonne dizaine de minutes à me remettre du twist final. Avec ce second opus, The Dark Pictures Anthology confirme le sérieux de cette collection horrifique.

Le jeu reste cependant assez limité dans ses choix (on a souvent l’impression qu’ils ne servent à rien), et on regrettera de voir l’une des séquences de fin en à peine une après-midi (ou une soirée). On a d’ores et déjà hâte de découvrir la suite de cette collection horrifique, avec un troisième épisode attendu pour 2021.


The Dark Pictures : Little Hope

Testé sur PS4.
Points positifs :
  • Pu… Cette conclusion !!!
  • En VF
  • Les différents embranchements
  • Plusieurs fins
  • Une vraie ambiance, une personnalité
  • Les QTE ne sont pas lourdingues
  • On a aimé se faire peur
  • Construction trèèèèèèèès cinématographique
  • Les transitions entre les personnages
  • Il y a du multijoueur, en local et online
  • Petit prix
Points négatifs :
  • Très très court
  • Peu de rejouabilité une fois la fin connue
  • La « fausse » liberté des choix
  • Des jumpscares qui deviennent prévisibles
  • Quelques bugs

Little Hope est un très bon second épisode qui, selon moi, va encore plus loin que le premier Dark Pictures, Man of Medan. On pourra bien entendu regretter sa faible durée de vie et quelques autres petits défauts, mais il faut reconnaître que la mayonnaise prend. Le jeu est creepy, et fait son job : il donne quelques bonnes sueurs froides, et c'est bien là l'essentiel.
76%
Oui !

Little Hope est un très bon second épisode qui, selon moi, va encore plus loin que le premier Dark Pictures, Man of Medan. On pourra bien entendu regretter sa faible durée de vie et quelques autres petits défauts, mais il faut reconnaître que la mayonnaise prend. Le jeu est creepy, et fait son job : il donne quelques bonnes sueurs froides, et c'est bien là l'essentiel.

  • Réalisation
  • Jouabilité
  • Scénario
  • Ambiance
  • Durée de vie

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