Un p’tit « truck » en plus

La série Truck Driver est une licence de jeux vidéo éditée par le studio néerlandais Soedesco, spécialisée dans les expériences de conduite accessibles et centrées sur la vie de routier. Le premier opus sort en 2019 sur PS4, Xbox One puis plus tard sur Nintendo Switch et PC. Le concept est clair : quitter la simulation “hardcore” façon Euro Truck Simulator pour offrir un jeu plus narratif, plus simple, et pensé pour un large public. Le joueur y incarne un chauffeur débutant qui doit se faire un nom en acceptant des contrats variés, tout en améliorant son camion et en tissant des liens avec les clients.

Contrairement aux simulateurs classiques, Truck Driver met l’accent sur les personnages et les petites histoires qui jalonnent la carrière du joueur. Chaque mission est liée à un NPC récurrent, créant une progression scénarisée. Le gameplay reste orienté conduite, livraison et gestion légère. Les routes sont semi-ouvertes, les environnements stylisés, et la physique volontairement accessible. Le ton est plus chaleureux que celui des simulations réalistes, ce qui contribue au charme de la série.

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La licence s’est poursuivie avec Truck Driver: The American Dream, un épisode autonome sorti en 2023 sur PS5 et Xbox Series. Ce titre marque une évolution notable : un nouveau moteur graphique, une histoire plus poussée et un univers entièrement repensé autour du mythe du routier américain. On y suit Nathan, un chauffeur qui se reconstruit après un drame familial. Le jeu gagne en ambiance, en variété de missions et en mise en scène. Tout en conservant son ADN : une expérience narrative centrée sur la route, la progression et l’humain.

La série Truck Driver s’est ainsi imposée comme une alternative plus narrative et plus décontractée aux simulations routières traditionnelles. Avec son univers accueillant, ses scénarii légers mais efficaces, et ses sorties régulières, elle attire un public curieux de découvrir la vie de camionneur sans la complexité extrême des simulateurs professionnels. Qu’il s’agisse du premier opus ou de The American Dream, la licence continue de tracer sa route avec ambition sur consoles et PC. Et aujourd’hui, il est temps de vous donner notre avis sur le tout nouveau Truck Driver : the Dutch Connection.

Deux routiers, deux expériences opposées

Comme son nom l’indique, ce nouvel épisode va nous faire voyager aux Pays Bas. Et comme on l’a vu plus haut, le jeu s’appuie sur un scénario, qui vient planter un cadre pour nos différentes missions. Dans ce nouvel épisode, on va suivre non pas un, mais deux routiers. On incarnera tout d’abord Lucas, qui est un peu le novice plein de vigueur et d’enthousiasme. Il a quitté l’école pour s’adonner à sa passion : les longs trajets en camion. En face, on trouve son opposé : Félix, qui traîne derrière lui une solide expérience de plus de 30 ans passés sur les routes au volant de son camion, à faire des livraisons difficiles. Et justement, on aime ce lien mentor/apprenti qui évolue pour se rapprocher d’un rapport père/fils… Ainsi que les problématiques personnelles, qui viennent donner du corps, de la substance aux missions.

Grâce à Félix et Lucas, Truck Driver: The Dutch Connection n’est pas qu’une simulation de routier. C’est aussi une histoire humaine, avec des personnages attachants, des choix, des émotions. On s’investit davantage, on s’attache. Et c’est plutôt rare, pour ne pas dire inattendu, dans un jeu de transport. Leur contraste (expérience / jeunesse, sagesse / ambition) offre un bon double prisme : les joueurs peuvent s’identifier à Lucas, apprendre le métier à ses côtés… Ou incarner l’expérience à travers Félix. Cela donne une profondeur narrative bienvenue, pour un jeu de camion décidément plus complexe qu’il n’y paraît.

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On aime aussi l’ambiance globale. Au volant de notre tracteur, on amarre les différentes remorques proposées, puis… On traverse les plaines, la campagne néerlandaise avec ses moulins à vent, ses champs de tulipes… Ce qui donne un sentiment agréable d’évasion. La conduite sur ces longues routes est calme et reposante. Des sensations qui vont de pair avec un gameplay qui ne se prend pas la tête. Qui ne cherche pas le réalisme pointilleux des simulateurs traditionnels : ici, c’est plus simple, plus accessible aussi. Ce qui promet une expérience agréable pour ceux qui veulent conduire sans stress. Et entre deux missions, on peut se détendre encore plus grâce à un mode libre qui, comme son nom l’indique, offre un jeu avec encore moins de contraintes.

Malgré tout, Truck Driver : the Dutch Connection n’en oublie pas pour autant sa dimension « simu » ! Et vous n’allez pas non plus passer tout votre temps avec la touche d’accélérateur enfoncée, à attendre que ça passe ! Vous allez aussi devoir gérer quelques aspects de votre convoi. Le carburant de votre camion, évidemment, mais pas que. Car votre routier n’étant pas un surhomme, il doit aussi se reposer, ou manger de temps en temps. Tournant sous Unreal Engine 5, le jeu tente aussi de nous en mettre plein les mirettes avec des effets d’éclairage et météo (averses) plus ou moins réussis.

Réalisé sans truck-age !

Et puis, il y a quand même quelques petits trucs qui ne vont pas ! J’avoue que, de manière générale, l’optimisation du jeu me laisse perplexe. Sous UE5, sur PS5 et XBox Series, son rendu visuel me fait plutôt penser à du début de génération PS4/XBox One. Avec des décors souvent vides et figés, des villes ou des autoroutes quasi désertes… Et des paysages souvent pauvres, qui font penser aux simulateurs allemands du début des années 2000 sur PC. Pourtant, à son lancement, cela n’empêchait pas le jeu de crasher dans tous les sens.

Et il aura fallu attendre une mise à jour 1.3, déployée plusieurs jours après son lancement, pour fixer tout ça. Mais même patché, il continue à souffrir de bugs de collisions, d’éléments qui passent à travers le décor ou à travers votre camion… Ce qui nous amène à parler de la physique du jeu. Avec un poids lourd qui semble peser aussi lourd qu’une Twingo, capable de se mettre en équilibre sur une barrière de sécurité. Sur la route, lancé à pleine vitesse, votre camion peut aussi montrer des comportements étranges et illogiques : changement soudain de direction, essieu instable… Pour le côté zen du jeu, c’est un peu loupé, pour le coup !

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Il va aussi falloir que l’on se penche sérieusement sur la question de l’IA du trafic (des autres véhicules sur la route), complètement claquée au sol ! Avec des conducteurs soit complètement stupides, soit qui roulent comme des co… Qui déboitent sans prévenir, qui vous doublent et ralentissent devant vous, mais réaccélèrent quand vous les doublez (les habitués du périph’ parisien trouveront cet aspect très réaliste, du coup)… Le jeu devient alors un Conducteur Français Simulator, où l’on sort sans arrêt le majeur tendu, et les jurons les plus fleuris. Totalement absurdes, ces comportements imprévisibles provoquent des accidents (qui vous sont facturés)… Et créent donc de la frustration.

Puisque l’on parle des amendes, on va les mettre dans la même case que la gestion de la faim et de la fatigue, dans la catégorie « mécaniques de gameplay trop sévères, pour ne pas dire trop punitives » ! Là, on a comme un problème d’équilibre, dans un jeu qui se voulait, sur le papier, accessible et offrant une bonne détente. Avec de la frustration qui s’invite donc au passage. D’autant que refaire le plein ou engloutir un petit casse-dalle vous pousse souvent à vous écarter de la route, à faire des détours qui peuvent vite saouler.

Au final

J’avoue : j’ai mis du temps à sortir ce test. D’une part parce qu’en cette fin d’année, nous devions vous parler de plusieurs titres intéressants… D’autre part, parce que je ne souhaitais pas publier ce test sans avoir roulé un minimum d’heures sur le nouveau jeu de Soedesco. C’est une question de confiance, mais aussi de respect pour les développeurs, que de ne pas « expédier » un test après une session de seulement 10 minutes. Mais alors… Verdict ?

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Truck Driver : the Dutch Connection peut rebuter si vous vous limitez aux quelques photos qui illustrent cet article. Oui, le jeu est visuellement vide, avec des graphismes qui ne font pas toujours honneur à cette génération de machines. Mais non, il n’est pas raté pour autant. Et si l’on s’y attarde, on finit par lui trouver de nombreux aspects séduisants. Pas pour le puriste qui recherche un simulateur hardcore et ultra réaliste… Mais pour le joueur qui souhaite s’initier à la simulation en douceur, Soedesco nous livre ici un jeu accessible. Limité, mais beaucoup moins inabordable que beaucoup de simulateurs.

En d’autres termes, le jeu est plein de bonnes intentions (détente, conduite tranquille, ambiance “van life”) mais finit par se heurter à des défauts techniques et de fond. Pour un joueur occasionnel, en quête de calme et de bitume lisse, il saura divertir. Il sera parfait aussi pour le néophyte souhaitant s’initier aux simulateurs, sans se prendre la tête avec une gestion trop pointilleuse. Pour un amateur de simulation réaliste et immersive : il faudra accepter ses ratés.


Truck Driver : The Dutch Connection

  • Par : Soedesco et Kyodai
  • Sur : PS5, XBox Series
  • Genre : simulation
  • Classification : PEGI 12
  • Prix : 39,99€
  • Conditions de test : testé sur une version fournie par l’éditeur, sur PS5.
  • Une simulation originale
  • Dans la continuité des précédents opus
  • Le scénario plutôt sympa
  • Solide durée de vie
  • L’aspect road-trip à travers les Pays Bas est agréable
  • Lucas et Félix : « les Routiers sont Sympas »
  • L’aspect immersif dans la vie d’un routier
  • Un simulateur accessible
  • L’IA des autres véhicules, une catastrophe
  • Des bugs
  • C’est très lent, et monotone
  • La physique de votre camion, pas toujours réaliste
  • La réalisation datée
  • On n’aurait pas craché sur un tuto