Hell is Us est un jeu d’action-aventure à la troisième personne développé par Rogue Factor et édité par Nacon. Il se distingue avant tout par sa démarche singulière : plonger le joueur dans un monde semi-ouvert mystérieux où l’exploration et la survie psychologique prennent le pas sur les marqueurs habituels et les quêtes assistées. Même s’il reprend les bases d’un Soul-like, il arrive à s’en éloigner pour offrir une expérience déconcertante, au meilleur sens du terme.
« Je marche seul… »
C’est une pépite de la rentrée, voire de l’année, qui mérite amplement d’être découverte, surtout à l’heure des bilans annuels. Enseveli sous l’avalanche de propositions qui s’abat sur le gamer même des plus avertis depuis la rentrée, Hell is us a surtout été éclipsé le jour de sa sortie par le fameux Hollow Knight : Silksong, attendu de pied ferme par des millions de joueurs. Au point de casser internet pendant quelques heures !
Hell is Us se déroule dans un pays fictif en proie à une guerre civile et envahi par des entités surnaturelles étranges, surnommées les « Abominations ». L’univers est volontairement opaque, et nous sommes lâché dedans sans beaucoup plus d’explications : peu d’indications sont données, et l’histoire se dévoile par touches subtiles, à travers des environnements évocateurs, des ruines, et des bribes de récits environnementaux. L’ambiance est sombre, souvent inquiétante, renforcée par une direction artistique minimaliste mais percutante.
► Sur le même thème : TEST – Ghost of Yotei : un succulent western à la sauce samouraï
Pas de map, pas de GPS, pas de directions balisées : les premières heures sont déconcertantes. L’Enfer en question est déjà bien là, et pas seulement par l’ambiance déployée. Pourtant, c’est tout ce qui fait l’intérêt de ce jeu, même si la promesse de monde ouvert n’est pas tout à fait respectée : dans les premières heures, nous sommes finalement assez frustré de ne pas tout comprendre, et en même temps, c’est dans ces premiers pas de voyage solitaire que l’on est le plus pris par la main. La suite va s’avérer être autrement plus déstabilisante.
Vrai-faux Soul-like
Au premier abord, et ce que donnaient d’ailleurs à voir les différents teasers tous plus alléchants les uns que les autres, on se dit que l’on a affaire à un énième Soul-like, certes de bonne facture. Les combats sont là pour nous le rappeler : les affrontements sont exigeants. L’arsenal se composant principalement d’armes de mêlée et d’un drone mystérieux qui sert à repérer ou influencer certaines anomalies. Les ennemis sont puissants et demandent de la patience, de l’esquive et une bonne lecture des patterns.
► Sur le même thème : TEST. Drag X Drive : une immersion inédite dans le basket-fauteuil, qui ne marque pas beaucoup de paniers
Mais là où Hell is Us se distingue du tout venant, c’est dans sa volonté de brouiller tous nos repères, en nous poussant à nous perdre, pour mieux retrouver du sens à toutes cette histoire nébuleuse. Observation et expérimentations sont finalement nos meilleures armes : la compréhension de ce monde dévasté passe par l’exploration minutieuse. La progression est organique, basée sur la curiosité plutôt que sur des objectifs imposés.
Peu à peu, et contre toute attente, l’absence de carte détaillée et de marqueurs clairs favorise l’immersion.
Un double AA aux allures de triple A



Visuellement, le jeu est séduisant sans être un monstre technologique. Et pourtant : les environnements naturels sont soignés, la météo dynamique et la lumière crépusculaire renforcent l’atmosphère mélancolique. Quelques baisses de framerate peuvent survenir dans les zones denses, mais rien de rédhibitoire.
La bande-son est, quant à elle, discrète, presque contemplative, laissant surtout place aux sons d’ambiance et aux bruitages inquiétants du monde. Cette sobriété sert parfaitement l’immersion et le sentiment d’isolement. Rogue Factor ayant su pleinement tirer profit de toutes ces contraintes techniques.
Des choix multiples pour une meilleure rejouablité



L’aventure principale peut se boucler en 12 à 15 heures, selon votre rythme d’exploration. La rejouabilité repose surtout sur le plaisir de s’immerger à nouveau dans cet univers mystérieux et de faire d’autres choix dans certaines approches. La marque d’un grand jeu.
Au final



Hell is Us est un jeu audacieux qui plaira surtout aux amateurs d’exploration contemplative et de défis exigeants. Il sacrifie la clarté et le confort des productions mainstream pour offrir une expérience sensorielle et narrative unique.
L’un des grands jeux de l’année, exigeant, mais qui mérite de figurer dans les tops de fin d’année.
Hell is Us

- Par : développé par Rogue Factor et édité par Nacon
- Sur : Xbox Series, PS5, et PC.
- Genre : action/aventure
- Classification : PEGI 16
- Prix : 59,99€
- Conditions de test : testé sur XBox, sur une version fournie par l’éditeur
Les points forts
- Ambiance mystérieuse et mature
- Liberté d’exploration sans surcouche d’UI intrusive
- Direction artistique et sonore immersive
Les points faibles
- Difficulté parfois frustrante
- Narration trop cryptique pour certains joueurs
- Quelques problèmes techniques mineurs.
