Disponible depuis l’été sur Switch et PC, et octobre sur PS5 et XBox, The House of the Dead 2 Remake refait parler de lui avec la sortie d’une édition physique limitée chez Microids. Véritable référence du rail-shooter (jeu de tir où vous visez l’écran avec un flingue), et après un remake du premier opus, The House of the Dead 2 Remake vient donner un gros coup de polish sur un jeu qui, mine de rien, fêtera ses 28 ans. Alors, pour finir l’année dans la bonne humeur, quoi de mieux que de canarder frénétiquement du zombie ? Quoi qu’il en soit, c’est l’heure de dégainer notre test.
En numérique… Mais aussi en physique
Si vous êtes du genre à avoir dépensé une petite fortune dans les bornes d’arcade, à la fin des années 90, alors vous avez forcément déjà entendu parler de The House of the Dead. Un jeu apparu dans les cafés et les game centers en 1996, sous l’égide de Sega. D’ailleurs, sur consoles, c’est sur Saturn qu’il arrivera d’abord, deux ans plus tard. Armé d’un pistolet, le joueur doit se frayer un chemin parmi des zombies, à grands coups de pétoire dans la tête ! Pour vous faire la version simple, The House of the Dead, c’est Virtual Cop avec du sang, des tripes, des monstres et une ambiance morbide.
Le jeu devient très vite un classique de l’arcade. Et ne va pas rester très longtemps dans les salles qui sentent la clope ! Comme je l’ai écrit, dès 1998, il débarque sur Saturn, puis sur PC. The House of the Dead trouve son public, et on aura donc trois autres épisodes, qui sortiront aussi sur arcade et sur consoles/PC. Ainsi que d’autres jeux non numérotés et remakes… Bref, chasser du zombie de manière décomplexée devient vite une activité populaire chez les amateurs de tir.
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Signe particulier de The House of the Dead : il assume franchement un côté série B, et un humour nanardesque. Du côté du scénario, on sent à peine une (légère) influence d’un certain Resident Evil. Nous sommes en 1998, et on incarne deux agents spéciaux, Thomas Rogan et G. (on ne connait pas encore son nom), chargés d’enquêter sur les agissements troubles d’un laboratoire établi au cœur d’un vieux manoir. Ils doivent notamment trouver le docteur Roy Curien, maître des lieux et scientifique notoirement connu pour ses expériences sordides. Et ce vieux cinglé serait justement à l’origine d’une horde de monstres et zombies qui déferlent maintenant sur le monde…
Tandis que tout le monde avait sans doute oublié cette pépite du passé, un remake de The House of the Dead est annoncé en 2021, pour une sortie en 2022 sur Switch. Un remake signé MegaPixel Studio et édité par Forever Entertainment. Et puisqu’on ne change pas une équipe qui gagne, MegaPixels refait un deuxième service avec The House of the Dead 2 Remake… Cette fois disponible sur tous les supports ! Et comme à sa grande habitude, l’éditeur français Microids se charge de nous proposer une édition physique limitée, intitulée Infect’Edition. Outre le jeu, elle embarque aussi trois cartes de personnages, ainsi qu’un fourreau exclusif. Avec un prix moyen de 39,99€ pour cette édition limitée.
The House of the Dead 2 Remake ressuscite le rail shooter culte



L’action se déroule en février 2000, lorsqu’une petite ville sombre brutalement dans le chaos. Des créatures hostiles surgissent partout, rappelant un traumatisme bien connu. Deux agents de l’AMS entrent alors en scène, James Taylor et Gary Stewart, bien décidés à comprendre l’origine de cette nouvelle infestation. Très vite, les souvenirs de l’incident du manoir Curien de 1998 refont surface. Et les balles de Beretta deviennent un langage universel.
Nous sommes donc ici dans un rail-shooter. Un jeu de la famille des FPS, dans lequel le joueur ne contrôle pas ses mouvements. C’est le jeu qui se charge de faire défiler le décor. Ici, vous n’aurez le contrôle QUE sur votre viseur (rouge pour le joueur 1, et bleu pour le joueur 2), à déplacer le plus rapidement possible sur votre ou vos cible(s). Vos munitions sont comptées, mais il suffit de tirer hors-champ pour recharger. Le jeu est d’ailleurs beaucoup plus fun à deux, puisqu’il met alors l’accent sur la coopération. Qui grimpe d’un cran, car la survie dépend aussi de la coordination.
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Mais attention, car le genre a aussi ses limites. La première est évidemment matérielle car, si le jeu à la manette reste fun, il est aussi frustrant de ne pas jouer au pistolet. Sans cet accessoire, l’immersion est moins réussie, dans une adaptation qui perd une partie de son âme. Et puis, qui dit rail-shooter dit aussi durée de vie très faible. Et ici, il ne vous faudra pas plus d’une grosse heure pour finir la campagne principale. Cependant, les embranchements et les multiples fins, qui dépendent de vos performances, sont un bon moyen de vous pousser à relancer la partie.
Contrairement à beaucoup de remakes, le jeu se montre assez généreux en matière de contenu. Il propose par exemple plusieurs modes, qui viennent compléter l’expérience. Comme un mode Boss pensé pour les amateurs de speedrun, ou un mode Entraînement idéal pour affûter ses réflexes avant le carnage. Outre le mode Arcade, le mode Original permet aussi de débloquer quelques aides bienvenues pour vos runs suivants. Comme un bon vieux fusil à pompe, ou des continues infinis. Et puis, on trouvera aussi les classiques, comme un musée permettant de voir les stats des ennemis vaincus…
Une technique qui souffle le chaud et l’effroi



Les graphismes profitent d’une cure de jouvence bienvenue, sans trahir l’ambiance macabre. La modélisation des monstres, qui bénéficient d’infiniment plus de polygones, est plutôt convaincante. On sent qu’un effort a été fait sur les éclairages, ou les détails des décors. Et les puristes apprécieront de voir enfin du sang rouge (et non plus vert, comme autrefois, pour une question de censure). Mais malgré cette mise à jour des modèles 3D, le jeu accuse un retard indéniable, et les effets visuels sont loin d’être spectaculaires. Avec une résolution basse, et certaines textures baveuses.
Sur Switch standard (version que nous avons testée), le jeu peine à offrir une performance fluide constante. Le framerate oscille souvent autour de 30 FPS ou moins dans les scènes chargées. Ce qui casse le rythme et peut nuire à l’ambiance du rail-shooter, où les réflexes sont essentiels (et où les ennemis censés vous faire sursauter ont plus de mal à vous surprendre, du coup). Reste à savoir comment le jeu se comporte sur Switch 2, ou sur les autres supports. Où on imagine un framerate plus régulier.
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La version Switch mise sur les Joy-Con et leur gyroscope pour simuler un contrôle de type “light gun”. Dans les faits, cela fonctionne, mais avec toutefois des limites. Comme par exemple une précision contestable, et la nécessité de recalibrer régulièrement la visée. D’ailleurs, on vous conseille aussi de réajuster la sensibilité, voire à revoir le mapping des touches, pas forcément idéal par défaut.
Les musiques ont été remastérisées, avec la possibilité de revenir à la bande son classique pour les puristes. L’ambiance sonore fait le job, avec des sons gores, des explosions et hurlements de zombies qui vous plongent dans l’atmosphère arcade classique. Cependant, certains dialogues ou voix paraissent, eux aussi, datés ou maladroits. Globalement, la réalisation donne une impression d’adaptation fonctionnelle plus que d’une refonte ambitieuse.
Au final



The House of the Dead 2: Remake propose une modernisation bienvenue des visuels et conserve le fun de base du rail-shooter culte, mais la réalisation reste techniquement inégale. Le framerate fluctue, les graphismes sont datés selon les standards actuels, et la visée gyroscopique, bien qu’intéressante, manque de la précision nécessaire pour pleinement satisfaire les amateurs du genre. Pour les nostalgiques ou ceux qui veulent une expérience arcade “à la maison”, ça passe ; pour les joueurs exigeants sur fluidité et précision, les compromis techniques se font sentir.
The House of the Dead 2 Remake n’est pas un mauvais jeu, mais pas un jeu mémorable non plus. Il se situe dans une strate qui fait que seuls les fans de la franchise, ou de rails-shooter en général, risquent de le remarquer dans les rayons. Les autres joueurs ont des chances de passer à côté, surtout si, comme moi, ils ont une fâcheuse tendance à l’indigestion dès lors qu’on leur parle de zombies. D’autant que, si Microids nous a servi de nombreux remakes ou revivals cette année, il n’y a pas de comparaison possible avec un Syberia Remastered ou un Double Dragon Revive. Si vous nous suivez régulièrement, vous avez forcément déjà acheté l’un des deux.
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Mais revenons à nos morts vivants. Bien décrépis, pour le coup, puisque la technique se contente du minimum syndical : ce n’est pas complètement laid, mais ça date ! Mais le plus gros point noir du jeu reste sa durée de vie extrêmement courte, avec une grosse heure en campagne solo pour voir la fin ! Heureusement, le jeu est sauvé par plusieurs aspects plaisants : son petit prix, son fun et son humour nanardesque, et un multi local qui relance tout l’intérêt du titre. Bref… The House of the Dead 2 Remake n’est pas un jeu indispensable, mais il fait le job si vous aimez les rail-shooters, ou canarder du zombie… Ou encore si vous êtes un fan de cette référence de l’arcade, ou que vous souhaitez la découvrir dans une version moderne.
The House of the Dead 2 Remake

- Par : développé par MegaPixel Studio, édité par Forever Entertainment, version physique chez Microids
- Sur : Switch, PS4 et PS5, XBox, PC.
- Genre : rail shooter/arcade/horreur
- Classification : PEGI 18
- Prix : 24,99€ (numérique), 39,99€ (édition physique limitée)
- Conditions de test : testé sur Switch, sur une version physique envoyée par Microids
Les points positifs
- Pour les fans, le plaisir de retrouver le second épisode de la célèbre licence de rail-shooter
- Du contenu, comme des modes de jeu, en plus
- Le côté « nanar » et son humour grotesque assumés à 200%
- Musiques originales ou réorchestrées
- Les fins alternatives, pour vous faire replonger
- La coop en local
- Petit prix
Les points négatifs
- Très (très) court
- Par principe, c’est ultra-répétitif
- La réalisation et la technique en retrait
- Un framerate à la peine sur Switch
- Le mapping des touches par défaut sur switch
- Sans flingue, simplement aux joycons ou à la manette, ça perd beaucoup de son âme
