Un multivers Universal ?

Funko, à la base, c’est cette marque qui a réussi l’exploit de transformer absolument tout ce qui existe dans la culture populaire, en figurine à grosse tête et petits yeux. Des super-héros Marvel aux personnages de séries obscures vues par trois personnes sur une plateforme de streaming islandaise. De la Funko Batman ( #01 en 2010) jusqu’à aujourd’hui où l’on dépasse largement les 8000 références… Forcément, à force de collectionner les licences comme d’autres collectionnent les vies dans Ghosts’n Goblins, l’idée d’un jeu vidéo devenait inévitable.

Funko Fusion est développé par 10:10 Games. Un studio britannique fondé par d’anciens de Traveller’s Tales, les papas des LEGO games. Autant dire que la promesse est claire dès le départ : un jeu d’action accessible, bourré de références, pensé pour faire sourire les fans et ne pas traumatiser les pouces. Une sorte de multivers ludique, mais sans le budget d’Avengers Endgame. C’est prometteur, et cela s’annonce aussi coloré que copieux !

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Annoncé comme une grande célébration de la pop culture, Funko Fusion aligne des univers issus du catalogue Universal, avec un amour évident pour les films, séries et licences cultes. Le jeu veut parler à tout le monde, du trentenaire qui a grandi avec Retour vers le Futur au plus jeune qui découvre ces mondes via des figurines sur TikTok. Tour à tour, on croisera ainsi des licences telles que Jurassic World, Scott Pilgrim, Battlestar Galactica, Les Dents de la Mer, Retour vers le Futur, Umbrella Academy,… Ainsi que des choix plus surprenants, comme les films Hot Fuzz, The Thing, La Momie, ou encore Nope (de Jordan Peele). Avec quelques guests comme Freddy de Five Nights at Freddy’s, Chucky, Mega-Man, Michael Knight et KITT de K2000… Bref, cela représente plus de 70 personnages et plus d’une trentaine de licences.

Sur le papier, c’est séduisant. Dans les faits, Funko Fusion marche sur une ligne fine, entre hommage sincère et parc d’attractions un peu trop bien rangé. Un jeu qui assume son côté vitrine interactive, mais qui tente quand même de proposer une vraie expérience manette en main. C’est risqué, et il est temps de voir si cela fonctionne… Le jeu est sorti à l’automne 2024 mais, l’ayant loupé à l’époque, j’ai eu envie de le découvrir, et de vous en parler !

Un gameplay simple, parfois trop sage

Manette en main, Funko Fusion adopte une vue à la troisième personne et un gameplay orienté action-aventure. On explore des niveaux inspirés des différentes licences, on tape, on tire, on active des leviers et on résout des énigmes légères. Très légères. Disons que même le moi de 10 ans, sur ses machines 16 bits, aurait trouvé ça abordable.

Chaque personnage possède quelques capacités spécifiques. Ce qui encourage à varier les figurines, pour débloquer certains passages. L’ensemble est fluide, lisible, et pensé pour ne jamais frustrer. Même si on cherche parfois la solution, qui est pourtant sous notre nez. Le revers de la médaille, c’est une sensation de déjà-vu permanente, surtout si vous avez joué à un jeu LEGO ces quinze dernières années.

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Le rythme est correct, mais rarement surprenant. Funko Fusion préfère le confort à la prise de risque, ce qui le rend agréable pour de courtes sessions. Mais le rend aussi parfois un peu mou sur la durée. On s’amuse, mais on n’est jamais vraiment challengé, ni surpris. L’architecture du jeu est académique, sans véritablement de folie.

Du côté du scénario, on est là aussi dans le générique en tous points. L’intrigue principale tourne autour d’un méchant pas cool : Eddy Funko, une version dark et machiavélique de la mascotte Freddy Funko. Après avoir volé la couronne magique de Freddy, Eddy plonge les WonderWorlds (des mondes inspirés des univers de la culture pop) dans le chaos. En corrompant leurs habitants et en les transformant en versions possédées. Votre mission : incarner les différentes Funko Pop pour… Sauver le monde, pardi !

Une technique propre, mais sans étincelle

Techniquement, Funko Fusion fait le travail. Les environnements sont colorés, lisibles, et respectent bien les univers qu’ils adaptent. Mention spéciale pour les musiques fidèles, qui nous replongent dans nos vieilles Madeleines de Proust. C’est du vécu ; j’ai littéralement redécouvert des thèmes des Maîtres de l’Univers que j’avais oubliés. Et qui sont revenus instantanément. Les figurines sont fidèlement reproduites, avec leurs proportions absurdes assumées. Et les animations sont solides sans être spectaculaires.

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Sur consoles récentes, le jeu tourne correctement, sans bugs majeurs à signaler. Les temps de chargement sont raisonnables et la direction artistique fait illusion. En revanche, ceux qui attendent une claque visuelle peuvent ranger leurs lunettes de soleil. On est plus proche d’un dessin animé du samedi matin que d’un blockbuster next-gen. C’est joli, mais très classique.

La bande-son accompagne efficacement l’action, sans jamais marquer durablement les oreilles. Les bruitages sont corrects, les voix font le job, mais rien qui donne envie de fredonner le thème principal sous la douche. En revanche, je l’ai déjà écrit, la bande-son tire tout son intérêt de l’aspect « nostalgie » ! Comme l’ambiance globale des différents univers visités, d’ailleurs. Mais ça fonctionne plutôt bien.

Des défauts qui sautent aux yeux

Le principal défaut de Funko Fusion, c’est son manque d’audace. Le jeu coche toutes les cases, mais rarement avec panache. Le gameplay tourne vite en rond, surtout en solo. Et l’humour, pourtant omniprésent, manque parfois de mordant. Funko Fusion joue la sécurité à tous les niveaux, au point de parfois donner l’impression d’un LEGO-like sous calmants… Et sans casser des briques.

La générosité en licences est à double tranchant. Certains univers sont à peine effleurés, donnant l’impression d’un buffet à volonté où tout est bon, mais rien n’est vraiment mémorable. On passe d’un monde à l’autre sans jamais s’y attacher complètement. Cinq niveaux à explorer par univers, avec cependant de nombreux secrets et collectibles à trouver (comme chez Lego)… Voilà qui assure une solide durée de vie… À condition d’accrocher à ces univers. Dans le cas contraire, vous filerez à la fin du niveau en ligne droite, juste pour débloquer la suite.

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Car malgré son accessibilité, le jeu peine à captiver sur la durée, et peut devenir répétitif. L’absence de renouvellement dans les situations et le rythme très linéaire finissent par émousser l’enthousiasme, surtout en solo. Étrangement, si le gameplay et certains univers remplissent le cahier des charges d’un jeu pour les plus jeunes, le choix de certaines franchises ou des scènes un peu moins kids-friendly le classent en PEGI 16. On peut donc légitimement se demander si Funko Fusion cible le bon public.

Au final

Funko Fusion amuse, distrait, mais ne marque pas durablement. Un peu comme ces figurines qu’on trouve cool sur le moment, avant de les laisser prendre la poussière sur une étagère. Funko Fusion est un jeu sympathique, sincère dans sa démarche, mais trop prudent pour devenir culte. Il s’adresse avant tout aux fans de Funko et de pop culture. Ceux qui aiment reconnaître des références et enchaîner des niveaux sans prise de tête. Mais il ferme aussi la porte à certaines tranches de joueurs qui auraient pu adhérer pleinement.

Si vous cherchez un jeu fun, accessible, à partager ou à lancer entre deux parties plus sérieuses, il fera le job. En revanche, les joueurs en quête de profondeur, de défi ou de véritable surprise risquent de rester un peu sur leur faim. Un bon produit dérivé, bien emballé, mais qui manque encore de ce petit grain de folie pour sortir du moule.


Funko Fusion

  • Par : 10:10 Games
  • Sur : Switch, PlayStation, XBox et PC.
  • Genre : aventure
  • Classification : PEGI 16
  • Prix : 39,99€
  • Conditions de test : Testé sur PS5, sur une version commerciale.
  • Univers pop culture variés et bien respectés
  • Gameplay accessible et immédiatement compréhensible
  • Direction artistique fidèle à l’esprit Funko
  • Technique globalement propre et stable
  • Les musiques tirées des licences
  • Solide durée de vie si on se lance pleinement
  • Pas mal de DLC gratuits à récupérer sur le store
  • Manque d’originalité dans le gameplay, le scénario…
  • Difficulté très faible
  • Rythme parfois monotone
  • Certaines licences sous-exploitées
  • Avec son PEGI 16, il loupe une cible stratégique (les plus jeunes)