One Punch Man- A Hero Nobody Knows : Saïtamal au cœur !

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Avec One Punch Man : A Hero Nobody Knows, Bandai-Namco nous plonge (enfin) dans l’univers totalement perché de Saïtama, le super-héros invincible. Le jeu vidéo sera t-il aussi génial que le manga dont il s’inspire ? La réponse avec notre test !

Le Super-héros le plus fort du Monde !

Si le manga est aujourd’hui connu du grand public français grâce à Dragon Ball, One Piece ou Naruto (tous adaptés un nombre incalculable de fois en jeux vidéo)… Je dois vous avouer que je regrettais fortement l’absence de One Punch Man sur nos consoles. Et on ne va pas se mentir : la tête d’ahuri de Saïtama nous manquait terriblement.

C’est maintenant chose faite puisque, avec One Punch Man : A Hero Nobody Knows, Bandai-Namco nous permet de plonger dans l’univers délirant imaginé par le dessinateur indépendant ONE (en auto-édition), puis republié dans Tonari no Young Jump, avec Yūsuke Murata aux dessins.

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Si vous ne connaissez pas encore cet univers, une présentation s’impose. Saïtama est un chômeur un peu looser, qui rêve de devenir un super-héros. Au prix d’un entraînement de trois ans (100 pompes, 100 squats, 100 abdos et 10 km de course au quotidien), tellement difficile qu’il en perd ses cheveux… Saïtama parvient à atteindre son but. Si ce n’est que… Il s’est trop entraîné, et est devenu surpuissant, terrassant les ennemis les plus forts en un seul coup (d’où le nom One Punch Man).

Sa vie de super-héros, en apparence ennuyeuse, va devenir plus intéressante après sa rencontre avec Genos, un cyborg très puissant qui considère Saïtama comme son mentor. Puis avec la Ligue des Héros, qui protège le monde en fédérant et en leadant ses membres, répartis en classes selon leur puissance.

Créez votre avatar

Dans One Punch Man : A Hero Nobody Knows, vous n’incarnerez pas Saïtama. Le jeu n’est pas un simple versus fighter, bien qu’il propose des combats. Et le cœur du jeu, ce sera bien évidemment son mode aventure, qui vous permet d’incarner un personnage tiers.

Comme dans Dragon Ball Xenoverse ou dans Jump Force, votre première mission sera de créer votre avatar. Ceci grâce à un moteur assez complet, bien que classique. Homme ou femme, couleur de cheveux, fringues (que vous pourrez changer ensuite en trouvant des objets in-game)… Vous devrez même vous trouver un nom de super-héros… De préférence en gardant l’esprit loufoque de la série 😉

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Vous voilà donc devenu un héros de rang mineur (classe C), membre de la Ligue des Héros. Et comme dans la série, vous devrez accomplir des missions, aider les citoyens ou vaincre des ennemis… Pour faire grimper votre rang jusqu’à la prestigieuse Classe S.

Au fil de vos pérégrinations, vous allez bien entendu croiser les héros de One Punch Man : Saïtama, Genos, King ou Crocs d’Argent… Mais aussi les plus barrés, comme Moustachute, Roulette-Rider (le héros sans permis de conduire, qui se déplace à vélo), ou la fratrie Marcel (Tiger-Marcel, Blackhole-Marcel ou encore Master-Marcel, un gang qui estime qu’un héros ne peut être classe qu’en portant un marcel, si si). Bon point pour le jeu, qui nous offre ici un casting pas totalement dingue (25 persos de mémoire, avec des DLC à venir), mais qui contentera les fans pour sa variété!

Un gameplay accessible, des menus peu ergonomiques

Au niveau du gameplay, il faudra dissocier deux phases distinctes : un mode exploration en monde semi-ouvert, et la baston pure et dure. Dans les deux cas, la jouabilité ne pose pas de problème majeur. Si vous suivez les tutos, il ne vous faudra pas très longtemps pour cerner les subtilités du jeu. Et ceci, même si vous ne connaissez pas One Punch Man.

Je n’insisterai pas longtemps sur la partie baston, tant elle est devenu assez classique. Vous enchaînez les coups, déclenchez des combos, chargez une barre vous permettant de déclencher des techniques spéciales (mode Super Vénère)… Et pouvez switcher entre deux ou trois personnages… Bref, cela ne changera pas beaucoup si vous connaissez déjà One Piece Burning Blood, Dragon Ball FighterZ ou Dragon Ball Xenoverse (pour ce qui est du gameplay). Avec toutefois une bonne idée que je développerai plus bas. On n’est pas dans la haute technicité, pour ne pas dire que le gameplay devient vite répétitif… Mais en martelant les touches, on parvient sans problème à défaire l’adversaire.

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L’autre phase, l’exploration, est en revanche beaucoup plus intéressante. Une fois votre héros créé, vous pouvez vous balader librement entre le QG de la Ligue des Héros, la ville ou autres maps. En ville, vous trouverez des commerces, un appartement (que vous pourrez décorer à votre guise)… Ainsi que des héros et des PNJ qui vous confieront de nombreuses missions, pour la quête principale ou pour des missions annexes. Elles sont indispensables si vous espérez gagner des points pour atteindre la Classe S. Mais en réalité, les missions se révèlent elles aussi rapidement redondantes, voire pas forcément justifiées (qui a prononcé le mot « remplissage » ?).

Bien entendu, le jeu vous propose aussi les menus plus classiques, comme l’entraînement… Ou des combats en versus (en local contre un ami). Cependant, je tiens à préciser que, pour jouer en versus, il est dommage de passer par une hôtesse du QG de la Ligue, plutôt que par un onglet sur le menu d’accueil. Ce qui reflète un autre problème du jeu. Ses menus sont loin d’être les plus ergonomiques.

L’idée géniale : le Hero Arrival

Il est temps d’aborder maintenant la particularité de ce One Punch Man. Son originalité, LA nouveauté de gameplay qui lui apporte un plus par rapport aux autres jeux du genre : le Hero-Arrival !

Contrairement aux autres jeux de combat dans lesquels vous pouvez choisir entre plusieurs héros, avec la possibilité de switcher en plein combat dès le début (ce qui reste possible ici si vous le souhaitez)… One Punch Man instaure une nouvelle règle : votre (ou vos) soutien(s) n’est pas accessible dès le début du combat.

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Car nous sommes dans One Punch Man, l’univers qui ne se prend pas au sérieux. Ainsi, votre renfort sera ici à la bourre ! Et pendant qu’une petite fenêtre diffuse, dans un coin de l’écran, une vidéo live de votre soutien en train de courir comme un dératé pour rejoindre le combat, vous devez tenir face à l’ennemi. Un chrono vous indique dans combien de temps il arrivera…

Une fois le chrono arrivé à zéro, votre acolyte est arrivé, et vous pouvez alors switcher pour l’incarner normalement. Comme dans n’importe quel jeu de combat. Si cette mécanique prête à sourire au premier abord, elle s’avère vite intéressante, vous obligeant à revoir votre stratégie lors des combats. Cette mécanique rend les combats plus dynamiques, tout comme les événements qui surviennent en pleine partie, sans prévenir (chutes de météorites, électrification de la zone, etc).

Un jeu d’une autre époque

Vous l’aurez sans doute compris en lisant ces lignes, je suis un grand fan de One Punch Man, et c’est avec une grande impatience que j’attendais cette version « jeu vidéo » en cel-shading ! Hélas, la hype de retrouver tout le casting de la série, et d’incarner le super-héros le plus fort de l’univers, retombe vite. La faute à… La réalisation de ce A Hero Nobody Knows.

Tout d’abord, le level-design semble sorti tout droit d’une autre époque. Avec des arènes (peu nombreuses) souvent vides, visuellement assez austères (certaines même assez moches), et leurs effets de destruction qui font ressortir de gros polygones… Et je ne parle pas de Z-City, le semi-open world urbain mais désespérément désert… Ni des monstres clonés à outrance, qui manquent de variété… Ce One Punch Man est un bon jeu de 2014, mais pas de 2020, en fin de génération ! On comprend d’autant mieux qu’il ne pèse que 6,6GB sur PS4 (aujourd’hui un poids-plume).

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Les mécaniques elles-mêmes, à l’exception du Hero-Arrival expliqué plus haut, sont très classiques et ont beaucoup de mal à nous surprendre. Le switch de personnages est déjà vu, la collecte d’items en jeu aussi… Et le système de combat, avec ses attaques spéciales (mode Super Vénère), reprend lui aussi des aspects déjà vus dans d’autres jeux de Bandai-Namco. De ce point de vue, les développeurs se sont contentés de reprendre des formules ayant déjà fait leurs preuves dans d’autres titres… Mais des formules déjà connues des joueurs. Pire : les coups ne vous font pas ressentir le punch qui se dégage des dessins dans le manga, avec ses gueules pétées, ses patates qui défoncent. Ici, on ne trouve que de simples coups…

Au niveau de la réalisation, le jeu ne nous épargne pas les sempiternels temps de chargement. Parfois pour des raisons qui nous échappent, d’ailleurs. Mais pire encore, il semble cracher ses tripes lorsqu’il s’agit d’animer quelques PNJ dans un hub qui, pourtant, est désert. Et là, ça fait très mal ! Clipping, aliasing, chutes de framerate (pendant les combats) et murs invisibles… Nous avons la totale.

Le plus fâcheux est le clipping, et dire qu’il est prononcé serait un euphémisme. Je m’explique : vous vous déplacez dans la rue, pour aller échanger avec un PNJ, afin qu’il vous confie une mission. Le fait que le jeu n’arrive pas à matérialiser ce personnage si vous êtes à plus de deux mètres de lui est une chose… Mais qu’il apparaisse comme par magie au bout de quelques secondes, alors que vous attendez pile devant lui, à portée de la commande qui vous permet de déclencher le dialogue… Est-ce acceptable en 2020 ? Ça ne l’était déjà pas en 2014, alors il n’y a pas de raisons.

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C’est là que je réalise que je ne vous ai pas, non plus, parlé de la mise en scène, elle aussi globalement paresseuse. Et je ne veux pas parler du fait que le jeu se cantonne à la première saison de l’anime. Non, ici, je veux évoquer le fait que, dans la campagne principale, les cinématiques sont de qualité très variables. Certaines scènes assez chouettes semblent tirées de l’anime… Mais pourquoi, en pleine séquence, voir apparaître soudainement des écrans fixes, ou des plans qui semblent mal cadrés ? Un peu comme si les développeurs, réalisant qu’il leur manquait un bout de séquence, étaient allé piocher des screenshots sur Google pour remplir à l’arrache.

Globalement, le bilan de cet aspect technique est plus que décevant. Et je ne vois que deux explications : soit les devs étaient pris par le temps et limités par le budget, auquel cas ils nous ont réalisé un jeu vidéo avec les moyens du bord… Soit ils n’en avaient franchement rien à faire ! Toujours est-il que, au regard des récentes productions de Bandai-Namco, on a du mal à comprendre que l’éditeur ait laissé passer ça…

Au final

One Punch Man : A Hero Nobody Knows est un jeu que l’on a envie d’aimer. D’une part parce qu’il est fidèle à un manga (et anime) juste génial… D’autre part parce qu’il rassemble un casting honorable réunissant les emblématiques gueules déjantées de One Punch Man… Et les développeurs sont parvenus à conserver l’ambiance complètement perchée du manga, qui nous arrache des sourires grâce aux situations loufoques de ses protagonistes.

Mais… Ces bonnes intentions sont vite gâchées par une réalisation indigne d’un jeu de fin de vie des PS3/X360 PS4/Xbox One. Il cumule beaucoup trop de lacunes techniques pour que l’on puisse croire qu’il s’agit d’un simple manque de bol. Et c’est d’autant plus incompréhensible que Spike Chunsoft n’est pas un nouveau venu sur ce terrain (Danganronpa, One Piece Burning Blood, Jump Force…).

One Punch Man : A Hero Nobody Knows est donc, au final, un jeu assez moyen. Son ambiance et son univers vont ravir les fans de la série… Qui vont cependant vite se lasser, avec cette impression de s’être fait avoir en se faisant refiler un jeu PS3. Et si vous ne connaissez pas Saïtama mais que vous souhaitez découvrir une adaptation de manga… Il sera en sérieuse concurrence avec d’autres titres du même éditeur, de licences plus connues et mieux réussies, comme Dragon Ball ou One Piece.


One Punch Man : A Hero Nobody Knows

Testé sur une version PS4 fournie par l’éditeur
Points positifs :
  • Retrouver l’univers délirant de Saïtama
  • Assez fidèle au manga
  • Doublage japonais
  • On se prend vite au jeu, pour la partie « aventure »
  • L’outil de création de personnages
  • La gestion de Saïtama
  • Les renforts ou Hero-Arrival et les événements pendant la partie
  • Un casting correct
Points négatifs :
  • Une réalisation qui date
  • Les temps de chargement
  • Scénario avec des raccourcis et du remplissage
  • C’est la foire internationale du clipping et de la chute de framerate
  • Vite répétitif
  • Des menus pas très ergonomiques
  • Un hub qui manque de vie
  • Bande-originale trop classique
  • Contenu finalement pas si foufou
  • Pourquoi pas y jouer, à l’occasion, mais certainement pas à 70€.
Je ne ressens pas de colère, juste de la déception, et une forme d'incompréhension. Comment, avec une promesse aussi alléchante, en est-on arrivé là ? Techniquement, One Punch Man : A Hero Nobody Knows est littéralement un jeu de la génération précédente. Les fans pourront toutefois essayer de se consoler avec un casting intéressant et un jeu qui respecte globalement l'esprit du manga... Mais, ce n'est pas suffisant... Quand on nous demande 70€ pour un jeu, on espère une copie plus soignée...
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Moyen...

Je ne ressens pas de colère, juste de la déception, et une forme d'incompréhension. Comment, avec une promesse aussi alléchante, en est-on arrivé là ? Techniquement, One Punch Man : A Hero Nobody Knows est littéralement un jeu de la génération précédente. Les fans pourront toutefois essayer de se consoler avec un casting intéressant et un jeu qui respecte globalement l'esprit du manga... Mais, ce n'est pas suffisant... Quand on nous demande 70€ pour un jeu, on espère une copie plus soignée...

  • Graphismes
  • Réalisation
  • Jouabilité
  • Ambiance générale
  • Durée de vie

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