Core GrafX Mini : Pépite rétro à la conquête de l’Ouest

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Si le nom de la PC Engine Core GrafX était autrefois associé à la marque NEC et à l’éditeur Hudson Soft, c’est aujourd’hui Konami (PES, Castlevania…) qui s’est chargé de cette nouvelle « console Mini » désormais disponible en exclusivité sur Amazon ! Elle n’est pas la plus connue des consoles rétro, mais elle a des choses à vous dire…

Une console confidentielle

Je me revois, ado, en train de baver sur les visuels des jeux, ou sur les pubs, de la PC Engine, dans mes magazines préférés (Player One, Consoles+, Joypad…). Car autant qu’on se le dise : dans les années 90, et contrairement à ce que vous avez pu lire ici et là, il n’y avait pas que Nintendo versus Sega ! Au Japon, les deux géants rivalisaient aussi avec NEC !

Une réalité qui peut aujourd’hui nous échapper, car il faut reconnaître que la NEC PC Engine était une console assez confidentielle. Distribuée exclusivement au Japon, elle a toutefois été vendue en Europe, en petites quantités, via les circuits d’import. Ce qui implique néanmoins un prix élevé, et une galère pour trouver des jeux… Bref, sous nos latitudes, la PC Engine n’était pas la console de Monsieur Tout-le-Monde !

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Vendue entre 1987 et 1993, la PC Engine était une console 8 bits, avec des graphismes qui écrasaient la NES et la Master-System… Puisque certains jeux PC-Engine se rapprochaient visuellement de certaines productions sur 16 bits. Les jeux étaient distribués tout d’abord sur Hu-Card (un format « carte de crédit » ), puis sur CD-Rom (trois versions : CD-Rom, Super CD-Rom et CD-Rom Arcade). La console s’est vendue à plus de 10 millions d’exemplaires.

Au Japon, la console a connu 14 versions : Core GrafX, Super GrafX, PC Engine Duo (Hu-Card+CD), PC Engine GT (une portable en couleur)… Peut-être avez-vous même déjà entendu parler de TurboGrafX, qui était en réalité son nom américain…

Déballage de la console

La console est vendue en trois versions : la Core GrafX Mini (grise) en Europe ; La PC Engine Mini (blanche) au Japon ; La Turbo GrafX 16 Mini (noire, mais avec une forme différente) aux USA. L’unboxing de la console est assez classique : pas de superflux, juste le strict minimum. Le pack contient ainsi :

  • La console
  • Sa notice
  • Une manette
  • Un câble de recharge USB
  • Un câble HDMI

Notez, et c’est un premier reproche que nous ferons à cette Mini, que le pack ne propose ni prise secteur, ni deuxième manette comme certains constructeurs ont pu le faire. C’est d’autant plus dommage que certains jeux offrent du multijoueur.

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Et on tiquera d’autant plus que, second reproche, cette Core GrafX Mini est affichée entre 100 et 120€ selon le revendeur. Un prix qui commence à sérieusement piquer pour une console Mini. Sur ce point, on pourrait presque demander son avis à Sony, après le « bide » de sa PlayStation-Mini (bon OK, c’est aussi pour d’autres raisons que son prix), aujourd’hui soldée dans les rayons.

Notez que la console est sortie avec quelques accessoires vendus séparément :

  • Le Turbo Controller pour Core Grafx mini (manette avec une fonction de tir automatique). Il est vendu environ 25€.
  • Le MultiTap pour Core Grafx mini. Il permet de jouer à plusieurs, jusqu’à 5 joueurs. Comptez 30€ de plus.
Note sur le prix
Vous avez pu lire, plus haut, que je vous donne une fourchette de prix pour la console. Alors, tout d’abord, sachez qu’officiellement, elle est vendue exclusivement par Amazon, au prix (hors promos) de 109,99€. Maintenant, depuis sa sortie, des revendeurs se sont procuré la console, pour la revendre sur Internet à des prix variables (On a même vu des revendeurs, sur un autre site marchand, la proposer à plus de 150€)… Alors, à plus de 110€, c’est NON ! Et pour être tranquille, voici le lien vers la page de vente officielle.

Comparaison avec le modèle d’origine

Voici un aspect qui risque de séduire les fans de la console de NEC. Avec cette Mini, le constructeur Hori CO. nous offre une copie quasi-parfaite de l’originale, et le moindre détail a été soigné. Il ne lui manque que la fente, pour glisser une Hu-Card factice (comme on peut le faire avec le slot cartouches de la Megadrive-Mini). Petit détail en plus, le PEGI qui apparaît désormais au dos de la console.

Tout commence avec l’emballage, qui est quasiment le même que celui des années 80-90. Même visuel, même typographie… Seul le dos en polystyrène a disparu, pour une boîte intégrale dont le dos affiche ici sa liste de jeux. Et évidemment, le logo NEC n’est plus…

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La miniaturisation de la console est la moins flagrante des consoles Mini, puisque la PC Engine était déjà, en son temps, la plus petite des consoles de salon (d’ailleurs, elle l’est toujours). Sa réduction est donc minime, et se joue à peine à quelques centimètres de moins (comme vous pouvez le voir sur la photo, la console fait quasiment la taille d’une manette Switch)… Elle mesure très exactement 120mm×115mm×35mm. En revanche, on ne peut qu’être surpris par son poids plume, soit 157 g seulement (quasiment trois fois plus légère que l’originale).

Les prises latérales (sortie vidéo et alimentation) ainsi que le port destiné aux extensions ont disparu. Désormais, deux manettes se branchent en façade, en USB. Et l’alimentation mini-USB et la prise HDMI sont camouflées à l’arrière de la console, derrière un cache de plastique (que vous pouvez facilement paumer, attention !).

De même, la manette est la réplique, à échelle identique, de celle de la véritable PC-Engine. Vous retrouverez même les molettes « turbo » des touches I et II, très pratiques pour les shoot’em up, vous évitant de défoncer les touches en les spammant. Gros point positif : le fil de la manette mesure quasiment 3 mètres, vous laissant beaucoup de marge pour jouer. On est loin des 75cm de la NES-Mini !

Une interface simple et ergonomique

On ne va pas vous mentir : une fois allumée, l’interface de la console est quasiment un copier-coller de celle de la NES ou de la SNES-Mini. Mêmes options d’arrière plan, même défilement horizontal des jeux, même système de sauvegardes… Si vous avez joué aux miniatures de Nintendo, vous serez en terrain connu.

Le haut de l’écran représente la console, avec sa fente Hu-Card au centre. Et lorsque vous sélectionnez un jeu (classés par date de sortie ou ordre alphabétique), une animation montre la carte originale insérée dans la PC Engine. Et lorsque le jeu était initialement sorti sur CD-Rom, l’animation change pour vous montrer le démarrage du lecteur CD (avec le son qui va avec). Cependant, deux options ont attiré notre attention : d’une part la possibilité de choisir le modèle de la console affichée, soit japonaise, soit américaine (donc soit grise, soit blanche).

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Seconde option très intéressante, sous forme d’un onglet en bas à droite. Il vous permet de basculer de la Core GrafX à la Turbo GrafX, soit 25 jeux de plus à l’inventaire.

Enfin, sachez que plusieurs modes d’affichage sont proposés :  4:3, 4:3 élargi, 1:1, 16:9… Sans oublier l’affichage en mode Turbo-GT (la PC Engine portable). Les traditionnels options de filtres sont là, pour reproduire à l’envie les scanlines des écrans cathodiques de l’époque, changer le ratio de l’image…

Grosse sélection de (bons) titres

Une fois branchée, la console vous propose ainsi une grosse sélection de jeux, très loin devant les quelque 20 ou 30 jeux des consoles Nintendo. Car ici, on parlera de 57 jeux au total. La Mini de Konami surclasse même, en ce point, la Megadrive Mini et ses 42 jeux. La plupart de ces titres sont méconnus, voire introuvables en Europe (ou alors ils coûtent très cher).

Dans cette sélection, on retrouvera beaucoup de bons jeux, devenus des légendes du jeu vidéo… Chez nous en Europe grâce à des portages sur d’autres supports. PC Kid, Dracula X (Castlevania : Rondo of Blood), Fantasy Zone, Bomberman 94, Splatterhouse, Ghost’n Goblins, Alien Crush

Seul bémol : plusieurs jeux sont intégralement en Japonais (ils n’ont pas été traduits en leur temps). Avec pour la plupart d’entre-eux une maîtrise nécessaire de la langue pour comprendre ce que le jeu attend de vous (coucou Snatcher). Et très clairement, si vous ne parlez pas Japonais, la barrière de la langue va se faire sentir au bout de quelques secondes. Donc une poignée de jeux auxquels vous risquez de ne pas jouer… On trouvera aussi quelques doublons, comme les Neutopia ou Dungeon Explorer.

La liste des jeux

Pour être vraiment exaustifs, voici la liste des 57 jeux embarqués dans cette console Mini. Soit 32 titres sur PC Engine, et 25 sur Turbo-GrafX-16.

Sur PC Engine :
  • The Kung Fu
  • Fantasy Zone
  • Nectaris
  • PC Genjin
  • Super Darius
  • The Legend of Valkyrie
  • Gradius
  • Salamander
  • Super Momotarō Dentetsu II
  • Spriggan mark2
  • Bomberman ’94
  • Bomberman Panic Bomber
  • Jaseiken Necromancer
  • Dragon Spirit
  • Dungeon Explorer
  • Ys I・II
  • Super Star Soldier
  • Aldynes
  • Ninja Ryūkenden
  • Snatcher
  • Gradius II – Gofer No Yabō –
  • Ginga Fukei Densetsu Sapphire
  • Galaga ’88
  • Appare! Gateball
  • Neutopia
  • Neutopia II
  • The Genji and the Heike Clans
  • Daimakaimura
  • Seirei Senshi Spriggan
  • Star Parodier
  • Chō Aniki
  • Akumajō Dracula X Chi No Rondo
Sur Turbo-GrafX-16 :
  • Air Zonk
  • Dungeon Explorer
  • R-Type
  • Neutopia
  • Psychosis
  • Ys Book I&II
  • Parasol Stars
  • Soldier Blade
  • Bomberman ’93
  • Alien Crush
  • Moto Roader
  • Victory Run
  • J.J. & Jeff
  • Ninja Spirit
  • Space Harrier
  • Bonk’s Revenge
  • Neutopia II
  • Lords Of Thunder
  • Blazing Lazers
  • Power Golf
  • Chew-Man-Fu
  • Military Madness
  • Splatterhouse
  • Cadash
  • New Adventure Island

Une chouette sélection, qui comblera toutes les attentes dans tous les styles. Bien évidemment, tous les jeux de la machine ne sont pas présents (remarque qui vaut pour toutes les Minis), et on regrette quand même quelques absences. Comme F1 Circus, Parodius, Detana Twin Bee, Coryoon, Magical Chaze, PC Kid 2 et 3, Cyber Dodgeball, Doraemon, Operation Wolf ou encore Street Fighter II’ : Champion Edition.

La prise en main

Rien à dire de ce coté. Encore une fois, si vous possédez déjà d’autres consoles Mini, rien ne change, la prise en main sera quasiment immédiate. On sélectionne son jeu, on le lance avec la touche « run » ou la touche I, et c’est parti pour de folles aventures !

À n’importe quel moment de la partie, vous pouvez l’interrompre en pressant simultanément « run » et « select » (l’équivalent de select et start). S’affiche alors le menu d’option, qui vous permet d’enregistrer votre partie pour la reprendre plus tard (quatre slots de sauvegarde par jeu).

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En jeu, la manette s’avère plutôt réactive, et très ergonomique. Pas de fioritures, juste efficace ! Les deux touches « turbo » (avec deux vitesses chacune) deviennent de précieuses alliées dans les Shmups, qui sollicitent beaucoup les touches. Comme évoqué plus haut, le seul obstacle à la jouabilité sera la sélection de titres exclusivement en Japonais, si vous ne lisez pas la langue.

Enfin, sachez que la console vous propose aussi du multijoueur. Avec la possibilité de brancher une seconde manette en façade de la console (seconde manette vendue séparément). Et si vous investissez dans le multitap, certains jeux sont jouables jusqu’à cinq joueurs. Mais là encore, il faudra prévoir des pads en conséquence.

Notre expérience de jeu

Avec 57 jeux au total, il y a de quoi faire ! Et mon choix se sera d’abord porté sur des licences que je connaissais, ravi de les retrouver. Ici, je pense en particulier aux Bomberman, à Parasol Star, R-Type, Adventure Island, PC Kid, Splatterhouse, Gradius ou Salamander… Ou bien évidemment le superbe Castlevania X.

Premier constat, le plus évident : certains de ces jeux sont diablement plus beaux que dans ma mémoire. Et pour cause : je les connaissais (hormis PC Kid) sur d’autres supports, notamment la NES pour la plupart. Et oui, la PC Engine proposait des graphismes beaucoup plus fins que la 8 Bits de Nintendo (ou que la Master-System, surclassant même parfois la Megadrive ou la Super-Nes), démonstration est faite.

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Mon second constat est que, dans cette sélection, quelques titres sont aussi à oublier. Je n’ai par exemple pas du tout accroché à Moto Roader et sa jouabilité de l’enfer… Ou (encore une fois) aux titres japonais qui ne sont hélas pas passés par la case « traduction » ! En revanche, de parfaits inconnus sont de belles surprises, à l’instar du plate-former délirant J.J. & Jeff, du RPG Neutopia, ou du reposant Power Golf.

Comme en son temps, la PC Engine Mini s’impose comme la reine du Shoot’em Up avec une grosse sélection de titres de qualité. En revanche, elle nous rappelle aussi qu’elle a grandi à une époque où la difficulté était tout autre qu’aujourd’hui… Que les jeux ne vous débloquaient pas toutes les aides possibles à la moindre embûche. Finir un jeu était un vrai challenge, et ici, même le titre en apparence le plus mignon vous martèle qu’il va falloir transpirer pour en venir à bout. La bonne époque des jeux qui vous en donnaient pour votre argent, quoi…

Au final

Avec sa Core GrafX PC Engine Mini, Konami signe le retour en grande pompe d’une console mythique ! Avec une conception fidèle à l’originale, et de très grande qualité hormis quelques petits manques (pour un tel prix, on s’attend à trouver deux manettes)… Et avec le catalogue le plus généreux à ce jour pour une Mini, la Core GrafX Mini s’impose comme l’une, pour ne pas dire LA meilleure des répliques miniatures.

Pourtant, la Core GrafX Mini va devoir se heurter à deux obstacles majeurs : le premier est son prix élevé, et encore plus si vous ajoutez quelques accessoires en plus. Le second est son caractère « confidentiel » qui en fait une machine qui parlera aux amoureux de rétro-gaming ou aux quadras qui l’ont connue à son époque. Le « grand public » sera sans doute (à tort) moins réceptif à cette machine méconnue qu’aux mini-bécanes rétro de Sega ou Nintendo, plus populaires. D’autant qu’on ne la trouve que sur Amazon (un curieux choix commercial de l’éditeur).

Konami nous propose ici un vrai produit fini, et qui plus est la console Mini la plus généreuse du marché, actuellement. Alors, il serait dommage de passer à coté de cette machine qui, bien que moins connue en Europe qu’au Japon, a véritablement marqué l’histoire du jeu vidéo, et écrit un pan de l’histoire des 8 bits. Mais encore une fois, si l’investissement vaut le détour, reste à savoir si vous êtes prêts à y mettre le prix…


Core-GrafX PC Engine Mini

Testé sur un modèle fourni par l’éditeur.
Points positifs :
  • Une réplique quasi-parfaite : bonne qualité de fabrication de la console et de la manette
  • Un « vrai » fil de plus de 2m pour la manette
  • Menu simple à prendre en main
  • Grosse sélection de jeux, pour la plupart difficiles à trouver en version originale, et pour la plupart inconnus en Europe
  • Les animations lorsque l’on lance les jeux
  • Les sauvegardes (4 slots par jeu)
  • Le packaging quasi identique à l’original
Points négatifs :
  • Le « full-japonais » pour certains jeux
  • Pas de prise secteur dans le pack
  • Quelques doublons
  • Pas de 2e manette fournie
  • Un prix assez élevé

Malgré un prix qui vous semblera élevé (ce sera d'ailleurs le principal obstacle à votre achat), la PC Engine Core GrafX Mini vaut le détour ! D'une part parce que, contrairement aux autres consoles rétro Mini, c'est l'occasion de (re)découvrir cette petite console japonaise restée assez confidentielle en son temps... D'autre part parce qu'elle propose un catalogue de 57 jeux pour la plupart inconnus en Europe. C'est un investissement, mais les amoureux de jeux vidéo y trouveront leur compte !
90%
Oui !!

Malgré un prix qui vous semblera élevé (ce sera d'ailleurs le principal obstacle à votre achat), la PC Engine Core GrafX Mini vaut le détour ! D'une part parce que, contrairement aux autres consoles rétro Mini, c'est l'occasion de (re)découvrir cette petite console japonaise restée assez confidentielle en son temps... D'autre part parce qu'elle propose un catalogue de 57 jeux pour la plupart inconnus en Europe. C'est un investissement, mais les amoureux de jeux vidéo y trouveront leur compte !

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