Beyond Blue, un jeu-docu pour explorer et prendre soin des Océans

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Entre deux jeux d’action survoltés ou peuplés de zombies… Beyond Blue vous entraîne dans un voyage paisible et contemplatif, au milieu des océans. Comme si cela ne suffisait pas, le jeu d’E-Line Media est empreint d’un fort message écologique. Vous allez visiter l’océan, mais aussi apprendre à l’aimer !

Est-ce un jeu ou un documentaire ?

Excellente question ! Et la réponse n’est pas si évidente car, c’est aussi pour cette raison que nous avons apprécié ce Beyond Blue : il va vous apprendre beaucoup de choses sur les océans et les espèces qui y habitent.

Car si vous avez vu des infos sur le jeu, il ne vous aura pas échappé qu’il s’inspire (fortement) de la série documentaire de la BBC, Blue Planet II. Pour ses images in-game, mais aussi pour les nombreux extraits que vous pourrez débloquer au fil de l’aventure. Le développeur E-Line Media (Never Alone) s’est rapproché de BBC Studios, et OceanX Media.

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Et c’est l’un des points forts du jeu : l’authenticité des informations qu’il véhicule. Car tous ce que vous apprendrez sur les espèces sous-marines a été validé par des océanographes, par des scientifiques spécialistes du monde de la mer (et notamment la biologiste marine américaine Sylvia Earle). De même, les différents sons que vous entendrez sont des captures sonores de véritables cétacés ou poissons. Vous comprenez mieux la dimension « documentaire » du jeu ?

Vous l’avez compris : nous allons ici parler d’un jeu purement contemplatif, relaxant… Et sans la pression des ennemis à éviter ou à combattre. Ici, tout le monde est sympa, même les requins. Et même par accident, aucune créature, même parmi les plus redoutables, ne vous gobera. Le mot « game over » n’existe pas dans Beyond Blue.

Le confinement, c’est maintenant

Dans Beyond Blue, vous incarnez Miraï Soto, une jeune femme qui ne vit que pour l’Océan. Au point de préférer la solitude des grands fonds à la civilisation. Sa grand-mère lui a enseigné l’apnée, Miraï ne se sent bien que lorsqu’elle est sous l’eau !

Son destin était donc tout tracé : Miraï est aujourd’hui devenue océanographe. Dans un monde dystopique qui lui permet de bénéficier d’une technologie plus avancée que la nôtre, elle explore les grands fonds pour la science. Combinaison futuriste, drones-raies… Elle dispose d’un matériel de pointe pour scanner, observer, étudier ou recenser les espèces.

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Lorsqu’elle ne plonge pas, Miraï peut se reposer dans un sous-marin, sa maison à plusieurs centaines de mètres sous la surface, le temps de sa mission. Elle y dispose de tout le nécessaire pour vivre… Et son seul contact avec la surface (André son « chef » ou sa sœur) est son téléphone, ou les appareils de communication du sous-marin.

Aujourd’hui, sur une nouvelle mission, Mirai doit non seulement recenser les différentes espèces sous-marines… Mais aussi suivre une famille de cachalots : une naissance a eu lieu, et tout doit se dérouler au mieux pour le bébé cétacé… Même lorsque la jeune océanographe détecte un gisement illégal, qui perturbe les animaux…

Des commandes instinctives

Quelques lignes de tuto suffiront à vous immerger dans le jeu. Les commandes sont simples, et deviennent vite instinctives. L3 pour nager (une pression sur le stick pour aller plus vite), R3 pour gérer la caméra, L1 pour déclencher le scan, et R1 pour scanner les espèces à votre portée… Ou L2 pour descendre et R2 pour remonter… Durant vos premières parties, vous n’aurez guère besoin de davantage.

Retrouver des balises vous permettra de faire apparaître les points d’intérêts (matérialisés par un chiffre correspondant à leur distance). Mais attention : ici, il ne suffit pas de scanner une fois une espèce pour l’inventorier. Vous devrez trouver un certain nombre de chacune, pour aussi débloquer des données scientifiques, ou des comportements. Et si vous en loupez, finir le jeu vous donnera accès à l’exploration libre des huit niveaux du jeu.

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Une fois dans votre sous-marin, vous aurez accès à davantage de contenu. Un guide des espèces répertoriées et différentes attitudes (noté ici dans « comportement »), des musiques (on en parle plus bas)… Ou encore des extraits de documentaires, faisant intervenir des scientifiques. Hélas, les options s’avèrent vite limitées, avec de nombreux items qui sont là juste pour faire joli. C’est bien dommage, on aurait aimé pouvoir interagir davantage avec le sous-marin.

Au niveau de la réalisation, nous avons affaire ici à du « presque » nickel. Le jeu tourne parfaitement bien, sans lag… Mais quelques bugs s’invitent néanmoins. Comme deux ou trois soucis de collision repérés ici ou là (un poisson qui passe à travers une texture, par exemple). Plus gênant, des espèces pourtant scannées mais non enregistrées par le jeu (trois cachalots plus précisément) m’empêchent d’obtenir le dernier trophée du jeu (et donc le platine qui va avec). Bug ou loupé de ma part ? Mes maps sont pourtant toutes à 100%… [MAJ : quitter le jeu et le relancer plus tard a débloqué le trophée une fois la partie chargée… Un bug passager sur ma console, donc, visiblement ^^]

Une bande-son fantastique !

Attention, gros point fort du jeu… Du moins, l’un de ceux qui m’ont le plus fait vibrer : sa bande-originale ! Dans son sous-marin, Miraï embarque sa playlist perso, une sélection de chansons planantes que vous pourrez écouter à loisir !

On y découvre ainsi des chansons magnifiques comme Tangaroa Whakamautai (de la chanteuse polynésienne Maisey Rika, une superbe découverte musicale). Mais la playlist se compose aussi de The Flamming Lips, Miles Davies, Lips, The Edisons… Bref, rien que du bon que l’on écoute en boucle sans lassitude…

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Sous l’eau, l’ambiance est beaucoup plus planante, avec une musique encore plus douce, plus discrète. Et c’est tant mieux, car l’intérêt est ici de profiter des sons des poissons ou mammifères marins, authentiques, pour plus d’immersion.

Et puisque l’on parle du son du jeu, si vous aimez reconnaître les voix derrière les personnages… Vous retrouverez ici l’actrice et Youtubeuse Anna Akana (Ant Man), Mira Furlan (Lost, Babylon 5), Hakeem Kae-Kazim (Black Sails, Hotel Rwanda), ou encore Ally Maki (Toy Story 4).

Le défaut majeur du jeu

S’il fallait retenir un défaut majeur pour ce jeu, ce serait indéniablement sa faible durée de vie. Et par pitié, ne rushez pas cette petite merveille ! En allant directement à l’essentiel, Beyond Blue se termine en ligne droite en trois heures grand maximum ! Alors, prenez le temps ! Fouillez ! Scannez un maximum d’espèces et regardez les documentaires ! Auquel cas sa durée de vie montera aisément autour de 7 ou 8 heures.

Nous plonger dans un tel émerveillement, dans un monde où le plaisir est à la fois visuel et sonore… Dans un jeu qui nous fait prendre conscience, s’il le fallait encore, que nos océans sont de sublimes trésors que nous devons protéger à tout prix… Quand pour beaucoup de jeux, ayant une faible durée de vie, on ne signerait pas forcément pour une rallonge… Ici, on aurait encore volontiers taquiné la poiscaille dix ou quinze heures de plus, sans problème !

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Au chapitre des défauts, on pourrait aussi pointer un problème avec l’interface. Si les dialogues ont été intégralement traduits en Français (sous-titres, merci pour l’effort), le texte s’affiche en caractères minuscules. Sur un grand écran, ça passe… Mais ici se pose un problème d’accessibilité : parmi les joueurs, il y a aussi des personnes ayant des troubles de la vue, et cela ne va pas les aider !

Enfin, pour terminer sur l’ergonomie, on peut aussi évoquer une navigation dans les menus pas forcément très judicieuse. Et là, je pense en particulier au mode libre, une fois le jeu terminé. Bon courage pour localiser les spécimens qui vous manquent. Certes, une fois en jeu, chaque map les matérialise par de petits ronds translucides… Mais il est impossible de voir, depuis le hub (le sous-marin) sur quelle map se cachent les manquants. Pas de notification, il faudra voyager de carte en carte en espérant y trouver lesdits petits ronds. D’autant plus rageant que les temps de chargements peuvent être longs lorsque l’on répète la manipulation. On a vu pire, mais à force…

Au final

Les jeux permettant de voyager sous les océans sont hélas rares. Et le dernier qui m’avait autant transporté est le poétique Abzû. Plus onirique, plus fantastique, Abzû ne peut cependant aucunement être comparé à Beyond Blue, plus réaliste et plus scientifique. Mais les deux titres partagent cette formidable manière de nous faire voyager, à la cool, dans un monde apaisant, relaxant.

Beyond Blue est une pépite du jeu vidéo. Pas un triple A, mais un jeu développé par un studio plus modeste. Mais quelle réussite ! C’est beau, réaliste, et de surcroît, le jeu nous fait prendre conscience de la nécessité de prendre soin de nos océans, pour en protéger les habitants. Exploitation de ressources, surpêche, pollution… Nous n’avons qu’une seule chance : une fois l’océan détruit, nous n’en aurons plus d’autres ! C’est avec cette idée en tête que l’on décroche, malgré nous, de ce fantastique voyage !

C’est pour ces différentes raisons que Beyond Blue est un jeu à essayer de toute urgence. Et un jeu d’une telle qualité pour moins de 20€, franchement, ça ne se refuse pas !


Beyond Blue

Testé sur une version commerciale dématérialisée, sur PS4.
Points positifs :
  • Visuellement, c’est juste magnifique !
  • L’ambiance générale
  • La bande-originale
  • Le message écologique
  • L’un des jeux les plus paisibles du monde
  • Jouabilité nickel
  • Belle variété d’animaux marins, chouettement modélisés
  • Sous-titré intégralement en VF
  • Un voyage contemplatif, apaisant
  • Un tout petit prix
Points négatifs :
  • Trop faible durée de vie
  • On aurait aimé plus d’interactions avec le sous-marin
  • Les sous-titres en caractères minuscules
  • Pas de voyage possible de carte en carte, il faut repasser par le hub à chaque fois, avec ses temps de chargement.
  • Quelques légers bugs
Au premier abord, ce jeu contemplatif vous détend, vous relaxe, à la cool, sans stress. Mais dans un second temps, il nous apprend des choses, tel un documentaire interactif, et nous fait prendre conscience de l'urgence absolue de défendre et protéger nos océans. Un cri du cœur de E-Line Media que l'on a entendu. C'est beau, et on ne peut que cautionner le propos !
86%
Un énorme OUI !

Au premier abord, ce jeu contemplatif vous détend, vous relaxe, à la cool, sans stress. Mais dans un second temps, il nous apprend des choses, tel un documentaire interactif, et nous fait prendre conscience de l'urgence absolue de défendre et protéger nos océans. Un cri du cœur de E-Line Media que l'on a entendu. C'est beau, et on ne peut que cautionner le propos !

  • Réalisation
  • Jouabilité
  • Ambiance sonore
  • Documentation
  • Durée de vie

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