Un dessin animé populaire… Y’a pas photo !

Doit-on encore vous présenter Bluey ? Créée par Joe Brumm et produite par Ludo Studio en Australie, Bluey est lancée en octobre 2018 sur ABC Kids. La série met en scène une petite chienne Bouvier australien (Blue Heeler) de six ans, sa petite sœur Bingo et leurs parents, Bandit et Chilli. Le concept repose sur de grands jeux d’imagination du quotidien à travers lesquels toute la famille explore avec beaucoup d’humour et de tendresse les dynamiques parentales, l’apprentissage de la vie et les émotions des enfants.

Devenue un véritable phénomène culturel mondial et l’un des programmes les plus regardés de la planète, la série transcende largement son public cible initial pour séduire toutes les générations. Bref, c’est sans doute l’une des séries pour enfants les plus intelligentes qu’il m’ait été donné de voir depuis longtemps ! Côté jeux vidéo, la franchise s’est diversifiée avec plusieurs titres récents, dont Bluey : Le Jeu (2023), le jeu d’aventure Bluey’s Quest for the Gold Pen (2025), ainsi que des adaptations et collaborations sur plateformes mobiles, en passant par des mini-jeux dans Minecraft ou Just Dance. Avec Bluey’s Happy Snaps, on change de registre, avec cette fois un jeu qui base son gameplay sur la photo.

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Bluey et sa petite sœur Bingo ont retrouvé le vieil appareil photo de leur papa. Ni une ni deux, les voilà parties à l’aventure ! Dans Bluey’s Happy Snaps, les deux héroïnes explorent leur maison et plusieurs lieux emblématiques de la série. Développé par Gameloft Brisbane, en collaboration avec Ludo Studio et BBC Studios, le jeu est disponible depuis le 15 octobre 2026. On le retrouve sur PC, PlayStation, Xbox, Nintendo Switch et Switch 2. Il est également compris dans le Xbox Game Pass : l’occasion d’y jouer gratuitement, donc, si vous possédez une XBox Series !

Le principe est tout simple : explorer, observer et photographier tout ce qui attire notre attention. Les clichés rejoignent ensuite un album à compléter et à décorer. On débloque aussi des autocollants, des souvenirs et différentes tenues pour customiser notre petite chienne bleue préférée. Une formule qui rappelle forcément Pokémon Snap aux plus anciens, dans une version plus moderne et beaucoup plus tranquille. Pas de Pokémon à débusquer, mais des personnages, des animaux et des petits détails à immortaliser. Souriez, vous êtes dans l’album !

Pas de stress, y’a Bluey !

Ici, pas de monstres à combattre, de boss à terrasser ou de chronomètre qui vous met la pression. Bluey’s Happy Snaps est un véritable petit « cozy game ». On se promène, on observe et on profite de l’instant. Sans stress. On s’amuse à son rythme. Le joueur évolue dans plusieurs cadres thématiques : le parc, la maison, le belvédère… Pour chaque, il dispose d’un album d’images, qui sont autant de défis à compéter, d’objets ou animaux à retrouver et photographier. Parfois, une action sera demandée pour lancer une situation à immortaliser… Attention : lors de certaines phases à défilement automatiquement (comme dans un rail shooter), il faudra aussi penser à regarder hors champ pour débusquer des objectifs. Un point qui ne me semble pas assez bien expliqué, et à côté duquel des jeunes enfants peuvent passer…

Les mécaniques sont volontairement simples. On se déplace, on cadre, on déclenche la photo. Et c’est tout ! Les plus jeunes peuvent rapidement prendre leurs marques. Pas besoin d’un diplôme de photographe animalier pour réussir son cliché. J’ai pu tester l’expérience avec deux enfants de 4 ans et demi et bientôt 6 ans. Verdict : il leur aura fallu une poignée de secondes pour comprendre le gameplay de ce « Cherche et Trouve » interactif. La seule barrière au départ aura été la langue, puisque le jeu a tout d’abord été proposé en Anglais sous-titré Français. Pas évident lorsque votre enfant ne sait pas encore lire. Heureusement, une mise à jour a très vite réglé le problème, le jeu bénéficie du doublage VF depuis début novembre.

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La collection occupe une place importante. Chaque photo vient donc enrichir un album, que l’on peut personnaliser avec des autocollants. Le scrapbooking apporte ainsi une petite dimension créative à l’ensemble. Lorsque l’on photographie des scènes plus importantes, on peut aussi débloquer des récompenses telles que des coloriages, ou des éléments cosmétiques pour se déguiser. La coopération locale permet à papa ou maman de rejoindre la partie. Le second joueur incarne alors Bingo, tandis que le premier accompagne l’aventure avec l’appareil photo. Une bonne occasion de partager un moment à deux, sans transformer le salon en compétition familiale !

Mais le jeu réserve une idée assez inattendue. Il propose régulièrement des activités à réaliser dans la vraie vie. Construire une cabane, inventer un taxi avec des meubles, bricoler ou concocter une potion magique dans un chaudron imaginaire : Bluey encourage les enfants à quitter l’écran pour continuer à s’amuser dehors (et pas seulement pour faire une pause pipi). C’est probablement son idée la plus originale. Un jeu vidéo qui explique aux enfants qu’il est parfois préférable de poser la manette ? Voilà qui mérite une médaille de bonne conduite !

Des graphismes et une ambiance fidèles à la série animée

Difficile de prendre Bluey’s Happy Snaps en défaut sur son ambiance. Dès le lancement du jeu, les jeunes fans du dessin-animé vont retrouver un générique qu’ils connaissent par cœur. Certains le chantonneront peut-être même devant la console. Visuellement, le jeu respecte parfaitement l’identité du dessin animé. Les couleurs, les personnages et les décors donnent vraiment l’impression de se promener dans un épisode interactif. Seule différence : l’affichage est ici beaucoup plus fluide qu’à la TV. D’un côté, c’est agréable à regarder, d’un autre côté, la rigidité de certaines animations de personnages n’en devient que plus visible.

L’ambiance sonore participe aussi à cette réussite. On retrouve une atmosphère chaleureuse et familière, qui accompagne parfaitement les petites explorations. Tout respire la bonne humeur et la bienveillance. Comme avec le dessin animé, on se régale avec les dialogues entre Bluey, sa famille et ses amis. D’autant que, comme je l’ai déjà écrit plus haut, le jeu est intégralement doublé en VF. Avec toutefois une petite différence dans le cast par rapport au dessin animé. Puisque dans le jeu, Bluey est doublée par Cécile Gatto, Bingo par Ophélie Bernard, et Bandit par Marc Duquenoy, selon le site spécialisé Dubdb. Dans le dessin animé, Bluey est incarnée par Nina Ringelheim ou Lise Theisen (selon la saison), Bingo par Eledwen Janssen, Fleur Deman et Carmen Levrau, et Bandit par Franck Dacquin.

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Bluey’s Happy Snaps réussit quelque chose d’assez rare : proposer une expérience sans stress, sans pression, sans online et sans artifices agressifs. On avance à son rythme, on collectionne, on photographie et on s’amuse « à l’ancienne » comme à l’époque où un jeu vidéo était un JEU. Bref, on profite, que l’on soit petit ou grand… Vraiment ! Autre fait trèèèèès appréciable : j’ai beau avoir parcouru les menus dans tous les sens, je n’ai trouvé AUCUNE invitation à sortir la carte bleue pour acheter des DLC ou autres contenus payants. Juste une version Deluxe qui ajoute une mission, des déguisements et un artbook numérique en plus, par rapport à la version de base. Cela ne m’était pas arrivé depuis très longtemps, j’avoue !

Selon moi, les principaux défauts du jeu de Gameloft sont d’une part sa durée de vie. On ne va pas vous le cacher : elle est faible si vous avez plus de 8 ans. Une poignée d’heures et vous aurez plié le jeu à 100% ! L’expérience manque de profondeur pour retenir durablement les joueurs plus âgés. Enfin, il m’est arrivé pendant mes runs de bloquer sur des photos, qui peinaient à valider l’objectif. Je trouvais l’objet, je le photographiais mais… Il ne se validait pas dans mon album. En revenant plus tard, la photo était validée du premier coup… Étrange…

Au final

Bluey’s Happy Snaps est un jeu adorable, accessible et particulièrement bienveillant. Ses mécaniques simples, son ambiance fidèle au dessin animé et son approche « cozy » en font une expérience idéale pour les plus jeunes. Et une expérience tout aussi agréable à deux en local (avec un second enfant, ou un adulte pour accompagner le premier jeune joueur). Les plus anciens comme moi penseront à une version moderne de Pokémon Snap (sorti sur N64). Mes jeunes fils n’ayant pas encore la référence, ont davantage pensé à leurs livres Cherche et Trouve, mais dans une version interactive.

Personnellement, j’ai beaucoup apprécié son message : le jeu vidéo peut aussi être une porte ouverte vers d’autres activités. Pas seulement en vous invitant à faire des pauses en début de partie… Mais en vous donnant des idées pour, une fois la manette posée, s’amuser dans la vraie vie avec une chaise, trois brindilles et une craie… Bref, la démarche (donc le jeu) est à l’image de la série : une manière intelligente et responsable de divertir nos enfants.

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Si vous êtes jeune parent et que vous recherchez un jeu vidéo pour initier votre bambin, je pense sincèrement que vous ne trouverez pas mieux que ce Bluey’s Happy Snaps. Et comme nous savons que le Père Noël lit régulièrement nos tests, nous lui soufflons volontiers cette bonne idée à l’oreille, à l’approche du 24 décembre ! Et puis, soyons honnêtes : un jeu qui encourage les enfants à lâcher la manette pour aller construire une cabane mérite déjà quelques bons points. Même si, pour une fois, ce sont papa et maman qui risquent de réclamer cinq minutes de plus !


Bluey’s Happy Snaps

  • Par : Gameloft Brisbane en collaboration avec Ludo Studio et BBC Studios
  • Sur : Switch et Switch 2, PlayStation 5, XBox Series, PC
  • Genre : aventure/cozy game
  • Classification : PEGI 3
  • Prix : 39,99€ ou 54,99€ pour l’édition Deluxe
  • Conditions de test : testé sur Switch, sur une version Deluxe fournie par l’éditeur. En complément, testé aussi sur XBox Series S.
  • Une ambiance visuelle et sonore fidèle au dessin animé.
  • Des mécaniques simples et accessibles.
  • Une expérience « cozy », sans pression.
  • Un album à compléter et à personnaliser.
  • La coopération locale avec un second joueur.
  • Des activités qui encouragent à jouer hors écran.
  • Aucune microtransaction ni fonctionnalité en ligne.
  • Des animations parfois un peu rigides.
  • Une rejouabilité limitée au-delà de 7 ou 8 ans.
  • Parfois, la bonne photo peine à valider l’objectif