Sonic Frontiers, nouvel espoir pour les fans de Sonic ?

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Autrefois superstar du jeu de plateformes en 2D, puis après avoir expérimenté à de nombreuses reprises la 3D, parfois avec un résultat contestable… Sonic est de retour en 2022. Mais attention, tenez vous bien : Le célèbre hérisson bleu de Sega se met au goût du jour, en passant à l’openworld. Sonic Frontiers est-il taillé pour relancer une franchise qui s’essouffle depuis plusieurs années maintenant ? La réponse avec notre test.

Sonic en mode Breath of the Wild ?

Il fut une époque durant laquelle Mario et Sonic rivalisaient, en haut du panier ! Deux frères ennemis, à armes égales et au sommet, un peu comme des Hamilton/Verstappen du jeu vidéo. C’était… Dans les années 90, à l’époque de la 2D et des 16 bits. Et puis est arrivée la 3D, et de nouvelles consoles qui ont mis fin à cette rivalité. L’un des deux est passé aux trois dimensions avec succès, pour le second, ça a été un peu plus difficile.

Sonic et la 3D n’ont jamais vraiment fait bon ménage. Exception faite, peut-être, des Sonic Adventure, à la fin des années 90 sur Dreamcast… Les autres volets se contentent d’être dans la moyenne, sans jamais vraiment atteindre le septième ciel. Avec parfois quelques gros loupés, à l’image du Sonic de 2006, que même Sega essaie d’oublier. Pour les fans purs et durs du hérisson, Sonic reste un jeu mythique en 2D (Sonic 2, ou encore Sonic 3), et seul un certain Sonic Mania, en 2017, sera parvenu à rendre un véritable hommage à la licence.

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Et puis, lors des Game Awards 2021, Sega dévoilait un certain Sonic Frontiers, les premières images créaient la surprise : des visuels faisant penser à un certain The Legend of Zelda : Breath of the Wild, la promesse d’un véritable monde ouvert… Et si la saga se réinventait enfin ? Mais les premières images de gameplay installaient une certaine inquiétude. Notamment à cause de bugs et de niveaux terriblement vides, à quelques semaines seulement de la sortie du jeu.

Aujourd’hui, le jeu est disponible, et sera peut-être même au pied du sapin, pour Noël. Une bonne chose ou un cadeau empoisonné ? Il est temps de vous parler du dernier bébé de la Sonic Team, pour le compte de Sega. Le hérisson bleu va t-il enfin revenir au devant de la scène ? Va t-il suffisamment se réinventer pour installer Sonic Frontiers parmi les épisodes cultes de la série ?

Sonic Frontiers, ça parle de quoi ?

Voici ce que nous dit le pitch du jeu : « Les mondes se mélangent dans la nouvelle aventure à grande vitesse de Sonic. Levez le voile sur les mystères entourant les restes d’une ancienne civilisation décimée par des hordes de robots.

Parti à la recherche des émeraudes du chaos, Sonic se retrouve coincé sur île ancienne remplie de créatures étranges. Affrontez des hordes d’ennemis puissants tout en explorant un monde à couper le souffle plein d’action, d’aventure et de mystères. Atteignez de nouveaux sommets, et découvrez les joies de la vitesse grand V et de la liberté des plateformes en monde ouverte lors de votre exploration des cinq îles immenses de Starfall Islands. Partez à l’aventure, maniez le pouvoir des Anciens et combattez ces nouveaux ennemis mystérieux. « 

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On apprécie de voir le jeu tenter des choses assez originales dans la série. Ainsi, la cinématique d’introduction du jeu ne s’ouvre pas sur Sonic, mais sur Robotnik. Notre savant fou déclenche une technologie ancestrale, pensant y trouver une arme puissante. Mais elle a pour effet de l’aspirer dans une dimension alternative, peuplée par des êtres cybernétiques. Au même moment, Sonic, Tails et Amy survolent Starfall Islands, avant d’être eux aussi aspirés à travers un cyber-portail dimensionnel. Sonic se réveille seul, dans un monde parallèle, et décide de partir à la recherche de ses amis.

J’en conviens, l’histoire n’est pas la plus originale, et le joueur aura souvent l’impression de prévoir les révélations du scénario avec un coup d’avance. Il n’empêche qu’il est plaisant de voir Sonic sortir de sa zone de confort en allant chercher dans un autre registre… Celui de la science-fiction, avec une approche très 2.0, et toutes les créatures cyber ultra-connectées qui vont avec. Un scénario assez générique, donc, mais qui sert l’alternance plutôt bien équilibrée des niveaux classiques et des phases en openworld. Mais qui hélas s’essouffle avec le temps, tandis que le joueur voit apparaître une certaine redondance dans les défis proposés.

Un gameplay très « à la mode »

Vous l’avez compris, et les premiers trailers ne vous ont pas vraiment trompé : Sonic Frontiers est en partie un openworld, avec des mondes en plateformes plus classiques à traverser ! Du Monde Ouvert, très en vogue, qui a succédé aux modes des FPS, des battles-royale… Car depuis quelques années, si vous voulez développer un jeu, il est de bon ton de miser sur un openworld. Autrefois, la notion se limitait aux RPG, mais elle s’étend aujourd’hui à tous les jeux vidéo. En 2023 par exemple, Street Fighter 6 aura lui aussi sa partie monde ouvert.

Concrètement, le système de jeu est très similaire à Pokémon Écarlate/Violet, testé sur la même période (notre test ici). Autrement dit, une fois l’introduction/tutoriel terminé(e), le jeu vous lâche sur la gigantesque Starfall Islands, avec ses zones à débloquer mais… Avec une liberté dans vos actions, dans l’ordre de ce que vous allez accomplir. Avec un guide pour, le cas échéant, vous indiquer ce que vous devez faire. Sommairement, vous devez retrouver les sept Chaos Emeralds. Comment, où et dans quel ordre ? C’est à vous de voir, vous êtes libres !

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Lors de la diffusion de ses premières vidéos de gameplay, le jeu a pu effrayer… Notamment pour ses niveaux désespérément vides. Au point que l’on s’est demandé si, à quelques semaines de la sortie du jeu, les développeurs n’avaient pas oublié de programmer des ennemis. Par exemple. Mais je vous rassure tout de suite : certes, les niveaux ne sont pas fous, et la map est drastiquement plus réduite que celle de Breath of the Wild, mais… Sonic Frontiers fait le job, sur ce point. Avec de nombreux points d’intérêt, tantôt pour débloquer du bonus caché, tantôt pour poursuivre l’aventure principale (la map et ses différents biomes se révélant au fur et à mesure que vous battez des boss et débloquez les zones)… Ou encore pour effectuer les nombreuses quêtes secondaires. En termes de contenu et de durée de vie, le jeu n’est pas le plus long, mais sa proposition est honnête.

Et comme dans la plupart des jeux contemporains, Sonic Frontiers emprunte aussi au RPG. Notamment avec son système d’expérience qui vous permet de débloquer de nouvelles aptitudes, au fur et à mesure de votre progression, sur un arbre de compétence. Une mécanique qui, paradoxalement, se fait de plus en plus rare dans les RPG, mais qui est de plus en plus présente dans les autres jeux. Avec une pertinence plus ou moins relative selon les titres. Bref, le gameplay n’est pas original, et reprend ce qui se fait aujourd’hui dans 99% des jeux qui se disent openworld. Mais quand certains le font maladroitement, Sonic Frontiers le fait plutôt bien, il faut le reconnaître.

Technique : la grosse lacune du jeu

Je dois vous l’avouer : les premiers trailers du jeu m’ont franchement donné envie. Les cut-scenes sont très jolies à regarder, du niveau de beaucoup d’animes… Et vous retrouverez même ici la voix VF de Sonic dans les animes dédiés au hérisson bleu, Alexandre Gillet. Notamment le très récent Sonic Prime sur Netflix. Puisque l’on parle de son, mention spéciale pour l’OST du jeu, très bonne soit-dit en passant ! De même, les premières images de ce monde verdoyant ont pu nous séduire pour leur côté à la fois mystique et sauvage… Ne cherchez pas : la comparaison avec Breath of the Wild dans la plupart des médias spécialisés vient de là !

Mais très vite, manette en main, Sonic Frontiers dévoile sa plus grosse limite, voire son plus gros défaut : sa technique, et sa réalisation. Si un tutoriel vous permet d’apprivoiser la jouabilité, celle-ci va vous donner du fil à retordre. Un Sonic parfois trop rapide qui en devient incontrôlable, au point de se jeter dans le vide sans que vous ne puissiez y faire quoi que ce soit (évitez de dasher près des falaises)… Ce problème de contrôle approximatif connaît aussi une variante contre les boss gigantesque, lorsque vous devez frapper un point précis… Mais que votre avatar se retrouve éjecté parce qu’il a mal négocié un saut…

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Le problème pourrait presque être gérable, s’il n’était pas jumelé avec un deuxième point noir : le placement de caméra. Notamment lorsque vous vous trouvez trop près d’un mur, ou d’un objet de grande taille. Dans cette situation précise, la caméra s’emballe, pour ne pas dire qu’elle perd les pédales… Pour afficher un angle de vue qui sera tout sauf le plus pratique pour comprendre ce qui se passe autour de vous. C’est peu de le dire, puisque dans ce cas, l’action est dans 90% des cas hors champ.

Et puis, c’est un classique : il y a aussi les bugs. Avec ce que j’ai tendance à qualifier de « super combo de l’enfer » ! À savoir du clipping, de l’aliasing, et quelques chutes de framerate lorsque trop d’éléments se retrouvent affichés simultanément. Le plus inquiétant dans cette histoire est que ce test est réalisé sur PS4. Je n’ose imaginer ici le rendu visuel sur une Nintendo Switch, qui va beaucoup moins bien gérer l’affichage et la vitesse d’exécution que ses rivales ou que les consoles de nouvelle génération. Globalement, cette technique trop approximative agace, énerve, et conduira peut-être même certains joueurs à passer leur chemin (même si on a déjà vu pire dans un jeu Sonic).

Au final

Sonic Frontiers, c’est l’histoire d’un jeu qui s’est fait défoncer par la critique, mais qui, au final, n’est pas si mal que ça ! Peut-être parce qu’il est de bon ton, depuis des années, de systématiquement critiquer un jeu Sonic lorsqu’il est en 3D. Certes, il y a eu des échecs, des plantages, mais tout n’est pas toujours bon à jeter. Et Sonic Frontiers fait partie de ces jeux : non, il ne relèvera pas la licence au sommet, mais pour autant… Le jeu est plein de bonnes intentions. Malgré une réalisation agaçante, on s’accroche, et on aime se balader dans cet openworld qui mélange images réelles et personnages cartoon.

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Sonic Frontiers, c’est l’histoire d’un jeu qui se loupe sur le volet technique. Mais qui mérite sa chance pour son propos, pour la promesse d’un monde ouvert où le joueur peut faire ce que bon lui semble. C’était la promesse de Sega, et la promesse est tenue. Le jeu a ses défauts, mais il a aussi des qualités que l’on ne peut nier. Au beau milieu de toutes les sorties de fin d’année, sans doute y réfléchira t-on à deux fois avant de craquer. Mais si vous êtes un fan du hérisson bleu, Sonic Frontiers est un jeu qui mérite qu’on lui laisse sa chance. C’est plutôt une bonne surprise.


Sonic Frontiers

Points positifs :
  • Les musiques sont globalement chouettes
  • Des boss gigantesques
  • Starfall Island, un monde ouvert plutôt cool
  • Plein d’items à collecter, de choses à faire… Bonne durée de vie
  • Jeu en VF, avec des voix « officielles » des séries animées
  • Bon équilibre entre plateformes et openworld
  • On a toujours envie d’explorer davantage
  • Le système de combat bien nerveux
  • Les boss gigantesques
Points négatifs :
  • Le récit pas fou
  • Placement de caméra, clipping… Des lacunes techniques
  • La jouabilité approximative
  • Pas mal de choses prévisibles
  • Des objectifs vite redondants

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