Nelke and the Legendary Alchemists : un virage qui se joue (un peu trop) à la cool

Testé sur une version PS4, fournie par l'éditeur

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Si la série Atelier nous a habitués à une moyenne d’un jeu par an, cette année 2019 est exceptionnelle ! En effet, la licence de Gust et Koei-Tecmo fête cette année ses 20 ans. Et de ce fait, ce n’est pas un, mais deux jeux que vous allez pouvoir découvrir, à deux mois d’intervalle. Et on commence avec un spin-off qui change totalement l’orientation de la série. Il est temps de retrouver Nelke !

On n’a pas tous les jours 20 ans !

Vous l’avez compris : cette année 2019 est une année importante pour Gust et Koei-Tecmo, qui soufflent les 20 bougies de leur grande saga Atelier. 20 printemps à côtoyer des alchimistes et, si je ne m’abuse, pas moins de 35 jeux au compteur ! Rien que ça !

Aussi, histoire de fêter cet anniversaire comme il se doit, ce ne sont pas moins de deux jeux qui sont prévus cette année. Et en attendant un Atelier Lulua : The Sion of Arland qui ouvrira une nouvelle trilogie le 24 mai prochainGust et Koei-Tecmo nous invitent à prendre les commandes d’un spin-off intitulé Nelke and the Legendary Alchemists : Ateliers of the New World sans plus tarder ! Et comme c’est le cas depuis plusieurs volets maintenant, ce titre est à la fois disponible sur PS4 et sur Switch.

Ici, nous parlerons en effet de spin-off car, d’une part, ce titre se démarque des autres épisodes par le fait qu’il ne s’inscrit pas dans les désormais classiques trilogies (Mysterious, Dusk, Arland, etc). D’autre part, les mécaniques d’alchimie qui sont l’ADN de la série sont ici reléguées au second plan. Nelke bouleverse les habitudes en se recentrant sur une mécanique nouvelle dans la saga : la création et la gestion d’un village. Un city-builder, en quelque sorte !

Nelke doit faire ses preuves !

Nouveau titre, donc nouveau personnage ! Et ici, nous allons faire la connaissance de Nelke Von Lestamm, une jeune aristocrate fraîchement sortie de l’école. La jeune fille doit faire ses preuves dans le dur monde des adultes. Aussi, « papa » lui a confié une lourde mission : devenir gouverneur du petit village de Westwald, et aider celui-ci à se développer. D’une bourgade de quelques habitants, trois maisons et deux tas de foin, Nelke va devoir en faire une cité prospère.

La jeune femme est d’autant intéressée que la région lui rappelle une vieille légende : celle du sage de Granzweit. Cette légende raconte qu’il donnera la puissance à celui ou celle qui découvrira le mystérieux arbre de Granzweit. La bouche en fleur, Nelke débarque donc à Westwald avec sa servante Misty.

Petit à petit, la ville va grandir, et vous devrez puiser dans les ressources fraîchement acquises pour créer des boutiques, des bâtiments divers… Mais aussi habiller votre ville (fleurs, barrières, etc). De même, de nouvelles têtes arrivent pour emménager. Et la bonne surprise, c’est que vous connaissez déjà la plupart d’entre elles !

Kawaïïïï !

Les fans de la série ne seront pas surpris de découvrir, dans ce nouvel opus, une direction artistique de toute beauté. Comme dans tous les jeux Atelier, les développeurs ont laissé exploser leur palette de couleurs pastel. C’est frais, coloré, parfois même très girly… Bref, on retrouve la patte très reconnaissable de la série.

Après une brève intro, le titre s’ouvre sur une séquence digne d’un anime, et qui nous fera regretter qu’une série Atelier ne tourne pas sur les bouquets de VOD. L’habillage en tout cas, avec son thème song très « série d’animation » a tout d’un anime bon enfant, dont on dévore les huit saisons pour se détendre. In-game, hormis les artworks superbes, on regrettera un manque d’ambition dans les décors, parfois un peu vides, qui nous replongent dix ans en arrière.

Avec cet épisode, vous pouvez oublier les déplacements en 3D propres à la série. Hormis quelques animations en fond, notamment pendant les phases d’exploration où l’on voit les personnages marcher… La quasi-totalité des interactions s’affichent à la manière d’un graphic-novel, avec des artworks fixes des personnages, et seules les expressions des visages changent.

Atelier Sim City

Il est maintenant temps de s’intéresser à la vraie nouveauté de cet opus, placée au coeur du gameplay de Nelke and the Legendary Alchemists : l’aspect gestion, pour ne pas dire city-builder. Bien que, malgré cet intertitre, il soit encore assez éloigné des canons du genre. Nous ne sommes pas vraiment dans un Sim City, mais dans un jeu de gestion relativement simplifié. Un Sim City light, quoi !

Toujours est-il qu’autour de votre manoir, vous allez trouver des bandes de terrain quadrillées, où vous devrez placer vos créations de la façon la plus harmonieuse qu’il soit. Et y placer le locataire le plus approprié (chaque personnage est noté de A à D), puis choisir quel produit il vendra. Tous ces bâtiments ainsi créés vont, petit à petit, constituer votre ville et lui donner sa valeur. Avec les nouvelles aptitudes et améliorations qui vont avec. En bon gestionnaire que vous êtes, vous devrez garder la main sur les trois aspects de cette gestion : l’agriculture, la vente et l’alchimie.

► Lire aussi : TEST : Atelier Lydie & Suelle: the Alchemists and the Mysterious Paintings : une conclusion qui manque d’audace

Chaque semaine se découpe en deux parties. Tout d’abord, deux jours de Holidays, soit une première phase davantage de « repos » durant laquelle vous pourrez discuter avec les personnages principaux, leur confier des taches… Et améliorer vos affinités avec chacun… Ou encore partir avec une équipe d’Alchimistes ou de combattants explorer les zones environnantes (à débloquer au fur et à mesure). Ce sont ces phases d’exploration qui vont vous permettre de récolter les précieuses ressources qui serviront à créer des artefacts ou à construire vos bâtiments.

Dans une seconde phase de cinq jours dite Weekdays, vous allez administrer la cité et ses échoppes, construire ou gérer les comptes de la ville… Mais Nelke n’étant pas une alchimiste, elle devra confier ces matières premières aux autres alchimistes, afin qu’ils s’occupent de synthétiser les objets, ou qu’ils lancent la recherche pour en créer de nouveaux. D’où l’intérêt de développer vos boutiques, chacune ayant des aptitudes propres, et améliorant la valeur de vos quartiers : tous les alchimistes ne seront pas spécialisés dans les mêmes domaines.

Puis, il ne vous restera plus qu’à lancer toutes ces missions pour récolter, et passer à la semaine suivante après un bilan de vos résultats. Vous le sentez venir : au bout d’un moment, une certaine répétitivité s’installe… Et toutes les semaines seraient identiques si le jeu ne vous rappelait pas que vous avez un objectif de temps pour parvenir à vos fins.

Des combats pas franchement intéressants

À une mécanique de jeu réussie, on ne pourra s’empêcher d’y opposer une seconde, clairement à la ramasse. Le plus fâcheux est qu’il s’agit d’un fondamental : les combats. Car ici, terminées les explorations à la troisième personne, dans un univers en 3D, avec des combats que vous pouvez éviter ou contourner, les monstres apparaissant sur la map !

Non ! Dans Nelke, les phases d’exploration se limitent à une scène montrant vos personnages évoluer sur une trajectoire horizontale avec, en bout de ligne droite, un coffre. Ce (court) chemin est parsemé de dialogues d’objets à collecter au sol, et de monstres invisibles qui popent comme à la bonne époque des RPG 16 bits.

Se lance alors un affrontement au tour par tour, avec la célèbre jauge de temps propre à la série. Vous pouvez frapper, lancer un item, utiliser un coup spécial, ou déclencher un combo avec vos équipiers… Les combats auraient pu être un tant soit peu intéressants avec un minimum de challenge. Hélas, leur facilité et leur redondance nous conduisent au point suivant de notre test.

Quand c’est la console qui joue à votre place

Et c’est donc ici que nous allons aborder le principal défaut de Nelke and the Legendary Alchemists, et sa solution qui creuse encore plus vers la Chine. Avec des dialogues par milliers, et des combats pas franchement captivant, on va très vite user et abuser des deux fonctions automatiques du jeu. Parfois à tort, parfois à raison !

La première se lance avec la touche « carré » (sur PS4) et va accélérer les interminables dialogues. Franchement, on vous le déconseille car, on aura beau dire, mais le scénario et les dialogues sont plutôt bien écrits. L’histoire est intéressante, comme les interactions entre les personnages, et il serait vraiment dommage de louper quelques répliques bien senties, ou des éléments clés de la narration.

► Lire aussi : TEST : Atelier Firis – The Alchemist of the Mysterious Journey : l’invitation au voyage !

La seconde fonction est celle qui va vous permettre de dasher les phases d’exploration. D’une part en ordonnant à votre équipe de courir et non de marcher (attention, vous ne trouverez plus d’objets au sol)… D’autre part en passant les combats en «semi-auto», voire en «auto», avec R1. La console passe alors en mode «pilotage automatique», et il ne vous reste plus qu’à regarder, sans rien faire ! Et si vous choisissez cependant de jouer manuellement, vous ne trouverez quasiment aucun challenge. Les alchimistes du groupe se chargeant de restaurer automatiquement les points de vie des personnages en difficulté. D’ailleurs, quoi qu’il en soit, les alchimistes du groupe sont systématiquement en mode auto.

À terme, ces options nous laisseraient presque croire que les développeurs n’assument pas le gameplay de leur jeu. Ou plutôt qu’ils sont conscients qu’il offre des phases rébarbatives ou inintéressantes, et qu’ils vous offrent, pour ne pas vous perdre, la possibilité de zapper ces étapes…

Au final

Ce Nelke and the Legendary Alchemists est un jeu frustrant ! Car derrière ses défauts qui nuisent à l’expérience en vous donnant l’envie de zapper jusqu’au chapitre suivant, il n’est pas dépourvu de qualités. Pour ses graphismes superbes, pour son ambiance, pour son nouveau mode gestion, et j’en passe… Le jeu avait tout pour plaire, sur le papier. Hélas, pour ses dialogues qui le classeraient presque dans le visual-novel, pour ses combats ratés et en mode «pilotage automatique», et pour l’alchimie (base de la série) reléguée au second plan… La mayonnaise retombe.

Doit-on pour autant éviter le jeu ? Non ! Car si vous êtes fan de la série, malgré ses changements un poil perturbants, le jeu va vous servir du gros fan-service, avec notamment le retour de plein de têtes connues, croisées pendant 20 ans. Mais si vous comptez, avec Nelke, découvrir la série, sachez qu’il n’est absolument pas représentatif ! Et on vous recommandera alors d’attendre quelques semaines pour vous initier avec un vrai Atelier, en compagnie de Lulua qui arrive en mai.

Le jeu demeure néanmoins une curiosité que les fans se doivent de posséder dans leur full-set, ne serait-ce que pour son aspect gestion inédit dans la série. Au final, on gardera l’impression d’avoir passé un bon moment dans un jeu plein de fraîcheur… Mais qui ne restera pas forcément dans les mémoires.


Nelke and the Legendary Alchemists : Ateliers of the New World

 

Points positifs :

  • Très coloré et vraiment joli à regarder
  • Un casting XXL
  • LE jeu « fan-service » de la série
  • Le scénario intéressant
  • Un gameplay « à la cool »
  • Fidèle à l’identité Atelier
  • L’aspect gestion/city builder très accessible et addictif

Points négatifs :

  • Voix japonaises, sous-titres Anglais, mais pas de VF
  • Gros degré de répétitivité
  • L’alchimie très loin au second plan
  • Un tuto qui se compte en heures
  • L’aspect gestion, au centre du jeu, trop simplifié et trop « light »
  • Les combats pas franchement intéressants
  • Le joueur perd en autonomie : trop de fonctions « auto »
 .
Nelke and the Legendary Alchemists est l'épisode de la frustration. Pour son aspect gestion, ses graphismes superbes et le plaisir de revoir des têtes connues, il était prometteur. Hélas, ce qui aurait pu être le cross-over du fan-service ultime retombe pour sa répétitivité, son alchimie (ADN de la série) anecdotique, et ses combats inintéressants. Dommage, on en attendait beaucoup plus...
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Oui, mais...

Nelke and the Legendary Alchemists est l'épisode de la frustration. Pour son aspect gestion, ses graphismes superbes et le plaisir de revoir des têtes connues, il était prometteur. Hélas, ce qui aurait pu être le cross-over du fan-service ultime retombe pour sa répétitivité, son alchimie (ADN de la série) anecdotique, et ses combats inintéressants. Dommage, on en attendait beaucoup plus...

  • Direction artistique
  • Scénario
  • Jouabilité
  • Durée de vie
  • Difficulté

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