Annoncé en grande pompe lors d’un Nintendo Direct en août 2024, Atelier Yumia: L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvé est le tout nouvel épisode de l’indémodable série de Gust, pour le compte de Koei-Tecmo. Si vous connaissez déjà la saga, alors vous savez que l’on va parler d’alchimie, de RPG coloré, de magie et de jeunes héroïnes kawaï. Et pour tout vous dire, on attend ce nouvel épisode au tournant ! Car avec une telle longévité, on ne peut que se demander comment les développeurs vont parvenir à nous emmener dans un univers qui soit attractif, sans être une copie des précédents volets.
Une série qui approche de ses 30 ans
Retenez bien deux chiffres : 1997 et 26 ! Le premier, 1997, c’est tout simplement la date de sortie du tout premier épisode, Atelier Marie : L’Alchimiste de Salburg, sur PlayStation. Et 28 ans plus tard, on se retrouve avec Atelier Yumia: L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvé, qui n’est autre que le 26e opus de la série principale (qui compte aussi des spin-off). Donc à quelques exceptions près, on est sur un rythme d’un nouvel épisode par an. Une moyenne, car le précédent volet, Atelier Ryza 3: Alchemist of the End & the Secret Key est sorti très exactement en 2023.
La série est, depuis le début, développée par le studio japonais Gust, surtout connu hors du Japon pour trois franchises : Atelier, Ar Tonelico et Mana Khemia. Donc un studio de développement qui, depuis le temps, sait parfaitement où il va nous emmener, et comment il va le faire. Du côté de l’édition, si la licence est passée entre les mains de géants tels que NIS America ou Banpresto avant 2011, les jeux Atelier sont désormais édité par Koei Tecmo. Plus précisément depuis 2012, avec d’une part la fusion de Koei et de Tecmo, d’autre part l’acquisition du studio Gust par la nouvelle entité, Koei Tecmo donc.
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Si la série nous a habitués à des scénarii légers et plein de fraîcheur, ce qui marque avec ce Atelier Yumia, c’est le ton plus sombre, plus mature. Avec des thèmes abordés plus profonds, tels que la mémoire, le deuil ou encore la reconstruction. Le joueur y découvre un monde où l’alchimie est devenue taboue, considérée comme maléfique. Atelier Yumia: L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvé suit ainsi le périple de Yumia Liessfeldt, une jeune alchimiste. Elle est aidée par des compagnons, qui la suivent dans ses aventures. Le petit groupe cherche notamment à comprendre pourquoi Aladiss, autrefois une terre florissante grâce à l’alchimie, n’est désormais plus qu’un souvenir oublié. Au milieu des ruines, Yumia doit faire face à son passé. Et doit tracer son propre chemin pour découvrir pourquoi l’empire d’Aladiss s’est effondré.
On terminera cette présentation avec deux grosses nouveautés essentielles, qui ouvrent la série à de nouveaux horizons. Tout d’abord, si les jeux Atelier étaient auparavant réservés aux joueurs sur PlayStation et Switch, ce nouvel opus est aussi disponible sur XBox Series. Plus de jaloux ! Autre effort à saluer, et cela corrige un point noir que l’on relève systématiquement dans les jeux Gust… Ce Atelier Yumia est ENFIN disponible avec des sous-titres français ! Un autre bon point, qui permet aux joueurs non anglophones de pouvoir savourer pleinement l’expérience.
Un gameplay amélioré, un jeu plus accessible



Si vous êtes un habitué de la série, alors vous ne serez pas dépaysé. Atelier Yumia : L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvée reprend le principe de ses aînés. À savoir un J-RPG très coloré, qui mélange des combats et des phases d’alchimie. Des combats plus dynamiques car ils se déroulent désormais en temps réel, le joueur dirigeant Yumia, et pouvant compter sur ses alliés pour l’épauler. Terminé le « tour par tour » des précédents opus. Aussi, les combats se déroulent sur deux plans : près du monstre/ennemi, et dans un périmètre plus éloigné. Pouvoir basculer de l’un à l’autre vous permet d’élaborer des stratégies offensives ou défensives. Les affrontements sont donc plus rapides, fluides et dynamiques… Ils ont ainsi été simplifiés, mais demandent donc aussi davantage de réflexes.
L’autre mécanique au cœur du jeu (elle lui donne même son nom), c’est l’alchimie. Comme dans chaque épisode, votre avatar dispose d’un atelier qui lui permet de crafter des objets, grâce à tous les matériaux que vous avez ramassés sur le terrain ou sur les ennemis. Une mécanique très riche, mais aussi parfois une véritable usine à gaz tant elle peut s’avérer complexe. Heureusement, les développeurs ont revu leur copie pour cet épisode, proposant un système simplifié et modernisé. Ainsi par exemple, la synthèse repose désormais sur une grille hexagonale, qui permet des combinaisons stratégiques. Les objets peuvent entrer en résonnance les uns avec les autres, et ainsi améliorer leurs effets, ou débloquer des bonus.
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Mais la nouveauté la plus marquante du côté du gameplay, c’est évidemment l’arrivée du monde ouvert. C’en est terminé des couloirs plus ou moins longs (pour ne pas parler de rails) ! Désormais, Yumia et ses amis évoluent dans un véritable openworld, avec des environnements variés. Ceux-ci regorgent de ressources, d’ennemis, de secrets… Sur une carte d’une taille plus qu’honorable. Atelier Yumia n’a pas à rougir face aux openworlds de référence. Bref, il va falloir fouiller partout ! Ce n’est pas une dimension habituelle dans un jeu Atelier, mais cette liberté nouvelle apporte un énorme vent de fraîcheur à la série. Et suffisamment d’exploration pour faire exploser la durée de vie.
On aime aussi sa direction artistique, cohérente avec le scénario. Autrement dit, comme le récit, la DA nous a semblée plus mature, plus adulte (l’héroïne elle-même est moins « enfantine » que dans les précédents volets), et moins pastel que dans les précédents opus. Bien qu’elle reste colorée et lumineuse, avec un chara-design dans la pure tradition des J-RPG. On a aussi relevé quelques éléments qui pourraient être des inspirations, et plutôt classes d’ailleurs ! Ainsi, les talons-guns de Yumia nous font penser à une certaine Bayonetta… Et l’approche plus adulte, plus mature de ce récit, nous a aussi beaucoup fait penser par moments à une autre série de RPG : les Tales of.
Encore quelques points à corriger



Malgré toutes les qualités que l’on a déjà évoquées, le jeu de Gust ne peut s’empêcher de retrouver quelques petits travers. Comme les combats qui demandent encore à se perfectionner. Oui, ils sont plus dynamiques ! Et oui, Gust tient quelque chose de plus cohérent avec notre époque, et avec les attentes des joueurs de 2025. Mais… Les affrontements restent fouillis. Au sens propre car ils ne sont pas toujours très lisibles quand ça bouge de partout, et quand les effets pyrotechniques fusent de toutes parts… Comme au sens figuré quand les stratégies, en apparence alléchantes, se résument assez rapidement à spammer les techniques les plus fortes, encore et encore jusqu’à épuisement de l’ennemi. Le bon point, c’est que pour les combats, la licence progresse. On va vers du mieux : les combats de Yumia sont les plus pêchus de la série.
Après le côté pile, le gameplay, on peut aussi trouver à redire de son côté face : l’alchimie. Certes, les mécaniques sont géniales et grandement améliorées, plus profondes par rapport aux opus précédents, mais… La prise en main reste complexe pour les joueurs qui ne sont pas habitués aux ficelles de la série. Si le procédé était plus compliqué, on ne peut s’empêcher de penser au système de puzzles alchimiques de Atelier Sophie 2 : The Alchemist of the Mysterious Dream, qui apportaient plus de fun à l’alchimie. Ici, si le néophyte doit apprivoiser ce principe original, le fan de la série risque vite de tourner en rond, à refaire et refaire encore les mêmes objets. Dans les deux cas, les phases d’alchimie virent vite à la corvée : en voulant simplifier l’alchimie et la rendre plus accessible, Gust a supprimé la « carotte » qui nous faisait passer par l’atelier.
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Autre point qui peut être contesté si l’on s’y intéresse en profondeur, c’est… Le scénario, qui est un aspect que l’on avait pourtant noté dans les points positifs. En réalité, on ne va pas revenir sur ce qu’on a déjà écrit, mais… L’histoire de ce Atelier Yumia comporte aussi quelques longueurs, quelques éléments de narration qui traînent la patte. Avec des dialogues un peu longuets, et qui manquent de rythme. Ou des séquences qui ne semblent être là que pour faire du remplissage. Ces passages moins captivants ont tendance à nous sortir de l’intrigue. Le joueur cherche alors la fonction magique qui permet de skipper (passer) ces séquences. Mais c’est dommage, d’autant que le jeu est enfin en VF.
Oui, le jeu est beau ! Oui, il est plus fluide, mais oui, il a aussi quelques petites lacunes techniques et soucis d’optimisation. Avec par exemple quelques chutes de framerate. Elles sont rares, mais elles sont là. De même, on est surpris de trouver encore, en 2025, des temps de chargement. Alors certes, on ne les a sentis que lors des séquences cinématiques de la quête principale, et le jeu reste rapide et sans loads dans l’openworld, même quand vous utilisez les déplacements rapides, mais… Pourquoi ? De même, c’est assez étrange de voir que les développeurs ont fait de nombreux efforts pour moderniser leur formule… Mais que certaines textures sont datées, et pas toujours très jolies (notamment dans les paysages).
Au final



Au risque d’enfoncer une porte ouverte, Atelier Yumia: L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvé est incontestablement une évolution notable de la série. Ce nouvel épisode évolue avec son temps, et surtout avec les joueurs, pour nous proposer des mécaniques inédites. Impossible de nier que cette aventure est la plus ambitieuse de la saga, et la plus accessible aussi, tout en respectant l’essence de la franchise. Atelier Yumia cherche très clairement à attirer de nouveaux joueurs, tout en donnant satisfaction aux fidèles de la série.
Atelier Yumia : L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvée est une étape importante pour la série, offrant une expérience enrichissante malgré quelques imperfections. Comme on l’a écrit plus haut, Gust sort (enfin) de sa zone de confort pour partir à la conquête d’un nouveau public. Quitte à modifier sa recette en s’écartant des poncifs des jeux Atelier (mais pas trop quand même). Alors, le jeu se cherche, tente des trucs, et l’audace ne paie pas toujours. Parfois c’est maladroit, ça piétine… Malgré toutes ses bonnes intentions. Mais parfois aussi, ça fonctionne !
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Au final, le ressenti global est que Atelier Yumia : L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvée est un choix pertinent pour les amateurs de JRPG en quête d’une aventure alchimique captivante. Le jeu fait mouche auprès des fans qui y retrouveront leurs marques, mais avec des nouveautés… Mais aussi les nouveaux venus qui apprécieront des mécaniques qui s’éloignent du côté old-school, en nous offrant un titre très accessible : si vous devez découvrir Atelier, faites-le avec cet épisode ! Que vous soyez un vétéran de la série ou un nouveau venu, et malgré quelques réglages à apporter… Cet opus offre une expérience enrichissante et immersive. On signe, sans hésitation !
Atelier Yumia: L’Alchimiste des Souvenirs et la Terre Rêvé

- Par : Gust, pour Koei Tecmo Europe
- Sur : PlayStation, XBox, Switch, PC.
- Genre : RPG
- Classification : PEGI 12
- Prix : 69,99€
- Conditions de test : testé sur une version digitale PS5, envoyée par l’éditeur.
Les points positifs
- La série passe un cap, vers le « mieux »
- Le système d’alchimie amélioré et enrichi
- Un scénario plus sombre
- Une héroïne moins « gamine » que dans les précédents opus
- Les combats plus dynamiques
- Enfin en openworld
- La bande-son
- Les quêtes d’exploration
- Une durée de vie solide
- De nombreux secrets à découvrir
- On a ENFIN des sous-titres en VF !!
- Les joueurs sur XBox ont aussi leur version
Les points négatifs
- Quelques passages de l’histoire un peu plus fades
- Les ennemis « sacs à PV »
- Quelques soucis ponctuels d’optimisation
- Des temps de chargement
- Les combats brouillons, l’alchimie parfois fastidieuse
- Quelques bugs

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