Les grands esprits se rencontrent, comme on dit ! Quand Microids nous a proposé de tester The Precinct, il se trouve que le jeu développé par Fallen Tree Games était justement une curiosité qui nous intriguait. Au moins depuis que sa démo était sortie en 2024 ! Un jeu en vue isométrique, dans lequel vous incarnez un flic, dans une ville fictive corrompue par la pègre. Donc une ville que vous allez devoir nettoyer ! Le plus séduisant ? Une ambiance qui nous faisait penser aux vieilles séries policières des années 80, que l’on dévorait en boucle le samedi soir… On vous lit vos droits, et on vous embarque pour ce nouveau test !
Presque un an de report
Si vous avez grandi dans les années 90, alors vous vous souvenez peut-être des longues soirées devant La 5 (une chaîne TV qui a fermé en 1992), à regarder Miami Vice (ou Deux Flics à Miami en VF). Une série policière produite par le réalisateur Michael Mann. Une série qui, outre ses deux emblématiques personnages Sonny Crockett et Rico Tubbs, sentait bon les années 80 par son ambiance, et sa BO d’époque, allant du rock à la new wave ! Bref… Une pépite qui a aussi influencé le jeu vidéo… À votre avis, d’où vient le « Vice City » du GTA éponyme ?
Inutile de vous dire que, lorsque l’on nous a proposé de replonger dans cette ambiance, ou dans une ambiance très proche, on ne s’est pas fait prier. Vous voulez dire… Un jeu autre qu’un monde ouvert qui se déroule dans un univers héroic-fantasy, où le moindre ennemi de base vous pulvérise en moins de deux ? Autre qu’un openworld dans lequel il faut escalader des tours pour faire apparaître des points d’intérêt ? La promesse est alléchante, il faut avouer ! Car là, on parle d’un jeu dans lequel on incarne un flic, lâché dans une ville pas si ouverte que ça… Et où vous devrez respecter scrupuleusement la loi, sans faire de détour pour parvenir à vos fins. C’est comme les anciens GTA (avant le passage à la 3D), mais dans le rôle opposé, quoi !
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Ce jeu, c’est bien évidemment The Precinct. Que l’on peut traduire, dans la langue de Molière par « le district » ou « l’arrondissement » ! Un terme administratif qui nous laisse deviner que notre histoire va débuter dans un commissariat, quelque part aux USA. The Precinct a connu un parcours semé d’embûches, puisqu’il devait initialement sortir pendant l’été 2024. Il sera finalement repoussé à l’automne. Mais en octobre, lors du Steam Next Fest, si une démo est proposée, c’est pour mieux faire passer la pilule d’un nouveau report, cette fois à 2025. Finalement, ce 13 mai, le jeu sort enfin dans sa version définitive !
Le jeu, qui tourne sur PS5, XBox Series et PC, est développé par Fallen Tree Games. Un studio anglais fondé en 2012 par deux vétérans de l’industrie, Joe Moulding et Lewis Boadle. Son portfolio diversifié inclut des titres allant de la série de puzzles mobiles Quell au jeu en monde ouvert American Fugitive. Le jeu est édité par Kwalee, basé à Leamington Spa, au Royaume-Uni. L’éditeur est connu pour des jeux tels que Wildmender, Robobeat, Voidwrought, In Sink, The Spirit of the Samurai… Ou prochainement Hordes of Hunger et GladiEATers. Kwalee a été fondée par David Darling CBE, un nom que vous connaissez peut-être si vous vous intéressez à l’industrie du jeu vidéo, puisqu’il est le cofondateur de Codemasters. Enfin, troisième acteur et non des moindres : le Français Microids vous a concocté une édition physique limitée sympa, dont on reparle plus bas !
Bienvenue à Averno City



The Precinct est un jeu vidéo d’action-aventure en vue en 3D isométrique et en monde ouvert, avec des graphismes en cel shading. Une orientation de caméra qui n’est pas sans rappeler les premiers GTA, qui se jouaient en vue du dessus, ou GTA Chinatown Wars. Mais contrairement à Grand Theft Auto, ou à American Fugitive, précédent jeu de Fallen Tree Games, The Precinct vous met dans la peau d’un policier, et non dans celle d’un gangster. D’ailleurs, pour l’anecdote, sachez que The Precinct se déroule dans le même univers que American Fugitive.
Dans The Precinct, le joueur incarne Nick Cordell Jr., un jeune policier fraîchement sorti de l’académie de police et promu dans la ville fictive d’Averno City (inspirée par New York), en 1983. Il se retrouve ainsi affecté dans le même commissariat que feu son père, tué en mission. Ce policier intègre, droit dans ses bottes, a laissé un souvenir impérissable. Aujourd’hui encore, son nom inspire le respect chez ses anciens collègues et supérieurs. Nick Jr sera t-il à la hauteur de la réputation de son père ? Une chose est sûre : comme son paternel, il entend bien faire respecter la loi.
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The Precinct mélange des phases d’enquête, de patrouille et d’action (courses poursuites), dans un style à mi-chemin entre GTA et LA Noire. Si vous pensiez que les flics américains passaient leur temps à engloutir des donuts, vous risquez d’être déçus ! Averno City est LA ville qui ne dort jamais ! Ici, la criminalité tentaculaire ne vous lâche jamais ! la ville est vivante, et en bon flic que vous êtes, vous devrez apprendre à différencier le petit méfait du gros crime qui tâche ! Dans le premier cas, la situation se règlera sans doute avec une simple contravention. Dans le second, votre rappel à l’ordre risque vite de dégénérer en course poursuite, avec tirs à balles réelles, au beau milieu des citoyens innocents que vous devez évidemment protéger !
Et c’est là un premier point fort du jeu : son gameplay est varié, et offre une multitude de phases, et de facettes. Ici, tous les moyens ne sont pas bons pour parvenir à vos fins ! N’oubliez pas que Nick est un beat-cop (flic de quartier), mais un « good cop » ! Donc, il n’enfreint pas la loi. Il peut plier des voitures, mais préfère 100 fois arrêter un malfrat en lui lisant ses droits et en lui passant les menottes, plutôt qu’en le neutralisant avec une balle. Il peut aussi compter sur ses collègues, qu’il peut appeler en renfort le cas échéant. D’ailleurs, en fin de journée, vous devrez faire votre rapport. Et autant dire que le contribuable américain ne vous paye pas pour enchaîner les bavures !
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Le jeu intègre également un système de compétences, qui permet d’améliorer les capacités de combat et d’enquête de Nick. Les décisions prises lors des interventions influencent le déroulement de l’histoire, et la perception du personnage par les autres. Une très bonne idée !
Un jeu plutôt joli !



Du côté de la technique, The Precinct est également une bonne surprise. On aime son côté « rétro, mais pas trop » ! Comprenez qu’il s’inspire du style visuel néon-noir des années 80, rappelant des séries ou films comme Les Super-Flics de Miami (avec Bud Spencer et Terrence Hill), Robocop ou Miami Vice… D’ailleurs, l’OST synthwave de Gavin Harrison & Sleepless Nights fait irrésistiblement penser aux compositions de Jan Hammer. Le jeu reprend aussi le style visuel des premiers jeux en 3D, mais sans les gros pixels et les textures baveuses !
Entre missions de routine (comme les contraventions) et courses-poursuites musclées contre le crime organisé, The Precinct propose une ville vivante (et destructible) générée de façon procédurale, comme terrain de jeu. Avec un cycle jour/nuit, des crimes dynamiques et un système de progression du personnage. La ville d’Averno est vivante, presque organique ! De même, que vous fonciez en voiture de patrouille ou en hélicoptère la nuit, on aime les jeux de lumière, entre phares et néons des enseignes, qui créent une atmosphère urbaine très crédible et dynamique.
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Du côté des points noirs, on note quelques légers bugs à corriger. Durant ce test, on aura constaté plusieurs problèmes liés notamment à la physique des PNJ. Cependant, sachez qu’un patch day-one corrige pas mal de soucis. Mais à titre personnel, je vous avoue avoir été davantage dérangé par la physique de la voiture lors des courses poursuites. Véritable savonnette, elle vous complique la vie, et arrêter un fuyard sans provoquer de dommages collatéraux au sein de la population est parfois impossible. De plus, bien qu’elles soient très variées, et malgré la génération procédurale, les missions s’avèrent assez répétitives sur le long terme. L’IA pose aussi quelques soucis : on passe d’ennemis pas vraiment futés, à des pics de difficulté (notamment lors des courses poursuites).
À mon sens, le principal soucis de The Precinct est sa narration. Non pas qu’elle soit mauvaise, mais elle est, à mon sens, un poil trop minimaliste. Le jeu tente de nous accrocher avec quelques dialogues en plan fixe (à la manière des visual novels). Mais au final, l’histoire est assez générique. Et on aurait vraiment aimé plus de profondeur, notamment pour l’écriture de certains personnages. De même, les histoires sont sympas, mais manquent de folie. On aurait vraiment aimé des épisodes plus marquants, plus mémorables… Ou pourquoi pas des passages qui poussent au maximum le curseur du délire, en l’assumant (comme dans GTA). The Precinct, c’est ce scénario qui fait le job, mais qui manque de folie, qui est un peu trop sage.
En version physique, c’est encore mieux !

Comme pour Les Fourmis et L’Amerzone, on ne peut que vous conseiller de préférer la version physique à la version dématérialisée du jeu ! Car comme pour les deux jeux cités précédemment, l’éditeur a fait l’effort de vous concocter une chouette édition Limitée. Pour 39,99€ (prix moyen constaté, mais parfois moins cher), elle embarque plusieurs bonus très intéressants.
Tout d’abord, le jeu est ici livré dans un superbe steelbook so « années 80 » glissé dans son fourreau. Dans le pack, vous trouverez aussi la carte de la ville, qui sera très utile lors de vos parties. Enfin, dans la boite, vous trouverez un code pour télécharger l’OST numérique du jeu.
Au final



Le postulat de départ de Fallen Tree Games est plutôt intéressant : vous proposer un GTA-Like, avec le style visuel proche des premiers épisodes de la série de Rockstar… Mais dans lequel vous seriez de l’autre côté du miroir sans tain. Autrement dit, un jeu dans lequel vous ne jouez plus les gangsters, mais dans lequel vous enfilez l’uniforme et actionnez les gyrophares ! Sur le papier, l’intention est bonne, et la diversité du gameplay est assurée par le nombre incalculable de tâches que doivent remplir les serviteurs de l’ordre américains. Entre contraventions, patrouilles et arrestations musclées de braqueurs à main armée… Le moins que l’on puisse dire est que votre flic à autre chose à faire que de s’enfiler des donuts !
L’idée et les intentions sont bonnes, et le scénario, bien qu’il soit très sommaire, fait le job ! Ajoutez à cela une musique digne des séries policières des années 80, et vous voilà plongé à l’époque des néons, du walk-man, des mixtapes de Blondie et George Michael, et des coupes mulet. Hélas, c’est sur le plan technique que le jeu de Fallen Tree Games montre rapidement ses limites : une conduite souvent approximative, une IA parfois à la ramasse, quelques bugs… On sent que, s’il s’inspire de GTA pour en proposer le reflet inversé, The Precinct ne dispose pas des mêmes budgets de développement !
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En résumé, The Precinct offre une expérience originale en mettant le joueur dans la peau d’un policier des années 80, avec une ambiance immersive et un gameplay varié. Mais il reste malgré tout perfectible. Par ses défauts techniques, mais aussi par une certaine répétitivité qui s’installe, et un manque de peps sur la durée. Cependant, si on ferme les yeux sur ces aspects, en tenant compte (et c’est essentiel) que The Precinct n’est pas un AAA mais un jeu indépendant développé par une équipe de cinq personnes… On passe toutefois un bon moment ! D’autant que vous pouvez l’acquérir pour un prix attractif. Et on aime encore plus si on a grandi dans les années 80 ou 90 ! Malgré ses petits défauts, c’est une bonne surprise ! À essayer de toute urgence, donc !
The Precinct

- Par : développé par Fallen Tree Games, et édité par Kwalee, version physique élaborée par Microids
- Sur : PlayStation, XBox, et PC
- Genre : action
- Classification : PEGI 18
- Prix : 29,99€ pour la version de base, 39,99€ pour l’édition limitée
- Conditions de test : testé sur PS5, sur une version envoyée par l’éditeur.
Citoyen modèle
- L’ambiance rétro immersive digne des séries des années 80
- Le système des interpellations, de quarts et plein d’autres bonnes idées
- La bande-son
- Une patte visuelle bien à lui : un mélange 3D isométrique et cel-shading
- Durée de vie correcte (une dizaine d’heures)
- Globalement, le concept est intéressant
- Un gameplay varié et engageant : pas trop compliqué à prendre en main
- Un prix plus que correct
Vous avez le droit de garder le silence !
- Un scénario assez générique et prévisible
- La conduite
- Des bugs
- L’IA pas toujours au top
- Des chargements longuets
- Quelques fautes dans les sous-titres VF
- Répétitif à la longue
- Une map assez petite
