Après un premier passage réussi dans le monde du jeu vidéo, nos trois Marsupilamis reviennent faire quelques cabrioles en Palombie. Avec Marsupilami 2 – Salsa Palombia, Ocellus Services et Microids reprennent la recette du premier épisode et du platformer 2,5D. Mais cette fois, ils ajoutent davantage de possibilités, de défis et surtout une mécanique autour des trois héros. Le résultat est coloré, nerveux et franchement sympathique. Reste à savoir si notre longue queue préférée a suffisamment de souffle pour tenir toute l’aventure.
Une nouvelle danse maudite pour les Marsupilamis
C’est en 1952 que le Belge André Franquin (Spirou et Fantasio, Gaston Lagaffe, Modeste et Pompon…) crée le Marsupilami. Une étrange créature jaune tachetée de noir, avec une queue préhensile étonnamment longue. Vivant dans le pays fictif de la Palombie, entre le Vénézuela et le Brésil, il sort parfois de sa jungle pour rejoindre les autres personnages de Franquin dans leurs aventures respectives (et même sous forme d’easter-egg dans un album d’Astérix). Notre « marsupial ami » découvert par Fantasio s’exprime en prononçant les simples mots « houba houba ».
Et forcément, comme beaucoup de personnages majeurs de la BD, le Marsupilami ne tarde pas à partir à la conquête d’autres médias. Principalement la TV avec des séries animées, ou le cinéma avec deux films (d’Alain Chabat en 2012 et de Philippe Lacheau en 2026). Mais étonnamment, on trouve peu de jeux vidéo Marsupilami. Le premier (et le seul pendant très longtemps) est un platformer d’Apache Software, édité par SEGA, sorti sur Mega Drive en 1995. Puis, il faudra attendre 26 ans pour revoir le Marsupilami sur une console !
► Sur le même thème, lire aussi : TEST. Splatoon Raiders : quand Nintendo s’essaie au looter-shooter solo
C’est en effet en 2021 que la créature jaune revient sur les écrans, dans un jeu vidéo développé par le studio lyonnais Ocellus, et édité par Microids. Il s’agit de Marsupilami – Le Secret du Sarcophage en 2021. On y incarne trois jeunes Marsupilamis, Twister, Punch et Hope. Alors que les trois bestioles jouent sur la plage, elles ouvrent par accident un sarcophage maudit. Et libèrent ainsi un mystérieux fantôme qui jette une terrible malédiction sur tous les animaux. Heureusement pour eux, les Marsupilamis sont immunisés. Nos trois héros partent à l’aventure et ainsi chasser le fantôme afin de conjurer le sort.
Cinq ans plus tard, le 3 septembre 2026, Ocellus Services et Microids se retrouvent pour Marsupilami 2 – Salsa Palombia. Cette fois, une étrange mélodie transforme les animaux de Palombie en danseurs incontrôlables. Derrière cette drôle de pagaille se cache évidemment la Reine Momie. Le scénario reste volontairement simple. Il sert surtout de fil rouge pour envoyer nos trois héros parcourir la Palombie. On ne vient clairement pas chercher ici une grande fresque narrative. Le platformer 2,5D propose quatre mondes, avec des environnements qui changent régulièrement. Jungle, ville, montagnes enneigées et Royaume des Morts viennent ainsi rythmer l’aventure. Le tout peut être parcouru seul ou à deux en coopération locale.
Trois Marsupilamis, trois façons de jouer



C’est probablement la principale évolution de cette suite. Les trois Marsupilamis ne sont plus simplement trois personnages interchangeables. Chacun possède désormais une capacité particulière. Twister peut planer et se propulser dans les airs. Hope mise davantage sur son saut tournoyant. Punch, lui, peut se transformer en boule rebondissante. Il faut donc régulièrement passer d’un personnage à l’autre. Certaines zones sont accessibles uniquement grâce à une capacité précise.
Sur le papier, le système paraît presque évident. Dans les faits, il apporte une petite dose de réflexion bienvenue. Le jeu impose cependant les personnages disponibles selon les niveaux. On ne choisit donc pas librement son trio à chaque instant. Ce choix permet au studio de construire ses parcours autour des capacités disponibles. Et c’est plutôt bien fichu. Les niveaux utilisent progressivement les compétences des Marsupilamis. On commence tranquillement avant de devoir enchaîner plusieurs actions.
► Sur le même thème : TEST. Sonic Racing Crossworlds : Sonic fonce à toute vitesse… Mais la Switch tire le frein à main
Le gameplay repose sur les fondamentaux du platformer 2D. Course, saut, roulade, attaques, plateformes mobiles, objets à récupérer… Et boss de fin de niveau composent l’essentiel de l’aventure. Le tout reste très accessible. Les contrôles répondent bien et la progression ne cherche pas à transformer chaque saut en examen d’entrée chez les ninjas.
Les amateurs de plateforme plus exigeante pourront toutefois aller chercher les nombreux secrets. Les niveaux cachent différents objets et défis destinés aux joueurs les plus curieux. Avec parfois des pics de difficulté qui surgissent lorsqu’il s’agit d’aller chercher un item bien planqué. Et quelques affrontements contre les boss peuvent monter brutalement en pression. Globalement, finir le jeu n’est pas un défi très compliqué pour un joueur confirmé ! En revanche, le finir à 100% risque de vous poser plus de difficultés. Si vous pensiez trouver ici un trophée de platine facile à obtenir, ça se discute !
Du platformer classique, mais avec du rythme



Marsupilami 2 ne cherche clairement pas à réinventer le genre. On retrouve une formule très classique, très scolaire. Des sauts, des plateformes hérissées de pics, des ravins et des obstacles destructibles, des objets qui vous font rebondir, tournoyer, qui vous propulsent… Le level-design évoque forcément les grands platformers des années 1990. Tout comme les mécaniques de gameplay d’ailleurs. Donkey Kong Country, Rayman, ou encore certains épisodes de Crash Bandicoot viennent rapidement à l’esprit. Et finalement, ce n’est pas vraiment un problème. Marsupilami 2 ne révolutionne pas le genre, mais il le fait bien !
Ocellus maîtrise suffisamment sa formule pour proposer des niveaux thématiques plaisants. Les environnements changent régulièrement et plusieurs séquences ajoutent leurs propres petites idées. Le jeu propose également un système de défis baptisé Flow Mode. L’objectif consiste notamment à traverser certains parcours sans mourir, avec une recherche de vitesse et de maîtrise. Les Battle Dojos et les mini-jeux compétitifs viennent compléter l’ensemble. Ils permettent notamment de prolonger l’expérience après avoir terminé les niveaux principaux.
► Sur le même thème : TEST. Yoshi and the Mysterious Book : le gentil dinosaure de Nintendo réécrit l’histoire du platformer
La coopération locale constitue également un vrai argument. À deux, les capacités des Marsupilamis permettent de créer quelques situations amusantes. C’est typiquement le genre de jeu que l’on peut lancer avec un enfant sans devoir lui expliquer pendant vingt minutes pourquoi il vient de mourir. Et ça tombe plutôt bien, puisque Marsupilami 2 est avant tout un jeu familial, qui se partage avec des enfants. La vraie cible à la fois du jeu et de la franchise. Le jeu n’est bien sûr pas interdit aux adultes, mais il n’en devient que plus savoureux quand une petite tête blonde tient la seconde manette. Attention toutefois : certains joueurs risquent de trouver le changement fréquent de personnage un peu déroutant.
Si je devais pointer un défaut, trouver un reproche à ce Marsu 2, ce serait bien évidemment sa durée de vie trop courte en ligne droite ! Un joueur confirmé bouclera l’aventure en trois heures maximum, sans forcer. Un joueur moins expérimenté peut facilement nécessiter deux heures de plus. C’est d’autant plus dommage que le jeu commence à trouver son rythme au moment où il faut déjà penser à ranger la manette. Cependant, comme je l’ai écrit plus haut, vous pouvez compter entre trois et cinq ou six heures de plus (selon votre niveau) si vous comptez finir chaque niveau à 100%. Heureusement, le mode coop et les défis sont autant d’invitations à y revenir…
Une Palombie qui en met plein les yeux



Visuellement, Marsupilami 2 fait clairement le job. Ocellus propose une direction artistique très colorée, parfaitement adaptée à l’univers du personnage. Les décors sont lisibles et les quatre mondes affichent chacun leur propre identité. La réalisation ne cherche pas le photoréalisme. Heureusement, d’ailleurs. Le style cartoon colle parfaitement à l’ADN du Marsupilami.
Les animations des personnages sont dynamiques et les mouvements donnent une véritable sensation de vitesse. Sur les machines les plus puissantes, le résultat est particulièrement propre, avec notamment des jeux de lumières particulièrement réussis. On ne peut que saluer la qualité visuelle et la construction des environnements. En revanche, j’imagine que la version Switch doit trouver des compromis pour tenir le rythme face aux machines plus puissantes…
La bande-son mérite aussi un petit coup de projecteur. Chaque monde possède son identité musicale. Avec des musiques tantôt entraînantes, tantôt plus calmes, mais qui collent toujours à l’ambiance du niveau parcouru. Voire au gameplay lorsque les riffs et le rythme s’accordent avec vos sauts, avec vos actions à l’écran. Le concept de la danse maudite permet au jeu de multiplier les ambiances. Le sound-design est parfois plus discret.
Une suite efficace, mais pas révolutionnaire



Il faut finalement juger Marsupilami 2 pour ce qu’il veut être. Ce n’est pas un nouveau Mario. Ce n’est pas non plus une révolution du platformer. Ocellus reprend une formule parfaitement connue et tente surtout de la rendre plus riche. Et ça fonctionne. Les trois Marsupilamis apportent davantage de variété. Les niveaux sont agréables à parcourir. La direction artistique est réussie. La coopération locale constitue un vrai plus… Le jeu possède surtout une qualité devenue presque rare : il sait rester simple.
On peut lancer une partie rapidement. On comprend immédiatement les commandes. Les enfants peuvent progresser sans être constamment bloqués. Les adultes peuvent chercher les secrets et tenter de maîtriser les parcours. Tout le monde peut donc y trouver son compte. Le problème vient davantage de son ambition limitée. Certaines mécaniques auraient mérité d’être poussées plus loin. La narration reste très légère et les ennemis manquent parfois de variété. Le jeu préfère clairement la maîtrise d’une recette existante à la prise de risques.
Au final



Marsupilami 2 – Salsa Palombia est une bonne suite, tout simplement ! Ocellus améliore la formule du premier épisode sans la dénaturer. Le système des trois Marsupilamis apporte une vraie petite richesse au gameplay. La réalisation colorée fonctionne à merveille. Les niveaux sont agréables et la coopération locale renforce encore l’intérêt du titre.
Son principal problème reste sa durée de vie en ligne droite. Les joueurs expérimentés risquent de terminer l’aventure assez rapidement. Mais les complétionnistes trouveront davantage de raisons de revenir en Palombie. Les défis et les secrets prolongent efficacement l’expérience.
► Sur le même thème : TEST. Adorable Adventures : une parenthèse bucolique, mignonne, mais qui laisse sur sa faim
Surtout, le jeu remplit parfaitement son rôle auprès du public familial. Pour découvrir le platformer, difficile de demander beaucoup plus accessible. Pour les vieux briscards élevés au Rayman et au Donkey Kong Country, le charme opère aussi. Marsupilami 2 ne révolutionne donc rien, mais il le fait avec superbe et efficacité. Et parfois, un bon vieux « houba houba » suffit largement.
Marsupilami 2 : Salsa Palombia

- Par : développé par Ocellus, édité par Microids
- Sur : Switch, PS5, Xbox Series X|S, PC
- Genre : plateforme 2,5D
- Classification : PEGI 3
- Prix : 29,99€
- Conditions de test : testé sur PS5, sur une version fournie par l’éditeur
Les points positifs
- Une prise en main immédiate
- Trois Marsupilamis réellement différents et complémentaires
- Des niveaux bien construits et variés
- Une direction artistique colorée et très agréable à regarder
- Une bande-son rythmée et qui colle à l’ambiance
- Une coopération locale bienvenue
- De nombreux défis et secrets
- Un prix mini
Les points négatifs
- Une aventure principale assez courte
- Une histoire très secondaire
- Des ennemis parfois peu variés
- Quelques passages plus difficiles pour les jeunes joueurs
- Des capacités qui auraient pu être davantage exploitées
